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PHASE DE RAYONNEMENT

Des causeries faites au personnel, d'accord avec la Direction, aideront les propagandistes et achèveront

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la conquête des hésitants, surtout, parmi les plus âgés. L’atmosphère préventive sera créée à l'usine et la visite périodique librement acceptée par tous, parfois même désirée.

Le succès sera facile et rapide si le Médecin a la chance de posséder un service social avec surintendante ou infirmière visiteuse dont l’aide lui sera précieuse.

Son action ne restera pas cantonnée à l’usine; elle en franchira rapidement l’enceinte car les bienfaits de la médecine préventive seront vite appréciés.

Grâce aux familles d'ouvriers qui seront devenues autant de centres de propagande, l’idée de la médecine préventive s’implantera dans la population et le Médecin d’usine pourra s’enorgueillir du rôle social qu’il aura joué. Il aura permis de sauver des individus au début d’une affection et contribué à la préservation de la race.

Le Docteur BARTHE, dans un article paru dans les Annales d'Hygiène (mars 1937), sous le titre « L’infirmerie d'usine comme poste de médecine préventive », donne la statistique suivante qui prouve l’activité déployée par un médecin d’usine de la banlieue parisienne. ;

Effectif de l’usine en 1935 : 1.088 personnes.

2.045 examens (sans qu’il y ait arrêt de travail de la part des intéressés), soit deux examens par an et par agent.

En outre : 118 examens annuels de sécurité.

160 examens de candidats à l’embauchage.

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N’ont pas été compris les eXamens au retour d’un arrêt par maladie.

Il signale que les chroniques étaient suivis régulièrement, avec fiches d’observations tenues à jour. Tuberculeux : 15, stabilisés, non contagieux, soumis à

surveillance périodique;

Alcooliques : 81, ayant déjà présenté des accidents gastriques, hépatiques ou de leur système nerveux central ou périphérique;

Bronchiteux — emphysémateux : 47 avec surveillance radiologique;

Cardiaques : 10, avec contrôle fréquent de leur résistance cardiaque à l'effort et surveillance de leur affectation;

Hypertendus : 12, courbes oscillométriques périodiquement inscrites;

Diabétiques et glycosuriques sans gravité : 10;

Spécifiques ayant présenté des accidents nerveux ou viscéraux : 9.

Nous extrayons du même article la statistique concernant le cancer, de 1921 à 1936, pour un effectif moyen de 1.100 à 1.400 individus.

Pendant 16 ans ont été dépistés et traités :

a) 4 épithéliomas de la peau, tous guéris par des traitements physio-thérapiques;

b) 21 cancers viscéraux, tous suivis de décès, sauf un néo de l’estomac, qui paraît, après 6 ans, ne pas avoir récidivé après gastrectomie large;

‘ c) 2 tumeurs malignes, guéries après extirpation :

1 séminôme, 1 sarcôme de la tête de l’humérus;

d) 1 leucémie myéloïde subaiguë actuellement en traitement; soit, au total, 28 affections de cette famille.

Nous voyons l'intérêt de l’extension de la Médecine préventive générale. Cette action du Médecin d'usine n’entraînera l’industrie dans aucune dépense supplémentaire et ne lésera, en aucune façon, les médecins traitants.

EDUCATION. - SITUATION DU MEDECIN D'USINE. - SES RAPPORTS AVEC L'USINE ET LE MONDE EXTERIEUR.

Instruction et Education Professionnelle du Médecin d’Usine

Les multiples aspects de la médecine d’usine, que nous avons examinés, exigeront donc une formation nettement spécialisée.

En dehors des connaissances théoriques et techniques indispensables, le Médecin d’usine devra connaître : les lois sociales sur les accidents et les maladies professionnelles, sur les invalides de guerre ou du travail admis dans l’usine, sur la santé publique, le Code du travail, les installations industrielles et posséder de fortes notions de médecine légale, de toxicologie et de chimie industrielles.

Le Docteur BARTHE estime qu’il doit être :

Hygiéniste général et connaissant les facteurs nocifs

industriels et leurs moyens de protection ; Clinicien averti du diagnostic précoce des intoxica-

tions professionnelles et se tenant au courant de cette pathologie en éternelle évolution;

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Biotypologiste et physiologiste pour la sélection et l'orientation avec tout ce que de pareilles applications à l’homme demandent de souplesse, de largeur d’esprit et de sens social;

Statisticien capable de tirer d’études collectives d’utiles principes de prévention et de sécurité;

Médecin d'urgence sur les lieux du travail;

et nous ajouterons être un excellent médecin et pos-

séder de grandes qualités morales.

Toutes ces connaissances ont fait dire à M. E. Mar- TIN « que la valeur d’un Médecin d’usine tient surtout du surplus de ses connaissances non médicales ».

C’est cette formation que poursuivent les Instituts d'Hygiène Industrielle récemment créés en France.

M. le Professeur agrégé Duvoir, dans son exposé très complet sur l’enseignement de la médecine du travail en France, a montré les progrès considérables accomplis en peu de temps par nos Instituts.

