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DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUE

Abattement. — Faiblesse, débilité, atonie, asthénie. — Symptôme précurseur de la plupart des maladies; accident dangereux dans quelques fièvres ou maladies aiguës ; état particulier propre à la convalescence.

Traitement. — Il consiste à éloigner ou à détruire les causes qui ont déterminé l’abattement. S’il est le symptôme précurseur ou concomitant des maladies, il cède aux moyens qui leur sont appropriés. Dans l’abattement produit par certains causes débilitantes, comme les excès dans le boire et le manger , les abus des plaisirs de l’amour, et généralement dans la convalescence, on emploie les toniques pris à petites doses et avec modération (fortifiants).

Abcès. — Apostème.— On appelle abcè $toute espèce d’amas de pus qui se forme au sein des organes de l'homme, dans un espace accidentel ou circonscrit. Les abcès ont été divisés, d’après l’intensité et la rapidité des phénomènes inflammatoires qui les précèdent, en abcès chauds ou phlegmoneux et en abcès froids.

Traitement. — On couvre la tumeur de cataplasmes émollients. Lorsque le pus est formé , ce qui se reconnaît à la cessation de la fièvre et à la fluctuation de la

tumeur, et lorsqu’il ne se fait pas jour lui-même par une ou plusieurs ouvertures, il faut faire ouvrir l’abcès par un homme de l’art. L’abcès étant ouvert et le pus sorti, les bords du foyer s’affaissent et se rapprochent. On ne doit pas presser dessus, afin d’exprimer jusqu’à la dernière goutte de liquide. On panse la plaie , comme une plaie simple, au moyen de cérat ou de beurre frais.

Accouchement. — Expulsion du corps de la femme d’un enfant à terme, avec ses dépendances. L’accouchement a lieu ordinairement.au bout de neuf mois; il peut quelquefois devancer cette époque , et plus rarement passer outre.

Il nous paraît utile d’indiquer ici quels sont les soins à donner à la femme pendant le travail , après l’accouchement, et à l’enfant au moment de la naissance.

La femme doit être placée dans une position aisée, de manière à être libre dans ses mouvements. Quand elle est debout, elle fera bien d’appuyer les mains sur le dos d’une chaise et de se faire soutenir le bassin par quelqu’un. On évitera toute boisson excitante, qui, sous prétexte d’accroître les forces, déterminerait souvent la fièvre et entraverait la marche du travail. La femme peut aussi se mettre au lit. Ordinairement, on plie le matelas en deux, ou bien on en soulève le milieu par un traversin, afin d’élever le bassin de la femme. On laisse alors agir la nature.

On préparera aussi du fil ciré, des ciseaux, une compresse, et les vêtements destinés à l’enfant.

Une fois que la sortie de l’enfant s’est effectuée , on

le place transversalement entre les cuisses de la femme ; de manière que les liquides qui sortent des parties de la femme ne puissent tomber dans la bouche. On coupe le cordon à trois pouces du ventre de l’enfant, et on le lie de suite, si l’enfant présente tous les attributs de la santé. On livre ensuite l’en fant à la personne chargée de le soigner. Il faut prendre la précaution d’envelopper dans un peu de linge le bout du cordon resté adhérent au corps de l’enfant ; on l’applique, dans quel sens que ce soit, contre le ventre de l’enfant , et on l’y tient fixé par une bande, pour qu’en changeant ses linges, on ne soit pas exposé à le tirailler. S’il n’y avait personne pour soigner immédiatement l’enfant , on le couvrirait poulie préserver des injures de l’air. La matière glutineuse dont l’enfant est souvent enduit, loin d’avoir les inconvénients qu’on lui prête, sert avantageusement de corps doux intermédiaire entre la surface de sa peau délicate et les linges souvent durs et peu souples dont on l’enveloppe. Ces matières demeurent d’ailleurs attachées aux linges, dont le renouvellement nécessaire débarrasse lentement le corps de l’enfant , en le laissant s’habituer à des impressions plus pénibles que celles du liquide qui l’entourait dans le sein de la mère.

L’accouchement étant terminé , on s’occupe des soins à donner à la mère. On garantit les parties naturelles d’un linge doux, assez épais et un peu chaud. On lu1 fait conserver dans le lit la position horizontale , les jambes allongées l’une contre l’autre ; on lui entoure le ventre d’une serviette double , chaude et modérément serrée. On ne lui donne, surtout les deux premiers jours, à cause de la fièvre de lait, que des bouillons légers, des

panades, avec un peu ou point d’aliments solides. Si la femme doit nourrir, on applique des linges chauds sur le sein ; si elle ne doit pas nourrir, on cherche à dissiper et à évacuer le lait par le moyen suivant : on coupe le bout d’une plume d’oie, comme quand on veut faire une cigarette au camphre, et on remplit sa capacité de mercure métallique ; on bouche ensuite les deux bouts avec de la cire à cacheter. Ce petit instrument est suspendu entre les seins.

