‹ Le médecin de la familleChapitre 34 sur 43 · II. Potion composée de · texte numérisé non relu

II. Potion composée de

Eau de fleurs de sureau 120 grammes.

Sulfate de quinine. . . 0,60 à 1,50 grammes.

Tannin 2 à 4 grammes.

Liqueur parégorique de Londres . XX gouttes.

Sirop d’écorces d’oranges 30 grammes.

Mêlez.

A prendre par cuillerées à bouche toutes les heures. III. Fustigations et frictions électriques pratiquées

sur tout le corps, et surtout sur les membres. Cette opération se pratique au moyen de brosses métalliques confectionnées ad hoc et avec le courant de second

ordre.

IY. Dans l’intervalle des frictions, on place les excitateurs dans les mains du malade, et l’on se sert d’un courant de second ordre très-fort, aussi fort qu’il peut être supporté.

Y. Quand il y a des crampes, on électrise, au moyen du courant de premier ordre , les muscles où elles siègent. — Dans les cas où le hoquet existe, on électrise la base de la poitrine, vers les insertions du diaphragme.

YI. Cataplasmes laudanisés sur le ventre, et dans les cas de céphalalgie très-forte , sinapismes aux mollets.

YII. Eau froide à boire ou glace à sucer,

YIII. On entretiendra la chaleur autour du malade en l’enveloppant, déshabillé, dans une couverture de laine sur laquelle on a aspergé du vinaigre de vin trèschaud, et en l’entourant de cruchons remplis d’eau presque bouillante.

IX. Dans les cas où le pouls n’est plus perceptible — bien qu alors toute chance de guérison ait pour ainsi dire disparu — on peut encore ou appliquer les deux pôles d’un courant de second ordre à la région du coeur, afin d’accélérer les mouvements de cet organe, ou y déterminer un effet analogue à celui que produit le moxa, en tenant les excitateurs métalliques en place pendant quelque temps ; ou enfin, usant d’un courant de premier ordre , placer le pôle positif à la région du cœur, et mettre le pôle négatif dans la main du malade.

Quel que soit le procédé auquel on ait recours, il ne faut pas pour cela négliger d’employer concurremment les autres moyens qui ont été indiqués ci* dessus.

Ce traitement compte déjà des succès ; il ne faudrait pas négliger d’en faire l’expérimentation.

Chute. — Coup. — Commotion du cerveau. — Lorsque quelqu’un a fait une chute considérable ou bien a reçu un coup violent, sur la tête , suivi d’engourdissement, ou de perte de connaissance , ou d’hémorrhagie par les oreilles ou par les narines, il faut d’abord le coucher tranquillement , en évitant de le secouer et de l’agiter, ce qu’on ne fait que trop souvent dans l’intention de lui rappeler le sentiment et la connaissance ; car l’agitation ne peut que lui être préjudiciable, en augmentant l’épanchement dans les parties qui ont des vaisseaux rompus.

On fait cesser la stupeur en faisant prendre au malade une infusion concentrée de café, en lui frictionnant tout le corps avec de l’alcool camphré et en lui appliquant des sinapismes au mollet.

Mais pendant qu’on administre ces remèdes , qui ne demandent aucun délai et sans lesquels le mal ferait des progrès qu’pn ne pourrait plus arrêter, on aura soin de faire appeler quelque personne de l’art, pour pourvoir aux autres moyens et pour examiner si la chute ou le coup n’aurait pas causé quelque fracture ou quelque luxation.

Chute du rectum. — Chute du fondement ou de l'anus. — Renversement d’une portion de la tunique interne du rectum ou dernier intestin , qui forme le

replis valvuleux de son extrémité. — Tumeur rouge, inégale, ridée, sortant de l’anus, très-commune chez les enfants et moins chez les adultes.

Traitement. — Faire rentrer l’intestin avec le doigt enduit de beurre ou d’huile, et laver l’anus avec de l’eau fraîche ; mettre un tampon imbibé d’eau-de- vie dans le rectum ; maintenir sur la partie, avec un bandage convenable, une éponge imbibée d’eau fraîche ou d’eau de Goulard.

Clou. — (Y oyez Furoncle.)

Colique. — Expression générique qui désigne toute douleur abdominale ayant pour caractère d’être exacerbante et mobile. Envisagées sous ce point de vue général, les coliques sont de natures très-différentes et non moins nombreuses. Mais nous ne parlerons ici que des coliques dites de cuivre , de Madrid , de 'plomb, et de celles des enfants à la mamelle.

Colique de cuivre. — Diarrhée , nausées, vomissements, douleurs exacerbantes et fièvre, dus à l’absorption du cuivre à l’état moléculaire, se montrant d’ordinaire chez ceux qui travaillent ce métal.

Traitement. — Diète, boissons émollientes, cataplasmes sur le ventre; toutes les 2 heures, une cuillerée de la potion suivante : mucilage de salep (120 grammes) , extrait d’opium (5 centigrammes) ; sirop de pépins de coing (30 grammes).

Colique de madrid. — Colique nerveuse. — Colique végétale. — Cette affection est caractérisée par des coliques très-violentes, avec une profonde anxiété, des vomiturations et une constipation opiniâtre.

Traitement. — Purgatifs, bains, boissons tempé-

rantes, frictions avec beaume de Foraventi ou alcool camphré (120 grammes); chloroforme (15 grammes); alcali volatil (8 grammes). Electricité.

Colique de plomb.— Colique saturnine, des peintres, colique minérale. — Névralgie des organes digestifs et urinaires produite par l’absorption du plomb à l’état moléculaire dans l’économie.

D’après M. Briquet, les douleurs de la colique de plomb siégeraient dans les muscles et non dans le tube digestif.

Traitement. — L’électrisation est un moyen puissant et presque infaillible pour enlever ces douleurs. On pourrait, sans inconvénient, se borner à son emploi et négliger les autres moyens de traitement dans les cas où il n’y a pas beaucoup de cachexie. Si les douleurs ne cédaient pas à l’emploi de l’électricité, on pourrait faire usage de cataplasmes émollients et de la potion suivante, à prendre par cuillerée toutes les heures et demie: eau de menthe poivrée ( 120 grammes ) ; éther sulfurique (4 grammes); extrait d’opium (75 centigrammes); sirop simple (30 grammes).

Colique des enfants alamamelle. — Tranchées. — Les nourrisson^ sont souvent tourmentés par des coliques, surtout dans les cinq premiers mois de leur existence. — Les causes qui les produisent sont, aussitôt après la naissance, l’évacuation ou la rétention du méconium (1), les acidités , les flatuosités ; plus tard, un mauvais régime, l’usage d’aliments grossiers , etc.

(1) Méconium, substance visqueuse et noirâtre dont sont remplis l'estomac et les intestins des enfants nouveau-nés.

Traitement. — Le nouveau-né est rarement exempt de tranchées pendant qu’il évacue le méconium : s’il se salit bien , on peut rester inactif. Dans le cas contraire, on lui fera prendre de l’eau d’orge miellée, un peu de sirop de fleurs de pêcher ou de roses pâles. Si les coliques augmentent ou persistent, on peut recourir aux bains, aux fomentations émollientes, au sirop de lactuarium. Il faut surveiller le régime de la nourrice , changer la nourriture de l’enfant , si elle ne convient pas, enfin combattre le diarrhée, les acidités, etc., par des lavements d’amidon , par l’eau de chaux officinale (4 gr.) incorporée au lait (60 grammes), en trois prises.

Congestion sanguine. — On désigne ainsi un afflux de sang plus ou moins rapide dans les vaisseaux d’un organe, tels que le cerveau, les poumons. (Voyez Hémorrhagie.)

Constipation. — On entend par constipation la rareté et la dureté des matières fécales Un seul conseil résume tout le traitement de la constipation : faire cesser la cause, c’est-à-dire combattre l’irritation ou l’atonie intestinale, réglementer la fonction.

Ce dernier conseil est très-important; car si l’on prend l’habitude de se présenter à la garde- robe, chaque jour, aux mêmes heures, on finit par soumettre la fonction rebelle à l’empire de la volonté, et cela d’autant plus tôt qu’on se soumet à un régime plus convenable, à l’usage de fruits, de légumes verts, de boissons rafraîchissantes, d’aliments plus copieux et fournissant plus de résidus.

Mais quelquefois il faut donner à la volonté des

adjuvants : ce sont les lavements huileux ou savonneux, ou salés, ou purgatifs, les grains de santé, 1 électricité.

Contusion. — On donne le nom de contusion à une lésion des tissus vivants, accompagnée d’extravasion des liquides organiques, et produite par une pression directe ou indirecte. Elle peut atteindre les différentes parties du corps ; mais elle s’attaque principalement aux articulations.

Les contusions directes atteignent le coude, le genou ou le pied. Elles se reconnaissent à un gonflement plus ou moins considérable de l’articulation, qui présente souvent alors une crépitation particulière, analogue à celle que fait éprouver la boule de neige pressée dans la main. Il faut souvent une grande attention pour ne pas la confondre avec celle qui caractérise la fracture.

Les contusions indirectes sont celles dont la cause a agi plus ou moins loin de la jointure. Nous avons eu souvent l’occasion de constater des contusions de la hanche déterminées par une chute sur les genoux, sur le grand trochanter.

Les contusions accompagnent ordinairement les entorses ou les fractures dès extrémités osseuses qui concourent à la formation des jointures. C’est pourquoi il est toujours prudent, pour peu que la contusion soit considérable et occupe une articulation, de faire demander immédiatement un chirurgien, car il peut exister des désordres auxquels un homme de l’art seul est capable de parer.

Dans tous les cas, et en attendant l’arrivée du chirurgien, on se conduira comme si l’on avait affaire à une contusion ordinaire. On tiendra la partie confuse dans le

reposle plus complet : les fomentations d’eau froide, d’eau de Goulard ou d’eau ammoniacale comptent des succès.

Mais nous préférons et nous conseillons principalement, surtout si la contusion est étendue et profonde et l’épanchement sanguin considérable, l’usage de cataplasmes émollients jusqu’au moment où la peau revêt ce caractère propre à celle des mains de lavandières, et nous les remplaçons alors par des compresses imbibées d’une solution concentrée de carbonate de potasse, qu’il faut continuer jusqu’à ce qu’elles se teignent en jaune. La contusion étant guérie, une friction légèrement stimulante suffit pour rendre à l’organe qui a été confus les mouvements dont il s’était un moment vu privé.

Convalescenge. — Etat d’un individu qui relève de maladie. Selon Hippocrate, le malade entre en convalescence lorsqu’il n’éprouve plus aucune douleur, lorsqu’il respire avec facilité, qu’il dort paisiblement les nuits, et qu’il présente tous les signes qui inspirent la sécurité la plus parfaite.

Dans la convalescence, les aliments doivent être ' légers, mais nourrissants. Il faut manger souvent, mais peu à la fois. Il serait 'dangereux de manger à chaque repas autant que l’estomac le demande. Ce n’est pas ce que l’on mange qui nourrit, c’est ce que l’on digère. Le convalescent qui mange peu digère et se fortifie; celui qui mange beaucoup surcharge son estomac, qui, fatigué par le régime, par les remèdes, par la maladie, n’a pas assez de force pour digérer, et, bien loin d’être nourri et fortifié, il dépérit peu à peu. Il faut surtout prendre peu d’aliments le soir.

Convulsions. — Maladie très-commune chez les

enfants en bas âge, caractérisée par un anéantissement moral, des contractions et la raideur des membres, ou par des mouvements désordonnés, par des tremblements de bras et de jambes, 1a. crispation des lèvres, l’altération des traits. Les convulsions sont le produit d’une maladie qui a son siège dans le cerveau, ou d’une inflammation dans le canal digestif, ou delà présence des vers dans les intestins. Quelquefois elles sont purement nerveuses ou occasionnées par une alimentation qui n’est pas en rapport avec les facultés digestives de l’enfant.

Traitement . — Pendant l 'accès ou Xattaque, on cherche à diminuer l’irritabilité par les antispasmodiques forts. On fait respirer de l’eau de Cologne, du vinaigre de Bully, de la liqueur d’Hoffmann, de l’éther sulfurique, de l’ammoniaque, et on donne intérieurement quelques cuillerées d’eau distillée aromatique, quelques gouttes d’éther ou de la liqueur anodine d’Hoffmann. Ces diverses préparations devraient se trouver dans tous les ménages.

Coqeluche. — On appelle coqueluche une toux convulsive qui revient à des intervalles plus ou moins éloignés, nommés quintes; elle attaque surtout les enfants jusqu’à la seconde dentition. Elle est souvent épidémique, et son caractère contagieux est généralement reconnu aujourd’hui. La coqueluche est une maladie peu dangereuse, à moins qu’elle ne se prolonge indéfiniment. La durée est de six semaines à cinq ou six mois. Quand elle a duré longtemps, elle laisse après elle un profond épuisement. C’est donc à tort qu’on affecte une grande sécurité à l’égard des enfants qui en sont atteints, et qu’on se contente de dire : Il n’y a rien

à faire. Cette maladie, si pénible, si douloureuse, demande, au contraire, des soins minutieux.

Traitement. — Diète, boissons pectorales, et prendre toutes les Ifeures une cuillerée de la potion suivante : mucilage de gomme (120 gramm.); cochenille 50 centigramm.) ; tartre émétique (5 centigramm.) ; extrait de ciguë (10 centigram.); sirop de Desessart (30 centigram.).

Corpsé trangers. — A. Arrêtés entre la louche et V estomac. — Lorsqu’un corps étranger est arrêté à la gorge ou dans l’œsophage, plus ou moins avant, il faut aussitôt faire tous ses efforts pour le retirer, car il gêne toujours ; quelquefois même il peut causer la suffocation, lorsqu’il comprime la trachée-artère au point d’empêcher le passage de l’air. D’ailleurs, si ce corps est une aiguille ou une épingle, ou une arête de poison, ou un fragment de verre, ou un os pointu, sa forme le rend encore très-dangereux, et il est très à craindre qu’il ne tombe dans l’estomac.

D’ailleurs, nous prévenons qu’on doit, en pareil cas, appeler aussitôt un chirurgien, pour qu’il pourvoie aux plus sûrs moyens de délivrer le malade ; mais, en attendant, on tentera de le secourir, et d’enlever le corps étranger, ou avec la main, ou avec quelque instrument : quand il est peu avancé et que l’œil le découvre bien, on peut le retirer avec les doigts. Pour opérer plus facilement, on place le malade sur un fauteuil, la tête un peu penchée ; on lui met, entre les dents molaires, un morceau de liège pour tenir la bouche ouverte, et avec la main gauche, on appuie sur la langue le manche d’une cuiller tandis qu’on introduit la droite au fond de la gorge.

Si le corps est tellement avancé qu’on ne puisse le saisir avec les doigts, on se servira d’une petite pince ou d’un petit crochet qu’on peut fabriquer dans l’instant avec un fil d’archal, faisant tenir le malade dans la même position que nous avons indiquée.

Il est encore salutaire d’exciter le vomissement en promenant, la barbe d’une plume au fond du gosier, ou en faisant avaler, si le corps étranger n’interceptait pas tout à fait le passage, trois grains d’émétique dans un verre d’eau tiède ; les efforts que le malade fera en vomissant, suffiront quelquefois pour chasser le corps étranger. On pourrait de même avoir recours aux sternutatoires, tels que le tabac, etc., pour provoquer de fréquents éternuments.

Si le corps engagé dans l’œsophage est de nature à pouvoir tomber dans l’estomac sans risque, comme sont le pain, la viande, les fruits, etc., et qu’il ne soit pas possible de le retirer, on le poussera dans l’estomac, après avoir placé le malade dans la situation prescrite plus haut, au moyen d’un instrument quelconque, imaginé pour la circonstance.

B. Tombés dans la trachée-artère. — Si, en mangeant ou en buvant, ilpasse dansla trachée-artère, canal de la respiration, quelque particule d’aliment solide ou liquide, ce qu’on appelle vulgairement avaler de travers , il survient dans le moment une toux continuelle et violente, jusqu’à ce quelle en soit sortie.

Si c’est un peu de liquide qui est tombé dans la trachée-artère, la toux se calme naturellement après quelques instants, et il n’y a aucun accident à redouter.

Mais s’il est entré dans ce canal un peu de pain ou de viande, ou quelque autre aliment solide, ou un petit os, comme nous en avons vu un cas, la toux est accompagnée d’une douleur aiguë ; le malade est agité par des mouvements violents et extraordinaires, et il peut périr si l’on ne le secoure promptement.

Les secours, dans ce cas, consistent à frapper fréquemment sur l’épine du dos, à promener la barbe d’une plume dans le fond de la gorge, pour provoquer les vomissements, et à faire éternuer en soufflant fortement dans les narines du poivre blanc ou du tabac. Ces moyens suffisent souvent : les efforts que le malade fait en vomissant ou en éternuant, chassent le corps étranger, déli vrent la trachée-artère, et le malade est aussitôt rendu à son état naturel.

