‹ Le medecin de mer, ou, Traité élémentaire de pathologie interne et externeChapitre 20 sur 25 · O PI AT · texte numérisé non relu

O PI AT

Baume de copahu 30 grammes ( 1 once ).

Magnésie 2 grammes ( ‘/2 gros ).

Poudre de réglisse quantité suffisante pour

consistance d’opiat.

A prendre d’un volume d’une noix , en plusieurs fois, dans du pain à chanter ou dans une peau de prune renversée.

Pilules. — Les pilules de baume de copahu solidifié sont un bon mode d’administration de ce remède. On peut en prendre de douze à vingt par jour.

Injections. — On administre le baume de copahu en injection dans le rectum. On forme à cet effet une mixture ainsi composée :

Baume de copahu 60 grammes ( 2 onces ).

Jaune d’œuf t •

Eau 250 grammes ( 8 onces).

Le plus puissant anti-blennorrhagique , c’est le

suliate de zinc incorporé clans un véhicule pour servir à des injections. On peut former ainsi une

mixture :

Eau de laitue 120 grammes ( 4 onces ).

Eau de rose 60 grammes ( 2 onces ).

Sulfate de zinc 12 décigrammes ( 24 grains ).

Laudanum 12 décigrammes ( 24 gouttes).

La dose la plus convenable du sulfate de zinc est celle cjui fait éprouver une légère cuisson. Ainsi, sur un verre d’eau fraîche on peut mettre trois à quatre pincées de ce sel, selon la sensibilité du malade.

Anti-véroliques.

Lorsque les maladies vénériennes sont d’essence vérolique, il faut indispensablement recourir aux remèdes mercuriels.

Onguent. — La meilleure préparation mercurielle, c’est l’onguent napolitain en friction. La dose ordinaire est 8 grammes ( 2 gros ).

Solution.

Deuto-chlorure de mercure. 2 décigrammes ( 4 grains).

Eau distillée 120 grammes (4 onces).

A prendre une cuillerée à bouche le matin à jeun , dans un verre de lait, de tisane quelconque ou d’eau sucrée.

Si les malades éprouvent de la répugnance à prendre la solution de deuto-chlorure de mercure, ils peuvent la remplacer par les pilules suivantes :

THERAPEUTIQUE.

Deuto-chlorure de mercure 2 décigram. (4 grains).

Amidon g grammes (2 gros).

Sirop simple q. s.

pour des pilules de 2 décigrammes ( 4 grains ) , à prendre deux le matin et deux le soir.

Le cyanure et le proto-iodure de mercure , les cyanures d’or et d’argent, sont regardés comme anti-véroliques ; mais leur efficacité n’est pas bien sanctionnée par l’expérience.

Pilules de M. Magendie.

Proto ou deuto-iodure 1 grain.

Extrait de genièvre 12 grains.

Poudre de réglisse q. s.

Pour huit pilules , dont on prendra deux le matin et deux le soir.

Bains. — Pour les maladies syphilitiques chroniques , on peut donner des bains où l’on met de 4 à 8 grammes (1 ou 2 gros) de deuto-chlorure de mercure. La baignoire doit être en bois.

Sudorifiques. — Quoiqu’il ne soit pas bien constant que les sudorifiques aient des propriétés antivéroliques, je dois indiquer lasquine, le sassafras, le gayac et la salsepareille, qui portent collectivement le nom des quatre bois sudorifiques. On fait des tisanes avec 8 grammes ( 2 gros ) de chacune de ces substances sur un litre d’eau 5 et avec une décoction concentrée et du sucre , on forme des robs ou des sirops.

Vomitifs.

C’est un mode de médication fort essentiel que celui qui consiste à produire des vomissemens. On suscite un ébranlement à toute l’économie: il s’opère une contraction de l’estomac et des intestins , trèspropre à débarrasser les organes des saburres et autres substances vicieuses qu’ils renferment; une réaction des organes de la respiration, qui expulse les mucosités accumulées dans les voies aériennes ; une oscillation dans le parenchyme de tous les organes , qui met en mouvement et déplace les humeurs ou les molécules déterminant des engorgemens. D’autres phénomènes curatifs résultent encore du mécanisme des vomissemens.

On s’évertue à faire un choix des médicamens qui font vomir et qu’on nomme émétiques. L’ipécacuanha a joui d’une vogue immense; on lui attribue des propriétés spéciales pour les maladies inflammatoires de membranes muqueuses; mais très-probablement la préférence qu’on lui accorde sur d’autres vomitifs n’est nullement fondée. Toutefois on administre avec succès ce médicament en pastilles, en sirop et en poudre.

Si l’on veut ne produire que des nausées, de légers ébranlemens , on donne ou des pastilles ou le sirop d’ipécacuanha. Le malade peut prendre dans ces combinaisons 1 à 2 décigrammes ( 2 à \ grains ) de cette substance.

Pour déterminer des voraissemens capables d’évacuer la bile et les mucosités gastriques ou pulmonaires, il faut administrer la poudre d’ipécacuanha de 8 à 16 décigrammes ( 16 ou 32 grains ) sans autre véhicule que de l’eau pure.