La grande sensibilité dont est douée une femme qui vient de s’accoucher, demande qu’on ait pour elle des soins et une attention délicate. Elle doit être tenue en repos , loin de tout bruit , dans une chambre où doit régner une température douce. On doit écarter d’elle les odeurs et tout ce qui pourrait être un sujet de chagrin ou d’émotion vive quelconque.

Agacement des dents. — Affection des dents , causée par des fruits ou des plantes acides, et par l’usage du sucre candi. Pour faire cesser cette affection, parfois assez pénible, on peut employer un gargarisme composé de 2/3 eau et de 1/3 eau-de-vie, ou bien simplement mâcher du papier, de l’oseille, du cresson ou du pourpier.

Aigreurs d’estomac. — Sensation désagréable causée par la mauvaise digestion des aliments.

Traitement. — Les personnes atteintes d’aigreurs d’estomac doivent avant tout s’abstentr avec soin de toutes les substances qui ont un caractère acescent, telles que la plupart des végétaux et les fruits crus ; de celles qui abondent en huile, telles que les viandes grasses, le poisson, les noix; des mets accommodés

avec la graisse, et des liqueurs fermentées, particulièrement des vins verts et de la bière.

Elles doivent d’autant plus se hâter de suivre ce régime, que ces substances que nous leur interdisons sont ordinairement la cause des aigreurs d’estomac, et qu’il est à craindre qu’elles ne les entretiennent, ne les augmentent et ne les rendent plus difficiles à guérir, si elles continuent encore à en faire usage.

On guérit, en général, facilement de cette incommodité. Rien n’est meilleur que la magnésie blanche ou la poudre de santinelli, à la dose d’une demi- once, dans un verre d’une légère infusion de mélisse. On répète ce remède deux ou trois jours de suite, le matin à jeun, et on finit par prendre une médecine ordinaire, de^préférence une once de sel anglais, dans un grand verre d’eau.

Après l’usage de ce remède, il faut encore observer, pendant un temps plus ou moins long, le régime que nous venons d’indiquer.

Alopécie. — Chute complète ou partielle des poils, des cheveux, soit à la suite d’excès ou de maladies déterminant l’altération des bulbes pileux, soit par l’effet d’une atonie générale, soit enfin par l’abus des cosmétiques irritants.

Traitement. — Si la peau de la tête est sèche et qu’elle se couvre d’écailles petites, blanchâtres, il faut pratiquer sur le cuir chevelu des frictions avec une pommade faite avec l’extrait de noyer, 30 grammes d’axonge de porc, quatre grammes d’extrait de feuille de noyer. Si le cuir chevelu n’est pas irrité, on peut lotionner la tête avec des décoctions toniques de petites

centaurées et de feuilles de noyer, ou bien avec du rhum dans lequel on a laissé macérer les mêmes plantes pendant huit jours au moins.

Aménorrhée. — Ce mot s’applique particulièrement à la suppression des règles. Le défaut d’écoulement des règles a pour cause, ou une grande frayeur, une colère, un refroidissement; ou bien il tient à une mauvaise constitution, à une faiblesse générale de l’organisme. Dans le premier cas, on peut avoir recours aux bains de pieds simples ou avec la farine de moutarde (une once) et le gros sel de cuisine (une poignée), aux tisanes d’armoise , de trèfle d’eau ou de mélisse. Dans le second cas, on doit mettre en usage un régime fortifiant, l’exercice, et prendre à l’intérieur une préparation ferrugineuse quelconque, comme les pilules de Blaud (2 à 4 pilules par jour), le sirop d’iodure de fer, la teinture de tartrate de fer et de potasse (une cuillerée à bouche, matin et soir), ou bien tout simplement la poudre de sous-carbonate de fer (30 grammes), à laquelle on ajoute de la poudre de canelle (4 grammes) (une demi-cuillerée à café le matin et le soir.)

Quand la suppression des règles causera la moindre inquiétude, on ira consulter sans retard un homme de l’art.

Anasarque. — Espèce d’hydropisie , formée par l’infiltration des eaux entre la peau et la chair, surtoute l’étendue du corps, conservant l’impression des doigts. Les personnes atteintes d’anasarque doivent toujours consulter un médecin. La maladie est souvent plus grave qu’on le croit bien .

Anévrisme. — On appelle ainsi toute tumeur formée par du sang artériel contenu dans une artère dilatée au sortir du vaisseau, mais communiquant toujours avec lui et pénétrant ou non dans une veine. On désigne sous le nom d’anévrisme l’hypertrophie (épaississement) des parois du cœur avec dilatation de ses cavités.

Angine. — Le mot angine sert à désigner toutes les espèces de maux de gorge, c’est-à-dire l'inflammation des parties de l’arrière-bouche, accompagnée d’une difficulté d’avaler et de respirer. Dans le public, le mot esguinancie est adopté pour désigner un mal de gorge qui présente de la gravité. Cette affection a pour cause les variations de l’atmosphère, un refroidissement subit. Nous n’avons à parler ici que de l’angine tonsillaire (amygdalite — esquinancie).