Corps étrangers dans l’œil. — Les corps étrangers susceptibles de venir s’incruster dans le globe oculaire sont en grand nombre. Tantôt ce sont des cils, tantôt du sable ou du plâtre, tantôt des petits morceaux de charbon ou de bois enflammé, qui sont lancés par le feu ; des parcelles de fer incandescent qui s’échappent de l’enclume; des copeaux d’acier, de fer, de cuivre, que lancent au loin le tour ou la lime ; des fragments de caractères qui s’échappent des casses des typographes ; des par celles de silex qui jaillissent de la pierre qu’on brise ; des éclats qui se détachent d’un vase fracassé. Ces corps étrangers s’observent de préférence chez les ouvriers exerçant laprofession de plâtriers, de casseurs de pierre, de forgerons, de tourneurs en métaux, chez les serruriers et les mécaniciens.

L’indication principale est de retirer le corps étran-

gcr ; mais cette indication est plus ou moins facile à remplir.

Lorsque le corps étranger est léger, mobile, facile à découvrir, on le retire aisément avec un instrument souple et effilé, tel qu’un pinceau, un papier roulé, etc. S’il s’agit d’une poussière, surtout si elle est formée d’une substance irritante, comme la chaux, on se sert avec avantage d’une injection d’huile fine, qui calme l’inflammation en même temps qu’elle enlève la cause.

Quand le corps étranger est fixé, l’opération est plus délicate : dans ce cas, il faut aller trouver sans retard un chirurgien, parce que l’inflammation va surgir et et peut devenir tellement intense que les secours de l’art deviendraient inutiles pour la conservation de l’œil.

Coryza. —Inflammation des fosses nasales. — (V oyez Rhume de cerveau .)

Coupure. — Plaie faite par un instrument tranchant, tel qu’un couteau, un canif, un rasoir, etc. (Voyez Plaie.)

Crachement de sang. — (Voyez H4morrhagie.)

Crampes d’estomac. — (Voyez Gastralgie.)

Crampes des membres. — Quelques personnes sont sujettes à des crampes nocturnes qui peuvent être assez douloureuses pour anéantir complètement le sommeil, et devenir ainsi une cause de maladie.

Nous ne dirons rien des causes des crampes, qu’on ne connaît pas, ni des symptômes qui sont, au contraire, connus de tous. On se débarrasse souvent des crampes en se couchant dans un lit disposé en plan incliné, en plaçant le long de son corps une tringle en fer, en se frictionnant la partie où elles siègent avec l’ai-

cool camphré, enfin en plaçant la partie qui en est attaquée plus commodément, si la crampe était occasionnée par une position fausse et gênante.

Dartres. — Le mot dartre est une expression générique servant à désigner une multitude d’affections de la peau. Les dartres farineuses sont formées par des pustules presque imperceptibles qui, par leur réunion, forment des taches rouges ou brunes, et qui se couvrent d’uné espèce de farine écailleuse et blanchâtre. Les dartres vives se couvrent de croûtes humides qui tombent facilement et laissent des impressions à la peau. Quelle que soit la nature des dartres, leur principe est toujours un vice constitutionnel, une altération particulière, « inconnue, » des solides et des humeurs.

Traitement . — Régime doux. Bains. Purgatifs. Tisane de chélidôine, de bardane, de morelle noire, de saponaire, de trèfle d’eau. Localement, glycérole composé de : glycérine (15 grammes), huile d’amandes douces (8 grammes), huile de cade (4 gram.), teinture de benjoin (6 grammes).

Débilité. — (Voyez Abattement .)

Délire. — Désordre des facultés intellectuelles avec ou sans altération des facultés morales. Souvent il apparaît comme un symptôme dans les maladies graves.

Démangeaisons. — Les démangeaisons, que les médecins appellent prurit, sont dues à une excitation de la peau, qui se développe tantôt spontanément, tantôt périodiquement.

Diarrhée. — Dévoiement. — La diarrhée consiste

dans un besoin plus ou moins répété d’aller à la selle, dans une évacuation de matières fécales liquides abondantes, accompagnées ou non de coliques et de douleurs analogues.

Nous n’avons à parler que de la diarrhée qui semble exister toute seule, sans lésion concomitante évidente, et qui ne s’accompagne d’aucun phénomène de fièvre.

Le froid est souvent la cause de la diarrhée : ainsi on voit souvent des individus être pris du flux muqueux atonique du tube digestif à la suite d’un refroidissement des pieds ou de tout le corps, ou après l’ingestion dans l’estomac d’une certaine quantité d’eau froide pendant que le corps est en sueur : aussi cette maladie est-elle commune chez les chauffeurs. Enfin, il estdes diarrhées occasionnées par une alimentation grossière, de mauvaise qualité, par des bières jeunes ou prises en grande quantité, ènfin par le séjour dans des lieux humides.

Le traitement le plus simple et celui qui compte le plus de succès, comprend: la diète (le malade ne prendra que de l’eau de riz ou de l’eau de semences de plantain); les lavements à l’amidon, deux ou trois dans la journée, auxquels on ajoute chaque fois six à huit gouttes de laudanum ; des cataplasmes de farine de lin sur le ventre, si les douleurs sont très-fortes, et l’usage d’une décoction de salep, à laquelle on aura ajouté une once de sirop de diacode.

Si, malgré ces moyens rationnels et bien simples, la diarrhée ne cessait pas; s’il survenait des vomissements, ou si les selles augmentaient et devenaient sanguinolentes, il faudrait sans retard appeler un homme de

l’art ; car alors il existe quelque complication à laquelle il faut immédiatement apporter remède.

Douleur de tête. — (Voyez Migraine.')

Dyspepsie. — Difficulté de digérer* — Dyspepsie ne signifie pas seulement une mauvaise digestion, mais l’habitude de mauvaises digestions. Cette affection peut avoir pour cause : la faiblesse des organes digestifs, les grands chagrins, les tourments d’esprit, les études forcées, les excès, l’abus des liqueurs spiritueuses, le séjour dans un air froid et humide sans prendre d’exercice. (Voyez Embarras gastrique .)

Dyssenterie. — Flux de sang , colite épidémique. — La dyssenterie ressemble beaucoup, au début, à la diarrhée ; mais bientôt elle présente d’autres symptômes, et est caractérisée par un resserrement douloureux au fondement, accompagné de chaleur et de cuisson, et par des besoins continuels d’aller à la selle, sans qu’il y ait de véritables déjections. Le malade éprouve des coliques violentes, des envies de vomir, et il ne rend qu’un peu de liquide ou quelques mucosités mêlées de sang ou de glaires.

Traitement. — Dyssenterie légère, solution gommeuse, eaux de riz, tisane de cachou ; bains entiers ou demi-bains émollients, demi-lavements laudanisés et amidonnés. Dès que la dyssenterie présente quelque gravité, il faut demander sans retard un médecin.

Dysurie. — Ardeur d'urine* — Les ardeurs d'urine sont un accident fort pénible et qui se montre surtout pendant les grandes chaleurs. Les aliments liquides ou solides, âcres et échauffants, y donnent souvent lieu ; il en est de même des petites bières et de l’eau froide

prises en grande* quantité, pendant que le corps est en transpiration.

Pour faire cesser les ardeurs d’urines, il faut avant tout se soumettre à un régime doux, user de boissons rafraîchissantes, telles que du lait coupé avec de l’eau, auquel on ajoute un peu de nitre, de la décoction d’orge, du bicarbonate de soude à la dose d’une demi-cuillerée à café, matin et soir, dans un grand verre d’eau, et si ces remèdes n’opèrent pas assez vite, on prendra, conjointement avec eux, des demi-bains.

Ecorchure. — Solution de continuité superficielle de la peau, produite par le frottement d’un corps rude ou aigu.

Traitement. — On applique sur l’écorchure un peu de glycérine et on la préserve du contact de l’air.

Empoisonnements. — Il est dans la nature un assez grand nombre de substances qui, introduites d’une manière quelconque dans l’économie animale, portent rapidement atteinte à la santé de l’homme. Ces substances sont connues sous le nom de poisons. Lorsque la dose en a été considérable, elles peuvent, en très-peu de temps, occasionner la mort, malgré la promptitude des secours. Souvent aussi des soins bien dirigés préviennent leurs funestes effets.

Voici les signes généraux auxquels on reconnaîtra un empoisonnement : on pourra le soupçonner toutes les fois qu’une personne se plaindra d’une odeur nauséabonde et infecte, ou d’une saveur désagréable, acide, alcaline, âcre, styptique ou amère; d’une chaleur âcre ou brûlante dans le gosier et l’estomac ; que la bouche sera sèche ou écumeuse, i’haleine fétide, la

gorge frappée de constriction ; que la langue et les gencives seront livides, d’un jaune citron, blanches, rouges ou noires ; qu’une douleur plus ou moins vive, plus ou moins fixe, se fera sentir le long du tube digestif ou dans l’un de ses points plus que dans tout autre ; qu’il y aura des rapports, des nausées, des vomissements plus ou moins fréquents de matières muqueuses, bilieuses ou sanguinolentes, blanches, jaunes, vertes, bleues, rouges ou brunâtres, bouillant sur le carreau, rougissant ou verdissant la couleur du tournesol ; qu’on observera des hoquets, de la constipation ou des déjections alvines plus ou moins abondantes, avec ou sans ténesme, de couleur et de nature différentes ; que la respiration sera difficile, le pouls fréquent et irrégulier, souvent insensible, ou fort et régulier, la soif ardente, les frissons fréquents, la peau et les membres inférieurs glacés ou dévorés par une chaleur brûlante, une éruption douloureuse ; que les sueurs seront froides et gluantes, l’émission des urines difficile, très-rare ou brûlante, et que les boissons seront rejetées hors de l’estomac aussitôt qu’elles auront été ingérées. On tiendra compte encore de l’altération de la physionomie, de la couleur pâle, livide ou plombée de la face, de la perte de la vue et de l’ouïe, de la rougeur et de la siccité des yeux ; de la contraction ou de la couleur de la pupille, de l’agitation générale, des cris, du délire, des. convulsions générales ou locales, des contorsions, du rire sardonique, de la contraction des muscles des mâchoires, de la stupeur, de la syncope, de la pesanteur de tête, de la somnolence, des vertiges, des paralysies locales- ou générales, de la

prostration des forces, de l’altération de la voix, enfin des érections continuelles, etc.

Nous venons de décrire les signes généraux de l’empoisonnement; nous exposerons maintenant les moyens à employer dans tous les cas.

Quand une personne aura avalé un poison quelconque, qu’elle l’ait ingéré par inadvertance ou par erreur, soit avec intention de se suicider, soit qu’une main étrangère et criminelle l’ait glissé dans les aliments ou les boissons, il faut, sans perdre un seul instant, s’empresser de la faire vomir. A cet effet, on lui fera boire abondamment de l’eau tiède; nous disons abondamment, c’est-à-dire que la personne empoisonnée ne doit pas cesser d’en boire à plein verre jusqu’à ce que son estomac, surchargé de liquide, vomisse à grands flots. Aussitôt après le vomissement, elle recommencera à boire de l’eau tiède de la même manière, jusqu’à ce que quatre à six vomissements copieux aient rejeté hors de l’estomac la matière empoisonnée.

Pour accélérer les vomissements, on chatouillera, à l’aide des doigts ou de la barbe d’une plume, le fond de la gorge et le voile du palais.

Dans l’intervalle, un des assistants courra chez le pharmacien le plus proche, à qui il demandera trois paquets de tartre émétique d’un grain chacun ; de retour près de la personne empoisonnée, que celle-ci ait déjà vomi ou non, on lui donnera en une fois les trois paquets dissous dans un verre d’eau de citerne ou de pluie, si le malade a plus de dix-huit ans; s’il n’a que huit à douze ans, un paquet et demi ; et s’il a moins de huit ans, on ne lui administrera qu'un seul paquet. En

même temps, il lui sera donné un lavement composé d’une demi-pinte d’eau tiède, de deux cuillerées à bouche de sel de cuisine et d’autant (deux cuillerées) de vinaigre. Si la personne a moins de douze ans, le lavement sera donné par moitié ; en tout cas, il sera répété trois ou quatre fois de demi-heure en demiheure.

Quand l’individu empoisonné aura évacué abondamment par le haut et par le bas, on lui préparera la boisson suivante : six blancs d’œufs bien battus seront dissous dans deux litres d’eau, et le malade en boira le plus qu’il pourra. Le lait pur ou étendu d’eau, les eaux de graine de lin, de son, de guimauve, etc., sont également très-utiles dans ce cas.

Quand le médecin, auquel on aura eu recours surle-champ, est arrivé, on suivra ses conseils.

Une recommandation que nous avons omis de faire et qu’on ne doit jamais négliger, c’est de prier le pharmacien à qui l’on s’est adressé, d’apporter lui-même son médicament et de diriger les secours à donner au malade.

Empoisonnement pau les moules. — On sait que la chair des moules est d’une digestion difficile, surtout lorsqu’elle n’a pas été soumise à la cuisson, et qu’on en fait usage pendant les mois de mai, juin, juillet et août ; mais quelquefois il se développe des accidents plus ou moins graves, qu’on ne peut attribuer qu’à une susceptibilité particulière chez certains individus, puisque les mêmes effets ne se manifestent pas chez d’autres qui ont été exposés à la même cause.

L’empoisonnement par les moules présente les symp-

tomes suivants : tantôt ce sont ceux d’une légère indigestion, un malaise général, des envies de vomir, des douleurs à l’estomac et dans le ventre, tantôt il s’y joint de la difficulté dans la respiration, qui peut devenir très-pénible et convulsive jusqu’à imminence de suffocation. Dans certains cas, tout le corps est rouge et tuméfié ; il se couvre de taches pétéchiales et d’ampoules semblables à celles que détermine la piqûre des orties, éruption ordinairement précédée d’une vive démangeaison. Les symptômes peuvent s’accroître et se terminer, quoique rarement, par la mort. Le pouls qui était fréquent, devient petit, serré; il survient des sueurs froides et du délire.

Le traitement consiste d’abord à expulser de l’estomac les substances qui ont occasionné cette espèce d’empoisonnement, soit par l’ingestion d’une grande quantité d’eau tiède, ou la titillation de la luette avec la barbe d’une plume, soit à l’aide d’un vomitif. On prescrira ensuite des boissons émollientes et acidulées avec du citron ou du vinaigre. On se conduira enfin comme dans les cas où une gastrite s’est développée, on est sur le point de se développer. Dans tous les cas, pour peu que les symptômes soient plus ou moins graves, il ne faut pas tarder d’appeler un médecin.

2° Empoisonnement par les champignons. — Il est plus difficile qu’on ne le pense vulgairement de distinguer les champignons sains de ceux qui donnent la mort. Les .savants qui ont fait de ce végétal une étude spéciale, longue et minutieuse, nous assurent même qu’il n’est jamais possible de certifier qu’un champignon ne renferme pas quelque principe nuisible et

capable d’empoisonner. Dans cet état de choses, il nous semble plus rationnel de s’abstenir d’en faire usage comme aliment ou comme assaisonnement; car pour satisfaire quelques instants un caprice de notre palais, nous nous exposons aux plus grands dangers.

L es champign ons vénéneux causent des vomissements, une soif ardente, accompagnés de tremblement, de hoquet, dont le résultat est souvent la mort.

Aussitôt que l’on commence à ressentir l’un des effets que nous venons de désigner, il faut, sans délai, prendre un vomitif, afin d’évacuer l’estomac; et si, quelques heures après, on ressentait encore quelque continuation des premières atteintes, il faudrait présumer qu’une partie de la matière vénéneuse a passé dans les intestins, et alors il ne faudrait pas manquer d’employer des boissons et des lavements purgatifs, des décoctions mucilagineuses et des émulsions douces.

Empoisonnement par le vert-de-gris. — Le vert-de-gris est une sorte de rouille verte qui se forme à la surface des objets de cuivre lorsqu’on néglige de les nettoyer, et surtout lorsqu’ils demeurent exposés quelque temps au contact du vinaigre ou d’autres substances contenant des acides, telles que pommes, groseilles, framboises, citrons, et en général toutes les graisses.

L’humidité seule suffit à engendrer un poison aussi dangereux.

Nous conseillons fortement, afin d’éviter les effets de ce poison violent qui donne la mort en fort peu de temps, même lorsqu’il est pris en très-petite quantité, à se servir le moins possible d’objets de ménage, et surtout de cuisine, fabriqués avec du cuivre ; et quand on sera dans

la nécessité d’en faire usage, il ne faudra pas négliger de les tenir constamment dans un état convenable de sécheresse et de propreté , et surtout de les faire étamer.

Les personnes empoisonnées par le vert-de-gris éprouvent une saveur âcre et métallique, de la constriction au pharynx. Des douleurs légères d’abord, puis bientôt atroces, se manifestent successivement dans toutes les parties du canal digestif ; des envies de vomir se déclarent, ainsi que des vomissements. Les matières, souvent teintes de sang, ne bouillonnent point sur le carreau, ne verdissent point le sirop de violette ; il y a constipation ou diarrhée, hoquet, dyspnée, quelquefois sentiment de suffocation ; le malade a des rapports fétides. Le pouls est petit, fréquent, serré ; bientôt une soif continuelle, une grande difficulté d’uriner, des crampes, se déclarent ; la face se crispe ; enfin des mouvements convulsifs se manifestent, le froid des extrémités survient, les forces sont entièrement abattues, et le malade meurt, si on ne lui a pas porté un secours prompt et efficace.

