‹ Le médecin de la familleChapitre 25 sur 43 · IDIOSYNCRASIE · texte numérisé non relu

IDIOSYNCRASIE

Sous ce nom, Ton désigne communément une différence individuelle, locale, c’est-à-dire bornée à un seul organe, mais qui est telle, qu’elle imprime à la fonction de cet organe ou à d’autres fonctions, par influence sympathique de celui-ci, un caractère insolite qui frappe aussitôt par sa singularité.

Ainsi, un ami de Tissot ne pouvait manger de sucre sans vomir ; le célèbre Haehn ne pouvait prendre plus de six à dix fraises sans être saisi de convulsions ; les moules déterminent, chez quelques individus l’érysipèle ou l’urticaire ; le pouls de Napoléon ne battait que quarante-quatre fois par minute. Gaubius parle d’un homme que l’émanation des femmes faisait tomber en syncope. J. -J. Rousseau cite le cas d’un homme auquel

le son d’une cornemuse donnait immédiatement une incontinence d’urine.

L’idiosyncrasie doit être prise eu considération et respectée dans la direction et dans le traitement des maladies. Vouloir en faire abstraction ou lutter contre elle serait s’exposer à transformer l’idiosyncrasie en sympathie morbide, ou même en complication spéciale plus ou moins grave.

Dans l’état de santé, ce n’est que progressivement, très-lentement, par des moyens détournés et surtout en . faisant contracter des habitudes nouvelles, qu’on peut faire disparaître ou atténuer une idiosyncrasie désa * gréable, incommode ou même nuisible à la santé.

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