Traitement. — Bains de pieds avec la farine de moutarde (30 grammes) et gros sel (une poignée). On y reste pendant quinze à vingt minutes; thé de sauge pour boisson ; et toutes les deux heures une cuillerée de la potion suivante : eau de fleurs de sureau, 120 grammes; extrait de belladone, 5 centigrammes-, et sirop de fleurs de sureau, 30 grammes.

Pour peu que l’angine présente des symptômes inquiétants, il ne faut pas tarder d’appeler un homme de l’art ; car l’angine peut acquérir en quelques heures une grande gravité et exposer même la vie du malade. On cite de ces exemples tous les jours.

Aphthes. — On appelle a'phthes de petites ulcérations blanchâtres se développant dans l’intérieur de la bouche; elles sont la suite de petits boutons dont le

sommet s’ouvre et forme une petite plaie qui s’étend de plus en plus. Les ulcérations aplitheuses en général sont lentes à guérir.

Traitement. — Nous conseillons de promener sur les ulcérations, à l’aide d’un pinceau de charpie, le mucilage de pépins de coing pur ou additionné de quelques gouttes de laudanum , ou bien de faire usage du collutoire suivant : nitrate d’argent, 1 gramme ; eau distillée, 15 grammes.

Apoplexie. — (Voyez Hémorrhagie).

Ascite. — Hydropisie du ventre. (V. Hydropisie.)

Asphyxie. — On entend par asphyxie, un état de mort apparente, dans lequel la respiration et les mouvements du corps sont suspendus. Rien ne peut faire distinguer l’asphyxie de la mort, si ce n’est la putréfaction ou la décomposition des chairs, comme nous venons de le dire plus haut. On a vu des personnes revenir à la vie et jouir encore pendant plusieurs années de la plus belle santé, bien quelles eussent offert, durant plusieurs heures, les symptômes alarmants de l’asphyxie. Il faut donc s’empresser de prodiguer des secours à tout individu asphyxié, et les continuer sans se décourager jusqu’à ce qu’on ait perdu tout espoir de le sauver, c’est-à-dire pendant cinq ou six heures au moins.

Diverses causes peuvent produire l’asphyxie.

Asphyxie par strangulation, suspension. — Nous avons parlé plus avant d’une croyance absurde et excessivement funeste par ses effets : c’est qu’il n’est pas permis, sans se compromettre, de toucher aux noyés et aux pendus, ou à tous ceux qui paraissent

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avoir péri (Tune manière violente, avant que la justice ait été appelée pour constater le crime ou le suicide.

Souvent des secours administrés convenablement et à temps pourraient rappeler à la vie des personnes qui ne sont qu’en état de mort apparente, et les lois, loin de prescrire une pareille inhumanité, sont d’accord avec la religion pour faire un devoir de secourir ceux qui sont en danger.

La première chose donc à faire, lorsqu’on trouvera un pendu, sera de couper le lien qui entoure le cou, de descendre le corps avec précaution, et de le soutenir de manière qu’il n’éprouve ni secousses, ni contusions ; de défaire ou mieux de couper la cravate, les bretelles, en un mot, tout objet, quel qu’il soit, capable de gêner la circulation du sang. On placera le corps sur un lit avec beaucoup de douceur et de ménagement, de telle sorte que la tête et la poitrine soient plus élevées que le reste du corps. La chambre sera bien aérée, et ni trop chaude ni trop froide. On stimulera le gosier, on donnera des boissons acidulées. On ne réchauffera le corps que dans le cas où l’individu aura été exposé en plein air pendant un temps très-froid.

Entre temps on aura fait demander un médecin ; car bien souvent une . saignée est indiquée, à cause de l’engorgement des vaisseaux du cerveau, déterminé par la compression du cou.

Asphyxie par submersion. — La submersion est une cause fréquente d’asphyxie. Il ne se passe pas de semaine, à l’époque des grandes chaleurs, que nous n’apprenions par les journaux que des personnes ont perdu la vie en se baignant. Ces mal-

heurs si fréquents dépendent uniquement des baigneurs, qui, méprisant les sages conseils qui leur ont été si souvent donnés, et se fiant trop sur leur aptitude à la natation, se plongent résolûment dans les rivières et les canaux profonds, bravent les tourbillons et les courants d’eau rapides. Qui ne sait qu’une crampe violente et subite peut paralyser les mouvements nécessaires pour se soutenir au-dessus de l’eau? qu’une syncope, des vertiges peuvent soudainement anéantir les forces du baigneur et le précipiter au fond delà rivière?

L’ivrognerie, ce vice dégradant, qui rabaisse l’homme au niveau de la brute, a précipité danâ l’eau une multitude de ses malheureuses victimes. Que d’ivrognes ont eu, pendant la journée, le cabaret pour séjour, et la nuit suivante , la rivière pour tombeau ! Combien de buveurs attardés n’ont pas trouvé la mort dans le fond de nos fleuves et de nos canaux ! Soyons donc sobres , et évitons l’ivrognerie comme le plus dangereux des vices.