Il faudra, dans le cas d’empoisonnement par le vertde-gris, qu’on reconnaîtra facilement aux signes que nous venons de décrire, demander sans retard, un médecin, et, en attendant l’arrivée de celui-ci, faire prendre à l’empoisonné des blancs d’œufs avec de l’eau , de l’eau sucrée ou miellée, du lait, et éviter de lui ingurgiter des acides ou des substances contenant du tannin.

Empoisonnement par le vitriol (acide sulfurique ) ET l’eau FORTE ( ACIDE NITRIQUE ).

L’acide sulfurique et l’acide nitrique sont deux poi-

sons très-violents que nous verrions avec plaisir bannis de nos demeures. Il ne sera pas inutile de savoir quels sont les symptômes qui accompagnent l’empoisonnement par ces acides, et quels sont les moyens capables de neutraliser leurs effets.

Aussitôt que ces poisons ont été avalés, voici les symptômes qu’on observe : saveur styptique, brûlante ; chaleur âcre, vive douleur au gosier, à l’œsophage, à l'estomac ; fétidité insupportable de l’haleine , nausées et vomissements abondants d’un liquide tantôt noir, tantôt rouge de sang, et qui bouillonne sur le carreau ; hoquet ; constipation ou déjections alvines, quelquefois sanguinolentes ; douleurs vives dans l’abdomen, se prolongeant dans la poitrine; dyspnée; pouls fréquent, irrégulier; horripilations, froid des extrémités; sueurs froides, mouvements convulsifs; efforts répétés et infructueux pour uriner ; lèvres et intérieur de la bouche recouverts d’eschares blanches ou noires qui, par l’irritation quelles produisent en se détachant, déterminent une toux fatigante ; la voix est alors étouffée.

L’acide sulfurique est remarquable, en ce qu’il réduit en bouillie noire les parties qu’il touche ; l’acide nitrique produit souvent, sur les mains, les lèvres, le menton, des taches jaunâtres, citrines ou orangées.

Les moyens à employer contre ces empoisonnements, en attendant l’arrivée du médecin qu’il faut demander sans délai, consistent à provoquer les vomissements en chatouillant le gosier, à donner à l’intérieur la magnésie calcinée, la craie, l’eau de savon, la décoction de lin, de guimauve, et à s’abstenir d’user de vomitifs antimoniaux (tartre stibié).

Empoisonnement par l’arsenic. — L’arsenic est souvent employé dans les ménages comme moyen de détruire les rats et les souris. C’est un poison terrible , qui fait périr en très-peu de temps ceux qui en ont pris, au milieu des convulsions et des cris affreux que leur arrachent des douleurs excessives \à la région de l’estomac, et qui s’étendent de là dans toutes les parties du corps.

On emploiera, dans le cas d’empoisonnement par l’arsenic, les mêmes moyens, et avec la même célérité, que ceux que nous avons indiqués pour secourir les personnes empoisonnées par les composés de cuivre (vert-de-gris).

Empoisonnement par les boissons alcooliques. — L’usage immodéré de l’alcool et des boissons fermentées produit l’intoxication alcoolique caractérisée par trois ordres d’accidents qui sont : l’ivresse, le delirium tremens (délire des buveurs) et la combustion spontanée.

Nous ne parlerons que de l’ivresse, en indiquant les soins à donner aux personnes atteintes de ce dégoûtant

mal.

Dans le cas d’ivresse, on placera le malade dans une pièce fraîche et bien aérée ; on le couchera la tête et la poitrine très-élevées; on desserrera tous les liens ou vêtements qui seraient en état de le gêner. Si l’individu . ivre peut avaler et s’il paraît disposé à vomir, on lui fera boire abondamment de l’eau ou du thé de camomille tiède. Si ces moyens ne suffisaient pas pour amener le soulagement désirable, et si l’on se trouvait dans le voisinage d’un pharmacien, on pourrait y chercher

huit gouttes d’alcali volatil qu’on étendrait dans un verre à bière ordinaire d’eau fraîche, et, après avoir remué le tout pour obtenir un mélange complet, on ferait avaler cette boisson à la personne ivre. On pourrait encore recourir aux lavements composés d’eau tiède, à laquelle seraient ajoutées deux cuillerées à bouche de sel de cuisine et autant de vinaigre pour chaque lavement.

Les individus plongés dans l’ivresse doivent cesser d’être pour nous un sujet de risée; ils méritent, au contraire, toute notre compassion, et l’état quelquefois dangereux dans lequel ils se trouvent, requiert une assistance de notre part, car plus d’une fois l’ivresse a produit la mort.

Enflure. — Augmentation du volume d’une partie ou de la totalité du corps.

Enflure des pieds et des jambes. — Il est des personnes chez qui les pieds et les jambes s’enflent dans le courant de la journée, surtout chez celles que leur profession oblige à rester longtemps debout. Cette affection est causée par une circulation languissante dans ces parties. Il s’épanche plus ou moins de sérosité dans le tissu cellulaire. Il faut, pour faire cesser cet engorgement, rendre le ton aux parties, en y faisant des frictions avec une décoction d’absinthe à laquelle on a associé l’alcool camphré (deux onces d’alcool camphré pour un demi-litre de décoction d’absinthe), ou bien encore avec le baume de Fioraventi.

Le thé et le café, dit-on, sont recommandables pour ceux qui sont sujets à l’enflure des pieds et des jambes; l’exercice modéré leur est aussi très-salutaire, ainsi que l’usage des bas compresseurs.

Engelures. — On appelle engelure un gonflement inflammatoire de la peau.

Les engelures se manifestent, en hiver, aux doigts, aux orteils et aux talons.

Elles sont précédées d’un prurit incommode, avec chaleur et engourdissement ; naissent ensuite des taches rouges ou violettes, qui sont accompagnées de douleurs cuisantes et de tuméfaction. Ces symptômes prennent de l’accroissement la nuit, ou lorsqu’on approche du feu les parties malades.

Traitement . — On prévient les engelures en obser • vant certaines précautions, comme de se laver les pieds et les mains dans l’eau froide, soir et matin, dès le commencement de l’automne ; de continuer cette habitude qui coûte peu lorsqu’elle est une fois contractée, pendant tout l’hiver ; d’éviter avec soin toutes les alternatives de froid et de chaud, c’est-à-dire de ne point approcher subitement du feu, surtout des poêles, lorsqu’on a froid, mais de se chauffer par degrés, et de porter des chaussures et des gants humectés d’esprit-devin.

Des engelures sans plaie cèdent facilement à l’emploi du collodion dont on les couvre. Lorsque les engelures sont ulcérées, il est à craindre que l’érosion ne s’étende en profondeur, et ne détermine la carie des os voisins ; on doit alors observer le repos, laver la partie avec le vin blanc miellé et y appliquer des plumasseaux enduits de cérat de Goulard.

Entérite. — On désigne sous le nom d'entérite l'inflammation des intestins. Cette maladie est grave et exige toujours les soins d’un médecin, à moins que le

malade se trouve dans l’impossibilité de s’en procurer un.

Traitement. — Diète, boissons gommeuses oumucilagineuses, cataplasmes. Lorsqu’il y a de la fièvre, il peut être nécessaire d’appliquer 6 ou 8 sangsues sur l’abdomen, ou mieux, à l’anus.

Entorse. — h' entorse ou la foulure est une extension ou une distorsion subite et violente des tendons et des ligaments d’une partie, suivie de douleur, de gonflement et de difficulté à exercer les mouvements ordinaires de cette partie.

Les entorses du pied, du poignet, du genou et du coude sont les plus fréquentes.

L’entorse peut être produite par l’action musculaire, plus communément par une chute, par une violence extérieure, par un mouvement mal combiné.

L’entorse produit une douleur locale très-vive, suivie bientôt du gonflement des parties molles environnantes. Mais on ne remarque pas de difformité dans les rapports des surfaces articulaires, dont les mouvements sont restés libres immédiatement après l’accident.

Dans le moment de la foulure, plongez la partie dans l’eau froide, pour l’y laisser quelques instants : ce remède peut prévenir tous les accidents ; mais lorsqu’il n’est pas employé dans le premier moment, il ne faut plus le mettre en usage. Alors on aura recours au même traitement que nous avons désigné plus haut pour la contusion.

D’ailleurs, quel que soit le traitement qui ait conjuré les premiers accidents de l’entorse, on ne pourra faire aucun mouvement pendant plus ou moins de temps

selon que la foulure aura été plus ou moins forte; il sera toujours prudent de maintenir l’immobilité du pied par un bandage amidonné jusqu’à complète guérison.

Bien qu’on mette en usage ces moyens, on doit toujours, autant que possible, appeler quelque chirurgien, principalement lorsque la foulure est considérable et accompagnée de vives douleurs, parce qu’il pourrait y avoir quelque déplacement d’os, auquel il faudrait remédier promptement.

Épilepsie. — [Haut-mal, mal caduc.) — Affection chronique et périodique, qui consiste dans la perte subite de connaissance et de sentiment, accompagnée de mouvements convulsifs.

L’épilepsie est une maladie fort pénible. La superstition de nos pères l’envisageait comme un châtiment du ciel. Quoique les attaques de cette maladie soient rarement accompagnées d’un danger présent, nous donnerons cependant quelques préceptes pour la conduite à tenir dans ces circonstances.

Nous voyons tous les jours, dans les rues, des infortunés être saisis d’un accès de cette maladie. La foule, toujours curieuse, entoure avec empressement la personne, ajoute à son malaise en la privant d’air, et lui administre des secours mal compris : on s’efforce de comprimer ses efforts convulsifs en lui étreignant vigoureusement la tête et le reste du corps ; on ouvre violemment les mains du patient dans lesquelles on frappe à coups redoublés, au point de lui luxer les phalanges d’un ou plusieurs doigts; toutes manœuvres qui nuisent à l’épileptique, et l’exposent à des douleurs musculaires subséquentes, et fréquemment même à des entorses.

Les symptômes de cette maladie paraissent si effrayants, que ceux qui ne sont pas habitués à l’observation de cette affection, ont peine à concevoir qu’elle n’exige pendant les accès que quelques précautions ou des moyens peu énergiques.

Le premier soin à donner dans cette maladie, c’est d’empêcher qüe le malade ne se fasse du mal en tombant, s’il est possible de pressentir le moment où l’attaque va se développer, et de le coucher le plus mollement qu’il sera possible, loin des corps durs et des endroits périlleux, puis de prévenir les accidents qui pourraient survenir au milieu des convulsions dont il est agité. On devra contenir le corps et les membres de manière à s’opposer aux chutes, aux contusions, aux déchirures ; on n’arrêtera pas cependant tout à fait les mouvements : il faut au contraire, leur laisser assez de liberté pour ne pas augmenter les efforts musculaires qui sont d’autant plus grands qu’on leur oppose plus d’obstacles. Lorsque les mâchoires sont le siège de spasmes, il est utile de les tenir immobiles par la compression soutenue, ou de placer entre les dents quelque corps résistant et mou, afin de prévenir leur fracture ou la section de la langue.

Quand l’accès est passé, le malade tombe ordinairement dans une sorte de sommeil, dans lequel il faut le laisser jusqu’à ce qu’il s’éveille de lui-même.

Les applications électriques nous paraissent être le remède le plus efficace contre l’épilepsie. Si l’électricité ne guérit pas toujours cette affreuse maladie, au moins, dans tous les cas, elle en diminue considérablement les attaques.

Érysipèle. — Inflammation superficielle de la peau, accompagnée de chaleur, de cuisson et d’une sensation de brûlure.

Elle est caractérisée par une rougeur vive de l’épiderme, laquelle cède à l’impression du doigt, avec dureté et léger gonflement de cette membrane, accompagnée de chaleur, de douleur et de démangeaison.

L’érysipèle est légère ou grave. Dans le premier cas, il n’y a point de fièvre : le mal augmente pendant deux ou trois jours, et met autant de temps à diminuer ; la peau tombe en grosses écailles, et la douleur, la cha leur et la démangeaison cessent tout à fait. Cependant, pour que l’érysipèle ne devienne pas plus considérable et ne dure pas plus longtemps, on observera un certain régime : on mangera moins que d’habitude, et l’on évitera tout ce qui est capable d’échauffer ; pour boisson, on prendra, dans le courant de la journée, une infusion de fleurs de sureau, à laquelle on ajoutera, par pinte, un gros de nitre. Les parties atteintes de la maladie seront couvertes d’une poudre interne, comme la poudre de lycopode, et enveloppées dans de l’ouate.

Lorsque l’érysipèle est considérable, il y a fièvre, insomnie, chaleur brûlante, et tous les symptômes sont bien plus graves. Dans ce cas, il est prudent, et nous dirons même d’une nécessité pressante, de faire appeler un médecin, car cette érysipèle a besoin de la prudence, de la sagacité et des ressources de l’art pour être bien traitée.

Certaines personnes sont sujettes aux érysipèles; elles feront bien, pour en prévenir le retour, d’éviter tous les aliments échauffants, de ne faire aucun usage

de liqueurs fortes, de prendre de temps en temps des bains et des purgatifs salins, comme le sel anglais.

Etouffements. — Ils peuvent provenir d’une affection du cœur (voyez Palpitations), d’une digestion difficile, d’une influence nerveuse desvicères du bas-ventre, d’un état anormal de l’appareil digestif.

Évanouissement. — (Voyiez Syncope.)

Extinction de voix. — Cette affection, que les médecins appellent aphonie, est la perte complète ou incomplète de la voix, qui est tantôt voilée, tantôt tellement basse qu’on l’entend à peine.

Fièvre. — De toutes les maladies qui affligent l’espèce humaine, les deux tiers sont fébriles, c’est-à-dire avec fièvre. On s’accorde généralement aujourd’hui à reconnaître trois espèces de fièvres : 1° la fièvre simple , qui accompagne une maladie bien caractérisée, comme la pleurésie; 2° les fièvres continues , qui, bien que recevant leur nom de la partie malade, en deviennent cependant le caractère dominant, comme la fièvre inflammatoire , bilieuse , cérébrale , typhoïde; 3° les fièvres intermittentes , qui présentent des accès composés de frisson, de chaleur et de sueur, avec des intervalles sans fièvre.

Fièvres continues. 1° La fièvre inflammatoire est regardée comme le résultat de l’irritation des vaisseaux sanguins; elle attaque ordinairement les sujets sanguins, sains et robustes.

2° La fièvre bilieuse se manifeste par un dégoût marquépourles aliments, une constipation opiniâtre ou une diarrhée de matières verdâtres.

3° Fièvres éruptives. Le groupe des fièvres éruptives

se compose de la rougeole, de la scarlatine, de la petite vérole ( voyez ces mots). 4° La fièvre typhoïde qu’on appelle aussi putride, maligne, consiste dans une affection primitive des follicules de l’intestin et de ses ganglions, et dans une altération du sang.

Fièvres intermittentes. Elles se caractérisent par des accès qui reviennent périodiquement à des jours et à des heures fixes et à des intervalles irréguliers.

Fièvres tierces dont les accès se produisent tous les deux jours.

Fièvres quartes dont les accès se reproduisent toutes les soixante-douze heures.

Traitement . — La fièvre simple exige le repos, la diète, des boissons mucilagineuses. Quant aux fièvres continues, nous sommes convaincu que huit fois sur dix on peut enrayer ces sortes de fièvres, même alors qu’elles sont arrivées à cette époque où existe un délire furieux ou bien une prostration excessive des forces, en transportant les malades à la campagne et en les mettant dans les meilleures conditions hygiéniques possibles. Les fièvres intermittentes même cèdent souvent à un changement de localité. Le remède spécifique de la fièvre intermittente est le sulfate de quinine ; on en prend douze grains (60 centigr.) en deux prises.

Fissure. — La fissure à l’anus consiste en un petit ulcère étroit, allongé, qui siège entre les plis rayonnés de l’anus, et qui détermine ordinairement les plus vives douleurs pendant la défécation.

Les causes principales sont : la constipation., les hémorrhoïdes, le passage de matières stercorales endurcies, un coït impur.

Le malade atteint de fissure à l’anus éprouve une douleur au siège toutes les fois qu’il va à la selle. Lorsque l’affection est déjà ancienne et que les matières sont très-dures, elles traversent l’anus avec peine , produisent une sensation de piqûre des plus vives, et se trouvent couvertes de petits filets de sang ou d’une quantité d’humeur blanchâtre.

Le traitement qui réussit le mieux dans le cas de fissure à l’anus, consiste dans un régime doux, les bains, les purgatifs légers, comme la prise journalière d’une demi-cuillerée de sel anglais dans un grand verre d’eau, la crème de tartre, et enfin dans fonction de la partie malade avec de la glycérine, dans laquelle on a incorporé du tannin (une partie de tannin pour huit parties de glycérine). On en enduit une mèche de coton qu’on s’introduit dans le fondement, le soir, en se couchant.

Fractures. — On appelle fractures les solutions de continuité des os, produites à l’instant par l’action d’une violence extérieure, et quelquefois aussi par la seule contraction musculaire.

