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DE LA VIE

La durée de la vie de l’homme, est le laps de temps qu’il met à parcourir les différents âges.

La durée totale de la vie est de 70 à 80 ans, suivant Moïse; de 60 à 80, d’après Richerand, tandis que Yirey s’arrête à 75. En butte à une multitude de

causes destructives, nous pouvons cesser d’être en naissant, périr dès le premier âge tout aussi bien que dépasser la centième année. Le climat, la nourriture, le sexe, la manière de vivre, ne semblent pas avoir une grande influence sur l’époque de la mort; néanmoins l’habitant. du Nord, dont le corps se développe moins vite ; le laboureur qu’un air pur, une nourriture moins frélatée par l’art culinaire, un travail journalier, rendent plus propre à résister aux germes morbifiques ; la femme qui, par son sexe même, est exposée à moins de dangers, offrent des exemples plus fréquents de longévité.

Des enfants qui naissent, 1/4 environ est moissonné dans les premiers onze mois de la vie ; 1/3 atteint vingttrois mois; 1/2 s’éteint avant l’âge de huit ans; les 2/5 ne dépassent pas la trente-neuvième année ; les 3/4 périssent avant la cinquante et unième. D’après les calculs de Bufifon, sur neuf enfants qui naissent un seul parvient à 70 ans; sur trente-trois, un à 80; sur deux-cent quatre-vingt-douze, un seul arrive à 90 ans ; enfin sur onze mille neuf cent-quatre-vingt-seize, un seul se traîne jusqu’à 100 ans.

D’après le même auteur, l’enfant qui vient de naître peut espérer une vie de huit ans ; s’il a le bonheur de dépasser un an, il est probable qu’on le conservera jusqu’à trente-trois. A sept ans, sa vie peut se prolonger jnsqu’à quarante-deux et trois mois; mais alors son existence, qui était devenue de plus en plus assurée, commence à ne présenter que des probabilités décroissantes. Ainsi l’enfant de quatorze ans ne peut compter que sur trente-sept années et cinq mois de vie ; l’adulte qui a vécu

trente ans n’a que vingt-huit ans encore ; enfin il ne reste qu’une seule année au vieillard qui en a quatrevingt-quatre ; de la quatre-vingt-cinquième à la quatrevingt-dixième, la probabilité est stationnaire; mais cette époque passée, la vie ne tient plus qu’à un fil.

La plus grande incertitude règne encore sur les périodes qui doivent partager la vie. L’on sait qu’on peut la diviser en une période de force , et une période de décroissement : mais avant les calculs de M. Lhéritier, l’on avait fixé d’une manière tout-à-fait arbitraire les époques qui doivent la séparer. Cet auteur, qui fixe le terme de la vie à 81 ans, compte dans la période d’accroissement 9 ans pour l’enfant, et 9 ans pour l’adolescence, qui, réunis forment 18 ans, temps de la jeunesse. période de force, plus grande à elle seule que les deux autres ensemble, compte 45 années, pendant lesquelles, jouissant de l’intégrité de toutes ses fonctions, l’homme se trouve dans V âge viril. Les 18 années restantes sont pour la période de faiblesse décroissante, et constituent la vieillesse. Telle est la division de la vie générique ; quant à la vie sexuelle, dont il fixe le terme à 63 ans, il la partage en sept époques de neuf années ehacune : 18 ans comprennent la période d’accroissement, 45 indiquent la terminaison de la période de force, et de 45 à 63 se trouve la période de décroissement.

Afin de réunir dans le plus petit espace possible les différentes opinions, nous nous contenterons de ce simple exposé, et nous allons faire l’histoire des âges en suivant les divisions anciennes.

Enfance , D’abord mince, l’épiderme du nouveau-né

devient plus épais ; sa peau, d’un rose prononcé, pâlit ; les rides disparaissent, le duvet de son visage tombe ; ses fesses proéminent ; ses organes se développent, ainsi que ses idées, et le sourire paraît sur ses lèvres. A sept mois, les dents incisives moyennes de la mâchoire supérieure écartent le tissu gengival ; elles sont suivies par l’apparition des incisives correspondantes de la mâchoire inférieure, percent ensuite les incisives latérales supérieures, puis les inférieures ; toujours dans le même ordre, on voit paraître les lanières supérieures et inférieures. A dix-huit mois, deux ans, les petites molaires inférieures, puis les molaires correspondantes supérieures, accomplissent la première dention ; cependant l’enfant cesse de donner des craintes pour ses jours. Parvenu à la fin de sa quatrième année, les premières grosses molaires paraissent ; à sept ans, les dents de lait tombent dans l’ordre de leur apparition, et se trouvent remplacées par des dents nouvelles plus grosses et mieux formées; enfin vers la neuvième année, les dernières grosses molaires complètent le nombre des dents. Pendant ce laps de temps, le système osseux s'est affermi ; le jeune enfant à pris une attitude plus assurée ; la marche, d’abord chancelante, s’effectue sans peine; les organes des sens se sont développés.

