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intéressent plus particulièrement le psychotechnicien, car c’est lui seul qui pourra les éliminer. Ils font de louvrier un véritable prédisposé aux accidents, non susceptible d'amélioration par une organisation du travail, et qu’il sera nécessaire d’écarter de certains emplois.
D’après les travaux de LAHY, LAUGIER et SCHREIDER, cette prédisposition serait due à un trouble qui se localise dans la sphère mentale émotionnelle et affective du sujet, chaque fois qu’une situation imprévue, souvent brutale, se présente et l’oblige à « organiser son travail mental et ses réactions psycho-motrices avec rapidité » (LAHY). Dès la perception d’un désarroi dans l'écoulement habituel des gestes du travail, il y a « affolement, gestes maladroïts, état que l’on appelle dans le langage courant : perte de la présence d’esprit » (LAHY).
D’après SCHREIDER, elle serait due à une carence de l’ordre et de la justesse des réflexes qui entraînerait l'impossibilité d'agir sans précipitation et sans désordre devant une succession anormale d’excitations imprévues. Cet auteur écrit, après Karl MARBE, « la présence d'esprit, la capacité de changer brusquement de « constellation psychique », la souplesse de réadaptation, jouent un rôle de tout premier ordre ».
Afin de déceler ces facteurs fixes, LAHY et KoRN- GOLD ont soumis à des batteries des tests moteurs, psycho-moteurs et mentaux, 500 employés de chemins de fer répartis en deux groupes : 300 normaux, 200 fréquemment blessés, et ils ont comparé les résultats des
épreuves avec les notations de travail des ouvriers.
Ils ont retenu 4 tests (R. BARTHE).
(1) 2 tests mentaux :
(1) test d’attention diffusée avec excitations visuelles et visuelles auditives, en tenant compte du temps et des fautes d'apprentissage.
(Durée 45 mn).
(2) test d’attention concentrée avec réactions manuelles, déroulé à la vitesse rapide.
(Durée 15 mn).
(2) 2 tests psychomoteurs.
(1) test de pointage, 10 mn.
(2) temps de réaction auditif, 5 mn.
Une bonne interprétation de ces tests permettrait, d’après ces auteurs, « de placer 60 % des sujets qui se blessent dans des postes qui comporteraient moins de risques. »
A l’aide de ces renseignements, comment le Médecin procédera-t-il, pour orienter, dans ce sens, la prophylaxie psycho-physiologique des accidents du travail ?
Il se renseignera, en premier lieu, sur la distribution des accidents dans les différents secteurs de l’usine. La statistique portant sur les années antérieures (cinq ans d’après le Docteur BARTHE) le mettra en mesure de délimiter les zones de travail plus particulièrement dangereuses et de désigner les ouvriers victimes d’accidents répétés. L’étude médico-psychologique de ces éléments permettra de vérifier la corrélation des tests proposés avec les fréquences individuelles des accidents.
Cette épreuve psychotechnique complètera heureusement sa visite d’embauchage, elle ne servira qu’à classer les plus mauvais et n’autorisera le jugement des individus que conjointement aux autres examens. Elle n’aura pas pour objet le rejet pur et simple de ces éléments à aptitudes restreintes, mais leur affectation plus judicieuse à des métiers en rapport avec leurs moyens, où ils pourront donner le maximum de rendement avec le minimum de risques.
Cette sélection a permis de réduire de 60 % les accidents d’aviation et elle est appliquée, avec succès, dans de nombreuses sociétés (S.T.C.R.P., Chemins de fer, etc..).
Les examens périodiques, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, d’une façon détaillée, complèteront le rôle préventif du Médecin à l’usine.
Médecine préventive proprement dite
Le Médecin, Conseiller de santé
Tous les médecins sont persuadés de l'intérêt des examens préventifs, mais le public français n’en a pas encore compris la nécessité et l’importance.
Dans son livre « La Médecine préventive usuelle », le Docteur SCHREIBER écrit :
: « Le Comité de l’élimination du déchet dans l’industrie des Sociétés américaines fédérées d’ingénieurs, dont le Président est M. Herbert HOOVER, insiste sur
= HACE
l’augmentation des risques au point de vue du rendement professionnel, si chaque salarié n’est pas soumis à un examen médical périodique.
Une statistique, dressée par le Life Extension Institute, basée sur l’examen d'employés de commerce, de banque, etc. âgés de 30 ans en moyenne, fournit les chiffres suivants :
Normaux : 3,14 %.
Anormaux au point de vue de l’état physique ou du genre de vie : 96,86 %.
Ignorant leur défectuosité : 96,69 %.
Adressés aux médecins pour traitement : 59 %...
Nos confrères (américains) admettent encore que 500.000 travailleurs succombent annuellement aux Etats-Unis et que, sur ce nombre, la moitié survivraient s’ils étaient soumis à un examen médical périodique complété par des mesures permettant de les éduquer au point de vue de leur santé et de pratiquer une hygiène sociale et individuelle rigoureuse. »
Comment le Médecin d’usine réalisera-t-il cette médecine préventive universellement admise ?
Admirablement placé au centre de sa collectivité industrielle, il lui sera aisé de passer de la prévention particulière propre aux risques de l’usine, à l’organisation locale de la médecine préventive. Son poste médical deviendra un petit centre de santé.
Pour atteindre ce but, il lui faudra étendre les examens périodiques à tout le personnel de l’usine. Un peu de patience, beaucoup de ténacité, du doigté lui permettront d'obtenir ce résultat.
Cette mise en marche se fera en deux phases :