Le meilleur de tous les vomitifs est le tartrite de potasse antimonié, ou tartre émétique. On compose avec ce sel la mixture suivante :

Potion émétique.

Tartre stibié 1 décigramme ( 2 grains).

Eau 128 grammes (4 onces).

A prendre par cuillerée à bouche, de cinq en cinq minutes, jusqu’à production des vomissemens.

On double la dose si la première n’est pas suffisante. Dans tous les cas, on favorise les vomissemens en faisant boire de l’eau chaude.

On ne se borne pas toujours à donner le tartre stibié à dose si minime; on administre des potions où entrent 4 et 6 décigrammes de cette substance , en suivant la méthode de Rasori.

Purgatifs.

De tous les temps les personnes étrangères à l’art de guérir ont été émerveillées des effets produits par les substances qui provoquent des évacuations intestinales, parce que, considérant les maladies comme causées par des humeurs imaginaires, et le corps comme un cloaque impur, on croyait qu’en provoquant des selles on expulsait le mal. On ne

songe pas que les évacuations sont le résultat même de l’action de certaines substances qui agissent également sur les personnes qui possèdent la plus parfaite santé et sur les malades.

De nos jours, la drogue dite de Leroy jouit d’une immense faveur, et diverses sortes de pilules drastiques ont une grande vogue. Le vulgaire croit qu’il y a dans ces préparations quelques arcanes merveilleux, et qu’elles ont des vertus spéciales; tandis qu’il suffit de prendre de l’aloès, de la gomme gutte, du jalap, en certaines proportions, de les combiner avec de l’alcool ou d’en faire des pilules , pour avoir des préparations purgatives analogues à ces remèdes enfantés par la spéculation , accueillis par une crédulité aveugle.

Tl faut se défier de tous les purgatifs violens nommés drastiques, car ils peuvent irriter la membrane muqueuse des voies digestives et occasionner des aecidens graves. L’antique médecine noire est un 'purgatif doux , convenable dans la pluralité des cas.

Potion purgative.

Manne 60 grammes (2 onces).

Séné 8 grammes (2 gros).

Sulfate de soude 8 grammes (2 gros).

Rhubarbe 2 grammes ( */2 gros).

Eau 128 grammes (4 onces).

Boisson purgative.

Le sulfate de soude ou de magnésie , uni à

de l’eau, forme un purgatif très simple et très-

eüicace.

Sulfate de magnésie 30 grammes ( 1 once ).

Eau simple ou bouillon d’herbes % litre. ( 1 livre).

A prendre en deux ou trois doses, à demi-heure d’intervalle.

Si l’on veut n’éprouver aucun dégoût, on peut prendre la mixture suivante :

Magnésie anglaise calcinée 4 grammes (1 gros).

Sirop d’orgeat 32 grammes ( 1 once).

Eau 90 grammes (3 onces).

Le calomel est un très-doux purgatif à la dose de 6 ou 12 décigrammes (12 ou 24 grains) dans demiverre d’eau sucrée. La première dose serait convenable pour les enfans.

Quoiqu’on doive se délier généralement des purgatifs drastiques , il en est un qui mérite d’être mentionné ; il a été imaginé et mis dans la pratique par un médecin distingué : c’est Y élixir anti-glaireux du docteur Guillé; il provoque de douces évacuations, ne détermine pas d’irritation sur les organes digestifs. Des praticiens dignes de foi m’ont assuré qu’ils en prenaient une cuillerée avant le repas, et que ce médicament leur facilitait le travail de la digestion et leur rendait les excrétions faciles.

Narcotiques.

Il est des médicamens qui possèdent des vertus somnifères, et que, pour cela, on nomme narco -

t iques ou hypnotiques ; iis deviennent utiles dans les grandes douleurs, notamment dans les névralgies.

Le laudanum de Sydenham est une préparation très-usitée et très-efïicace ; on peut l’administrer à la dose de 20 à 30 gouttes dans une potion où entrent 3 onces de véhicule : on prend par cuillerée à bouche d’heure en heure.

On peut mettre 12 à 15 gouttes de laudanum dans un demi -lavement; on en arrose des cataplasmes qu’on applique sur les parties douloureuses.

V extrait gommeux d'opium est un hypnotique par excellence; il se prend en petites pilules de 3 à 5 centigrammes (demi-grain ou un grain). On l’incorpore dans des potions où entrent une eau distillée et un sirop quelconque.

Potion contre la colique.

Huile d’amandes douces 60 grammes (2 onces).

Sirop simple 60 grammes ( 2 onces ).

Laudanum 30 gouttes.

Vésicatoire narcotique.

L’ hydro-chlorate de morphine , appliqué par méthode endermique, calme les violentes douleurs. On place un vésicatoire de l’étendue d’un franc sur le point douloureux; lorsque l’ampoule est faite, on enlève l’épiderme, et l’on applique sur la surface de la peau dénudée un petit emplâtre de cérat saupoudré de 3 à 5 centigrammes (demi-grain ou d’un grain) d’hydro-chlorate de morphine.

Béchlques.

On nomme béchtques les médicamens qui agissent contre la toux; ils conviennent principalement dans les affections catarrhales des voies aériennes.

