ACTE DEUXIEME
Lasecondescèneentre Coquin et Jacinthe est prise aussi à la pièce que nous venons de citer.-— La chanson de l'Abeille est un souvenir de : dicha y desdicha del nombre (bonheur et malheur du, nom.)— La scène du flambeau n'est pas conforme à l'original. Chez Caldéron, dona Mencla elle^-mcme laisse tomber le flambeau. En attribuant cette ruse à Coquin^ j'ai fait entrer ce personnage dans l'action, à laquelle il eût été trop indifférent. J'ai suivi en cela le conseil d'un comédien intelligent et zélé pour son art, comme Ta
été ton père» M. Louis Monrose, qui devait Jouer primitivement le lAlr 4n Crarjnno.
Lef dii vers mis dans la bouche de l'infant, à la scène iv du second acte :
A tonte heure du jour, de nuit, à tous instans,
sont une .traduction de la stance las horas esioij viendOi de Bosean« imitateur de Pétrarque.
<La scène ueuvième, dans laquelle les ;valets ne j^èuvent ^*empècber dje redire un refrain déshonoiraUt pour leur maître, parce que Tair leur platt etles pousse involontairement k clianter, est empruntée au Peintre de son déshonneur (il pintQrde sudehonra).--La ipain ensanglantée, daps la pièce de Calderon, ii'est pas miseAGius les jyenx du spectateur. Le médecin raconte auto! qu'il a taché de sangles mu» de cette maison, afin qu*ûn j;)ùisse la reconnaître; le roi ae contente de prier don Gutierré de faire nettoyer sa porte.; le dénoùment de cette ouavre est singulier et tout-à-Tait eh deliors de nos mœurs. Lfe roi, prenant la main i0 Leonor, Ija.place dansxdile de don Gutierré; il le force A épouser cette femuîe, délaisiséej)ar lui. autrefois sur un simple soupçon, et cette scène a lieu alors que doua fliencia achève à peine d'expirer. Le roi approuve du reste.pleinement la conduite de son vossîil. Un mot terrible sort desa bouche : don Gutierré donne au roi de bonnes raisons pour ne pas se prêter au mariage qu'on lui propose. « Si je surprends encore l'infant |»rac «a toeone» • ^àir4L ^ il y a remède A tout, « répQiçd le roi.
DON GUmEftllB.
Posible es que a esto la haya ?
asY.
Si, Gutierré.
mm GUTtSBRB.
Cual, senor.
KKT.
lîao vuetlM.
INMI oiinBliiui.
Qui es
EEY.
Saugraria.
Salaria [Is^ sai^née^ tel e&t le remède qu'indique le roi*
ribiff ex^t^ffl^ •
A là i^remière rmésentàtiotf du M^decm â^ aon Motmtw^fïe vth let Gradoso aéttisSkeë yets «n pUMic» en v«iifeiil nliioiiotr Failicur :
. Messieurs, un ^cut liblle, if l*cipi1t'ifeuta« rt*é, (^Idéroti e^t l'auteur de dette œuvi'e bhiîm. 6é fat lui qtti plaça dàiis uîi comrqde ehïplof Ms d'un niattré terrible un coquin côtniA^mol; A sa' gùise uniitsant sur ce lîardi tbéfttre La itiuse sérieuse à la muse (blàtré, Nbuii avons etf vos mains; plaçant nottîe^di^; f acbé d'être à la fois Espagnols et l^aUçdff. Notre Odion a pris, le sort lui ftat propfôe , ktopedtVegiVMameçondePhétiice, iKiissions-nous être absoust;^ airisf <|ti)e dati^' ce àâr, iKessicurs, Tauteur se nomme Hkppolyte' Iluèas.