Les violences extérieures sont les causes efficientes ordinaires des fractures.

Les fractures arrivent presque toujours aux os longs, et peuvent se faire dans les divers points de leur longueur. Elles sont simples ou compliquées. La fracture est simple quand l’os seul est brisé et que les parties molles voisines n’ont éprouvé qu’une légère lésion ; elle est compliquée lorsqu’elle est accompagnée de contusions violentes, de plaies aux parties molles, voisines de

la fracture, de blessures de gros vaisseaux, de convulsions, de luxation, etc., etc.

On reconnaît, en général, l’existence d’une fracture à une douleur plus ou moins vive, à l’impossibilité de mouvoir le membre affecté, à la mauvaise conformation et au raccourcissement des membres, à l’écartement ou aux inégalités senties par le toucher, enfin à la crépitation produite par le frottement des pièces osseuses.

Le traitement de la plupart des fractures comprend trois indications principales : réduire les fragments dans leur position naturelle ; les maintenir dans cette position pendant le temps nécessaire à la consolidation; prévenir les accidents, ou les combattre si déjà ils sont développés.

Il faut, dans tous les cas de fracture, appeler sans délai un chirurgien qui saura faire cesser immédiatement les douleurs en la réduisant ; mais en attendant son arri vée, qui peut tarder plus ou moins longtemps, le malade souffre, et les souffrances peuvent même compromettre la vie du malade.

Il n’est pas une personne attachée au service d’un hôpital qui n’ait remarqué souvent la façon vraiment barbare dont les blessés y sont transportés.

Les membres fracturés ont toujours subi une difformité si grande que, sans contredit, le déplacement des os est cent ‘fois plus grave que la cause vulnérante qui en a déterminé la rupture. Nous avons vu, par exemple, des jambes dont le talon était en avant, la pointe en arrière ; d’autres fois, la cuisse, étant rompue, former de ses deux moitiés un angle plus ou moins aigu, dont la fracture formait le sommet. Que l’on ajoute à ces

difformités monstrueuses, plus ou moins longtemps maintenues, le balancement du membre disloqué pendant toute la durée du transportât l’on concevra sans peine que la fracture la plus légère doit nécessairement devenir fort grave, mortelle même. Joignez à cela les douleurs déchirantes du blessé, la permanence de l’hémorrhagie, les angoisses qui en résultent, et chacun saura apprécier l’impossibilité qu’il y a souvent de sauver un blessé dans des circonstances si compromettantes.

C’est pour ces graves raisons que nous voudrions qu’on enseignât aux ouvriers la manière de réduire les fractures, et que l’on trouvât, dans tous les ateliers où les travailleurs sont en grand nombre, un appareil à pansement renfermant du sparadrap, de la charpie, des compresses, des bandes, des attelles en bois ou en carton.

Que faut-il pour réduire une fracture?

Connaître la conformation naturelle des membres, et les. ramener en tirant avec douceur en sens inverse sur les deux extrémités. Par exemple, la jambe étant cassée, on place le pied de façon que le gros orteil soit sur la même ligne que le bord interne de la rotule ; puis on applique un appareil qui maintient le membre dans cetteposition.

Pourquoi les ouvriers ne le feraient-ils pas? Mainte fois, nous l’avons vu faire par les infirmiers dans nos hôpitaux, et certes ils ne sont pas doués d’une plus grande somme d’intelligence que les ouvriers.

Les ouvriers, quels qu’ils soient, dans l’exercice de leur métier, ne font-ils pas chaque jour des ouvrages qui réclament bien plus d’adresse?

Nous avons connu à l’hôpital St-Pierre, à l’époque

où nous y étions attaché comme élève, dans le service de M. le professeur Seutin, un infirmier tellement adroit dans l’art d’appliquer les bandages amidonnés, qu’on se plaisait à profiter de ses leçons.

Qu’y a-t-il du reste de si difficile dans le traitement d’une fracture? Considérée en elle-même, elle guérit toujours. Ce n’est pas le chirurgien qui guérit, c’est la nature. L’homme de l’art ne fait qu’assurer l’immobilité des fragments jusqu’à la solidification du calus, de même qu’un menuisier maintient le sergent qui soutient deux pièces de bois en contact jusqu’à ce que la colle interposée entre les deux surfaces à joindre ait acquis la dureté nécessaire.

Voici quelques moyensdonton peut user en attendant le chirurgien :

Pour la fracture du bras, quelle qu’elle soit, il suffit de rapprocher le bras du tronc, de ï’y maintenir fixé au moyen d’une bandeou d’une serviette, defléchir l’avantbras à angle droit sur le bras et de le soutenir avec une écharpe. Pour la fracture de l’avant-bras, on applique sur sa face antérieure et sur sa face postérieure une attelle en bois ou en carton, garnie de linge, qu’on maintient fixée par une bande roulée, et on le soutient avec une écharpe;

Pour les fractures de la cuisse, on place sous le jarret trois ou quatre coussins, de grandeur décroissante de bas en haut; on dispose ensuite d’autres coussins, de manière à former un double plan incliné. La cuisse à demi fléchie repose sur le plan qui lui correspond, la jambe également fléchie appuyée sur l’autre. On maintient le membre dans cette position avec un drap plié

en cravate, dont la partie moyenne embrasse les pieds, et dont les extrémités sont attachées aux deux côtés du lit.

Quand des circonstances empêcheront de se servir dè ce moyen, on aura recours au suivant:

On rapprochera doucement la cuisse brisée de la cuisse saine ; cette dernière servira d’attelle, ou de tutrice à l’autre, et on la maintiendra dans cette position au moyen d’une bande roulée ou de tout autre lien.

Pour les fractures de la jambe, on peut recourir aux deux moyens dont nous venons de parler, ou bien réduire la fracture de la manière que nous avons indiquée plus haut, et la maintenir réduite en appliquant sur le côté interne et sur le côté externe du membre une attelle en bois ou en carton, garnie de linge, qu’on fixe au moyen d’une bande roulée.

Furoncle. [Clou.) — Le furoncle est une tumeur développée promptement, dure, chaude, douloureuse, et d’une couleur rouge-violet, ayant une forme conique, et dont la base est située profondément dans la peau.

Lorsque le furoncle a présenté ces caractères pendant quelque temps, son sommet devient blanchâtre ou livide et s’ouvre bientôt ; une légère pression en fait sortir tout à coup, avec un peu de pus sanguinolent, une petite masse blanchâtre, épaisse, granuleuse, formée par du tissu cellulaire mortifié (bourbillon).

Le traitement du furoncle consiste à calmer l’irritation locale, à activer la suppuration et la sortie du bourbillon par l’application d’onguent gris et de cataplasmes émollients. Lorsque le bourbillon est sorti, il ne reste

plus qu’une plaie simple qu’on panse avec du cérat simple, de la graisse de porc ou du beurre frais.

Il arrive quelquefois que le furoncle, surtout quand il en existe plusieurs à la fois, est accompagné d’un malaise général, d’inappétence, de constipation et d’urines chargées ; dans ce cas, il est bon de recourir à un éméto-cathartique (un demi-litre d’eau, une once de sel anglais et un grain d’émétique), et aux purgatifs salins.

Il arrive encore qu’on est atteint de furoncles suc cessivement et pendant un temps plus ou moins long ; plusieurs personnes ont eu des furoncles pendant deux et trois ans consécutivement.

Dans ce cas, il faut recourir sans retard à un régime doux, aux décoctions amères, telles que celles de houblon, de douce-amère, s’abstenir de boissons alcoliques, de fromage , de manger beaucoup de farineux , de pain, et prendre matin et soir une demi-cuillerée à café de bi -carbonate de soude dans un grand verre d’eau.

Ces moyens si simples , que nous conseillons toujours, nous ont rendu en tout temps les plus grands services auprès de nos malades.

Gale. — La gale est une éruption contagieuse qui se communique par le contact immédiat d’une personne atteinte de cette maladie, ou par le contact de ses vêtements ou d’autres objets qu’elle aurait touchés. Cette éruption consiste en de petites pustules à bords rougeâtres, contenant une sérosité limpide, qui paraissent d’abord, et de préférence, entre les doigts, aux mains, aux pieds et sur le ventre, et cause de vives démangeaisons, surtout lorsqu’on se gratte et sous l’influencé de la chaleur du lit.

Traitement. — Il est entièrement enterne ou local. La médication ne doit avoir qu’un seul but, la mort de l’insecte et de ses œufs; elle se compose de liniments, de pommades, de lotions, etc., qui ont pour base diverses substances, entre autres le soufre, le mercure, l’iode, le chlore, l’ellébore, les plantes aromatiques, les acides, le goudron, la benzine, l’huile d’anis, le chlo roforme, l’essence de térébenthine, la staphysaigre. Yoici la méthode de traitement généralement adoptée aujourd’hui :

1° Friction générale d’une demi-heure avec le savon noir ;

2° Après cette friction, bain d’une heure dans lequel le malade se frotte encore ;

3° Puis nouvelle friction générale pendant une demi-

heure avec la pommade suivante :

Soufre sublime 2 parties.

Sous-carbonate de potasse ... 1 partie.

Axonge 8 parties.

Mêlez exactement.

Gangrène. — La gangrène est la mort des tissus ; privés de vie, ils tombent en décomposition et en putréfaction, et sont remplacés par une plaie hideuse qui gagne incessamment en largeur et en profondeur, au point de détruire un membre tout entier.

Gastralgie. — Douleurs d’estomac que l’on attribue à un état nerveux particulier. Cette affection est ordinairement caractérisée par des besoins qui simulent le sentiment de 1a. faim, par des tiraillements et une sorte de défaillance.

Traitement. — Modifier le régime. — Eau de menthe. Boissons gazeuses. Magnésie calcinée.

Gastrite. — Inflammation aiguë ou chronique de la surface interne de Festomac, reconnaissant pour causes ordinaires les aliments irritants, les excès de boissons spiritueuses ou glacées, les indigestions répétées ; elle s’annonce ordinairement par de la chaleur, une soif habituelle, peu ou point d’appétit, une sensibilité prononcée au creux de Festomac, une digestion lente et difficile, un goût salé dans la bouche.

Traitement. — Diète. Boissons mucilagineuses. Quelques sangsues au creux de l’estomac, et toutes les heures une cuillerée de la potion suivante : mucilage de gomme arabique (120 gram.), teinture d’aconit napel (gutt. xv), sirop de diacode (30 grammes).

Gencives ( maladies des). — Traitement. — Gencives relâchées. — Collutoires avec la teinture de bistorte. Gencives gonflées, — Figues trempées dans du lait, puis collutoires avec la teinture de cochléaria. Gencives ulcérées. — Collutoires avec l’eau de rose (60 gr.) et le tannate de zinc (30 centigrammes).

Gerçures du sein. — Traitement. — Glycérolé composé de : glycérine (h 6 grammes), huile d’amandes douces (4 grammes), teinture de benjoin (4 grammes).

Glaires. — Humeur gluante, visqueuse, engendrée dans les intestins, dans Festomac, ou dans toute autre partie du corps.

Gourme. — {Croûtes de lait.) Éruption de boutons auxquels succèdent des croûtes jaunâtres qui s’observent à la tête des jeunes enfants.

Traitement. — Cette affection ne doit pas être atta-

quéetrop brusquement; on a des exemples d’accidents mortels survenus à la suite de ces guérisons précipitées. Il faut couper les cheveux aussi courts que possible ; tenir les petits malades dans un grand état de propreté, laver plusieurs fois par jour leur tête avec des dé coctions de racine de guimauve, passer sur la tête une brosse douce. Pommade cpmposée de : glycérine (30 gram.), huile d’amandes douces (8 gram.), oxyde rouge de mercure (5 centigram.), calomel (4 gram.), poudre d’opium (30 centigram.)

Goutte. — (Voyez Rhumatisme .)

Gravelle. — Maladie produite par de petites concrétions semblables à du sable, qui se forment dans les reins, se disséminent dans les voies urinaires et sont expulsées par les urines.'

Traitement. — Régime doux. Exercice modéré. Eau de Vichy. Bicarbonate de soude (1/2 cuillerée à café, matin et soir, dans un grand verre d’eau).

Grippe. — La grippe est tout simplement' une bronchite ou catharre épidémique ; ses causes les plus probables sont les variations brusques de l’atmosphère, le passage du froid à la chaleur. Cette affection, quoique peu grave, fait beaucoup souffrir les malades ; ils éprouvent un sentiment de brisement dans les membres, des maux de gorge.

Le traitement de la grippe consiste, comme celui de la bronchite, en infusions pectorales. Dans tous les cas les plus graves, il faut se coucher, bien se couvrir et boire une tasse d’infusion préparée avec une once de feuilles sèches d’eupatoire, sur lesquelles on a versé une pinte d’eau bouillante. On prend une dose sem-

blable et à chaud toutes les demi-heures. Après la quatrième ou la cinquième dose, il survient des nausées considérables, quelquefois des vomissements, et ensuite une transpiration abondante, sous l’influence de laquelle tous les symptômes s’améliorent immédiatement. En même temps que les nausées se font sentir, l’expectoration devient très-abondante et d’une extrême facilité. Dans le but de se maintenir sous la même influence, on continue de prendre cette infusion par tasses à trois ou quatre heures d’intervalle et à la même dose. C’est environ six ou sept heures après le commencement de ce traitement, qu’apparaissent les évacuations alvines liquides, et ensuite le ventre reste libre. Il arrive assez souvent que le soir du second jour, après une imprudence, tous les symptômes reparaissent, et alors on est obligé de recommencer le traitement. Dans la plupart des cas, cependant, les symptômes disparaissent graduellement, et l’on est complètement guéri vers le quatrième ou cinquième jour.

Hématurie. (. Pissement de sang.) — (Voyez Hémorrhagie.)

Hémorrhagie. — On entend par hémorrhagie tout écoulement de sang hors des vaisseaux destinés à le contenir, soit que le liquide se répande sur une surface libre, soit qu’il s’épanche dans l’intérieur d’un organe ou d’un tissu.

Les voies les plus naturelles des évacuations sanguines, sont les narines, les oreilles, la bouche, la vulve, l’anus, le canal de l’urètre, la solution de continuité produite par une plaie, un ulcère. La nature n’est pas

toujours constante dans sa marche ; elle choisit trèssouvent la superficie de notre corps pour y établir des hémorrhagies, dans l’intention de le soulager ou pour remplacer quelques évacuations supprimées : rien n’est plus commun que de voir ces aberrations bizarres.

Quelquefois le sang sort périodiquement par une joue, une oreille, les gencives, et même par tous les pores de la peau, comme cela arriva à Charles IX.

Dieu déployant sur lui sa vengeance sévère,

Marqua ce roi mourant du sceau de sa colère.

Son sang à gros bouillons de son corps élancé,

Vengeait le sang français par ses ordres versés.

Henriade , ch. III.

Chaque âge est sujet à des hémorrhagies différentes, relativement à la prédominance des organes : celles de la tête et du nez appartiennent plus spécialement à l’adolescence ; celles de la poitrine, à lage adulte ; celles des hémorrhoïdes, à la vieillesse ou à l’âge mûr; car le surcroît d’activité du système sanguin se dirige, dans l’enfance, vers la tête ; chez les adultes, sur la poitrine, et chez les vieillards, sur les organes du bas-ventre. Les hémorrhagies diffèrent enfin suivant leur intensité, le climat, le pays qu’on habite, la température de l’air, le genre de vie, les causes nombreuses qui les déterminent et les circonstances qui les accompagnent.

I. Coup de sang. — Coup de sang: expression énergique s’appliquant à l’hémorrhagie du cerveau, et dont

les caractères essentiels sont la perte instantanée du sentiment et du mouvement.

On distingue différents degrés dans l’hémorrhagie cérébrale : elle est légère, plus intense et foudroyante.

L’hémorrhagie cérébrale foudroyante seule mérite le nom d’apoplexie, parce quelle tue à l’instant.

Les personnes qu’atteint le coup de sang sont généralement des personnes grasses et replètes, qui ont le cou court, la poitrine large, les membres gros, et dont la respiration est laborieuse. Celles-là échapperaient au coup de sang, si, prévoyant les accidents auxquels leur constitution physique les expose, elles se soumettaient à un régime doux et sévère, à un exercice modéré, aux lois d’une hygiène bien ordonnée ; si elles évitaient les vêtements serrés, les efforts musculaires violents, les travaux intellectuels prolongés, les émotions vives ; si elles se tenaient le ventre libre, en prenant de temps à autre une once de sel anglais ; enfin si elles évitaient les extrêmes de température : le froid et le chaud intenses.

Quand l’hémorrhagie cérébrale ne détermine pas la mort immédiatement, il faut essayer, par des secours administrés avec la plus grande célérité, de conserver la vie au malade.

Pendant qu’on ira chercher le jnédecin, on placera le malade au milieu d’un air frais, de façon qu’il ait les pieds et la tête élevée ; on éloignera l’atfluence des assistants, pour éviter que ceux chargés de prodiguer les secours ne soient gênés dans leurs mouvements, et pour empêcher que la température de l’atmosphère ne s’élève trop; on lui découvrira la tête; on desserrera

son col et tous ses vêtements ; on lui liera fortement les cuisses sous le jarret ; on plongera ses pieds dans l’eau bouillante, contenant en dissolution du gros sel de cuisine et de la poudre de moutarde, ou bien encore on promènera sur les mollets et sur le gras des cuisses du patient des compresses imbibées d’eau bouillante ; car il n’y a pas de temps à perdre, et il faut à tout prix obtenir une révulsion immédiate et énergique, au risque même de produire des brûlures artificielles.

