NOTIONS D’ANATOMIE ET DE PHYSIOLOGIE DE L’HOMME
De tous les objets qui nous entourent, quelque brillants et quelque nombreux qu’ils soient, aucun certainement n’est plus intéressant pour nous, ni plus digne de notre curiosité, que cette substance matérielle qui forme une portion de notre être. Ces globes lumineux qui roulent sur nos têtes, et dont la marche régulière est si majestueuse, sont bien moins admirables aux )^eux du vrai philosophe que l’étonnante organisation de cette machine merveilleuse que le plus grand nombre des hommes paraît méconnaître. Cette immense multitude de végétaux qui couvrent la surface de la terre, et dont les couleurs diverses, l’éclat frappant, les nuances variées semblent le disputer à cet arc radieux qui quelquefois est peint sur la voûte azurée ; ces fa-
milles multipliées d’animaux divers qui peuplent de toutes parts le domaine de l’homme, et qui nous ravissent d’admiration par la magnificence et la richesse que la nature a déployée dans leur brillante parure ne sont rien en comparaison de l’homme, c’est-à-dire, du plus bel ouvrage qui soit sorti des mains du Créateur. L’étude la plus satisfaisante pour l’homme est donc celle de l’homme même; et cependant, par une fatalité qu’il n’est pas aisé de concevoir, elle est la plus négligée. Nous recherchons avec une sorte de passion la connaissance de tous les objets qui nous sont étrangers, sans faire la moindre attention à ce qui nous regarde réellement. « Quelque intérêt que nous ayons à nous connaître nous-même, dit le Pline français , je ne sais si nous ne connaissons pas mieux tout ce qui n’est pas nous. »
Ceci posé, nous allons donner un court aperçu sur l’anatomie et la physiologie de l’homme, en écartant autant que possible les termes techniques; et d’abord, disons un mot du squelette humain.