Tisanes. — On fait avec les plantes dites pectorales , ou les quatre fleurs, des infusions ou de légères décoctions. Si l’on veut, on emploie séparément la fleur de guimauve , d’althœa , de coquelicot , de bouillon blanc , etc. On édulcore ces tisanes avec du miel ou du sirop de gomme.

L’eau d’orge, où l’on ajoute de la gomme et du sucre, est une fort bonne tisane pectorale.

Juleps. — On compose un julep ou potion par la mixture suivante :

Infusion de fleurs pectorales 128 grammes (4 onces).

Sirop de gomme 64 grammes (2 onces).

Extrait thébaïque 1 décigramme (2 grains).

Pastilles. — Les pastilles d’ipécacuanha , de kermès, de baume de tolu , possèdent des propriétés éminemment bôchiques.

Pâtes. — Les préparations de guimauve, celles de gomme qui se nomment pâles de jujubes, jouissent de la même vertu. On obtient le même effet du suc de réglisse, généralement trop peu apprécié.

Hémostatiques.

Les hémorrhagies nasales, les crachemens de

sang, les exhalations sanguines dans les intestins, peuvent être une cause d’affaiblissement, et réclament certaines médications.

L’application des réfrigérans , l’eau froide vinaigrée , suffisent dans certains cas 5 mais il faut en venir quelquefois à des astringens. Les acides conviennent alors : avec de l’eau de rabel, jusqu’à agréable acidité, et de l’eau sucrée, on compose une limonade minérale très-salutaire.

On vante le ratanhia, le monésia, que l’on fait entrer dans des potions ; mais ces substances astringentes n’ont pas de propriétés qui puissent les faire préférer aux acides minéraux.

Si une perte de sang avait lieu par les intestins, le meilleur moyen à employer serait l’eau froide en injections, à laquelle, à la rigueur, on pourrait ajouter du vinaigre. Si de telles pertes s’opéraient par les organes génitaux chez la femme, les mêmes injections conviendraient, et l’on ferait sur le ventre et sur les cuisses d’abondantes affusions d’eau froide.

Dans tous ces cas , on devrait éviter la chaleur 5 on ôterait aux malades des vêtemens trop chauds ; on leur ferait respirer l’air frais autant que possible.

Diurétiques.

On restreint trop l’épithète de purgatifs à la désignation des médicamens qui produisent des évacuations al vi nés. Purger, c’est purifier ; or , tout

ce qui purifie est un purgatif. Une des voies importantes de purgation , ce sont les organes urinaires : en provoquant une abondante sécrétion d’urine, on débarrasse l’économie animale de beaucoup de substances nuisibles. C’est surtout dans les infiltrations de sérosité, les hydropisies, que les remèdes capables d’augmenter la quantité d’urine, ou les diurétiques , sont utiles.

Le meilleur de tous les diurétiques, c’est le sel denitre (nitrate de potasse). On doit l’employer à haute dose. Voici de quelle manière ordinairement je l’administre :

Boisson.

Nitrate de potasse 8 grammes ( 2 gros ).

Vin blanc 1 bouteille.

A boire avec quatre fois le volume d’eau comme tisane.

Pilules.

Nitrate de potasse 4 grammes ( 1 gros ).

Scillc en poudre 2 grammes ( ‘/a gros ) .

Savon médicinal 4 grammes ( 1 gros ).

Faire des pilules de 4 grains , à prendre 4 malin et soir.

J’ai obtenu dans quelques hydropisies des effets surprenans de l’administration de ces simples préparations.

Sudorifiques.

Il est indiqué dans quelques affections de produire la diapliorèse , c’est-à-dire, des sueurs abon-

liantes. Après les refroidissemens , on opère , par ce moyen, une utile réaction. Dans quelques affections chroniques, on produit une modification ; et dans les maladies vénériennes , on espère faciliter la sortie du virus de l’intérieur de l’économie. La fleur de sureau, celle de bourrache, sont considérées comme ayant des propriétés sudorifiques. Mais on vante principalement les quatre bois : la squine, le gayac, le sassafras et la salsepareille.

Il convient , pour obtenir la sueur , de donner les boissons chaudes et de tenir les malades bien couverts.

Une infusion de thé coupé avec du vin chaud et bien sucré est , dans le cas de suppression de transpiration , s’il n’y a pas de sympômes imflammatoires, un sudorifique à la fois agréable et salutaire.

Vermifuges.

Il est probable que les boissons spiritueuses sont de puissans vermifuges , et que le vin , l’alcool , dont on fait un usage habituel , font mourir beaucoup de vers qui se forment dans les organes digestifs. Il en est ainsi decertains alimens, surtout des corps gras et de ceux qui sont fortement épicés. Aussi , quand une longue diète devient nécessaire , surtout chez les enfans ,, les vers se développent-ils promptement dans les organes digestifs.

On peut considérer un mélange de vin et d’huile comme un bon anthelmintique. Les corps gras as-

phyxient, dit-on, les vers, en oblitérant leurs branchies ; mais l’huile de ricin possède principalement des propriétés vermifuges.

On administre, selon les âges, 30, GO ou 120 grammes ( 1 , 2 ou 4 onces ) de cette huile. Pure , elle est surtout efficace ; mais on la combine avec du sirop, du bouillon, du thé, etc., pour diminuer le dégoût qu’elle occasionne.