Ces moyens bien simples, que tout le monde peut administrer, partout et en tout lieu, suffisent d’ordinaire pour arrêter la maladie dans sa marche, et faciliter singulièrement le succès du traitement que le mé decin pourrait instituer à son arrivée.

II. Epistaxis. {Saignement de nez.) — Si les hémorrhagies nasales sont souvent salutaires, quelquefois aussi il arrive que le sang coule avec tant d’abondance, qu’il en résulte une grande faiblesse, des syncopes, et que même le malade pourrait périr, si l’on ne parvenait à arrêter l’hémorrhagie.

Quelle que soit l’épistaxis, quelle que soit sa cause ou sa nature, du moment qu’elle devient menaçante par son abondance, il y aurait du danger à ne pas chercher à suspendre tout à fait l’écoulement du sang.

La première ehose à faire, dans le cas de saignement de nez trop violent, c’est de placer le malade à l’air frais ou dans un lieu dont la température est peu élevée ; mais il est rare que cette seule précaution suffise : il faut en venir aux applications d’eau froide, pure ou mêlée avec du vinaigre. A cet effet, on trempe dans ce liquide des compresses qu’on applique sur . la tête,

autour du nez, aux tempes, aux parties génitales (sur les bourses), à la partie interne des cuisses ; ou avoir recours aux bains de pieds avec de la farine de moutarde et du gros sel ; ou bien à faire tenir levé le bras du côté où se fait l’hémorrhagie.

Lorsque l’écoulement du sang n’est pas très-considérable, et qu’il n’y a pas urgence de l’arrêter dans le plus court délai, on peut essayer de le diminuer, en faisant renifler ou même en injectant dans les fosses nasales une dissolution d’alun dans de l’eau très-froide.

Si nonobstant ces moyens rationnels le sang continuait de couler avec abondance, et si surtout le malade s’affaiblissait, il faudrait alors sans retard appeler un médecin, et, en attendant son arrivée, comprimer la narine par où se fait l’hémorrhagie, en y introduisant un bourdonnet de charpie ou de coton, trempé préalablement dans du vinaigre pur ou imprégné de poudre d’alun. En même temps, on tiendrait la tête élevée et penchée en avant.

III. Hématémèse. {Vomissement de sang.) — Pesanteur et douleur dans la région de l’estomac et des hypocondres, refroidissement des extrémités, pâleur de la face, tremblement de la lèvre inférieure, sueurs répandues sur la figure, vomissement d’un sang rouge, noirâtre, en grumeaux. *

Traitement . — On fait coucher la malade sur le dos, la tête un peu élevée, dans un silence et dans un repos absolus. Compresses d’eau froide sur le creux de l’estomac. Boissons froides et salées. Pour peu que le vomissement de sang soit abondant, il faut faire venir au plus tôt un homme de l’art.

IV . Hématurie. (Pissement de sang). — Hémorrhagie de la membrane muqueuse des voies urinaires. L’hématurie peut avoir son siège dans les reins, dans la vessie, dans le canal de l’urètre.

Traitement . — Repos. — Boissons froides. — Compresses d’eau froides sur les reins, le dos et sur les parties. — Décoctions froides de la grande consoude.

V. Hémoptysie. — On entend par hémoptysie (crachement de sang), une hémorrhagie des poumons, qui consiste dans une expectoration sanguine, écumeuse, variable par sa qualité, sa couleur et sa consistance.

L’hémoptysie est ordinairement annoncée par un sentiment de constriction à la poitrine, une toux légère, des palpitations de cœur, une douleur et un picotement que le malade éprouve vers la trachée-artère.

Le malade se plaint d’horripilations, de froid aux extrémités. Il dit éprouver une espèce de bouillonnement dans la poitrine, avec chaleur et ardeur. Presque toujours alors, il survient une toux plus ou moins forte, qui amène le crachement d’un sang rouge, vif, écumeux, souvent mêlé de mucosités. Cependant, quand le sang est rejeté en grande quantité, il n’y a pas de toux : elle est comme étouffée par le flot du liquide. Il faut remarquer que la crainte qu’inspire aux malades la vue de leur sang, les fait pâlir avant qu’ils en aient rendu une grande quantité.

Dans tous les cas d’hémoptysie, quelles qu’en soient la cause et la nature, il faut commencer par mettre le malade dans une position assise, l’exposer à l’air frais, le débarrasser de ses vêtements et de toute ligature. On devra défendre expressément au malade de parler et

même de remuer les bras, car on a vu ces mouvements faire revenir le crachement de sang.

C’est dans un cas de cette nature qu’il est bien essentiel que les personnes qui entourent le malade conservent tout leur calme, afin de ne pas augmenter la crainte dont la plupart des individus sont saisis quand ils crachent le sang.

Il faut sans tarder appeler un médecin, car l’hémoptysie peut devenir trop abondante et causer la mort en quelques heures, faute de secours bien administrés.

En attendant l’arrivée du médecin, on observera le plus grand silence autour du malade; on lui mettra des sinapismes aux mollets, et on lui donnera à boire de l’eau froide pure ou renfermant de Falun ou du sel de cuisine. Ces moyens bien simples à administrer suffisent généralement pour arrêter le crachement de sang.

Il n’est pas" sans intérêt, croyons-nous, de rapporter ici les conseils que donne aux sujets hémoptysiques le célèbre Grétry, attaqué d’un crachement de sang par suite des efforts de chant :

« J’ai vomi, dit cet immortel compositeur, jusqu’à six ou huit palettes de sang en divers accès, qui revenaient périodiquement deux fois par jour et deux fois par nuit. Tout se calme à la fois, en buvant un peu d’orgeat dans de l’eau de graine de lin. La saignée, en affaiblissant les vaisseaux, prépare de nouvelles hémorrhagies. Après le dernier accès, je reste deux fois vingt-quatre heures couché sur le dos, sans parler et sans remuer. Un assez gros volume de sang grumelé qu’on expectore pendant cet intervalle, annonce que la

cicatrice est formée ; il faut alors une huitaine de jours pour reprendre des forces.

» Purgez-vous au printemps et à l’automne.

» Si votre poitrine est échauffée, ce que l’on aperçoit par une petite toux sèche, prenez du sirop de vinaigre dans beaucoup d’eau ; si votre estomac est refroidi, prenez un verre de vin de Bordeaux après le repas. L’excès des rafraîchissants m’a donné une fois un crachement de sang qui ne s’arrêta, au bout de cinq jours, qu’avec des toniques : je pris six fois de la confection d’hyacinthe, après quoi l’hémorrhagie cessa. Garantissez-vous contre l’humidité des pieds pendant l’hiver. Couchez-vous de bonne heure; mettez les jambes dans l’eau tiède, si votre tète s’échauffe trop pendant le travail; choisissez des aliments sains et faciles à digérer ; laissez les mets trop échauffants ; prenez un lavement d’eau froide tous les matins; faites-les dégourdir en hiver ; ne buvez pas habituellement de l’eau sans vin ; ne travaillez pas après le repas. »

YI. Hémorrhoïdes. — Le mot hémorrhoïdes, sert à désigner certaines tumeurs qui se forment à la partie inférieure du rectum, ou encore un flux sanguin qui a lieu vers le même point, et qu’il est plus convenable cependant de désigner sous le nom de flux hémorrhoïdal.

Les tumeurs hémorrhoïdales sont tantôt apparentes à l’extérieur, et tantôt cachées dans l’intérieur de l’intestin rectum.

Les hémorrhoïdes proviennent ordinairement d’un tempérament bilieux et sanguin, d’une constipation habituelle, de la sécheresse de l’intestin, d’une résis-

tance trop prolongée aux besoins des garde-robes ; d’une perturbation dans les fonctions de la peau, d’une suppression de la transpiration habituelle ou exutoire, de la répercussion d’une affection de la peau, d’une vie trop sédentaire et du manque d’exercice, de l’abus des purgatifs, et principalement de l’aloès, d’une vie agitée par les excès et les chagrins, et d’une foule d’autres causes qu’il serait trop long d’énumérer ici.

Traitement. — Indiquer les causes qui produisent les hémorrhoides, c’est dire que tous les efforts du malade doivent tendre à les faire cesser, et que, pour en atténuer les conséquences, il doit recourir à un régime rafraîchissant.

Les viandes blanches, les légumes herbacés et les fruits seront préférés. Il supprimera les excès en tous genres, les mets trop succulents ou excitants et les liqueurs fortes ; il évitera de faire des efforts, surtout pour aller à la selle ; il tâchera de remplir cette fonction tous les jours, et, pour en faciliter l’accomplissement, il prendra un lavement simple ou à la graine de lin ; matin et soir, il lotionnera l’anus avec de l’eau froide ; il prendra un ou deux bains par semaine ; il couchera sur le crin ou sur la paille, et restera le moins possible sur le dos. S’il a des habitudes sédentaires, il choisira un siège élastique et légèrement convexe, afin de soutenir la région anale.

Dès que les hémorrhoides apparaissent, il faut immédiatement en rechercher la cause et l’enrayer si faire se peut; recourir aux lavements et aux bains de siège froids.

Il est des tumeurs hémorrhoïdales très douloureuses,

sans qu’une cause quelconque puisse expliquer cet excès de sensibilité. Il convient, dans ce cas, de les oindre avec du suif ou de l’onguent populéum.

Quand il existe un suintement sanguin qui épuise le malade, celui-ci doit recourir au plus tôt aux conseils d’un médecin ; car alors la maladie ne manque pas de gravité.

VII. Métrorrhagie. (. Hémorrhagie utérine .) — Evacuation sanguine qui se fait par le vagin hors le temps des règles , et qu’il ne faut pas confondre avec l’écoulement excessif des règles.

Traitement . — Repos au lit. — Position horizontale. — Compresses imbibées d’eau vinaigrée sur le ventre et le haut des cuisses. Boissons froides. Toutes les deux heures, une cuillerée de la potion suivante : eau de cannelle (120 grammes) , extrait de seigle ergoté (2 grammes), extrait d’opium (5 centigrammes), sirop de pépins de coing (30 grammes). Si l'écoulement sanguin était quelque peu abondant, il ne faudrait pas tarder d’appeler un médecin , car la maladie peut devenir mortelle en peu d’heures.

Hernie. — {Descente.) — On appelle hernie , en général, une tumeur formée par le déplacement des parties molles.

Les causes déterminantes d’une hernie sont des contractions musculaires violentes, les efforts, de quelque nature qu’ils puissent être, soit pour lever un fardeau, pour aller à la garde-robe dans le cas de constipation , pour évacuer l’urine dans le cas de rétrécissement de l’urètre, de gonflement de la prostate.

Lorsqu’une hernie arrive , c’est-à-dire lorsqu’une

portion plus ou moins considérable des intestins se déplace pour produire une tumeur à quelque partie du bas-ventre, il faut aussitôt cesser tout exercice, se tenir dans le plus parfait repos, et essayer de réduire soi-même et de faire rentrer l’intestin déplacé. Pour cela, on se couchera sur le dos , les cuisses élevées et rapprochées du ventre ; ensuite on maniera doucement la tumeur, et par une compression modérée et graduée, on tâchera, avec une main , de réduire l’intestin , en observant de commencer par faire rentrer la portion qui est sortie la dernière; ce qui s’exécutera plus facilement, en maintenant avec le pouce et l’index de l’autre main la partie la plus élevée de la tumeur. Lorsque cela sera exécuté, on empêchera l’intestin de sortir de nouveau, parle moyen d’une pression continuelle sur l’endroit où était la tumeur, soit en y appliquant une pelote ou quelque autre corps sembable , si l’on en peut trouver , que l’on contiendra par un bandage.

On se conduira ainsi toutes les fois qu’on ne sera pas à portée d’être secouru dans l’instant par quelque personne de l’art ; mais néanmoins on aura soin d’appeler un chirurgien, soit pour reconnaître si la réduction a été bien faite, soit pour lever les obstacles qui s’opposent quelquefois à cette réduction, et pour se conduire dans tout le reste d’après ses conseils.

Lorsqu’une hernie vient à s’étrangler et à s’enflammer, par l’effet d’un coup, d’une chute ou par un effort, ou pour avoir négligé de porter un bandage, ou pour avoir fait quelques excès , il n’y a pas de temps à perdre : le secours le plus prompt est alors nécessaire. En attendant l’arrivée du chirurgien, on prendra un grand bain plus

que tiède. On boira une infusion concentrée de café de première qualité. La situation du corps , dans ce cas, est encore une chose essentielle; on se tiendra constamment couché sur le dos, la tête élevée, et les jambes, ainsi que les cuisses, élevées et rapprochées du ventre.

Hoquet. Le lecteur sait que le hoquet est une inspiration convulsive, accompagnée d’un bruit particulier et qui se reproduit en général plusieurs fois par minute.

Il survient quelquefois, dans la journée, et surtout après ou pendant les repas , un hoquet qui n’a , à la vérité , aucune suite fâcheuse , mais qui n’en est pas moins fort incommode. Il est surtout commun chez les personnes voraces qui ne se donnent pas le temps de mâcher suffisamment leurs aliments, ou qui boivent avec trop d’avidité.

Le hoquet se dissipe ordinairement tout seul. Une émotion vive , la contention d’esprit , l’ingestion d’une boisson fortement acide et glacée , l’action de boire lentement et sans respirer l’arrêtent quelquefois tout court. Si ces moyens ne réussissaient pas , on aurait recours au tabac fort, en poudre, qui, en provoquant l’éternument, fait presque toujours cesser le hoquet. Dans les cas opiniâtres, il faudra recourir à la mastication du sucre blanc, à l’éther, et mieux encore à la compression, exercée avec les doigts, sur les clavicules de la personne atteinte du hoquet. Ce dernier moyen est puissant ; il réussit presque toujours quand tous les autres ont échoué.

Hydrocèle. — Tumeur formée dans le scrotum par un amas de sérosité. Le traitement de cette affection

doit être confié à un chirurgien habile. L’électro-puncture en est le traitement spécifique.

Hydropisie. — On appelle ainsi l’amas d’un fluide séreux muqueux , dans le tissu cellulaire ou dans les différentes cavités du corps, comme dans le ventre {ascite), dans la poitrine ( hydrothorax ), etc.

Traitement. — Régime lacté. Nitrate de potasse (matin et soir, une demi-cuillerée à café, dans un grand verre d’eau). Infusion des espèces diurétiques. Gommegutte (matin, midi et soir, une pilule de dix centigrammes). Dans Yascite, frictions sur le ventre avec une mixture composée de parties égales de teinture de scille, de teinture de digitale et d’esprit-de-savon ; ou bien des fumigations faites sur la partie avec une infusion de feuilles de digitale. L’hydropisie exige toujours les soins d’un homme de l’art.

Hypocondrie. — L’hypocondrie est caractérisée au moral par une propension habituelle à la tristesse, un goût prononcé pour la solitude, une préoccupation continuelle sur l’existence imaginaire de maladies.

Traitement. — Distractions. Voyages. Bains de mer.

Hystérie.. — Maladie propre à la femme, paraissant avoir son point de départ dans la matrice. Elle se manifeste chez les femmes douées d’un tempérament ner veux, exalté par un amour contrarié, ou par l’influence de lectures licencieuses.

Traitement. — Eloigner les causes. Pendant l’accès, enlever les ligatures, desserrer les vêtements, coucher de manière à ne pouvoir se blesser, donner accès 4 un air frais ; affusions froides sur la face ; faire

respirer de l’éther, des odeurs fortes. L’électricité est le traitement curatif, par excellence, de l’hystérie.

Incontinence d’urine. — Écoulement involontaire et ordinairement non douloureux de l’urine par les voies naturelles. — Par irritation de la vessie : cataplasmes émollients sur le bas-ventre. — Par atonie (c’est, le cas le plus fréquent) : électricité. Frictions aromatiques. Bains froids.

Indigestion. — L’indigestion est un trouble subit et passager de la digestion.

Elle peut être déterminée par des causes fort nombreuses et très-dissemblables. Elle peut présenter une intensité plus ou moins grande, et les moyens curatifs à instituer doivent être en rapport avec cette intensité.

Lorsque l’indigestion commence, et qu’il n’y a encore que de la gêne à l’épigastre, des renvois et un dégagement de gaz, on parvient quelquefois à conjurer les accidents en faisant prendre au malade une tasse d’une infusion aromatique, comme du thé de tilleul, de feuilles d’oranger, de camomille, ou bien du café, ou encore une petite quantité de liqueur spiritueuse, celle que le malade boit de^préférence.