Quelle qu’ait été la cause de la chute d’une personne dans l’eau, il faut s’empresser de l’en retirer. Si elle est privée de sentiment et de mouvement , on peut la regarder comme complètement asphyxiée, et, sans perdre un instant, on appellera un médecin; en attendant l’arrivée de celui-ci, on administrera au noyé les secours indiqués par l’expérience.

l°Il faut bien se garder de laisser l’infortuné que l’on veut secourir, à moitié plongé dans l’eau, comme la multitude se croit obligée de le faire, sous prétexte de mesure de police.

Il faut , au contraire , se hâter de le dépouiller des

vêtements mouillés qui le couvrent, et l’envelopper immédiatement de quelque chose de sec.

Il ne faut pas différer ensuite de le transporter , soit au dépôt, s’il s’en trouve un dans les environs; soit dans une maison ou dans un bateau, à proximité du lieu où le corps a été retiré de l’eau.

2° Le transport doit s’effectuer soit sur un matelas, sur une civière, soit à bras par plusieurs personnes, sans mouvement rude , et avec la précaution de tenir l’asphyxié couché sur le côté, la tête élevée et couverte.

3° Il faut alors l’envelopper tout de suite dans une couverture de laine, lui visiter la bouche pour en ôter la boue qui pourrait s’y trouver , soit avec les doigts, soit avec la barbe d’une plume.

4° On prend ensuite ou une carte roulée, ou le fourreau d’un couteau, dont on a coupé la pointe, et l’on souffle de l’air dans les poumons, soit bouche contre bouche, soit par une narine , en veillant à ce que l’autre narine et la bouche du malade soient tenues fermées; pour faciliter le renouvellement de cet air, on fait de bas en haut des compressions sur le ventre, en se servant des deux mains.

5° On doit avoir grand soin de frotter toutes les parties du corps avec des morceaux de drap ou d’autres étoffes, soit secs, soit trempés dans de l’eau chaude ou du vinaigre, dans un aromate ou un spiritueux quelconque, autant qu’on est à même d’avoir ces objets à la main.

6° Des linges chauffés doivent en même temps être appliqués sous les aisselles, sur la poitrine, le ventre, les genoux et aux pieds. Quand on peut avoir des brique*

échauffées ou des cruches pleines d’eau chaude, on en place à la plante des pieds, à côté de la poitrine, du ventre et des genoux.

7° Il ne faut pas approcher trop tôt le noyé du feu ; on doit le garantir soigneusement de la fumée, et bien se garder surtout de le placer dans tout lieu où régneraient des odeurs produites par un gaz méphitique.

8° Si l’accident arrive en été, les soins prescrits plus haut peuvent être administrés en plein air, pourvu que ce soit à l’ombre.

9° Il ne faut pas désespérer, si les premières opérations semblent n’être suivies d’aucun effet satisfaisant ; car l’expérience prouve chaque jour que certains asphyxiés ne commencentà donner quelques signes de vie qu’après un très-long travail. On doit avoir grand soin de ne les abandonner jamais sans qu’ils soient enveloppés d’une couverture de laine.

Si l’on trouvait une personne qui voulût coucher sous la même couverture, toute nue, et continuer les frictions, l’action serait très-louable.

10° Au bout d’une demi-heure, d’une heure de travail et quelquefois plus, le retour à la vie se manifeste par de légers mouvements des muscles du visage et des paupières, par une faible rougeur des lèvres, par un accroissement de chaleur, surtout à la région du cœur, par un petit bruit dans le ventre et dans la gorge, et de temps en temps par un léger soupir. C’est alors qu’il faut redoubler de zèle et continuer d’opérer toujours avec la même prudence et le même ménagement.

11° Si l’on remarque des signes de déglutition, il faut donner à l’asphyxié une cuillerée d’eau mêlée soit de

vinaigre, soit d’esprit-de-vin, soit de toute autre liqueur que l’on peut avoir sous la main ; mais il faut aussi avoir soin de n’en pas donner une seconde avant de s’être assuré que la première est entièrement avalée.

12° Si, la chaleur naturelle et la respiration étant tout à fait rétablies, le malade néanmoins reste assoupi, il faut lui chatouiller la gorge et les narines avec la barbe d’une plume trempée dans de la moutarde, du vinaigre, de l’esprit-de-vin ou tout autre spiritueux. On irrite aussi l’anus, et on applique des lavements irritants, composés, par exemple, de moutarde, de sel, de vinaigre, de miel ou de savon, dissous dans de l’eau tiède.

13° Lorsque l’asphyxié est entièrement rappelé à la vie, et qu’il est tourmenté par des envies de vomir, un grand mal de tête, de l’oppression, des points de côté qui augmentent à chaque respiration, alors c’est à l’art même qu’il faut recourir.

14° Il faut éviter avec soin de faire usage d’aucun remède irritant dans le commencement du traitement des asphyxiés ; on doit commencer par ce qu’il y a de plus simple, et procéder toujours par gradation.

S’il arrivait de nuit qu’on dût faire la recherche du malheureux dans la rivière, on jetterait de la paille allumée sur l’eau, afin d’éclairer l’endroit où l’on espère le retrouver.