C’est la résultante des efforts de nos Directeurs d'enseignement de médecine du travail, d'hygiène industrielle, de toxicologie. Aussi, la valeur du diplôme délivré aux futurs médecins d’usine qui ont suivi cet enseignement est-elle de plus en plus appréciée,

Situation du Médecin d‘Usine

Il y aurait lieu d’envisager trois cas :

1° le médecin attaché entièrement à l’usine;

2° le médecin ne consacrant que quelques heures par semaine ou quelques jours par mois;

3° le médecin appelé accidentellement (cas de maladie, secours d’urgence).

Mais l'importance de la tâche du Médecin d’usine, la multiplicité des problèmes à résoudre, la nécessité pour lui de vivre en contact étroit avec les travailleurs et dans le milieu même, pour contribuer effectivement au rendement de l’exploitation, nous font rejeter les deux derniers cas.

Il apparaît nettement, en effet, que ces deux catégories de médecins ne peuvent exercer d’action bien efficace.

Les visites rapides et banales, l’inexpérience du milieu ne permettent guère d’espérer des préventions sérieuses ni une orientation judicieuse.

Nous estimons qu’un Médecin d’usine, à temps plein, est nécessaire à toute exploitation comprenant 1.000 ouvriers. Les grandes industries auront donc plusieurs médecins qui travaiileront en étroite coliaboration, bien que spécialisés dans les différentes branches de la médecine du travail.

Quant aux petites, elles ne doivent pas rester indifférentes à ce problème social; elles pourront se grouper pour restreindre Jes frais médicaux qui seront alors répartis au prorata de leur nombre d'employés. Il appartiendra au Médecin de régler son travail suivant les exigences de cette situation.

« Le Médecin d'usine, écrit notre Maître, M. le Professeur agrégé DUVOIR, appartiendra à l’administration, au même titre qu’un ingénieur, avec sa place

Ag?

dans le barême général d'emplois, à côté des ingé-

toi

nieurs hors cadre. Hiérarchiquement, il dépendra de la Direction générale, sans échelon administratif interposé. Sur les questions techniques qui sont de son ressort, il disposera de la plus absolue indépendance vis-à-vis de cette direction. »

Il sera logé et aura à sa disposition toutes facilités de transport.

Il est indispensable que son esprit soit dégagé de tous soucis matériels pour pouvoir s’adonner entièrement et complètement à sa tâche.

Nous n’admettrons jamais qu’il soit obligé de rechercher une clientèle pour y trouver un supplément de traitement. Il bénéficiera des avantages concédés aux travailleurs : durée du travail, congés payés.

Un contrat de travail, d’une durée minimum de dix ans, lui assurera une stabilité et une indépendance nécessaires pour remplir convenablement sa mission.

Certains ont suggéré un traitement basé sur la moyenne des traitements des médecins traitants des environs, mais nous pensons que ces chiffres sont trop sujets à caution pour être acceptés.

Rapports du Médecin d’Usine avec le Chef d'Industrie et le monde extérieur

Nous avons vu précédemment que le Médecin d'usine ne pouvait être un collaborateur sérieux du Chef d'industrie que s’il était actif et éduqué en vue de cette fonction. Nous estimons donc que l’Industriel

aura tout intérêt à le prendre parmi nos jeunes confrères diplômés d’hygiène industrielle et de pathologie du travail, et non parmi les médecins, retraités ou trop âgés, ou que seuls des échecs précédents aiguilleraient dans cette voie.

Il est tout naturel qu’il s’enquière des garanties morales présentées par son médecin à qui il devra confier tous ses secrets de fabrication et, par conséquent, il en aura le libre choix.

Cependant il devra comprendre que le Médecin ne pourra exercer sa profession en toute plénitude, que s’il n’a à craindre aucune contrainte d’ordre matériel pour des actes qui ne relèvent que de sa conscience professionnelle.

Expert impartial, son jugement sera accepté par tous, s’il a su imposer la confiance et s’il n’est guidé que par la justice et l’intérêt général.

Ses relations avec le monde médical seront courtoises et amicales.

S’abstenant de traiter, de critiquer le diagnostic ou la thérapeutique des médecins traitants — nous insistons intentionnellement sur ce point — ceux-ci apprécieront vite les services qu’il sera appelé à leur rendre grâce à ses dossiers sanitaires.

Cependant, il conservera toujours l’exclusivité du contrôle de la guérison et de la consolidation de ses ouvriers, et ses jugements, en tant qu’expert, seront sans appel.

Lorsque l’Inspection médicale du travail sera entièrement organisée en France, ce qui paraît en bonne

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voie de réalisation depuis la récente création de Médecins Conseils attachés au Ministère du Travail, le Médecin d’usine sera en rapport avec les Médecins inspecteurs du travail.

Il facilitera leurs enquêtes, leur adressera des rapports sur les nouvelles technopathies observées, leur symptomatologie et les mesures de prophylaxie à appliquer. La centralisation de ces rapports aura un intérêt capital pour l’étude des maladies professionnelles.

Le cas échéant, il conciliera les exigences de l’Inspection médicale du Travail avec les intérêts de l'usine, sans perdre de vue cependant la protection des travailleurs.

Enfin il est indispensable qu’il se tienne au courant de toutes les questions concernant la médecine du travail. Il sera en rapport avec les Facultés, les Instituts du travail et des maladies professionnelles, les Instituts d'hygiène, les divers syndicats médicaux. Les périodiques médicaux et industriels lui seront d’un précieux Concours.

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