Lorsque l’indigestion est complète, on favorisera les vomissements en faisant boire quelques verrées d’eau tiède au malade, ou en lui titillant la luette avec le doigt, et mieux avec la barbe d’une plume. Si l’anxiété était grande et si, nonobstant les nausées, les vomissements ne s’effectuaient pas, on devrait les provoquer par l’administration de 1 à 2 grains d’émétique. Si des coliques survenaient, si la diarrhée s’établissait, il faudrait soumettre le malade à l’usage des boissons adoucissantes ;

on lui conseillerait les lavements avec l’eau de son, les cataplasmes sur le ventre, et l’abstinence de toute nourriture jusqu’à ce que les accidents aient cessé complètement.

Dans tous les cas, pour peu que l’indigestion mon trât quelque chose d’insolite, Userait prudent d’appeler sans délai un homme de l’art.

Insomnie. — L’insomnie est l’impossibilité de dormir. Elle peut devenir un mal très-pénible qui dure des mois, des années.

Traitement . — Sucre candi. Coquelicot. Opium. Bains simples. Exercices.

Jaunisse. [Ictère.) — Coloration jaune des divers tissus, principalement de la peau et du blanc des yeux, due à la présence des éléments de la bile dans le sang. Elle est l’effet d’une maladie du foie ou tout simplement d’une perturbation nerveuse.

Traitement. — Précautions hygiéniques. Repos. Régime doux et végétal. Eau de carotte. Décoction de pissenlit. Eaux gazeuses. Pas de graisse.

Larmoiement. — Pour faire cesser le larmoiement ou l’écoulement involontaire des larmes, il faut se bassiner souvent les yeux avec de l’eau fraîche ou avec de l’eau-de-vie coupée avec de l’eau commune, ou avec de l’eau de plantain et de l’eau de rose, seules ou mêlées ensemble.

Lombago. {Mal de reins.) — Douleur de la région des reins. (Voyez Rhumatisme.)

Luxation. — On entend par luxation le déplacement des surfaces articulaires des os ; ce déplacement est produÿ instantanément, soit par une violence exté-

rieure, un coup, une chute, soit par Faction musculaire ou par ces deux causes réunies. On reconnaît la luxation à l’allongement ou au raccourcissement du membre, à son changement de direction et de forme, à l’impossibilité absolue de lui faire exécuter certains mouvements qui lui étaient faciles dans l’état naturel, à la perte des rapports naturels des apophyses qui appartiennent aux deux os disjoints, et enfin aux saillies en forme de corde tendue que les muscles déplacés ou tiraillés forment sous la peau. Dans tous les cas, ces changements sont permanents, et lorsque, par des efforts bien dirigés, le membre reprend sa direction, ainsi que la liberté d’agir, tous les phénomènes de la maladie disparaissent sur-le-champ.

Traitement. — Le traitement des luxations comprend trois indications : réduire la luxation, la maintenir réduite, prévenir ou combattre les accidents qui peuvent la compliquer.

La réduction d’une luxation est le point le plus important et le plus difficile de son traitement. La présence d’un chirurgien habile et expérimenté est toujours nécessaire pour la remplir. Il faudra donc, dans tous les cas de luxation, le demander sans retard. En attendant son arrivée, le patient tiendra la partie luxée dans le repos le plus complet, et fera sur elle une application de compresses imbibées ou d’eau froide et pure, ou bien d’eau de Goulard ou d’eau vinaigrée.

Mal de dents. — Quand une dent est cariée, le meilleur parti est de la faire arracher; mais, pour calmer la douleur excessive qu’elle cause parfois, on trempera un morceau de coton destiné à boucha la cavité

de la dent, dans un liquide composé de : chloroforme (4 gram.) ; alcool camphré (2gram.) ; alcali volatil (deux gouttes) ; acide sulfurique (une goutte.) On placera en même temps un coton imbibé du même liquide dans l’oreille du côté de la dent souffrante. Enfin, si la douleur ne cessait pas, et avant d’avoir recours à l’extirpation,, on soumettrait la dent à l’électricité, qui enlève d’ordinaire la douleur par enchantement et en prévient même le retour.

Maladie. — La maladie est un trouble accidentel, plus ou moins profond, qui se manifeste dans l’état des organes ou dans l’exercice de leurs fonctions. On appelle maladies aiguës, les maladies graves dont l’invasion est brusque, la marche rapide, et qui, en peu de temps, aboutissent à la guérison ou à la mort. On appelle maladies chroniques, celles dont la durée est longue et dont les symptômes se développent et se succèdent avec lenteur.

Maladie vénérienne. — Dans tous les temps, les jongleurs, les empiriques et les charlatans ont joué un rôle plus ou moins important sur le théâtre du monde ; la nature humaine, toujours ballottée dès son berceau entre le désir et la crainte, ne cesse d’offrir un moyen de fortune à celui qui espère l’établir sur les infirmités et la crédulité de ses semblables ; aussi son effet est- il infaillible, quelque grossier et maladroit que puisse être l’appât qu’il présente, parce qu’il est toujours proportionné à l’ignorance du peuple, à qui il est surtout destiné.

Jamais maladie n’a engendré plus de charlatans et d’empiriques que la maladie vénérienne. Jamais rnala-

die, par son universalité, ses dangers, ses désagréments, ses variétés, sa turpitude, n’a eu plus d’influence sur le bonheur, la santé et la vie des hommes.

Cette considération nous a engagé à la nommer ici, non pas pour tracer le tableau lugubre de ses nombreuses et horribles manifestations, mais pour engager les malheureux qu’elle mettra sous son joug à recourir toujours et sans délai à quelque médecin expérimenté, sans s’arrêter en route pour recueillir les avis de ses amis, ou pour s’adresser à quelque malicieux apothicaire ou à quelque méchant marchand de bonbons au baume de copahu.

Voici le conseil que nous donnons, en passant, à quiconque s’est livré à un coït suspect : se laver, immédiatement après, les parties génitales avec de l’eau pure et même avec de l’urine, en ayant soin, avant de lâcher celle-ci, de la projeter fortement contre la pulpe d’un doigt placé au bout de la verge, de manière qu’elle charrie en s’échappant tout ce qui aurait pu y avoir d’irritant dans l’intérieur du canal. On s’astreindra ensuite à un régime doux; on évitera toute excitation du côté des organes génitaux ; on marchera peu, on usera d’une nourriture douce, on ne boira ni liqueur, ni aucune boisson qui, comme la bière jeune ou prise en grande quantité, peut par elle- même produire la maladie.

On conseille encore de ne pas prendre de bains chauds, car ceux-ci favorisent souvent le développement de l’écoulement.

Enfin, on ira trouver un médecin expérimenté dès que l’on ressentira la moindre chose insolite.

Maladie des lèvres. — Les lèvres sont souvent le siège de crevasses plus ou moins profondes ; d’autres fois, elles présentent à leur face postérieure de petites tumeurs, qu’il ne faut pas confondre avec les aphthes et qui ne sont que des follicules dont le goulot est oblitéré. Ces petites tumeurs s’enflamment parfois, éveillent des douleurs très-vives et s’ulcèrent rapidement en affectant un aspect chancreux. La guérison s’en effectue généralement d’une manière fort rapide, quelquefois presque spontanément ou par de simples collutoires au miel rosat, au jus de citron, et, mieux encore, au nitrate argentique. Les crevasses cèdent facilement à l’usage du collodion rendu élastique par l’addition d’une certaine quantité d’huile de ricin et de térébenthine, ou bien encore à l’emploi de la teinture de benjoin incorporée dans la glycérine.

Ces affections des lèvres reconnaissent pour causes : d’une part, l’usage de mauvais tabac à fumer, l’emploi du Imle-gueule ; d'autre part, et principalement, la détestable habitude de mettre dans la bouche les caractères, souvent encore mouillés du liquide qui a servi à les laver.

La malpropreté de la bouche, la négligence de nettoyer les dents, qui s’encroûtent de tartre ou qui sé carient, de même que les habitudes vicieuses que nous venons de signaler, donnent souvent lieu à quelques affections des gencives. Ce sont généralement des tumeurs molles et saignantes, qui fournissent un suintement séro-sanguinolent des plus fétides. Il suffit ordinairement, pour les faire disparaître, d’éloigner les causes qui les ont produites, de nettoyer les dents, d’ex-

traire celles qui sont cariées et, enfin, de cautériser ces tumeurs avec le nitrate argentique ou l’acide chlorhydrique fumant.

Mélancolie. — Maladie caractérisée par un délire long et opiniâtre, roulant sur un seul objet ou une série d’objets, avec un libre exercice des autres facultés intellectuelles, sans fièvre ni fureur, le plus souvent avec tristesse profonde, quelquefois avec une gaieté immodérée.

Traitement . — Il faut s’attacher à détruire l’idée dominante, combattre le délire exclusif des mélancoliques, par des moyens adroits, en s’insinuant dans l’esprit des malades, en paraissant prendre part à leurs maux et en adhérant enfin à leurs sentiments, pour mieux renverser leurs erreurs. Mais

N’allez pas en docteur pompeusement comique,

Hérisser vos discours de grec et de latin.

Hans ce siècle éclairé , cet appareil est vain ;

Les sciences n’ont plus d’enveloppe mystique.

Et si votre malade était un homme instruit,

Délibérez ensemble ; et de votre conduite Faites-lui concevoir la raison et la suite.

Pour soulager le corps, tranquillisez l’esprit.

Régime doux. Exercice. Les distractions. Le séjour à la campagne.

Ménhorrhagie. — Écoulemement excessif des règles, qu’il ne faut pas confondre avec l’hémorrhagie utérine qui est indépendante de la menstruation.

Traitement. — (Voyez Hémorrhagie utérine.)

Menstruation. {Menstrues, règles.) — Évacuation

sanguine et périodique de l’utérus chez la femme pubère, c’est-à-dire, âgée de treize à seixe ans. Cette éruption mensuelle cesse ordinairement vers l’âge de quarante-cinq ans. L’apparition des règles peut être retardée par deux causes : 1° parce que l’économie manque du degré de vitalité, d’énergie nécessaire à l’accomplissement de cette 'fonction ; 2° ou bien parce qu’il y a excès de cette vitalité. Le premier état constitue la chlorose, ou les pâles couleurs (voyez Chlorose) ; le second état, qui se reconnaît à la coloration habituelle de la face, à un sentiment d’étouffement ou de gêne dans la respiration, à de fréquents maux de tête, à des saignements de nez, ne cède qu’aux bains tièdes, à une nourriture végétale, à des boissons rafraîchissantes, aux sangsues appliquées aux cuisses , aux bains de pieds sinapisés. L’absence des règles a pris le nom ^aménorrhée [voyez ce mot)..

Migraine. — La migraine est caractérisée par une douleur vive siégeant dans un des côtés de la tète et revenant à des intervalles plus ou moins rapprochés. C’est une affection essentiellement nerveuse.

Traitement. On a cherché à en combattre les accès par des moyens très-divers, tels que l’application de compresses trempées dans l’eau froide, l’eau de Cologne, l’eau vinaigrée ou l’éther; mais, de tous les remèdes que nous venons d’énumérer , la décoction concentrée de café (30 grammes de café pour 120 grammes d’eau), dans laquelle on exprime le suc d’un citron, est incontestablement le remède par excellence. Le malade prend ce café en une fois ; il peut répéter cette dose dans le

courant de la journée si la douleur n’avait pas complètement cessé. De plus, le malade doit, durant l’accès, fuir le bruit, la lumière, les odeurs fortes et le mouvement. Si le malade était constipé , il prendrait un lavement purgatif composé d’un demi-litre d’eau tiède dans laquelle on fait dissoudre 30 grammes de sel anglais.

Mort. — La mort est la cessation de la vie. Cette définition presque triviale est la seule cependant qu’on puisse en donner.

Il est un grand nombre de maladies après lesquelles on ne peut plus douter de l’anéantissement de la vie ; telles sont les maladies des vieillards ; les affections chroniques, et presque toujours celles qui ne sont pas d’une aussi longue durée, mais qui désorganisent profondément les viscères, comme les inflammations intenses.

Dans les morts subites, au contraire, qui se rapportent aux asphyxies, à la syncope et aux apoplexies, soit que ces accidents arrivent au milieu de la santé la plus parfaite, soit qu’ils surviennent dans le cours d’une maladie, dont la marche naturelle ne comporte pas une mort aussi prompte, on peut croire que la mort n’est qu’apparente, et que des secours immédiats et bien dirigés rappelleront une vie dont les phénomènes extérieurs ne sont que suspendus. C’est dans ces cas, où ne se manifestent pas tous les signes d’une mort certaine, qu’on ne doit jamais abandonner ceux qui semblent ne plus jouir de la vie.

D’après M. Bouchât, qui, dans son traité Des signes de la mort , les a discutés et examinés avec soin, il n’y a, en mettant de côté la putréfaction, qu’un seul signe positif de la mort, à savoir la cessation des battements

du cœur ; ce signe devient plus certain, si l’on peut y joindre le relâchement des sphincters (muscles) et l’aspect du globe de l’œil.

Nous passerons rapidement en revue les divers signes attribués à la mort, et nous apprécierons leur valeur positive ou négative :

1 0 Absence de la circulation. — La circulation peut exister et n’être aperçue qu’après certaines recherches, après avoir exploré les artères dans les positions des membres qui en facilitent le toucher, comme à la partie interne du bras, vers le creux de l’aisselle, sur les côtés du cou. De plus, la circulation peut n’ètre nullement sentie, quelles que soient les recherches, et l’individu revenir à la vie. Le cessation prolongée des battements du cœur, dans tous les cas, fait établir de fortes présomptions sur la mort d’une personne.

2° Absence de la respiration. — On s’est livré à plusieurs expériences pour en constater la cessation. Mais,

— soit que la flamme d’une bougie ou d’un corps léger, approchée des ouvertures du nez, n’ait point été agitée,

— soit que la glace d’un miroir n’ait point été ternie,

— il ne faudrait pas conclure de là que la vie est complètement anéantie.

3° État du corps. — La face peut ne présenter au cune altération dans ses traits, quoique la mort soit réelle ; parfois, au contraire, elle peut être profondément décomposée avant la mort même, particulièrement dans les affections nerveuses et apoplectiques, dans des cas où la terreur de la mort a été vivement sentie. L’affaissement et l’obscurcissement des yeux, tout en fournissant des indices plus probables, sont encore in-

certains. Ordinairement les yeux des morts deviennent en peu de temps ternes et mous. Aussi, tant que les yeux, indépendamment de la putréfaction, conservent leur fermeté et une partie de leur brillant, on ne peut prononcer que l’individu soit mort ; dans le cas contraire,on ne peut pas non plus prononcer ce jugement, parce qu’il est des exemples d’ asphyxiés qui, malgré ce signeront été rappelés à la vie.

On conçoit que la pâleur du corps et l’odeur qu’il exhale doivent être très-infidèles.

La température du corps fournit des signes également équivoques ; les noyés sont ordinairement trèsfroids, et les corps des asphyxiés par strangulation, par la vapeur du charbon, d’individus morts de plusieurs maladies, restent chauds pendant un temps plus ou moins long. Nous ne parlons pas de la chaleur que développe la putréfaction, puisque ce dernier état lève tous les doutes.

La raideur des membres est, de tous les signes que nous venons d’examiner, celui qui permet de tirer les inductions les plus voisines de la vérité. Ordinairement, chez les sujets qui viennent d’expirer, les articulations perdent bientôt leur flexibilité. Il s’agit donc de distinguer le cas où la raideur des membres, dépendant de la maladie du sujet, ne peut pas être un signe de mort : les asphyxiés par le froid, par la submersion, offrent cette rigidité des articulations et sont souvent ramenés à la vie. Les individus dont les fonctions extérieures ont cessé après des affections spasmodiques, présentent une raideur capable d’en imposer au premier aspect. Mais, quoique la raideur convulsive soit manifestée au moment

même où l’individu semble avoir perdu l’existence, la raideur cadavérique ne survient que plus ou moins de temps après ; cette dernière dépend des articulations et laisse les muscles dans leur état ordinaire, et lorsqu’elle a cédé, les membres restent fixés dans la nouvelle position. Dans la raideur convulsive, au contraire, les muscles dont elle dépend sont durs et inégaux ; leurs antagonistes ne présentent pas la même dureté ; enfin, si l’on parvient à changer de place un membre, celuici revient avec force à sa première position ; un mouvement opposé est presque impossible à imprimer. On voit donc qu’en tenant compte des circonstances que nous venons d’énumérer, la raideur des membres peut fournir des données fort précieuses. Il ne faudrait cependant pas conclure de leur flexibilité à la non-réalité de la mort, témoin cette brave supérieure des sœurs hospitalières de l’hôpital St- Jean, morte il y a quelques années, et chez qui la flexibilité prolongée des membres fit croire un instant à sa sainteté.

4° Insensibilité aux excitants. — Dans les cas où les signes précédents ne pouvaient pas dicter un jugement certain sur l’existence ou l’absence de la vie, on a eu recours à des épreuves destinées à réveiller la sensibilité. Mais le silence de celle-ci après des irritations portées à l’aide de la cautérisation avec le feu, l’eau bouillante, l’ammoniac ou d’incisions peu profondes, ne détruit pas l’idée d’une simple asphyxie. L’électricité, qu’on a employée dans les cas douteux, peut, par l’abolition de la contractilité musculaire, indiquer d’une manière positive is la mort est réelle. Nous ne sau»

rions assez conseiller de recourir à ce moyen dans les cas douteux.