La iifttii<{iie de ta chanson ife (jÊbeilk et Tàir : r/n/nW épn Henri de CétiOUt ae trouvent «n burean ceiilral deniuaiqae,pUiee de Nr Bourse, 39. Ce» moroeanit ont été' édités pèr la^iVonee-Hbsieale.
rai signée avec soîn.lès diVers empraht^qtiïj'at ê&Ù. t^wkté sur ce point poiMr<inontrer qu'U n*^t rieli (jtîh'éq^é d'espagnol dans lessentimens. Jl^al eçsàyé ^ répKsenter le c$t^ fiiUî([8ls par la régularité du plan, par l'uniié de là composition . Jiik^'i ce ce Jour, Corneille et tfolière, dans le Cid et dans ÙoriJuan, ont seuls reproduit la couliAir espagnole, éahs le menteitr. Corneille à approprié rintrigue à des caractères français. Cornéine l^à Ait avec génie, mais après lui de nomlireux imitateurs, et THonias Corneille entre autres» .ont étrangement défiguré les siilèUddnt ils ont fait.'cboix. Le tliéfltre anglais se trouve encore moins travesti dans les tragédies dé Ducis, que les comédies é^s'iJagnôles n'ont été dénaturées par les poêles des iVïï«'él i^ih* sièclei, depuis d'Ouville Jusqu'à Collé. C'est cette IbJtilTtléiJ qu<^ nous avons voulu réparer. Dans les essais de VHameçon de Phi» niée et du Médecin de em ijhniimr, comme dans ceux qui pourront suivre, notre intention a été de faire connaître le génie espagnol, tout en amusant et en intéressant un public ftrançais. Agir autrement nous semble une sorte de sacrilège !
r » Ajoutons qaelflttes mots sur la diffêrence du tl^é&trè eif^agnol et dn tbé&tre français, différence qui remonte âKori|inêde ces deux théâtres.
La politique mit en présence les Français et les Espagnols sur les champs de bataille de l'Italie. De là vint^e les deux iittëra- Inre française et espagnole subirent d'abord^ufluence italienne; mais la France suivit le mouvement de la renaissance et se plongea dans L'antiquité ; l'Espagne s'abandonna davantage à Vïmpulsion moderne, et Dante, Boccace, Pétrarque, inspirèrent particulièrement ses poètes et ses couleurs. La littérature espagnole, à moite moresque du reste, possédait déjà un caractère propre, elle avait ses romances, poèmes populaires qui célébraient les hauts faits duGid. Le peuple espagnol, épris des souvenirs de son pays, consacrés, dans une langue riche, harmonieuse, grave, résista à l'imitation de l'antiquité. Celte résistance donna un. théâtre national à l'Espagne.
La multitude, c'était là le juge suprême des premières comédies, espagnoles. En voici un exemple curieux. Le parterre des premiers théâtres de l'époque était toujours composé de gen^du peuple, turbulens et passionnés, qu'on nommait mosqueieroSy par \isSimiIation aux soldats, dont ilâiimilaient les décharges meurtrières. Un des plus célèbres mosqueteros fut Nicolas Sanchez, savetier de profession ; il était maître de la de^née des pièces. Un auteur jQui allait solliciter sa protection pour une comédie qui devait être représentée dans la journée crut pouvoir le gagner en lui offrant cent réaux : notre savetier fit mettre l'auteur à la porte de chez lui ; il se rendit ensuite an théâtre avec sa compafggit de mosqueteros, la pièce fut impitoyablement sifflée ; c'était double justice, car la pièce était mauvaise. ^
Cette autorité du peuple, dont il fallait flitter les goûts, remplit le théâtre espagnol d'apparitions, de choses surnaturelles, et donna naissance au fameux Don Juan, comme la religion donna naissance aux autos sact amentales, La religion se mêlait en Espagne Intimement à la littérature et à 1aL.galanterie. Sainte-Thérèse» cette sainte qui se félicitait d'être bien faite, conversait avec Dieu en vers.
—Nous recommandons aux lecteurs, curieux de bien connaître l'état actuel du théâtre espagnol, entièrement livré aux imitations françaises, le charmant ouvrage que M. Rogçr de Beauvoir vient de publier sous le titre de : la Porte du Soleil.