AVANT-PROPOS. V
comme Ta fort bien dit dans le Siècle^ M. Charles de Mafharel, figure, jusque dans les autos sacrammtales^ afin d'égayer même les mystères de la religion.
Coquin ressemble à Moron.
L'auteur doit des remercimens à M. Leroi, directeur de la scène, aussi habile que consciencieux,dont l'expérience lui a été très utile au théâtre de l'Odéon; il en doit surtout aux acteurs, chez lesquels il a rencontré autant de zèle que de talent. MM. Godât et Bouvière se sont fait remarquer, le premier par la grâce et la fermeté de l'organe, la dignité du maintien, la chaleur de l'àme, le second par l'énergie et la vérité du jeu ; mademoiselle Naptal, charmante personne, douée du sentiment dramatique ; Mlle Berthault, comédienne si intelligente et si vive ; Boileau, comique toujours plaisant; MM. Darcourt, acteur éprouvé; Baron, jeune-premier plein jL'avenir ; Harville , acteur de bonne tenue qui avait bien voulu se charger d'un rôle accessoire, ont contribué à une des exécutions les plus parfaites qu'on ait vues au théâtre de l'Odéon. Enfin, pour acquitter toutes mes dettes, j'ajouterai que l'amitié d'un illustre compositeur, M. Donizetti, n'a pas refusé d'écrire pour cette œuvre la musique d'une chanson, la Chanson de r abeille.
Je dois en revanche peu de remercimens, ou plutôt je dois encore des remercimens à quelques uns de mes confrères de la presse, qui ont daigné me traiter comme un auteur de profession dont les nombreux succès auraient mérité l'ostracisme; ils ont même cru devoir, en cettccirconstance, faire le procès à ce^pauvre Caldéron d'une manière, il est vrsî, plus préjudiciable pour eux que pour lui. Ces impertinences ont été relevées comme eÛes devaient l'être par un homme de cœur et d'esprit, M. BoUe, rédacteur du feuilleton dramatique du NationaL Citons ses paroles : « Il a été » dit beaucoup de sottises au sujet de ce drame, et » par exemple que Caldéron était un drôle, et que
Vj AVANT-PROPOS.
» c'était peindre son temps que de s'amaser à des imi- » tations du théâtre espagnol. Cette niaiserie, jetée » au milieu de tant d'autres qui se débitent tous les « jours à la ligne, a cependant fait une certaine sen- >' sation. M. Hippolyfe Lucas y avait répondu d'a- « vance par son succès même. >» Un écrivain énergique et loyal, M. Félix Pyat, un homme d'expérience et de raison, dont la critique fait loi parce qpi'elle est toujours savante et polie, qualités d'autant plus estimables qu'elles sont rares en ce temps, M. Merle, de la Quotidienne^ ont bien voulu encourager aussi ces essais, dérobés à la vie dévorante des journaux.
ilIPPOLYTfi LUCAS,
PBMIOinrAGBS.