Potion.

Huile de ricin 60 grammes (2 onces).

Sirop simple 30 grammes (1 once).

Éther sulfurique 20 gouttes.

Prendre une cuillerée à soupe de cette potion , de deux heures en deux heures.

Poudres. — Le calomel ou proto-chlorure de mercure est un vermifuge très-elïîcace et sans goût désagréable. On peut l’adriiinistrer à la dose de 2 ,

4, 6 décigrammes, selon les cas qui l’exigent.

Poudre vermifuge.

Calomel à la vapeur 6 décigrammes (12 grains).

Sucre 8 grammes ( 2 gros).

Diviser en quatre paquets.

On peut donner aux enfans un de ces paquets, de trois en trois heures , dans une cuillerée d’eau , en cas de crises de vers ; ou un seul de ces paquets le matin ou le soir , comme moyen préservatif.

On préconise l’étain , réduit en poudre très-fine, donné à la dose de 32 grammes ( 1 once ) 5 c’est

surtout contre le ver solitaire que ce métal est administré.

La coraline, production polypeuse qui se trouve sur les bords de l’Océan et de la Méditerranée, est administrée en poudre grossière dans un véhicule à la dose de 4 grammes ( 1 gros ).

Infusions. — La mousse de Corse , le semencontra, la cévadille, servent à faire des infusions ou des décoctions. On peut mettre 4 ou 8 grammes de ces substances sur demi litre d’eau, et administrer ces tisanes en les édulcorant avec du sirop d’éther pour qu’elles soient plus efficaces.

Lavemens. — On ne pourrait, au moyen des injections, atteindre les vers placés dans l’intestin grêle; mais ceux qui résident dans le rectum, le colon et le cæcum, sont facilement attaquables par les clystères vermifuges. On vante pour remplie cette intention la décoction de fougère mâle. On peut mettre 30 grammes ( 1 once ) de cette substance sur un demi-litre d’eau.

Une solution de sel marin, l’eau de mer, peuvent suppléer à la décoction de fougère mâle ; l’assafœtida , l’ail lui-même, servent à composer des lavemens antlielmintiques.

Fébrifuges.

Le meilleur fébrifuge est évidemment le remède qui combat directement la cause de la fièvre. Si cette affection dépend d’un état inflammatoire , il faut rc-

courir à la classe des moyens anti-phlogistiques ; mais si le mouvement fébrile persiste , lorsqu’on a attaqué l’élément qu’on présume l’avoir produit, il faut alors recourir à ce qu’on nomme les fébrifuges, Or, c’est le quinquina, dans diverses préparations, qui est le remède par excellence.

Quinquina en poudre. — On peut donner 4 grammes ( 1 gros ) de cette préparation , délayés dans un demi- verre d’eau, à deux heures d’intervalle, les jours où la lièvre ne vient pas, dans les fièvres intermittentes, et entre les accès dans les fièvres rémittentes. On porte la dose à 10 ou 15 grammes.

Infusion. — Après avoir versé un litre d’eau bouillante sur 8 ou 12 grammes (2 ou trois gros) de quinquina en poudre, et 2 grammes ( i/2 gros) de magnésie, on laisse infuser douze heures, et l’on filtre ensuite au papier joseph : on obtient ainsi une excellente boisson fébrifuge.

Potions. — Pour faire des potions fébrifuges, on peut employer l’extrait de quinquina; mais on préfère le sulfate de quinine. L’opium augmente ses vertus anti-fébriles.

Potion fébrifuge.

Sulfate de quinine 6 dccigrammes (12 grains).

Eau distillée 60 grammes ( 2 onces ).

Extrait d’opium 1 décigramme ( 2 grains).

Sirop simple 60 grammes ( 1 once ).

A prendre par cuillerée à soupe , d’heure en heure.

Poudres. — On peut prendre simplement le sulfate de quinine en poudre , mêlé avec du miel , ou dans un peu d’eau ; ainsi , quatre fois par jour on avale 1 ou 2 décigrammes ( 2 ou 4 grains ) de ce médicament.

Lavemens. — On administre les fébrifuges par voie d’absorption , en injectant dans les intestins des décoctions de quinquina, ce qu’on fait pour les fièvres typhoïdes. On incorpore dans ces lavemens du camphre délayé préalablement dans un jaune d’œuf.

Il est sans doute beaucoup d’autres médications convenables pour arrêter les paroxysmes fébriles ; il serait superflu d’en faire ici mention. Je désignerai seulement les affusions d’eau froide sur toute la surface du corps , préconisées par Giannini et Curie de Liverpool.

Anti-septiques.

Lorsqu’il est utile de combattre la putridité , comme dans la gangrène , de remédier aux inconvéniens qui résultent des exhalaisons infectes , on emploie les anti-septiques.

Lotions. — Pour laver des escarres gangréneuses, on fait une décoction de quinquina.

Quinquina concassé 60 grammes (2 onces).

Eau 1 kilogr. (2 livres).

Ajoutez eau-de-vie camphrée. . 120 grammes ( 4 onces ).