Asphyxie par la vapeur du charbon. — L’asphyxie produite par la vapeur qui se dégage du charbon, de la braise allumée, des cuves où fermentent le vin, la bière, etc., des fosses d’aisances, des puits et des égouts, réclame les mêmes secours à peu près que ceux que nous venons d’indiquer en parlant des noyés ;

1° Il faut dépouiller sans retard l’asphyxié de ses vêtements, le placer au grand air et lui souffler de l’air dans les poumons, comme nous l’avons indiqué plus haut.

2° Il faut asperger le malade avec de l’eau froide mêlée de vinaigre, et lui appliquer des lavements de même nature.

3° Il faut, si le malade a les membres flexihles, le visage rouge ou bleuâtre, lui appliquer des sangsues aux tempes et lui faire des frictions sur le corps.

4° Enfin, il faut, lorsque le malade donne quelques signes de vie, s’il reste assoupi, le stimuler de la manière qui a été indiquée plus haut relativement aux asphyxiés par submersion, et lui donner des lavements rendus irritants par une dissolution de savon, de tartre émétique ou par une infusion de feuilles de séné.

Pour prévenir ce genre d’asphyxie, il convient de ne point faire usage de chaufferettes, de ne jamais rester dans une pièce fermée où brûlent du charbon et de la braise, où fermentent le raisin, la bière, le jus ou suc de fraise, à moins qu’il ne s’y trouve une cheminée bien et largement ouverte par où la vapeur puisse s’échapper facilement ; il importe de ne jamais dormir la nuit dans une chambre dans laquelle se trouvent des plantes et des fleurs, ou que traversent des tuyaux de gaz, de ne jamais pénétrer dans des égouts, des puits, des fosses d’aisances, des mines, etc. , sans s’être assuré auparavant de l’état de l’air qu’ils renferment, car cet air peut être vicié par différentes causes et donner lieu à des accidents très -graves.

Pour s’en assurer, on descend une lanterne ou une

chandelle allumée jusqu’à la surface de l’eau ou des immondices. Si elle ne s’éteint pas après avoir brûlé un quart d’heure, on la retire. Ensuite, au moyen d’un poids attaché à une corde, ou d’un râteau fixé à l’un des bouts d’une longue perche, on agite fortement, longtemps et en tous sens l’eau et les immondices ; on redescend une seconde fois la lumière, et si, à cette épreuve répétée, elle ne s’éteint pas après 15 ou 20 minutes, les ouvriers peuvent commencer leurs travaux. Mais il est de la plus haute importance que les travailleurs soient revêtus d’un bridage, ou attachés de manière à pouvoir être retirés promptement en cas d’accident.

Si la lumière s’éteignait lors de l’épreuve indiquée cidessus, on ne descendrait pas dans ces lieux, parce qu’on y serait asphyxié.

Dans tous les cas, si les puits, égouts, etc., exhalaient une odeur d’œuf pourri, alors même que la chandelle ne s’éteindrait pas, il faudrait ne pas y descendre avant d’avoir détruit ou chassé l’air malfaisant.

Il y auraAine précaution indispensable à prendre : ce sera de se servir, au lieu de lanterne, chandelle et lumière ordinaires, de lampes confectionnées de manière à ce que la flamme ne puisse pas communiquer avec l’air infecté ; c’est le seul moyen d’éviter l’explosion si dangereuse et si meurtrière du grisou : les lampes dites de Davy conviennent à ce dernier usage. Mais nous recommandons aux ouvriers de ne rien entreprendre, en fait d’expériences de ce genre, qu’autant qu’ils seront éclairés et dirigés par des maîtres instruits et prudents.

Parmi les moyens employés pour détruire les gaz

nuisibles qui pourraient se rencontrer dans les puits, fosses d’aisances, etc., nous recommandons particulièrement d’ouvrir ces puits ou ces fosses le plus largement possible, et d’y établir des courants d’air, afin d’en chasser les miasmes dangereux; après cela, si la lumière redescendue, comme nous l’avons indiqué plus haut, s’éteint encore, ou si l’on continue à sentir l’odeur d’œuf pourri, il faut avoir recours aux conseils d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un chimiste.

Quand il arrivera qu’une personne, malgré l’emploi de ces moyens préventifs, aura eu le malheur de tomber asphyxiée dans un puits ou une fosse, et qu’il se présentera un individu assez dévoué pour affronter le danger afin de la retirer du précipice, nous recommandons à ce dernier de faire quatre ou cinq aspirations profondes avant de descendre dans l’endroit dont l’air est infecté, dans le but de faire en quelque sorte une provision d’air dans sa poitrine et d’éloigner ainsi pour quelques instants le besoin de respirer.

Asphyxie par la foudre. — Nous avons indiqué plus haut les précautions qu’il convenait de prendre pour se préserver de la foudre ; nous croyons convenable d’y renvoyer le lecteur, afin d’éviter les répétitions.

L’asphyxie par la foudre ou le tonnerre requiert les mêmes secours, à peu de chose près, que celle produite par la pendaison.

