ACTE TROISIÈME
(Même décor qa'an premier acte. La tajale seulement^ «fi limi d'être à droite du spectateur, se trouve transportée â gatfcjàè. Le second fauteuil est à droite, masquant la balustrade et les trois marches qui conduisent à i^ppartcment de dona Mencia.)
SCÈIVE iPREMtÈllÈ.
" (Le jour commence à naître.)
COQUIN {jouant avec deux bourses comme uu jifnfUvr),
L'infant est généreux ! l'obliger est délice ,
De nouveaux jetons d'or ont payé mon service ;
Nous, vrais servans d'amour, nous ressemblons un peu
A ceux qu'on voit placés dans les maisons de jeu ;
Le galant, satisfait des faveurs de sa belle,
Verse, sans le compter, l'or dans notre escarcelle ;
Mais celui dont Tamour s'est trouvé confondu
Sort comme le joueur après avoir perdu.
Nous risquons de sentir, il faut que je l'avoue,
S'endolorir nos reins et s'enfler notre joue.
Si quelque jour mon maître apprend la vérité.
Je suis perdu. Quittons avant d être quitté;
Tâchons de faire au roi quelque conte risible,
De lui plaire, en montrant un esprit gai, flexible.
De tous les animaux, à sa vocation
Le roi manque le plus... Voici la question...
Maître lion rugit, l'âne brait, l'oiseau chante.
Le taureau pousse au loin une voix mugissante,
Le loup hurle, le chat miaule, l'homme rit ;
Le roi ne rit jamais, il a l'humeur farouche ; i
On aurait plutôt fait d'arracher à ma bouche
Une dent qu'à la sienne ui^ sourire.