‹ Le médecin de son honneur: drame en trois actes et en versChapitre 31 sur 46 · B ROI · texte numérisé non relu

B ROI

Et nous avons les nôtres.

DON GUTIERRE.

glre, qu'ai-je donc fait?

LE ROI

Dites d'abord lei vôtres.

Nous parlerons après.

DON GUTIERRE.

Je n'ose, en vérité.

LE ROI

N'ayez aucune crainte.

DON GUTIERRE.

roi, dont la bonté Protège vos sujets, vous, qu'on nomme le juste, Atlas qui soutenez d'une épaule robuste Le dobe castillan, ma vie est à vos pieds. Je l y dépose, si des jours humiliés S'appellent une vie... Excusez mes alarmes, Pour l'amour et l'honneur on peut verser des larmes ; Ce triste privilège, ô don Pèdre, en ce jour, 11 m'appartient, car j'ai de l'honneur, de l'amour. L'honneur a jusqu'ici réglé ma destinée, L'amour, je l'ai cherché jusque dans l'hyménée ; Je ne croyais jamais les perdre, et cependant Un nuage, ô mon prince, illustre confident.

Un nuage a passé sur l'éclat d'mie épouse.

Un souille m a rempli d'une fureur jalouse.

Par un souffle souvent une fleur s'effeuilla ; Notre honneur est pareil ; le poignard que voilà, Sire, vous dira tout, il est à votre frère.

J'ai trouvé, cette nuit, ô dessein téméraire, L'infant caché chez moi ; j'$ti respecté son rang !

Ce poignard eut, ô roi, versé mon propre sang Plutôt que d'attenter à sa grandeur suprême ; Je n'ai, dans mon malheur, recoiiru qu'à vous-même.

LE ROI

Cette noble conduite ^t d'un scget loyale Au courage, chez vous, le respect est égal ; Si le sort vous atteint. . .

DON GUTISRRE.

Un mot, sire, de grâce, Mon honneur n'a souffert encor nulle disgrâce. Vive Dieu 1 mon épouse est chaste, et, selon moi, Lucrèce et Porcia n'ont pas eu plus de foi.

Vous m'avez mal compris ; je voudrais, par vdtrë i^dè, Empêcher tout le mal, car je sais le remède, Si le mal était fait., le suis bon médecin.

Lorsqu'il s'agit d'honneur. Je n'ai pas le dessein De couper dans le vif. La colère et l'tqjure, Au lieu de la fermer, augmentent la blessure. Les caresses, les soins, pour apaiser les cœurs, Quand l'honneur est malade, ont des secrets vainqueurs. Les mauvais traitemens dont un ^ux accablé Dans son intérieur celle qu'il croit coupable. Attirent sur son firent la haine et le mépris. Sire, la trahison souvent en est le prix.

Il vaut mieux observer la diète du silence, Attendre et se convaincre... Alorè vient la vengeance... Nous n'en sonœies pas \à \

%E ROI

Ou'avez-vous résolu*?

SON GUTIERRE.

De garder avant tout un silence absolu , Fussié-je trompé même ; à raconter sa honte On mérite toujours le dédain qu'on affronte.

J'ai dit : le roi mon maître aussi sage que grand, Ne saurait à mes maux rester indifiirent.

De crainte de péril, un ordre tutélaire.

Sur-le-champ, de mxm seuil, éloigawa soa frère.

LE ROI

C'est bien : je vous approuve.

DON GUTIERRE (à part).

Hélas 1 sans monmirer Il faut savoir souffrir, et paraître igporer Ce qu'on ne sait que trop : j^n'ai rieu fiât cùaaaïke.

LE BOI

Henri ! jeune im|Mrudent ! . . . Maïs je 1è Vois paraître. Dans quelque endroit Voisin évitez «en regard Vous serez satisfait ; donnefe^mm ce poignard.

(Don Galierre se cache sous la UpiMeHë. « Artiiie, entre lâteftéMe et la porte da fond.)

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