Asphyxie par la chaleur. — L’ardeur excessive du soleil, celle des fourneaux et de tout grand feu, peuvent aussi produire la mort apparente, et causer réellement l’extinction de la vie si les secours

convenables ne sont pas donnés à propos. Dans 1 état d’asphyxie par la chaleur, le sang est violemment porté à la tête, les sinus du cerveau en sont remplis; la chaleur et la rougeur sont anormales, et les membres restent flexibles. Il convient de porter le malade au grand air, en été, ou dans un appartement moins chauffé, en hiver, mais en évitant toutefois de passer d’un accès de température à une température opposée; qu’il soit débarrassé de tout lien ou vêtement qui pourrait gêner la circulation du sang, et qu’on lui fasse respirer du vinaigre.

Dans le cas de syncope ou d’évanouissement, on aura toujours soin de coucher la personne malade ; et quand ce dernier état aura été amené par une affection morale, telle qu’une frayeur ou la vue d’un objet qui émeut fortement la sensibilité, on pourra jeter de l’eau fraîche à la figure de la personne évanouie.

Asphyxie par le froid. - — Le corps humain, soumis à l’action d’un froid excessif, perd sa chaleur nnturelle; les parties liquides qui entrent dans sa composition se coagulent ; tout mouvement tendant au maintien de la vie cesse, et l’état d’engourdissement où il se trouve alors ne tarde pas à se transformer en mort réelle, si l’on ne se hâte d’y remédier. Voici le traitement à suivre dans cette sorte d’asphyxie :

1°I1 faut transporter l’asphyxié dans la maison la plus voisine, le déshabiller et le laver avec de la neige ou de l’eau froide, enfin l’envelopper dans une couverture de laine et le placer dans un lit ;

2° Il faut préparer un bain à un degré de chaleur qui ne surpasse point la chaleur de l’eau que l’on tire d’un

puits profond, y plonger l’asphyxié, et augmenter graduellement la chaleur en y versant, de deux en deux minutes, une quantité d’eau chaude proportionnée, de manière que l’eau entière du bain soit rendue légèrement tiède dans un intervalle de trois quarts d’heure ;

3° Il faut, pendant que l’asphyxié est dans le bain, lui faire sur le visage de légères aspersions d’eau froide; lui souffler, par les narines, dans les poumons, de l’air ou du gaz oxygène ; lui chatouiller la gorge et les narines avec la barbe d’une plume, et enfin lui faire avaler quelques cuillerées d’eau froide mêlée de sel ou de vinaigre ;

4° Il faut, lorsque la déglutition sera tout à fait libre, faire avaler au malade un verre de vin mêlé d’eau, et éviter l’usage de toute liqueur spiritueuse ;

5° Enfin, il faut, si le malade reste dans l’assoupis sement, lui faire des frictions, et lui appliquer des lavements irritants de la nature de ceux que nous avons indiqués plus haut.

Lorsque la congélation n’est que partielle, c’est-àdire, quand les membres seuls ont été gelés ou menacent de l’être, on a recours au même traitement qu’on localise; ainsi, on ne plonge dans le bain, on 11e frictionne que les parties malades, et on donne des sudorifiques (thé de fleurs de sureau) à l’intérieur (1).

Ardeur d’urine. — (V oyez Rétention d'urine).

Asthme — Difficulté de respirer, revenant par des accès irréguliers qui dépendent des variations de

(I) Nous n’avons pas parlé des fumigations de tabac, par la raison que, selon nous, elles sont dangereuses et souvent sans effet.

l’atmosphère, des émotions vives, des accès ; les causes sont quelquefois le résultat d’une fluxion de poitrine imparfaitement guérie. L’asthme accompagne souvent une maladie du cœur. Quand l’asthme est essentiel, c’est-à-dire quand il est simple et ne dépendant nullement d’une maladie organique, l’électricité est le traitement par excellence. Comme traitement palliatif, on peut fumer des cigarettes de nitre, de belladone, de stramonium ou de jusquiame.

Blennorrhagie. — Inflammation du canal de l’urètre et écoulement involontaire de matières muqueuses ou purulentes ; cette affection est désignée sous le nom vulgaire de chaudepisse. La blennorrhagie est aiguë ou chronique (goutte militaire). Elle est ordinairement le résultat d’un coït infect. La blennorrhagie simple est due quelquefois à la masturbation, aux approches sexuels trop répétés, ou exercés pendant le fluide menstruel, ou avec une femme atteinte de leucorrhée (flueurs blanches).

Traitement. — Dans tous les cas, il est urgent d’aller trouver un homme de l’art, afin d’être rassuré sur la nature de la blennorrhagie et sur le traitement à suivre. Si l’on se trouvait à une grande distance d’un médecin, ou bien si l’on était dans l’impossibilité de l'aller consulter, on pourrait faire usage de l’électuaire suivant: copahu (30 grammes); cubèbe en poudre, (60 grammes) ; essence de menthe (2 grammes); magnésie calcinée (en quantité suffisante). On en prend une petite cuillerée à café, trois fois par jour, dans du pain azyme.

Bronchite. [Rhume de poitrine, catliarrlie pul -

monaire). — Le mot bronchite sert à désigner l'inflammation delà membrane muqueuse des bronches.

La bronchite est généralement occasionnée par une transpiration arrêtée ou dérangée.

