‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 14 sur 51 · DE · texte numérisé non relu

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s'est donné libre carrière et un nombre considérable de brancards, brouettes, hamacs est né, surtout de 1914 à 1916. Ayant été appelé à en expérimenter la plus grande partie, nous ne retiendrons ici que ceux qui nous ont paru réellement pratiques. Mais hâtonsnous de dire qu'ils varient avec Îe terrain.

On signale un blessé au petit poste ou en première ligne. La plupart du temps, vu l’étroitesse du cheminement du petit poste à la tranchée et le grand nombre de pare-éclats qui jalonnent cette dernière, les brancardiers seront obligés d'avoir recours à la perche et à la toile de tente, moyen sur lequel nous reviendrons au chapitre de l'attaque. Le blessé, ensuile couché sur un brancard, soit au premier relai de ligne, soit au poste des brancardiers de compagnie, est transporté au P. $. de bataillon. Pour cette élape, le brancard réglementaire ne servira que dans les secteurs bien organisés, dans les tranchées en losange du type le plus récent, dans les larges boyaux d'évacuation. Le plus souvent, dans les secteurs médiocres, son maniement difficile et encombrant cèdera le pas au brancard que nous avons reçu à titre d'essai en 1917 et qui est établi de la manière suivante : deux perches de bambou, une toile forte suspendue à ces perches par des anneaux mobiles, el dans le double fond de laquelle peut se glisser une planchette pour le maintenir rigide sur toute sa lonoueur (blessés couchés et complètement allongés). Le rapprochement des perches au gré des porteurs, leur peu de longueur, permettent de prendre facilement les tournants brusques. L'appareil est excessi-

Marty à

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velient léger, présque aussi confortablé que le brancard classique. Il fut envoyé par une société de secours « L'OŒtuvre du Soldat dans la Tranchée ». Je l'ai expérimenté él nous avons pu, dans non réginient, en avoir un par balaillon. Les blessés ont toujours déclaré s'en trouvér bien. Quant à mes brancardiers, ce modèle leur convenait tellement que javais dàû établir un roulement entre lés compagnies pour que cé ne fut pas toujours les mêmes qui aient leurs transports facililés par l'emploi de ce brancard.

Etant donné 16 personnel sanitaire très restreint d'un bataillon, l'esprit inventif des médecins régimentaires s'est rapidement lourné vers la vulgaire brouelte pour appliquer son principé à la fabrication d'un véhicule de tranchée. Les modèles les plus divers, résultat des moyens de fortune de chacun, reposaient tous sur le principe d’une roue petite supportant un cadre appuyé sur les épaules du conducteur et dont la stabilité était assurée par les poignées au moyen desquelles l’homme dirigeait en même temps son véhicule.

Etant en 1916 dans le secteur Il..., plateau de N..., j'ai trouvé, dans une descenderie presque éboulée, sous un amas d'objets les plus hétéroclites, une brouette-brancard que j'ai fait remettre en état et qui n'a alors rendu des services. Ceux qui ont vécu dans ce coin de lAïsne se rappellent qu'il existait entre deux plateaux un vallon boisé assez profond, desservant la droite et la gauche du secteur marécaecux. La tranchée y était une gabionnade sur pilotis

el les boyaux, en grande partie remplacés par des pistes faites de chemins tonkinoiïs. Ce véhicule servit là pour drainer les blessés depuis la première ligne jusqu'au P. S. et j'ai regretté plus tard de ne pas l'avoir encore dans des secteurs boisés comme la forêt de P... ou le coin d'A... Il était même utilisable dans les boyaux ordinaires. Je ne sais le nom de cette brouette. Qu'on me pardonne d’allonger encore ce travail en en donnant une rapide description : une roue type bicyclette, très basse. La monture en tubes d'acier creux, par conséquent très légère, s'adapfant dans le haut aux épaules du conducteur par la concavité que formaient ses deux branches. Un siège mobile, permettant de véhiculer couché ou assis le blessé dont les jambes reposaient le long des tubulures, et les pieds de chaque côté du moyeu. En outre, celte brouette, qu'un seul homme menait très facilement, possédait deux poignées de chaque côté de la roue, permettant ainsi de transformer cette sorte de fauteuil en un brancard et de porter à deux. Il est bien entendu que ce modèle ne pouvait se comprendre que comme matériel de secteur. À ma relève, je l'ai passé en consigne à mon successeur. Mais, depuis, au cours de la campagne, je ne lai jamais revu.

Du poste de secours au point de jonction des autos sanitaires où au P. $S. R., le mode d'évacuation varie selon que l’on peut utiliser les brouettes portebrancards ou s’en ténir au transport à bras. L’expérience nous a appris, cependant, que, où que l’on soit, même si les pistes ne sont utilisables que de

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null, la bouelte du modèle de l'artillerie est susceplible de rendre les plus grands services, par sa ro: bustesse.

Il est enfin un moyen dont on n’a pas assez tiré parti et qui nous a semblé fort commode : la voie de o m. 60. Dans le secteur dé T... (Oïse), en 1916, puis dans celui d'A.-P... (Aisne), 1918, nous avions une voie qui permettait de desservir toute notre région, même la première ligne. Dans le premier cas, en 1916, nous en avons usé pour envoyer nos blessés couchés ou assis du P. S. de bataillon au point de jonction des autos sanitaires, Le wagonnet que l’on avait transformé en ne conservant que les quatre roues et le cadre de support, recevait le brancard

homme le traïnait seul. Dans le deuxième cas, en 1918, notre médecin-chef, le médecin-major Mary, avait fait construire, avec deux roues -de wagonnet, une sorte de brouette sur rails recevant le brancard ; ce dispositif léger et très maniable permettait de passer d’une fraction de voie à l’autre, puisque là les Allemands, en se retirant, avaient fait sauter quelques éléments de rails. Le régiment avait demandé la réparation complète de cette voie. Il ne l’a obtenue que sur la fin. Cependant, telle quelle, nous l'avons utilisée dès le début, soit pour les évacua-

lions, soil pour les transports de matériel.

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