DES SAISONS
Il y a quatre saisons : le printemps, l’été, l’automne et l’hiver.
§ 1. — Le printemps.
Le printemps est, sans contredit, la plus belle saison de l’année ; le soleil, bienfaiteur de la nature, commence à pénétrer dans le sein de la terre et à l’échauffer, ranime les arbres et les plantes, et sème la campagne de fleurs brillantes ; alors nous sentons couler dans nos veines un baume délicieux qui porte jusqu’aux extrémités de notre corps, la souplesse, la vigueur et la
santé. L’esprit lui-même semble renaître dans cette belle saison et inspirer d’une manière plus puissante ces génies supérieurs faits pour éclairer les autres.
Le printemps est la vraie saison propre à goûter à la campagne l’air le plus salubre; tout y appelle l’homme qui a soin de sa santé, pour peu qu’il soit libre de disposer de son temps. La terre par ses fleurs, les oiseaux par leur ramage, tout ranime les sens et porte dans lame la paix et la gaieté.
§ 2. — L’été.
L’été est la saison où l’homme jouit de la plus grande force expansive et développe le plus d’activité; c’est aussi l’époque où les végétaux se trouvent dans la plénitude de leur organisation, dans toute leur maturité. Cette saison doit être regardée comme celle où l’on observe le moins de maladies.
Dans l’été, il faut moins d’exercice que dans toute autre saison. La trop grande sueur et la transpiration trop abondante affaiblissent considérablement. Lorsque l’air est étouffant, ce qui arrive surtout avant les orages, il est salutaire de se frotter les mains avec du vinaigre, d’en porter au nez, ou d’en répandre un peu dans l’appartement qu’on habite.
Quand on a fait quelque exercice et qu’on sue, il ne faut pas se reposer trop subitement; il est nécessaire, au contraire, de marcher pendant quelque temps afin de ralentir peu à peu le mouvement du sang : c’est le moyen de se garantir de fluxions de poitrine, de pleurésies, etc.
§ 3. — V automne.
Les champs sont déjà dépouillés, les arbres perdent leurs feuilles, la verdure disparaît. La nature semble annoncer qu’elle vient d’épuiser pour nous ses bienfaits : ici, la pêche succulente est ornée des couleurs de la rose, l’abricot savoureux paraît couvert de tout l’o^ qui éclate au sein des renoncules. Bientôt tout doit annoncer le sommeil de l’hiver et le deuil de la nature. . L’homme, comme l’arbre qui perd ses feuilles, sent ses forces abattues et son énergie décroître sensiblement, jusqu’à ce que les premiers froids viennent fortifier et stimuler ses organes.
Les secousses que l’automne fait éprouver, sont peu sensibles pour ceux qui sont forts, qui jouissent d’une bonne santé ; mais les personnes faibles, celles qui sont exténuées par les maladies anciennes, ou qui sont dans la convalescence d’une maladies aiguë, les soutiennent difficilement ; elles ne peuvent souvent résister à leur violence, ce qui explique pourquoi la mortalité est considérable à cette époque de l’année. L’automne dispose aux fièvres, à la dyssenterie ; les derniers mois surtout, quand ils sont pluvieux, sont funestes aux individus épuisés par de longues maladies.
§ 4. — L'hiver.
Les arbres ont perdu leur verdure après s’être dépouillés de leurs fruits. Le soleil, en se retirant, verse sur les feuillages des couleurs sombres ; le peuplier se couvre d’un or pâle et décoloré, le sapin se balance fié-
rement dans les airs, le murmure des vents se mêle aux frémissements de la pluie : toute la nature enfin se ressent de l’éloignement de l’astre qui l’échauffe et la vivifie ; les aquilons déchaînés, les fleuves irrités dans leur cours, le concert des oiseaux interrompu, tout annonce le deuil et la tristesse.
Les précautions hygiéniques les plus essentielles à prendre pendant l’hiver sont relatives aux vêtements qui doivent nous garantir convenablement du froid et de l’humidité ; il faut se tenir chaudement surtout les pieds etles jambes, et avoir constamment les pieds secs. Il ne faut jamais se coucher quand on a les pieds froids, rien ne trouble tant le sommeil et ne nuit plus à la digestion.
L’exercice en hiver est très-salutaire, si l’on a soin, lorsqu’on est échauffé, de ne pas rester exposé à l’air et de ne pas se refroidir subitement.