Un excellent préservatif contre le rhume, c’est de s’accoutumer au grand air, même pendant l'hiver; de ne point se tenir enfermé trop longtemps dans un endroit chaud, pour passer immédiatement dans un lieu froid, et de ne pas se laisser refroidir promptement alors qu’on est en sueur, avant d’avoir changé de linge.

Lorsque la bronchite est bénigne, qu’elle n’est pas accompagnée de la fièvre, il suffît d’observer une bonne hygiène ; on usera avec avantage de boissons et de pûtes pectorales (1). C’est dans cette forme de la maladie que quelques personnes prônent divers moyens pour faire avorter l’inflammation : ainsi on conseille, et Laënnec, un habile médecin, était en cela d’accord avec le vulgaire, on conseille, disons-nous, l’usage des spiritueux (bière, punch, cognac, rhum) pris chauds, ou encore du lait bouillant avec du safran, de manière à provoquer une forte transpiration ; d’autres vantent les purgatifs doux, les révulsifs cutanés, tels que les bains de pieds avec la farine de moutarde et le sel, les cataplasmes aux mollets, les frictions de la poitrine avec un liquide capable d’en rougir la peau, comme l’alcool camphré. Ces derniers moyens, surtout les bains de pieds, sont toujours utiles; quant aux premiers

(1) Les pâtes pectorales de M. Joseph Vandyck, fabricant, rue aux Choux, 35, à Bruxelles, sont surtout recommandables.

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moyens, aux excitants diffusibles, il est en général prudent de sen abstenir, car bien souvent ils augmentent l’inflammation.

Si la bronchite est plus intense, si elle s’accompagne de fièvre plus ou moins forte, il faut garder un repos absolu, se tenir à la diète, prendre des boissons douces et faire appeler un médecin ; car, dans ce cas, la maladie peut acquérir une certaine gravité, et il vaut mieux trop tôt que trop tard avoir recours aux ressources de l’art.

Brûlures. — On appelle brûlures des lésions déterminées, soit par l’action trop concentrée du calorique sur nos tissus, soit par le contact de quelque agent chimique susceptible également d’en détruire l’organisation.

La brûlure est ou légère, et il n’y a pas de vessie, — ou plus considérable, et il s’est levé une vessie, — ou très-forte, de manière que la peau est brûlée et que les chairs sônt même endommagées.

Le meilleur moyen de combattre la brûlure légère est l’application prompte et immédiate du froid ; la durée de cette application doit être en rapport avec l’intensité, l’étendue et la profondeur de la brûlure : on se servira à cet effet de neige, de glace, et, en leur absence, de l’eau de puits la plus froide possible, à laquelle on ajoutera avantageusement deux cuillerées de sel ordinaire et un grand verre de vinaigre par litre d’eau froide. Quand le feu aura attaqué une partie susceptible d’être baignée, comme les mains, les bras, les pieds et les jambes, on fera bien de les plonger et de les maintenir longtemps dans le liquide froid composé

de la manière que nous venons d’indiquer. L’eau devra être renouvelée toutes les heures au moins.

Quand la partie brûlée ne pourra être placée convenablement dans un bain frais, on trempera des compresses dans le liquide en question, et l’on placera ces compresses sur les endroits attaqués par le feu ; ces compresses seront renouvelées toutes les demi-heures.

S’il se forme des cloches sur la brûlure, on se gardera bien de les enlever ; on y enfoncera seulement la pointe d’une aiguille, ou l’on y fera passer un fil que l’on coupera aux deux extrémités, puis on recouvrira le mal de cérat laudanisé étendu sur du linge fin, ou, mieux encore, on enveloppera tout simplement la partie brûlée d’une couche d’ouate.

Dans les brûlures très- considérables, où la chair est endommagée, on aura recours aux moyens que nous venons d’indiquer; mais il faudra sans tarder appeler quelque personne de l’art pour administrer les autres remèdes qui deviennent ordinairement nécessaires, à cause de la fièvre et des autres accidents qui ne tardent pas à se manifester.

Les douleurs que causent souvent les brûlures sont quelquefois si vives, qu’on est obligé d’avoir d’abord recours à ce qu’il y a de plus rafraîchissant pour calmer l’irritation des fibres nerveuses. On pourra donc, pour tempérer la douleur excessive d’une partie qui vient d’être brûlée, la plonger dans l’eau, et l’en retirer ensuite pour mettre en usage les autres moyens que nous avons indiqués, et qu’on aura eu le temps de préparer.

Cachexie. — Etat de dépérissement qui survient

après de longues maladies, caractérisée par l’amaigris sement, un teint jaune ou plombé et la langueur de toutes les fonctions.

Calculs. —Pierre, gravelle. — Les causes de cette maladie sont une disposition héréditaire, les coups, les chutes sur les reins, une nourriture astringente, une vie sédentaire.

Traitement. — Régime doux , les bains, l’eau de Vichy, ou l’emploi, matin et soir, d’une demi-cuillerée à café de bicarbonate de soude dans un grand verre d’eau.

