‹ Le médecin de son honneur: drame en trois actes et en versChapitre 1 sur 46 · V-et. F-r. m: A · texte numérisé non relu

V-et. F-r. m: A

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Un savant critique allemand,W. Schlegel, a rendu à Caldéron l'hommage qui lui est dû, en l'appelant comme Lope de Vega , « un miracle de la nature. « Caldéron, en effet, non moins puissant dans ses conceptions qu'ingénieux dans sa, poésie, est un esprit rare et divin, qui a mérité aussi, lui, ce nom donné à Lope de Vega, par ses conjejoiporains.

Parmi les gi'aiides compositions de Caldéron, la plus célèbre est le Médecm de son honneur j El Medico de su Honra. Ce drame a été traduit dans un grand nombre de langues et représenté en différens pays avec succès. La scène française seule ne le possédait pas. Nous avons entrepris de l'y naturalisa.

Linguct n'avait pas compris cette pièce dans ses traductions , si incomplètes du théâtre espagnol. M. Damas-Hinard, le premier, s'en est occupé dans une récente édition des chefe-d'œuvre de Caldéron, pul)liée chez Gosselin. M. Damas-Hinard , écrivain élégant et correct, beaucoup plus érudit et soigneux que Linguet, a cru devoir néanmoins atténuer quelquefois l'exubérance de son auteur.

On doit penser qu'écrivant pour la scène, pour les oreilles toujours si chatouilleuses, ayant affaire à

IV AVANT-l>lU;i»OS.

un public impatient, nous a\ous pris nécessairement encore plus de précautions que le nouveau traducteur. Cependant, qu'il nous soit permis de nous rendre cette justice: nous n'avons reculé devant aucune des hardiesses de l'originaL Nous sommes entré pleinement dans le fond du sujet en nous impreignant le plus possible par ailleurs de la couleur espagnole. Nous avons essayé de faire passer dans le tissu du drame, autant de fantaisie poétique, autant d'élémens lyriques que l'état actuel de notre théâtre peut en supporter.

Nous croyons devoir relever ici le peu de sens d'un littérateur espagnol qui a donné en France une édition des meilleurs ouvrages dramatiques de son pays, en les accompagnant de notices. Ce commentateur, don Eugenio de Ochoa, s'est plu à immoler le Médecin de son Honneur kV Othello de^h^sksipedLYe^ qui, du reste, a toute notre admiration. Mais Othello n'est mû que par une jalousie sensuelle; don Gutierre obéit aux inspirations de son honneur. Le drame de Caldéron résume en un mot le sentiment sur lequel roule tout le théâtre espagnol, l'honnem* ! Cependant ajoutons en faveur de don Eugénio de Ochoa^ qu'il reconnaît la célébrité dont jouit ce drame, et qu'il dit : Raro es el estrangero de mediana instruccion^ que al hablar de littera$ura espanôla, no saque a relucir a las primas palabras el inevitabile Guijote, Lopedevega^ y el Medico de su Honra de Calderon,

Le théùtre espagnol, ainsi que nous l'avons fait voir dansl'introduction de Y Hameçon de Phénice^ a fourni au nôtre de nombreuses imitations ; nous ne reviendrons pas sur les emprunts qui lui ont été faits par nos devanciers.Nousnous autoriserons seulement de l'exemple de Molière, dans la Princesse d'Elide, pour bien disposer le lecteur en faveur du gracioso^ ce bouffon obligé de toute comédie espagnole, personnage qui ,

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