Puberté. Cette époque, caractérisée par la faculté procréatrice, n’est point la même pour Les deux sexes : elle est soumise à l’influence du climat, du tempérament, de la manière de vivre. Retardée dans les pays septentrionaux, elle se manifeste en Belgique de 15 à 18 ans chez l’homme, et 12 à 15 ans chez la femme. Un léger duvet qui doit se convertir en barbe épaisse, couvre le

menton du jeune homme pubère. Le larynx et les parties génitales se développent simultanément par uu accroissement rapide ; sa voix devient mâle et sonore ; tout son corps acquiert les caractères de la majesté et de la force ; maîtrisé par une imagination bouillante, prompt à concevoir et à exécuter, mille pensées l’agitent tour à tour, et un sentiment impérieux l’entraîne vers celle qui peut satisfaire ses besoins.

Des changements tout aussi remarquables annoncent à la jeune fille quelle est apte à remplir le but de la nature. Le tissu de la vulve se gonfle et rétrécit son ouverture; le mont de Vénus et le sein proéminent et s’arrondissent ; des lassitudes générales, la rougeur de la face, des douleurs vers la région des reins ; le prurit des parties génitales et d’autres symptômes, décèlent la pléthore sanguine ; un sang vermeil suinte à la partie interne de la matrice et se fait jour à travers le canal vulvo-utérin. Cet écoulement menstruel, qui dure de deux à huit jours, et s’élève de trois à seize onces, doit désormais reparaître tous les mois. On en ignore la cause, mais il est le signe certain que la femme est susceptible de devenir mère. La grossesse et les premiers mois de l’allaitement le suspendent ; l’âge le fait cesser dans nos climats vers la quarantième ou cinquantième année. Pendant la durée de ce flux sanguin, la femme offre une modification dans le pouls, les traits du visage, le timbre de la voix ; sa susceptibilité nerveuse s’est accrue ; elle se sent abbattue, etc.

Age viril, commence de la vingt et unième à la vingtcinquième année. Le corps cesse de croître en hauteur ; il va désormais augmenter dans toutes les autres di-

inensions. Les épiphyses se transforment en apophyses ; le système osseux présente moins d’élasticité et plus de compacité; les muscles se dessinent, des poils nombreux se font remarquer aux parties génitales, sur les cuisses, aux jambes, sur les bras, à la poitrine ; les organes ont acquis leur dernier degré d’énergie ; l’homme jouit enfin de tous les attributs de la virilité. Cette période de force, que l’on a encore appelée âge mûr , qui se prolonge jusqu’à la cinquantième, cinquante-cinquième année pour l’homme, ne dépasse pas la quarante-cinquième pour la femme ; après elle commence la vieillesse.

Vieillesse. Les organes qui, par une progression ascendante, s’étaient développés pendant la jeunesse, maintenus dans leur force pendant l’âge viril, dépérissent insensiblement, et d’une manière graduée; la vie, comme le dit Buffon, s’éteint en eux par des nuances successives. Le volume des niasses musculaires diminue ; quelquefois elles se surchargent de graisse : des rides sillonnent la peau ; les cheveux et la barbe deviennent gris, puis blancs. Le cœur ne jouissant plus de toute sa force de contractilité, chasse le sang à de longs intervalles. Ce liquide parcourt les canaux avec peine, leur transmet des pulsations rares et languissantes ; les forces vitales faiblissent, et toutes les fonctions portent l’empreinte de la débilité. Arrive enfin la vieillesse décrépite. Les muscles extenseurs, impuissants à contre- balancer le poids des viscères, laissent la colonne vertébrale se pencher en avant ; les cuisses se fléchissent sur le bassin, et les jambes sur les cuisses. Un bâton devient nécessaire au soutien de

l’équilibre ; tous les tissus acquièrent de la rigidité et s’amincissent; l’ossification envahit les cartilages, les articulations, etc. ; la vie semble reculer insensiblement devant la matière inorganique ; la circulation , la nutrition, etc. , s’exécutent d’une manière imparfaite ; les facultés morales s’éteignent : enfin la mort vient terminer heureusement une existence devenue pénible.

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