Cancer. — Suivant M. Andral, « toutes les lésions, soit de nutrition, soit de sécrétion, arrivées à ce terme où on les voit se terminer par une ulcération qui étend de plus en plus ses ravages, soit en superficie, soit en profondeur, voilà le cancer. » Sa nature est inconnue ; par conséquent, on ne peut le définir qu’en exposant ses symptômes.

Carreau. — Le carreau est une maladie fréquente chez les enfants ; elle est presque toujours le produit d’un vice scrofuleux. Les enfants atteints du carreau ont le ventre volumineux, dur, les membres très-amaigris, la peau terne et flétrie, la figure un peu bouffie et le teint souffrant.

Traitement. — Quand il y a des signes d’inflammation des intestins, il faut la combattre. Régime adoucissant, cataplasmes et bains émollients; huile de poisson; teinture de tartrate de fer et de potasse, sirop d’iodure de fer ; frictions stimulantes de la peau ; bains de mer artificiels ; régime fortifiant.

Céphalalgie. — On donne ce nom à tout mal de

tète (voyez Migraine ), à toute douleur qui occupe la tête en tout ou en partie.

Chancre. — On donne le nom de chancres à des ulcères de grandeur et de dimension variables, et résultant d’un contact impur. Ils paraissent ordinairement du troisième au sixième jour, après l’application de la matière contagieuse. Leurs caractères généraux sont la couleur grisâtre et la coupe perpendiculaire de leurs bords, l’engorgement des ganglions voisins, et leur tendance à s’agrandir et à s’indurer.

Traitement. — La personne atteinte d’un chancre, quelque petit qu’il soit, ne pourra assez tôt aller con sulter un médecin. Le chancre s’agrandit avec rapidité et peut produire de grands ravages en quelques heures. Si l’on était très-éloigné d’un médecin, on devrait, pour ne pas perdre de temps, cautériser l’ulcère soit avec la pierre infernale, avec l’acétate ou le sulfate de cuivre, et même, si l’on n’avait aucun de ces sels à sa disposition, avec le fer rougi à blanc. Nous n’avons pas besoin de dire que dans tous les cas il faudra agir avec prudence et tâcher de consulter un homme de l’art aussitôt que faire se pourra.

Chorée. — Danse de Saint-Cruy . — Cette maladie bizarre est caractérisée par des mouvements involontaires et désordonnés d’une ou de plusieurs parties du corps, principalement des muscles des membres.

Traitement. — Sirop de valériane (une cuillerée à café trois fois par jour. Sirop de sulfate de strychnine (une cuilleré eà café, matin et soir). L’électricité.

Charbon. — On donne le nom de charbon à une maladie contagieuse extrêmement grave, qui est carac-

térisée au début par l’apparition de petites vessies de couleur brunâtre qui crèvent promptement et versent sur la peau un liquide roussâtre occasionnant une vive douleur, une démangeaison violente, une chaleur bri*lante ; il est encore caractérisé par la présence d’une ou plusieurs pustules noirâtres. Les individus atteints de la contagion sentent de l’abattement ; les maux de coeur les fatiguent ; ils sont tourmentés par un malaise général. Un peu plus tard, une fièvre violente survient ; ils éprouvent des défaillances, des tiraillements dans la région du cœur. Dès que le plus léger signe de cette redoutable affection se présente, il faut faire venir immédiatement un homme de l’art. Si l’on se trouvait dans l’impossibilité d’avoir un chirurgien, et pour ne pas perdre de temps, ü faut inciser la tumeur, enlever les parties gangrenées et cautériser profondément la plaie. Quelques personnes affirment que la scàbieuse pilée seule ou avec autant de sel, ou bien infusée dans l’urine, appliquée sur le charbon, le fait disparaître promptement.

Chlorose. — On désigne vulgairement cette maladie par le nom de pâles couleurs; elle affecte spécialement les jeunes filles non réglées.

Traitement. — Conditions hygiéniques et morales aussi favorables que possible. — Régime fortifiant, exercice, distractions, bains de mer, etc. ; préparations ferrugineuses; pilules de Vallet, de Blaud ; les pastilles de citrate, de lactate de fer ; la limaille de fer porphyrisé ; le fer réduit par l’hydrogène; le carbonate et le sulfate de fer ; les sirops de fer, le chocolat ferrugineux.

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Choléra. — Empoisonnement miasmatique, maladie épidémique dont les symptômes les plus apparents consistent en vomissements et selles de matières aqueuses et blanchâtres.

Traitement. — 1° Au début de la maladie (cholérine), quand il y a peu ou pas de vomissements et quelques selles seulement : diète légère; thé de menthe, cataplasmes laudanisés sur le ventre , et toutes les heures et demie, une cuillerée de la potion suivante : eau de plantain (120 grammes); extrait dopium (5 centigrammes) ; teinture de cannelle (4 grammes) ; sirop de coing (30 grammes).

2° Période algide et cyanique.

(Le choléra asiatique peut être considéré avec raison comme une fièvre intermittente pernicieuse continue ou à accès subintrants.)

Traitement. I. Rhum fort : toutes les demi-heures, une demi-cuillerée à bouche.

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