SYSTÈME SQUELETTIQUE
Le squelette, qui forme comme la charpente de l’édifice du corps, a des usages relatifs, soit à la protection des organes auxquels il sert de soutien ou d’enveloppe, soit aux mouvements. Il comprend diverses parties dont nous allons nous occuper successiment.
§ 1. — Os du squelette.
Le squelette, comme le corps humain, peut être subdivisé en tronc, tête et membres.
Ce tronc est formé de quarante-neuf os ; en arriére, les vingt-quatre vertèbres, sept cervicales, douze dorsales et cinq lombaires ; en avant, le sternum, et sur les côtés, les douze côtes, dont sept supérieures, nommées vraies, vertébro-sternales, ou sternales, et cinq fausses, vertébrales ou sternales.
Le tronc est surmonté par l1 extrémité céphalique composée de deux parties : le crâne et la face , huit os forment le crâne , savoir : le coronal, l’éthmoïde, le sphénoïde, l’occipital, les deux temporaux et les deux pariétaux. Dans ce nombre, on ne compte pas les os wormiens, qui ne sont jamais en nombre égal. Tous les os impairs sont placés sur la ligne médiane, et peuvent être partagés en deux parties parfaitement semblables. C’est le contraire pour ceux qui sont impairs ; les uns sont propres au crâne, les autres communs au crâne et à la face.
La face se divise en mâchoire supérieure ou syncrânienne, et en mâchoire inférieure ou diacrânienne. Dans la. première se trouvent treize os, savoir : les deux os propres du nez, les deux os unguis, les deux susmaxillaires, les deux os de la pommette, les deux os du palais, les deux cornets inférieurs et le vomer.
La mâchoire inférieure est formée d’un seul os appelé os maxillaire ; il existe de plus, à la face, dans l’adulte, trente-deux dents, seize à chaque mâchoire ; quatre incisives ou cubiques, deux canines ou co-
noïdes, et dix molaires, cinq de chaque côté, divisées en petites et en grosses molaires nommées, par M. Chaussier, bi, tri et multicuspides .
L’ extrémité pelvienne est formée par le bassin, où l’on trouve quatre os ; deux en arrière, le sacrum et le coccyx, et les deux os des hanches, sur les côtes et en avant.
Les membres se divisent en supérieurs ou thoraciques, et en inférieurs ou pelviens.
Dans les membres supérieurs , on distingue l’épaule, le bras, l’avant-bras et la main. Dans X épaule, il y a deux os, la clavicule et le scapulum ; dans le bras , un seul os, l’humérus ; dans X avant-bras, deux os, le cubitus en dedans, et le radius en dehors. La main, est subdivisée en carpe, métacarpe et en doigts. Dans le carpe, il 3^ a huit os sur deux rangées. Dans la première, le scapho'ide, le sémilunaire, le pyramidal et le pisiforme ; dans la seconde rangée, le trapèze, le trapézoide, le grand os et l’os crochu.
Le métacarpe est formé de cinq os, que l’on nomme par l’ordre numérique de premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième, en procédant du bord radiai de la main au bord cubital.
Les doigts sont au nombre de cinq, savoir : le pouce, l’indicateur, le médian, l’annulaire et l’auriculaire ; dans chaque doigt, il y a trois phalanges, excepté le pouce, qui n’en a que deux. On nomme la première phalange, la phalange métacarpienne ; la deuxième, la phalange moyenne, et la troisième la phalange unguinale ; le pouce n’a que la première et la troisième phalange.
Les membres pelviens sont divisés en cuisse, genou, jambe et pied. La cuisse est formée par le fémur; le genou, par la rotule ; la jambe, par le tibia en dedans, et le péroné en dehors.
Le piecl se compose du tarse, du métatarse et des orteils. Dans le tarse se trouvent sept os sur trois ran gées. Dans la première, le calcanéum et l’astragale ; dans la seconde, le scaphoïde et le cuboïde; dans la troisième, les trois cunéiformes. Dans le métatarse, il y a cinq os, nommés, comme ceux du carpe, premier, deuxième, troisième, etc., en procédant du bord tibial vers le péroné. Les orteils sont au nombre de cinq, trois phalanges dans chaque. La première est nommée phalange métatarsienne ; la" deuxième, phalange moyenne, et la troisième, unguinale. Il n’y a que le gros orteil qui n’a que deux phalanges, la première et la troisième ; il y a de plus, dans quelques articulations, des os appelés sémamoïdes.