Le chlorure de sodium, dont on met une partie

sur dix parties d’eau, constitue une très-bonne lotion anti-septique.

Quelques gouttes de ce chlorure dans de l’eau corrigent la fétidité de l’haleine, et conviennent dans les aphtes et les affections scorbutiques.

Aspersions. — Pour désinfecter les lieux imprégnés de miasmes, on peut répandre du chlorure de sodium pur ou étendu dans de l’eau.

On emploie également le chlorure de chaux que l’on combine avec de l’eau.

Fumigations. — On fait évaporer le chlore par le procédé de Guyton-Morveau , en plaçant sur des charbons ardens un vase rempli du mélange sui-

vant :

Chlorure de sodium... 300 grammes.

Sel marin 100 grammes.

Bioxide de manganèse 200 grammes.

Acide nitrique 200 grammes.

Eau 200 grammes.

On obtient une fumigation très-salutaire en faisant brûler sur un réchaud de la résine de benjoin ou de l’acide benzoïque, de la myrrhe ou de l’encens. On fait aussi brûler des clous aromatiques nommés pastilles du Sérail.

Lorsque tous les mammifères mettent au jour leurs petits par l’œuvre seule de la nature, n’est-il pas étonnant que l’espèce humaine ait besoin d’être aidée dans cet acte de la génération qu’on nomme accouchement ? On chercherait en vain quelque raison fondée sur l’anatomie pour prouver que chez la femme l’expulsion du fœtus est plus difficile que chez les animaux ; toujours est-il que des secours lui deviennent utiles et souvent indispensables.

C’est dans l’espace de neuf mois que le fœtus humain acquiert son parfait développement ; c’est à ce terme aussi que l’accouchement s’opère le plus fréquemment. Quelquefois cette fonction est reculée : on dit que l’accouchement est tardif; mais plus communément il est précoce et arrive bien long-temps avant le terme ordinaire. A huit mois, sept mois , six mois de grossesse , la femme peut accoucher. Si le produit de la génération est expulsé avant ce terme, c’est Y avortement. Diverses causes peuvent entraîner cet accident : les impressions morales, les secousses violentes, les spasmes, les vomissemens , une multitude d’autres causes

provoquent une séparation entre la mère et l’enfant.

Pour comprendre le mécanisme de l'accouchement , il importe d’avoir des notions anatomiques sur les organes de la femme qui jouent un rôle dans cette opération, et sur le fœtus qui, renfermé dans ces organes , doit en être expulsé.

Considérations anatomiques .

Le bassin est un assemblage de quatre os. 11 présente à sa partie inférieure un canal ; ce canal , nommé petit bassin , offre une ouverture en haut ou détroit supérieur, une ouverture en bas ou détroit inférieur, une partie centrale ou excavation.

Le détroit supérieur a deux diamètres obliques qui ont 125 millimètres ( 4 pouces y2 )> un diamètre transverse et un diamètre d’avant en arrière qui ont 110 millimètres (4 pouces).

Le détroit inférieur a ses quatre diamètres de 110 millimètres (4 pouces); cependant celui d’avant en arrière s’agrandit par la répulsion d’un os, le coccyx.

V excavation a son diamètre d’avant en arrière plus étendu que les autres, à cause d’une concavité qu’offre un os, le sacrum; ce qui permet, dans l’accouchement, à la tête de l’enfant d’exécuter un mouvement de rotation dans le petit bassin.

L’organe de la génération qui renferme l’enfant, c’est Y utérus ou la matrice. Il est formé d’un tissu

musculaire temporaire, c’est-à-dire, qui n’a cette

UXOUCHLMENT.

nature que pendant la grossesse et peu de temps après raccouchement ; ce tissu donne à l’utérus une force de contraction propre à expulser le fœtus et ses dépendances.

La matrice a une forme à peu près ovoïde au moment de raccouchement; elle offre une ouverture qui correspond au vagin; cette ouverture , resserrée pendant la grossesse , se dilate assez dans l’accouchement pour permettre le passage de l’enfant.

Le vagin , canal qui s’étend de la vulve à l’utérus, est destiné à laisser passer le fœtus ; pour cela il se dilate prodigieusement, mais, par contre, il se raccourcit et se réduit ainsi en une sorte d’anneau circulaire qui se confond avec la vulve , orifice extérieur des organes génitaux.

Le fœtus , renfermé dans la matrice, est enveloppé d’une poche formée de trois plans membraneux ; il se trouve plongé dans un fluide séreux qu’exhale la membrane interne de la poche, que l’on nomme amnios. La position du fœtus est trèsvariable, mais le plus ordinairement il a la tête en bas, et est fléchi, comme pelotonné sur lui-même.

Un appareil vasculaire établit une communication entre la mère et l’enfant. C’est d’abord un corps charnu formé d’un lacis de vaisseaux et qu’on nomm eplacenta ; ce corps est adhérent, comme grcfïé à la face interne de la matrice, afin d’aspirer du sang qu’il transmet à l’enfant, et de remettre à la mère le résidu de ce sang. Un long cordon communique

du placenta au fœtus : c’est le cordon ombilical ; il est formé d’une veine et de deux artères; il part du placenta et aboutit à l’ombilic du fœtus ; il porte, au moyen de la veine, le sang de la mère à l’enfant, et, au moyen des artères, il rapporte le sang de l’enfant à la mère. La poche des eaux, le placenta et le cordon ombilical, sont ce qu’on nomme les dépendances ou annexes du fœtus.