Muguet. — On appelle ainsi une inflammation épidémique et contagieuse de la surface interne de la bouche et de la gorge. Cette inflammation donne lieu à une infinité de petites plaies ou aphthes dans l’intérieur de la bouche. Elle n’atteint en général que les enfants en bas âge. Pour le traitement (voyez Aphthes.)

Nausées. (Envie de vomir.) — C’est qu’on appelle mal de cœur.

Névralgie. - — La névralgie consiste dans une douleur plus ou moins violente ayant son siège sur le trajet d’un nerf, et disséminée par points circonscrits; véritables foyers douloureux, d’où partent par intervalles variés des élancements ou d’autres douleurs analogues, et dans lesquels la pression , convenablement exercée , est plus ou moins douloureuse.

Traitement. — Moyens locaux : Les frictions avec l’éther, le chloroforme, l’essence de térébenthine, les vésicatoires volants, et surtout Y électricité. — Moyens généraux : Les pilules d’opium, de belladone, de Méglin, de sulfate de quinine, si la névralgie revient à des heures fixes.

La névralgie de la face dépend souvent d’une mauvaise dent. En faisant enlever celle-ci , on fait cesser ordinairement la névralgie.

Névroses. On donne le nom de névroses aux maladies nerveuses, telles que l’épilepsie, l’hystérie, la chorée, etc.

Ophthalmie. Terme générique par lequel on désigne toutes les maladies inflammatoires. Nous ne parlerons ici

que de Yophthalmie catarrhale. L’œil est le siège d’une chaleur, d’un picotement incommode, d’un écoulement de larmes plus ou moins abondant, survenant par accès. L’impression de la lumière est difficilement supportée. Les mouvements de l’œil et de la paupière occasionnent de la douleur ou une sensation particulière qui fait croire à la présence d’un peu de sable fin à la surface des conjonctives. Tous les matins les paupières sont agglutinées et chassieuses. Le traitement qui compte le plus de succès dans ces cas, consiste à prendre un bain de pieds avec une once de farine de moutarde et une poignée de gros sel de cuisine ; à boire , le soir , avant de se coucher , et le matin en sortant du lit , la moitié d’un litre d’eau de Sedlitz ; à se bassiner les yeux , les premières heures, avec du lait frais, et à user ensuite d’un collyre composé, ou bien d’eau de rose (quatre onces), de sulfate de zinc (huit grains), d’extrait de Saturne (un scrupule) et de laudanum de Sydenham (deux gros) ; ou encore d’eau distillée (trois onces) et de nitrate d’argent (trois grains).

Oreille. — Dans les maux d’oreilles, prenez : fleurs de lis blanc et de camomille, de chacun une poignée; feuilles de guimauve et de pariétaire, une poignée ; orge, une bonne pincée ; faites bouillir le tout dans une suffisante quantité d’eau, et remplissez de cette eau une bouteille dont le goulot soit étroit; appliquez le goulot à l’oreille malade, de sorte qu’elle reçoive toute la vapeur qui en sortira. Cette vapeur apaise la douleur et mûrit l’abcès, s’il y en a.

Il faut tenir l’oreille dans un grand état de propreté ; carie cérumen, en s’amassant dans l’intérieur de l’oreille,

amène souvent la surdité. L’électricité est le traitement par excellence de la surdité nerveuse.

Voici une précieuse injection dont on peut faire usage alors qu’il existe un écoulement de l’oreille : infusion de millepertuis, à laquelle on ajoute 64gram. de teinture de baume de Pérou ; on ajoute ensuite 12 gouttes de teinture de musc. On injecte, matin et soir, dans l’oreille malade, au moyen d’une petite seringue.

Palpitations du cœur. — On donne ce nom aux battements du cœur plus fréquents ou plus forts et plus étendus qu’ils ne doivent l’être.

Traitement. — Régime doux. Exercice modéré. Distractions. Eviter les émotions morales. Feuilles de mélisse, de menthe, de bourrache, de chacune une poignée ; faites bouillir le tout dans un quart de litre d’eau de rose et autant de vinaigre; appliquez le marc chaudement sur la région du cœur, et renouvelez deux fois par jour. On prendra du sirop de pointes d’asperges, et en même temps des lavements avec la mauve, la guimauve, la pariétaire, le bouillon-blanc. On pourra faire usage de tisane faite avec des plantes rafraîchissantes, comme la bourrache, la pimprenelle, la buglose.

Panaris. — Le panaris, ou mal T aventure , est une tumeur déterminée par une piqûre, une contusion, une pression violente, l’arrachement d’une envie, qui vient à l’extrémité des doigts, à la racine ou au côté des ongles. Il commence par une douleur sourde, avec un léger battement ; ce dernier augmente bientôt, et il se trouve accompagné d’une grande chaleur et d’une dou-

leur vive. La partie devient très-enflée, et le gonflement se communique ensuite aux doigts voisins et à toute la main. La fièvre a aussi très-souvent lieu ; le malade ne peut goûter aucun repos, ni jour, ni nuit.

Dès qu’on commence à ressentir une douleur sourde dans la partie du doigt où le panaris a coutume de venir, et qu’il se manifeste en même temps une légère rougeur et un peu de gonflement, il faut ou bien frotter sur l’endroit affecté un crayon de nitrate d’argent, préalablement mouillé, jusqu’à ce qu'il se trouve couvert d’une couche de sel présentant, étant sèche, une coloration noirâtre, ou encore envelopper toute la partie malade d’onguent gris et la recouvrir d’un cataplasme de farine de lin. Ces moyens, fort simples à mettre à contribution, suffisent quelquefois pour faire avorter le panaris, surtout lorsqu’ils sont employés au début de cette pénible affection.

Mais si l’on néglige d’employer à temps ces remèdes, la tumeur fait des progrès, et la douleur augmente avec les symptômes dont nous avons parlé plus haut.

Quand on a un panaris ou un mal d’aventure, il est toujours prudent d’appeler à son secours un chirurgien expérimenté, parce que différents accidents peuvent accompagner cette tumeur, et il faut les soins d’une personne de l’art pour y remédier.

Les moyens que nous avons indiqués pourront dans tous les cas être employés en attendant l’arrivée du chirurgien, et seront toujours assez puissants pour retarder les progrès du mal et en rendre la guérison plus facile.

A propos du panaris, nous dirons un mot des envies.

On entend par envies de petites pellicules qui se détachent des doigts de la main, à la racine des ongles, qui y tiennent encore par une des extrémités, et qui causent de vives douleurs lorsqu’on les arrache. Il faut avoir soin de les couper avec des ciseaux, et de ne jamais les arracher, pour éviter l’inflammation et la douleur qui en résulteraient. Faute de cette précaution, il pourrait survenir un panaris qu’on traiterait comme nous venons de le dire. Si une envie arrachée donnait lieu à une légère inflammation, on la ferait cesser en appliquant dessus un petit cataplasme de pain blanc.

Paralysie. — Suppression plus ou moins complète de la sensibilité , c’est-à-dire de la faculté de sentir et de mouvoir. L’électricité, employée convenablement, est le remède spécifique de la paralysie.

Petite vérole. — Maladie contagieuse des plus dangereuses. Elle se déclare ordinairement sous la forme épidémique ; sa nature n’est autre qu’un empoisonnement par le principe contagieux. — Préservatif : vaccine.

Traitement. — Ne pas s’exposer à l’arrivée d’un air frais ; la température de la chambre doit être telle que le malade n’éprouve pas une chaleur trop forte. Tenir le ventre libre à l’aide de purgations douces ; changer souvent de linge de corps et de draps de lit. Tisane de bourrache, de figuier ou de mauve. Diète.

Phlegmon. — Tumeur inflammatoire du tissu cellulaire : le panaris et le furoncle sont de petits phlegmons ; ils se terminent par la résolution ou la sup-

puration. Lorsque l’abcès est formé, inciser pour donner issue au pus. (Alcès, Furoncle , Panaris.)

Phthisie pulmonaire. — Maladie des poumons, caractérisée par la toux, les crachats purulents, un amaigrissement qui fait de rapides progrès, une grande gêne dans la respiration, une fièvre lente et continuelle.

Traitement . — Régime fortifiant. Huile de poisson. Eau de goudron. Pilules d’iodure de fer. Frictions irritantes sur la poitrine. Badigeonnage de la poitrine avec la- teinture d’iode. Pour calmer la toux, le sirop d’acétate de morphine, de jusquiame, de laitue, de lactucarium .

Plaie. — On donne le nom de plaie à toute solution de continuité des parties molles, produite instantanément par l’action d’un corps piquant, coupant ou contondant.

Nous comprendrons sous la dénomination de plaie , les morsures d’animaux enragés et les piqûres d’insectes.

L’orsqu’une plaie est légère et qu’elle n’intéresse que la peau, le tissu cellulaire et les petits vaisseaux, elle est toujours facile à guérir.

Voici le pansement généralement applicable aux plaies simples : on nettoie avec de l’eau tiède la surface de la plaie et les parties voisines, on rase exactement les poils et les cheveux dans une certaine étendue, puis on affronte ses lèvres et on en maintient le rapprochement au moyen de bandelettes agglutinatives de sparadrap ; on couvre le tout de charpie qu’on fixe par une bande circulaire.

Un mot à propos de l’application des bandelettes agglutinatives. Ces bandelettes doivent avoir, en général, un ou deux centimètres de largeur, et une longueur en rapport avec les dimensions du membre. Il y a deux manières de les appliquer. Tantôt on colle une extrémité sur l’un des côtés de la plaie; on rapproche les bords, et on colle l’autre extrémité sur le côté opposé. Tantôt on prend une bandelette un peu longue ; on l’applique par son milieu dans un point du membre diamétralement opposé à la plaie ; on ramène ensuite les deux extrémités l’une vers l’autre, et on les croise au-devant de la plaie. Dans l’application de ces bandelettes, il faut toujours procéder de l’angle inférieur de la plaie vers l’angle supérieur, et l’imbriquer de telle sorte que chaque bandelette recouvre au moins la moitié de la largeur de celle qui est immédiatement en dessous.

S’il y a dans la plaie quelque corps étranger, comme du fer, dubois, du verre, etc., il faut l’ôter, si l’on peut, avant de panser; sinon on doit seulement couvrir la plaie superficiellement, afin qu’elle ne soit point frappée par l’air. On appellera aussitôt quelque chirurgien pour enlever le corps étranger, car le pansement ne peut être fait tant qu’il y restera.

Nous donnerons un avis essentiel au sujet des onguents que différentes personnes préconisent pour les plaies, ainsi que pour les brûlures : ces onguents sont une pure charlatanerie dont il faut se méfier absolument. La. nature contribue plus que l’art à la guérison de ces maux, et il suffit de l’aider par les moyens que nous avons indiqués.

Dans les plaies considérables ; dans celles qui pénètrent dans le ventre, dans la poitrine ou dans le crâne ; dans celles qui ont ouvert quelque grosse artère ou blessé quelque nerf, ou enfin lorsqu’il se manifeste quelque symptôme violent, il faut nécessairement appeler un chirurgien, et avec la plus grande célérité.

Mais il est une circonstance qui exige un secoursimmédiat, savoir : celle où le sang sort par un gros vaisseau. Le blessé pourrait expirer par la quantité de sang qu’il perdrait, si l’on attendait, sans rien faire, l’arrivée du chirurgien.

Les hémorrhagies traumatiques sont plus ou moins dangereuses selon qu’elles ont lieu à la suite de l’ouverture d’une artère plus ou moins volumineuse. Celles provenant même de petites artères ont des conséquences fâcheuses, si l’écoulement du sang se prolonge, par l’effet de l’affaiblissement extrême qui en résulte.

Nous n’avons à signaler que les plaies des artères de la tête, du cou et des membres, où il faut que des secours soient administrés immédiatement après leur production.

Il est facile de reconnaître qu’une artère un peu considérable a été ouverte dans une plaie d’une partie quelconque du corps ; il sort du sang vermeil, rutilant, formant un jet rapide, s’élevant et s’abaissant alternativement. Ce jet de sang a lieu comme par saccades, isochrones aux battements du cœur ; on suspend l’hémorrhagie en comprimant sur le trajet de l’artère présumée blessée, entre la plaie et le cœur, ou sur le trajet du tronc artériel principal qui fournit toutes les autres artères de la partie lésée.

Ce sont là les signes de la blessure d’une artère, quand

il y a un parallélisme parfait entre la plaie du vaisseau et celle des téguments, lorsque la plaie des parties qui recouvrent l’artère a une certaine étendue, et surtout si les artères divisées transversalement sont béantes à la surface d’une plaie avec perte de substance.

Dans certains cas, le sang sort directement de la plaie de l’artère, sans qu’il soit possible de distinguer précisément de quel endroit il part ; c’est lorsque l’artère, divisée ou simplement ouverte dans une partie de sa circonférence, est cachée dans les parties molles.

Comme il sera souvent difficile à l’ouvrier de distinguer un écoulement de sang artériel d’un écoulement de sang veineux, et quoique les plaies des veines soient moins dangereuses que celles des artères, il sera toujours prudent qu’il se conduise comme s’il avait affaire à une blessure artérielle. Lorsque le sang coule, son premier soin doit être de l’arrêter, de quelque nature qu’il soit.

Le premier moyen qui se présente à l’idée de chacun, c’est l’application des doigts sur les orifices des vaisseaux ouverts. C’est le moyen que nous enseigne le prévoyant instinct. Mais la main se lasse bientôt et le sang recommence à couler. On a donc imagné de le remplacer par l’application de bandages et d’instruments variés.

Un chirurgien instruit ne sera nullement embarrassé en semblable occasion ; grâce à ses connaissances anatomiques et à un arsenal des plus riches en inventions de ce genre, il deviendra promptement maître de l’hémorrhagie. Mais l’ouvrier, que fera-t-il ? A quel expédient aura-t-il recours pour préserver un compagnon de travail de la mort certaine à laquelle le con-

damne l’absence ou l’éloignement du chirurgien? Voici le conseil que nous lui donnons : entre les lèvres de toute plaie saignant abondamment, il interposera un morceau d’agaric, ou mieux d’éponge, qu’il soutiendra au moyen d’un bandage ou d’un appareil des plus simples, le garrot. Il se servira pour cela d’un écheveau de fil, auquel il conservera une largeur de deux pouces ; il le passera autour du membre en forme d’anneau, et, en introduisant entre deux une pièce de bois, il serrera autant qu’il voudra, de même qu’on serre des tonneaux sur une voiture.

L’écoulement du sang, arrêté par là, donnera le temps au chirurgien d’arriver et d’employer les autres remèdes nécessaires.

D’après nous, il conviendrait que, dans tous les ateliers où les ouvriers sont exposés à avoir des plaies, il y eût, à part les objets nécessaires pour les pansements ordinaires, tels que bandes, charpie, sparadrap, des éponges et des garrots dont ils se serviraient à l’instant où un camarade se fait une plaie du genre de celles dont nous venons de parler, lequel alors pourrait attendre l’arrivée du chirurgien sans courir risque de perdre en même temps son sang et la vie.

Il suffirait d’en démontrer une seule fois le mécanisme aux ouvriers, pour que les moins intelligents d’entre eux devinssent capables de l’appliquer euxmêmes.

Un exemple, rapporté il y a quelques années dans les Archives de la médecine belge > vient corroborer les raisons que nous avons exposées sur la nécessité d’apporter de prompts secours dans certaines blessures.

Une jeune paysanne, en folâtrant avec ses compagnes, tombe en arrière sur une faux appuyée contre un mur, la pointe en l’air. L’artère humérale est ouverte à sa partie supérieure ; un flot de sang s’en échappe. Au milieu de l’effroi général, une de ces jeunes filles arrache sa jarretière, en* entoure le bras au-dessus de la plaie et tord la ligature au moyen d’un fragment de branche d’arbre. Munie de ce garrot, la blessée est conduite chez le chirurgien du village , qui tamponne la plaie avec de l’étoupe, soutenue par une bande circulaire. Elle était redevable de la vie à la présence d’esprit , fort rare sans doute , d’une simple villageoise.

Des morsures d'animaux enragés. — Quand une personne aura été mordue par un animal qu’on croira enragé, on devra aussitôt, et sans perdre un seul instant, lier la partie malade au-dessus ou plus haut que la plaie, au moyen d’une bande de linge ou d’un cordon plat et large de deux à quatre pouces. La constriction ou le serrement à l’aide de cette bande devra être assez fort pour empêcher le virus de la rage de remonter le long des vaisseaux, mais pas au point cependant d’engourdir les parties placées en dessous de la ligature, de leur faire perdre toute sensibilité et de les rendre complètement froides. En même temps, on pressera fortement de toutes parts les côtés de la partie mordue, afin d’en faire sortir les fluides empoisonnés que l’animal enragé pourra y avoir déposés, et on lavera la plaie à plusieurs reprises avec de l’eau salée ou mieux encore avec une dissolution de chlore.