Le squelette de l’homme est donc formé de 240 os, en y comprenant les osselets de Vouïe, qui sont au nombre de quatre de chaque côté, savoir : letrier, le leuticulaire, l’enclume et le marteau.
En général, les femmes ont les os plus grêles, les éminences en sont moins prononcées, le crâne est moins développé, ainsi que la poitrine ; cependant les femmes paraissent avoir le thorax plus large : cela provient des clavicules, qui sont plus longues que chez l’homme, parce qu’elles sont en effet moins contournées. La femme avait besoin d’une large surface osseuse pour soutenir les organes de la lactation.
Le bassin est en général plus vaste chez la femme
que chez l’homme ; il est plus évasé pour contenir le produit de la conception ; les cavités cotyloïdes sont plus éloignées l’une de l’autre; le col du fémur moins oblique, de là, la difficulté qu’a la femme de courir ; les genoux sont plus proéminens en dedans : cela provient de ce que le condyle interne du fémur est plus développé , et de ce que le bassin étant plus large que celui de l’homme , les fémurs, chez les femmes, pour soutenir l’axe du corps, sont dirigés plus obliquement de haut en bas, et de dehors en dedans.
L’extrémité céphalique du fœtus, ainsi que lapoitrine, sont très-développées . L’enfant à terme a le crâne plus ample par rapport à la face ; les cavités orbitaires sont plus rapprochées de la mâchoire inférieure ; mais bientôt les os laissant développer dans leur intérieur tous les sinus, la face prend un diamètre vertical plus étendu, auquel se joint aussi la sortie des dents hors des alvéoles.
Le rachis, chez le fœtus, est presque perpendiculaire et sans courbure ; la poitrine peu développée par rapport à celle de l’adulte ; mais cependant la différence est grande relativement au bassin , qui , à cet âge , a peu d’étendue.
Les membres thoraciques sont plus volumineux que les abdominaux; cela est facile à concevoir et se comprend fort bien quand on a égard au mode de circulation chez le fœtus.
Chez les vieillards, les os sont plus abondants en matière inorganique : de là la fréquence des fractures; les éminences et les insertions des os sont plus marquées; la face perd de son étendue verticale par la chute des dents, l’affaissement des sinus de la face, et par l’anti-
cipation de la mâchoire inférieure sur la supérieure, ce qui fait proéminer le menton chez les vieillards; enfin, les os surnuméraires sont en plus grand nombre: il semble que des points d’ossification se soient développés dans l’épaisseur des tendons des mains et des pieds, surtout chez ceux qui se sont livrés à des travaux manuels très-rudes.
§ 2. — Structures des os.
Les os, quant à leur structure, sont constitués par une trame cartilagineuse encroûtée de phosphate et de carbonate calcaires, disposée de manière à former à l’intérieur, dans les os courts de petites ou de grandes cellules , dans les os longs un canal médullaire , et à l’extérieur, dans tous, une surface dure, lisse ou raboteuse.
Voici un mot sur leurs moyens d’union.
§ 3. — Articulation des os.
Les diverses pièces osseuses qui entrent dans la composition du squelette sont unies au point de contact , les unes immédiatement de manière à former un tout de plusieurs pièces inamovibles, les autres médiatement par des ligaments, de manière à former désarticulations plus ou moins mobiles. Le premier mode d’union consiste dans un engrènement des bords dentelés des os , qui équivaut pour la solidité de l’union à une sorte de soudure, et qui se montre dans les os du crâne et de la face, le maxillaire inférieur excepté. Dans le
second mode d’union , où les deux surfaces de contact sont unies par un tissu intermédiaire élastique qui permet des mouvements bornés de flexion, comme cela a lieu pour les vertèbres, dont les corps sont solidement unis par les cartilages intervertébraux , espèce de coussinets élastiques qui permettent à la tige vertébrale de s’infléchir en divers sens; où les deux surfaces osseuses sont complètement séparées, lisses, mobiles, encroûtées de cartilages , et retenues au contact l’une de l’autre par des ligaments qui passent en diverssens d’un os à l'autre, de manière à entourer de toutes parts les deux extrémités osseuses, l’intervalle qui existe entre les extrémités osseuses et les ligaments constitue la cavité de l’articulation, tapissée par une synoviale , d’où s’exhale incessamment un liquide onctueux, propre à favoriser les mouvements et à adoucir les frottements. C’est par de telles articulations mobiles que sont unis la tête avec la colonne vertébrale, la mâchoire inférieure avec les temporaux, chacun des membres avec le tronc, et chacun des os des membres entre eux.
Les os sont mûs par des muscles. Nous allons en dire un mot.