Accouchement naturel.

L’accouchement est un travail physiologique, mais il est regardé aussi comme une opération de l’art. Cependant, dans le plus grand nombre des cas où le médecin apporte le tribut de sa science , il ne fait rien pour l’expulsion de l’enfant; il se borne à l’accueillir , à lui donner les premiers soins, à soigner aussi la mère. S’il arrive qu’il veuille remplir un rôle actif, il dérange souvent la nature dans ses œuvres, il retarde, empêche meme l’accouchement au lieu de le favoriser.

On ne saurait assez se convaincre de l’importance de remplir un rôle passif pendant le travail de la parturition. Les femmes aiment qu’on s’occupe d’elles , qu’on les aide ; elles s’imaginent qu’on fait beaucoup en explorant, par le toucher, les voies que doit franchir le fœtus. En agissant même de manière à hâter sa sortie, le plus ordinairement tous les soins empressés qu’on a l’air de prodiguer sont sans aucune valeur ; très-souvent

ils sont nuisibles, car, en voulant hâter l’accouchement, il arrive qu’on le retarde, qu’on empêche même qu’il ne s’accomplisse.

Pour comprendre le mécanisme de l’accouchement , il faut envisager la position qu’occupe le fœtus, les forces qui doivent l’expulser , les voies qui doivent lui donner passage.

Position du fœtus.

Renfermé dans Y utérus ou la matrice, le fœtus nage dans une atmosphère liquide : l’eau de l’amnios. Tantôt, après avoir fait la culbute , il se place la tête en bas; tantôt il a la tête en haut, et le siège en bas; d’autres fois il se met en travers, et alors sa position est très-défavorable à l’accouchement.

La situation la plus commune et la plus favorable à la fois est celle dans laquelle la tête est en bas : le derrière de la tête, qu’on nomme occiput, est obliquement à gauche ou à droite et en avant , ou obliquement à gauche ou à droite et en arrière, ou directement en avant ou en arrière, ce qui fait six positions différentes. De toutes ces positions , la plus fréquente et la meilleure est celle où l’occiput est en avant et à gauche.

Diamètres de la tête de l’enfant.

La tête de l’enfant a un grand diamètre de l’occiput au menton, qui a 140 millimètres (5 pouces), et un diamètre transverse, qui à 95 millimètres ( 3 pouces V2 )•

On conçoit que , si le grand diamètre de la tête est parallèle à l’un des grands diamètres du bassin, la position sera favorable au passage qui devra s’effectuer; et qu’au contraire, si le grand diamètre de la tête est en rapport avec le petit diamètre du bassin , son passage sera très-difficile ou impossible.

Ce qu’il y a de plus important dans l’art des aecouchemens, c’est de mettre lesgrands diamètres de la tête en rapport avec lesgrands diamètres du bassin ; et comme la tête a une forme ovoïde , c’est de faireen sorte qu’elle plonge par l’unedes extrémités de cet ovoïde. Que l’on place une olive en travers sur le goulot d’une bouteille , elle demeurera en position; elle plongera au contraire dans le vase, si on la présente par une de ses extrémités. Voilà la théorie de l’accouchement.

Préludes de V accouchement.

Lorsque le terme de la grossesse est arrivé , ou qu’une circonstance quelconque a avancé l’époque de l’accouchement, des douleurs dans les lombes, que l’on nomme mouches , annoncent que le travail de l’enfantement va s’opérer. Les douleurs se rapprochent ; elles deviennent de plus en plus fortes ; elles résultent des contractions de la matrice , et surtout de la dilatation de son orifice qui correspond au vagin. Si l’on exerce le toucher, on trouve une petit ouverture circulaire qui d’abord admet

à peine le bout du doigt ; cette ouverture s’agrandit, acquiert bientôt la dimension d’une pièce de 5 fr. : on peut dès-lors croire que l’accouchement est prêt à se terminer.

Le vagin est alors abondamment humecté par des mucosités qui lubréftent les voies d’expulsion du fœtus 5 quelques stries de sang se mêlent à ces mucosités. Si l’on touche l’orifice de l’utérus , on sent une poche élastique : c’est celle qui contient les eaux de l’amnios ; elle agit en forme de coin pour dilater le col de la matrice. Il faut respecter cette poche, ne pas se hâter d’en opérer l’ouverture avec l’ongle ou tout autre moyen ; car il arriverait, si le travail n’était pas avancé , qu’il s’arrêterait tout-à-coup et qu’il serait infiniment long ensuite à s’effectuer. Il est plus prudent d’abandonner à la nature la rupture de la poche des eaux.

Présentation de V enfant par la tête.

Dès que cette rupture s’opère , les eaux s’écoulent abondamment ; bientôt des douleurs plus énergiques se déclarent : ce sont celles qui amènent l’expulsion du fœtus. Si l’on exerce le toucher, on trouve une tumeur dure à la place de la poche des eaux : c’est la tête de l’enfant. Il faut laisser descendre cette tête 5 l’occiput plonge le premier, et le menton en même temps se relève ; puis il s’opère ordinairement un petit mouvement de rotation , et l’occiput se trouve directement dirigé en avant.