On couvrira ensuite la plaie d’une ou de plusieurs

ventouses, successivement, pour bien la faire saigner et repomper tout le virus qui y aura été déposé. L’efficacité des ventouses est incontestable ; leur application est à la portée de tout le monde : un verre à liqueur, à vin ou à bière, selon la grandeur de la blessure, peut servir à cet usage. Le verre étant bien essuyé, on y introduit un peu d’étoupe, de coton ou de papier imbibé de quelques gouttes d’éther ou d’espritde-vin, qu’on allume à la flamme d’une chandelle, et le verre est appliqué immédiatement sur la plaie.

Les ventouses seront réappliquées successivement trois ou quatre fois.

Après l’application des ventouses , et pour prévenir plus encore tout funeste résultat, on prendra un fer rougi à liane , qu’on promènera dans tous les replis de la morsure, afin de la cautériser ou brûler sur tous les points.

Si l’application d’un fer rouge effrayait par trop le malade ou les assistants, et qu’on se trouvât dans le voisinage d’une pharmacie, on pourrait y courir et prier le pharmacien de se rendre immédiatement près de la personne mordue, après s’être muni de tout ce qu’il faut pour obtenir une cautérisation large et profonde.

Nous ne saurions insister assez énergiquement sur la nécessité de la cautérisation de la partie mordue, parce que, lorsqu’elle est bien faite, elle préserve infailliblement de la rage en détruisant la cause qui la produit. Mais comme la cautérisation de certaines parties du corps, faite par une main inexpérimentée, pourrait n’être pas toujours dirigée d’une manière convenable,

et serait même susceptible d’entraîner de graves acci dents, il convient d’appeler à tout prix, et sans délai, l’assistance d’un médecin pour pratiquer cette opération. ^

Nous ne pouvons nous empêcher de faire connaître ici à quels signes on reconnaît la rage. La connaissance de cette maladie peut prévenir bien des accidents.

La rage est une maladie si terrible, qu’on ne peut apporter trop d’attention pour se défaire promptement des chiens qui en sont menacés. Les signes par lesquels on peut la découvrir doivent être connus de tout le monde, afin de ne point laisser faire au mal des progrès dont on serait victime. Le chien menacé de la rage est abattu, il ne mange point, il ne boit point , il est comme aveugle, il a la queue entre les pattes, il ne reconnaît plus son maître, il n’aboie point, il court après les autres animaux, mais sans les mordre, et une humeur jaunâtre sort en petite quantité de sa gueule. La maladie devenant plus considérable, non-seulement il ne reconnaît plus son maître, mais encore il veut le mordre ; il chancelle, il tombe et il se rvelève ensuite ; il voudrait aboyer, mais il ne le peut ; il laisse découler continuellement de sa gueule une bave visqueuse et dégoûtante ; enfin, il entre en furie à la vue de quelque liquide. Aces derniers traits, on ne pourra méconnaître qu’il est enragé, et. on le tuera sans différer. On fera même bien de ne pas attendre si longtemps et de s’en défaire dès que les premiers signes se manifesteront.

Piqûres d'insectes. — Quant aux piqûres des guêpes, des abeilles et autres insectes de notre climat , elle*

peuvent quelquefois occasionner beaucoup de douleur, mais elles ne sont jamais suivies d’aucun symptôme grave, à moins toutefois quelles ne soient très-nombreuses.

En appliquant un peu de vinaigre ou d’esprit-de-vin sur l’endroit piqué, immédiatement après l’accident, on préviendra, pour l’ordinaire, la douleur, la tension et l’inflammation. Si ces symptômes se manifestent déjà, on les calmera par l’application de l’eau froide, de la salive, de l’eau salée, ou bien de l’huile, de la graisse, du lait, ou enfin une dissolution d’extrait de saturne dans de l’eau fraîche (eau de Goulard). Les piqûres de scorpion n’exigent pas d’autre traitement.

Pleurésie. — Inflammation de la plèvre (membrane séreuse qui entoure les poumons), reconnaissant pour cause l’impression du froid, l’ingestion de boissons froides après un exercice violent.

Pneumonie. — Inflammation du poumon. — Ces deux maladies existent d’ordinaire à la fois. On désigne la coexistence de ces deux maladies sous le nom de jpleuro-pneumonie. La pleuro-pneumonie est toujours une affection extrêmement grave. L’intervention d’un médecin est toujours nécessaire dès le début de la maladie.

Polypes du nez. — On appelé ainsi des excroissances charnues qu’on observe dans les fosses nasales.

Rachitisme. — (Voyez Scrofules.) Maladie du système osseux ; elle se déclare particulièrement chez les enfants et se manifeste par une faiblesse générale, les chairs molles et flasques, la peau pâle et blanchâtre.

Rétention d’urine. — Accumulation de l’urine

dans la vessie, avec émission impossible ou difficile ; il y a dysurie si le malade n’éprouve qu’une simple difficulté d’uriner ; strangurie quand l’urine sort goutte à goutte ; iscJiurie si l’émission n’a plus lieu du tout.

Traitement . — Bains prolongés. — Tisane de bourrache, de bardane, de pissenlit. Vin de genièvre. Vin de cerises. Régime doux.

Rhumatisme. — Le mot rhumatisme est consacré pour désigner une maladie essentiellement mobile, trèssujette à se déplacer et à récidiver, paraissant siéger essentiellement dans les parties fibreuses et musculaires, et dont le principal symptôme est une douleur plus ou moins vive, que la pression exaspère souvent, mais qui augmente surtout par le mouvement actif des parties malades.

Le rhumatisme atteint les muscles ou les articulations : dans le premier cas, il est désigné sous le nom de rhumathisme musculaire, et dans le second cas, sous la dénomination de rhumathisme articulaire.

La goutte n’est autre chose que le rhumathisme articulaire des petites articulations, telles que celles des doigts, des pieds et des mains.

La prophylaxie de la goutte est basée sur la sobriété, l’exercice, la privation de mets de haut goût, des acides et des acidulés en général, de la bière et des boissons alcooliques; sur les bonnes conditions hygiéniques des habitations et des professions ; sur l’usage des eaux de Vichy, et mieux encore du bicarbonate de soude (une cuillerée à café tous les jours dans un grand verre d’eau). Ces moyens, bien simples à suivre, rendent les accès moins fréquents, moins longs, moins douloureux,

tendent à diminuer et à faire disparaître les accidents locaux qui en sont la conséquence.

Le rhumatisme articulaire et la goutte cèdent généralement avec célérité au repos, aux boissons sudorifiques, à la décoction de feuilles de frêne, à la décoction d’orge renfermant du nitre, aux pilules de colchique, à l’application, sur les parties douloureuses, de compresses imbibées d’alcool camphré, aux frictions avec l’huile de cajeput, avec le baume opodeldoch ou le baume tranquille.

Le rhumatisme musculaire guérit, en général, promptement par les mêmes moyens.

Nous conseillons fortement aux personnes atteintes de rhumathisme et de goutte, de se faire appliquer localement l’électricité ; elles verront chaque fois leur mal cesser comme par enchantement en quelques heures. L’électricité est surtout un moyen de guérison excellent pour l’ouvrier : il le rend vite à son travail, et cela sans frais de médicaments.

Rhume de cerveau. — Inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse le nez ou mieux les fosses nasales ; ses causes principales sont le froid et l’humidité. Le rhume de cerveau débute par un malaise, de la lassitude et par une douleur qui siège habituellement à la racine du nez.

Traitement. — Fleurs de violette, de mauve, de bouillon blanc (8 grammes), que vous ferez infuser, pendant une demi-heure, dans un litre d’eau bouillante. On prendra plusieurs tasses par jour de cette infusion, on s'abstiendra de liqueurs spiritueuses, et l’on se tiendra à l’abri du froid, surtout du froid humide et du vent. Si

le rhume occasionne une pesanteur de tête, outre la tisane précédente , on prendra une infusion de feuilles de bourrache et deux ou trois fumigations émollientes, composées d’infusion de fleurs de mauve et de fleurs de coquelicot.

On fait quelquefois avorter un rhume de cerveau en reniflant de l’éther acétique, ou bien encore en aspirant de l’eau (30 grammes) tenant en dissolution de l’acétate de morphine (5 centigrammes).

Rhume de poitrine. — (Voyez Bronchite) r

Rougeole. — Maladie éruptive et épidémique. Cette affection, extrêmement simple par elle-même, est presque toujours suivie d’un symptôme auquel on prête en général peu d’attention, et qui, pourtant, est la cause de la mort d’un grand nombre d’enfants. C’est la toux et l’irritation de poitrine qui persistent après la guérison complète. Il est de. la plus haute importance de combattre cette toux et cette irritation de poitrine.

Traitement. — Repos. Douce température de la chambre. Diète. Tisane de bourrache, de sureau, de mauve, ou de violette.

Scarlatine {fièvre) Eruption générale d’un rouge

d’écarlate. Cette maladie contagieuse est souvent épidémique, et plus familière à l’enfance et à l’adolescence qu’à toutes les autres époques de la vie.

Traitement. — Soinshygiéniques. Repos au lit. Diète. Toutes les deux heures, une cuillerée à café de la potion suivante : eau de fleurs de sureau (120 grammes), extrait de belladone (5 centigrammes), acétate d’ammoniac (2 grammes), sirop de sureau, tisane de bourrache ou de sauge.

Dans la scarlatine comme dans la rougeole, il faut surtout prévenir les refroidissements , car la moindre imprudence occasionne des hydropisies (anasarque) souvent mortelles.

Scorbut. — Maladie caractérisée par un état général d’engourdissement et de débilité, par la tuméfaction des gencives et la fétidité de l’haleine. Elle affecte particulièrement les marins.

Scrofules. ( Ecrouelles , humeurs froide). Cette maladie consiste dans une dégénérescence des ganglions lymphatiques , et en particulier de ceux du cou , avec altération des liquides qui les pénètrent.

Traitement. — Habiter une localité saine et. élevée, les bords de la mer. Grands soins hygiéniques. Régime fortifiant. Huile de poisson. Pilules d’iodure de fer. Sirops de fer. Bains salés. Bains de mer.

Syncope. (Défaillance, évanouissement.) — Le mot syncope est consacré, depuis Gallien , pour désigner un état morbide caractérisé par la perte complète et plus ou moins subite du sentiment et du mouvement, avec suspension des battements du coeur et des mouvements respiratoires. On dit qu’il y a lipothymie lorsque, la respiration et la circulation continuant, le sentiment et le mouvement sont seulement diminués, sans être pourtant entièrement abolis.

La syncope survient quelquefois brusquement, sans prodromes. La perte du sentiment et du mouvement, la suspension delà circulation, de la respiration et des sens, sont alors soudaines. Dans la plupart des cas, cepen* dant, la syncope est annoncée par un état de malaise et d’anxiété ; il y a des vertiges et des tintements d’oreilles,

la vue s’obscurcit, les idées sont obtuses ; il y a des bâillements et parfois des nausées et des efforts de vomissement.

En même temps, la face pâlit, les lèvres se décolorent, les extrémités se refroidissent ; une sueur visqueuse couvre souvent une partie du corps; quelquefois l’urine et les matières fécales s’échappent involontairement, et de petites contractions convulsives agitent les muscles de la face ; à ce degré, ce n’est encore que la lipothymie. Mais bientôt tout rapport avec le monde extérieur cesse; le sentiment et le mouvement sont entièrement abolis ; le cœur ne bat plus, et les mouvements respiratoires n’ont plus lieu: c’est la syncope confirmée ; on croirait alors que les individus ont cessé de vivre.

Cette mort apparente ne diffère, comme on l’a dit, de la mort réelle que par la persistance de certaines fonctions intérieures, telles que l’absorption, les sécrétions et la nutrition, qui, quoique moins actives, continuent néanmoins de s’exercer encore.

La syncope n’a, dans la plupart des cas, aucune autre gravité; cependant elle constitue un état fâcheux lorsqu’elle se prolonge beaucoup et qu’elle revient à de courts intervalles.

La syncope est due à une interruption de l’activité cérébrale, causée par certaines émotions morales, par la vue du sang, par une douleur vive, une digestion difficile , par un trouble de la circulation ou une perte sanguine trop considérable.

Traitement . — Le traitement de la syncope consiste à réveiller l’action du cœur et à favoriser l’afflux du sang

vers le cerveau. C’est pour remplir cette dernière indication qu’il faut coucher le malade horizontalement, mettre la tête sur un plan plus déclive et même élever les bras.

On ramènera la circulation en débarrassant la poitrine de toutes les entraves, de tous les vêtements qui peuvent la comprimer ; on favorisera l’accès d’un air frais dans la pièce où le malade se trouve ; on excitera certaines parties de la peau et des membranes muqueuses ; c’est ainsi qu’on projettera avec force, sur la face, spécialement autour des orbites, de l’eau très-froide ; ou bien on placera sous les narinesdu vinaigre aromatique, de l’ammoniac ou de l’eau de Cologne, ou des substances fétides. En même temps, on mettra dans la bouche quelques gouttes d’un liquide stimulant, comme le sont l’acétate d’ammoniaque, l’essence de menthe, ou seulement du sel de cuisine. Si la syncope se prolonge, on fera des frictions excitantes, irritantes même, sur les tempes, Sur les régions précordiales et épigastriques. On donnera un lavement avec du sel ou du vinaigre. Lorsque le malade a repris ses sens, il faut attendre quelques instants avant de lui imprimer des mouvements, de peur que la syncope ne se reproduise. C’est alors qu’il est bon de faire avaler au malade un verre d’eau froide, qui est un puissant analeptique.

Teigne. — Affection paraissant spécialement siéger dans le cuir chevelu, et caractérisée par des croûtes d’une couleur pâle et sale.

Traitement. — On fait tomber les croûtes au moyen de cataplasmes de mie de pain. Ensuite on enduit la tête du glycérolé suivant : glycérine (30 gramm.), huile

d’amandes douces (15 gramm.), huile de lin (8 gramm.). calomel (4 gramm.).

Tumeur. — Nom donné à une éminence d’un certain volume, développée par une cause de maladie dans une partie quelconque du corps. Les abcès, le furoncle, les scrofules, etc., sont des tumeurs.

Ulcéré. — On appelé ulcère une solution de continuité des parties molles avec perte de substance. Ramener la surface ulcérée à l’état de plaie simple, telle est l’indication fondamentale que présente ce genre d’affection.

Pour les ulcères simples, les seuls dont nous ayons à nous occuper ici, qui succèdent à la suite d’eschares, ou qu’on voit survenir aux jambes des vieillards et des individus que leur profession oblige de rester habituellement debout ; pour tous ceux, enfin, quelle que soit leur cause, qui sont sans complications, les pansements ordinaires de la plaie qui suppure, suffiront presque toujours pour amener la guérison.

C’est dans ce cas que l’emplâtre de Vogel (sparadrap double) et l’onguent consolidant de M. Stahls, de l’hôpital St-Jean, peuvent rendre de grands services. C’est encore dans ce cas surtout qu’est d’une utilité réelle le mode de pansement au moyen de lames métalliques, que M. Reveillé-Paris vient de rappeler à l’attention des chirurgiens. Voici en quoi consiste le procédé : on a une lame de plomb ou d’étain bien polie, d’une grandeur convenable et d’une épaisseur qui varie entre un cinquième de ligne et une ligne ; on l’applique sur l’ulcère et on la maintient au moyen d’une compresse et d’une bande circulaire. On la laisse ainsi pendant trois ou

quatre jours, après quoi on l’enlève pour essuyer légèrement la surface ulcérée et en nettoyer les bords. On la réapplique, après l’avoir lavée avec soin, si la cicatrisation n’est pas achevée. Une seule lame de plomb peut être appliquée un certain nombre de fois; mais dès quelle a perdu son poli, il faut la remplacer.

Verrues. — Petites excroissances qui paraissent dues à l’épaississement de l’épiderme et qui peuvent se détacher spontanément par l’application prolongée de topiques émollients.

Vers. — Parasites de l’intérieur de notre corps, qui affectent de préférence les enfants, et principalement les sujets faibles.

Traitement. — Mousse de Corse. Semencontra, Semencontra (2 gramm.), miel (4 gramm.) en une seule fois; l’huile empyreumatique deChabert; la suie de bois; l’ail; la Santonine (20 centigramm.) en deux prises.

Vomissement nerveux. — Ce vomissement n’a pas besoin d’être défini. On le considère généralement comme un symptôme. Cependant le vomissement nerveux est réellement une maladie.

Quelques-uns ont des vomissements le matin, alors qu’ils sont encore à jeun. Ces vomissements consistent dans lerejet de mucosités filantes ou d’une bile jaunâtre et verdâtre. Ils sont fréquents chez ceux qui se gorgent de bière. Ces vomissements cèdent promptement, après en avoir supprimé les causes, à la teinture de Colombo ou à celle de la noix vomique associée à l’extrait d’opium .

Traitement. — Opium, belladone, potion anti-émétique de Rivière, ou bien la potion suivante : suc récent de citron (15 gramm.), bon vin rouge (30 gramm.) ,

carbonate de potasse (4 gramm.) On prend de cette potion une cuillerée à bouche toutes les deux heures.

Les appareils électriques que nous préconisons, sont confectionnés par M. O’Connell, chaussée de Haecht, 1 15, à Schaerbeek lez- Bruxelles.

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