‹ Le médecin de son honneur: drame en trois actes et en versChapitre 41 sur 46 · DON GUTIERRE , LE CHIRURGIEN · texte numérisé non relu

DON GUTIERRE , LE CHIRURGIEN

DON GUTIERRE.

Ne crainp rien : il est temps de te rendre la vue ,

(Il lui ôte son bandeau.) Tu vas être un acteur d'une scène imprévue.

LE CHIRURGIEN {tremblant).

Que voulez-vous, seigneur, vous m'avez fait sans bruit Tirer de ma maison, au milieu de la nuit , Deux homines sont venus, armés, et l'air funeste. Ils m'ont dit : lève-toi ; sans m'instruire du reste, M'ont conduit au torrent, fait descendre son cours, * Et par un escalier aux humides détours, Traîné dans ce château que vient baigner le fleuve , N'est-ce donc pas assez d'une pareille épreuve? Je vous vois immobile, entoure d'un manteau.

Ainsi qu'une statue au bord d'un froid tombeau. Pourquoi suis-je sorti brusquement de ma couche? Ai-je à guérir (quelqu'un dont le destin vous touche ? Pauvre chirm-gien que pjeut ici mon art?

A quel événement dois-je donc prendre part?

Votre sombre silence, ô naon Dieu, m'épouvante. Se joua-t-on ainsi d'aucune âme vivante ?

DON GUTIERRE.

(Il va soulever la tapisserie derrière laquelle se trouvent les deux Maures, le sabre nu.)

Ecoute, mais d'abord, jette ici le regard; Si tu n'accomplis pas mon ordre sans retard.

Tu tombes, et ton €orps dans le torrent qui roule Ira s'ensevelir loin des yeux de la foule.

LE CHIRURGIEN (effrayé).

Seigneur! que faut-il faire ?

DON GUTIERRE.

Ecoute.

<£ GBIllU&Glia«.

Dieu clément!

DON GUTiBRRE [froidement], Jimî0m»éali-^tisiem cet a^patteméiit'.

Aux t^ùrcoîîis d*tth Ht à oetle heure otf Tèniîhliîné; Ilïaut avec adhas^ etitr'ouvrant çHaqUe vèitie. Jusqu'à ce miô la Aoityiëune glaôér sûti ^in, Laisser couler le sang.

LE CHIRURGIEN

Devettir asââ^in !

dON GUTIBRftB.

Âimes-tu mieux mourir ?

LE CHIRURGIEN

Seigneur, seigneur, de graee !

]K>NGUnfiRRm

Lorsque d^un tel projet on a oonç» Titudatee, On ne recule pas pour un meurti^ de yixïs,

JM GHlRUlIGlBf^'.

Que me propose^'-Vdtiii..* Pitié I

itoN GUTIËliRË.

Vcèux superflus î'

, LB GHIRURGIBN.

Ah 1 monseigneur 1

1K>N GUTIBRRE*

Eh! bien 1

IJÉ GBtBURCilB!^;

VoxA voyez qlié je plëOî*.

Je neveux pa^ m&ilrîr*

lk){i^ GUTIBRRÉ.

Obéis donc sur ITieure.

LE GHIRURGIBN.

Non, je Mmibe à vos pieds; de cettQ (aruauté Vous n'êtes pac^ capable, et votre loyauté Ne voudra pas damner Tâme d'un lM)nnête homme. Qu'un crime si honteux pair ma miain se consomme 1 Jamais, jam^s, jamais.

DON GUTIERRB.

Encore uiie foiS} va.

LB CJâÎRURGIEN^

Est-ce que telle chose ici bas arriva !..

Je vous supplie*

nO!^ (ÎUTIBRRB.

Allons 1 debout.

LB GHiaUBGIEN.

Oter la vie, èdel ! moi ^mt ru^lapnâéjse !... Mais qui donc èteB-vous.

DON GUTtEARE.

Qu*iinporte qui je suis*?

Je suis, je suis un juge, obéis. '

XE CHIRURGIEN

le ne pui^ Etre un bourreau !

DON GUTIERBE.

(Il faii Quelques pas du côté des Maures.} Meurs donc alors!...

LE CHIRURGIEN

Ah ! quel vertige S'empare de mes sens.

J)OK GUnEBBE.

C'est fait de toi, te dis-je.

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