Qu’on laisse encore agir la nature , l’occiput plonge de plus en plus, et on le \oit faire saillie à la vulve ; le menton se relève en même temps et s’appuie sur la poitrine. 11 survient bientôt des contractions énergiques, la tête franchit la vulve, se redresse au-devant du pubis ; à l’instant la face se tourne vers l’une des cuisses de la mère, parce que les épaules doivent franchir encore obliquement le bassin. Quelques contractions nouvelles de la matrice terminent bientôt l’expulsion du fœtus.

Qu’a raisonnablement à faire l’accoucheur pendant tout ce travail ? rien, ou à peu près rien. Cependant il peut déchirer la poche des eaux , si sa rupture est trop lente à s’effectuer ; il peut peser sur l’occiput du fœtus pour faciliter sa descente, tirer légèrement sur le corps tout entier en plaçant un doigt en forme de crochet au creux de l’aisselle ; mais il est plus prudent de s’abstenir de toutes ces manœuvres. Il ne faudrait y recourir que s’il y avait une lenteur extrême dans le travail d’expulsion.

Présentation de V enfant par les pieds.

L’enfant se présentant par les pieds, l’accouchement peut néanmoins se terminer par l’œuvre de la nature. Les membres inférieurs, puis le tronc, paraissent hors de la vulve ; les bras se relèvent ordinairement sur les côtés de la tète ou se portent Je long du tronc. Il est utile quelquefois d’aller

à la recherche des bras. On porte un doigt qui agit à la manière d’un crochet, et c’est le bras qui est en arrière qu’il faut d’abord atteindre. On doit n’opérer sur le corps de l’enfant que de fort légères tractions, car, si l’on usait de violence, on mutilerait ses frêles organes.

Lorsque les membres et le tronc ont franchi le passage, les principales dilïicultés se présentent à la sortie de la tète. C’est alors qu’il s’agit desavoir que la tète est ovoïde, qu’une de ses extrémités doit descendre la première : c’est le menton qui, dans ce cas, doit plonger. En examinant la partie postérieure du tronc du fœtus, on juge où correspond l’occiput 5 alors avec deux doigts on s’efforce de pousser l’occiput en haut: c’est le moyen de faire porter le menton en bas. On met quelquefois un doigt dans la bouche de l’enfant , afin d’accrocher la mâchoire pour opérer des tractions : c’est une pratique dangereuse , elle détermine des déchiremens à l’articulation de cet os. Il faut se borner à placer deux doigts d’une main sur les côtés du nez ; on pèse sur cette partie, pendant qu’on soulève l’occiput avec les doigts de l’autre main. S’il survient alors une contraction de la matrice , la tête de l’enfant franchit la vulve, et l’accouchement est terminé.

Présentation de l’ enfant en travers .

Si le corps de l’enfant se présente transversalement sur le bassin, l’accouchement est ordinaire-

ment impossible par le travail naturel ; probablement l’enfant et la mère succomberaient, si l’on n’apportait du secours. Ordinairement, alors, un bras se présente et sort de la vulve : il ne faut pas opérer de traction sur ce bras ; seulement on doit placer un lien au-dessus du poignet pour tirer quand cela devient utile. Il faut introduire une main dans la matrice, soulever avec cette main le corps de l’enfant, et aller saisir les pieds. Dès qu’on y est parvenu, on tire sur les membres inférieurs; la tête de l’enfant, dès-lors, se porte en haut. Il faut faire en sorte que la partie postérieure du corps regarde en avant; on se sert alors du lien fixé autour du poignet pour exercer de douces tractions, et le reste de l’accouchement s’opère comme quand l’enfant vient naturellement par les pieds.

Apparition de V enfant.

Dès que l’enfant a franchi la filière du bassin et des organes génitaux, et qu’il se trouve placé entre les cuisses de la mère , il fait ordinairement entendre des vagissemens qui annoncent qu’il est vivant; mais il peut ne pousser aucun cri : c’est parce qu’il est mort, ou dans un état de syncope ou d’asphyxie. Il s’agit alors de le séparer de la mère, en opérant la section du cordon ombilical. Des modifications doivent être apportées dans cette opération , selon l’état dans lequel se présente l’enfant.

Section du cordon ombilical.

V omphalotomie y car c’est ainsi qu’on nomme l’opération qui sépare l’enfant de la mère, doit être faite immédiatement si les cris se font entendre; mais si l’on pense que l’enfant soit dans un état de mort apparente ou d’asphyxie , il est utile d’attendre quelques instans, parce que des colonnes de sang qui viennent de la mère peuvent le ranimer. Cependant, si l’enfant était bleu, violet, dans une apparence apoplectique, il faudrait se hâter de couper le cordon; on laisserait couler un jet de sang pour opérer ainsi un légère saignée. Mais, en thèse générale, il faut pratiquer l’omphalotomie dès que l’accouchement est terminé.

