‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 12 sur 51 · FEUILLÉES · texte numérisé non relu

FEUILLÉES

Les feuillées d’un secteur sont un autre point important et dont trop souvent on s’est désintéressé.

DRE D'aucuns prétendaïent que ce n’était pas leur rôle et d'autres auraient cru s’abaisser en les inspectant fréquemment. Laissées alors aux soins du caporal brancardier ou des compagnies, les feuillées étaient parfois dans un état de saleté repoussante et les hommes s’isolaient un peu partout pour ne pas subir le supplice respiratoire de cet amas d'inmmondices, où régnaient en maîtresses, durant l'été, des nuées de grosses mouches. |

Qu'on nous permette ici de relater rapidement la manière dont nous avions compris la question. Le médecin s'occupait seul des feuillées de son secteur. Nous ne reviendrons pas sur le modèle, il est semblable à celui décrit par le M. A.-M. Dalidet. Ces feuillées étaient creusées par les brancardiers, et si besoin était, une corvée élait demandée aux compagnies intéressées. Elles étaient numérotées, et leur emplacement reporté sur le plan de secteur du médecin de bataillon. Chaque infirmier de compagnie, avec auprès de lui une petite réserve de chlorure de chaux ou d'huile lourde de houille, était chargé . de faire assurer leur désinfection journalière par les brancardiers de sa compagnie. Tous les jours une ronde élait faile tantôt dans une compagnie, tantôt dans une autre, par le caporal brancardier, el le médecin de bataillon, chacun de son côté. Je signalais en renlrant au caporal le numéro des feuillées sales, ou de celles qui devaient être comblées et remplacées. La surveillance était ainsi excessivement facile et complète. La même méthode était appliquée aux trous à ordures : numérotage, indication sur le plan. De

9 ve

lelle sorte que les successeurs savaient où se trouvalent les anciennes feuillées, ou trous à ordures, et ne risquaient pas d'en creuser de nouvelles à la même place, où de commencer une entrée d’abri ou un relai à proximité. On arrivait ainsi à avoir un secteur propre, à peu près dépourvu de mauvaises odeurs.

L'expérience nous ayant conseillé, nous faisions autant que possible, camoufler ou couvrir nos feuillées, ainsi que leurs boyaux d’adduction, car, outre les raisons de confort, les feuillées découvertes élaient souvent peu sûres par le fait que l'ennemi les confondait avec des emplacements de mitrailleuses el les bombardait fréquemment. Pour la construction de la feuillée, c'était le classique boyau de branchement suffisaniment long pour permettre l’établissement successif d’un côté de plusieurs feuillées, de l’autre des trous à ordures.

Page 1