On a dit qu’il était superflu de lier le cordon : un tel précepte serait dangereux. Les animaux triturent le cordon avec les dents, et ainsi les vaisseaux s’oblitèrent; ou bien le cordon, demeuré attenant au placenta, se dessèche, et la circulation sanguine s’y arrête. Mais si l’on coupait le cordon sans en faire la ligature, les enfans risqueraient de périr d’hémorrhagie.

Pendant que le travail d’accouchement s’opère, on doit disposer du fil. ciré assez fort; on en réunit ensemble plusieurs brins , et aussitôt que l’enfant est né, on passe ce lien autour du cordon, à quatre centimètres environ de l’ombilic, et on serre fortement, puis on fait un double nœud. Cela étant fait,

on coupe avec des ciseaux Je cordon en deçà du fil; aussitôt du sang s’écoule, mais il vient du côté de la mère et produit un dégorgement favorable.

Quand on a pratiqué la ligature et la section du cordon, on entoure le bout de ce cordon attenant à l’enfant dans un morceau de linge , et on l’assujettit à l’aide d’une compresse qui fait le tour du corps.

Premier emmaillotement .

Le premier emmaillotement doit être dirigé par l’accoucheur; car, aussitôt que l’enfant est né, il devient en butte à des pratiques vicieuses. On le tourmente, on le secoue, on l’agite de diverses manières , on s’empresse de le laver , de le frotter pour enlever une matière albumineuse qui recouvre son corps; on le met ainsi à la torture.

Le foetus était dans une atmosphère douce et chaude, voilà que tout-à-coup on l’expose à l’air froid ou àun feu trop vif. Il faut éviter ces extrêmes. Il était protégé par l’eau de l’amnios, on ne doit pas appliquer sur sa peau délicate des vêtemens trop durs, et surtout on doit s’abstenir d’enlever cette substance comme caséeuse qui protégeait les papilles de sa peau ; il était libre d’exécuter des mouvemens, on ne doit pas le garrotter dans un maillot étroit; il était à l’abri de tous les chocs violens, il ne faut pas lui imprimer de secousses brusques : ses organes se ressentiraient à jamais des impressions pénibles qu’ils recevraient.

Il est une manœuvre bien vicieuse el qui doit, à cause de cela , être signalée : c’est celle qui consiste à placer l’enfant le ventre en bas sur les genoux de la personne qui l’emmaillote. Dans cette position, le foie, qui est très- volumineux immédiatement après la naissance, est comprimé, déchiré même, et il en résulte la jaunisse, ictère des nouveaux-nës.

Délivrance.

Pour s’occuper de l’enfant, on a abandonné quelques intans la mère ; mais on doit revenir à elle, car elle a besoin de secours. Il faut qu’elle soit délivrée , c’est-à-dire qu’il faut que le placenta, masse spongieuse greffée dans la matrice, d’où émane le cordon ombilical , soit expulsé ou emmené au dehors.

Après les douleurs expultrices du fœtus , la femme éprouve un calme parfait ; mais il est bientôt troublé par des douleurs nouvelles. La matrice se contracte, réagit sur elle-même, afin de détacher et d’expulser le placenta. Par le seul fait des contractions, ce corps est poussé dans le vagin , et sort par la vulve ; un dégorgement de sang l’accompagne. La matrice vide alors se contracte. Si l’on porte la main sur le ventre , on sent une boule dure que l’on peut prendre à pleine main : c’est l’utérus complètement débarrassé du produit de la conception. Mais il arrive que la délivrance est lente, pénible, impossible même par le seul acte de la nature; il faut la faci-

Jiter, même l’opérer artificiellement. Pour cela, on entoure le cordon sur les doigts d une main, et l’on exécute des tractions. On dirige les doigts de l’autre main vers T insertion du cordon au placenta, et selon qu’il est greffé dans tel ou dans tel sens. On agit à la manière d’une poulie de renvoi, et, en exécutant des tractions, le placenta se détache et est entraîné. Quand il fait saillie à la vulve, on le saisit des deux mains, on le roule sur lui-même, afin d’embrasser tous les débris de membranes qui tendraient à demeurer en arrière.

On doit user de beaucoup de prudence dans les tractions qu’on opère sur le cordon , de crainte de le rompre et de laisser le placenta renfermé dans la matrice où il occasionnerait de graves accidens. Si le cordon s’était rompu, on devrait aller à la recherche du placenta en portant une main dans la matrice. On détacherait ce corps avec les doigts, on le saisirait à pleine main et on l’emmènerait à l’extérieur.

Hémorrhagie utérine .

Il est un accident principal à redouter, par le fait ou à la suite de la délivrance : c’est V hémorrhagie. Si elle était intense, on devrait faire d’abondantes affusions d’eau froide sur le ventre et les cuisses , injecter même de l’eau froide vinaigrée dans le vagin et dans la matrice , comprimer le ventre avec une serviette fortement serrée, et donner à boire de l’eau froide ou éthérée. La situation

de la femme, en pareil cas, est fort grave, et l’embarras des personnes qui lui portent secours est extrême. Il faut s’armer de fermeté, être persévérant, ne point s’effrayer d’une syncope qui arrive, car la syncope amène souvent la cessation de l’hémorrhagie.

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