Le médecin des folles
Le 10 mai 1874, au nombre des voyageurs que le train express de Marseille emportait vers Paris, se trouvaient, installés dans un coupé-lit^ un homme âgé déjà et une femme jeune encore.
Le premier paraissait avoir un peu plus de soixante ans. La seconde en avait trente-cinq à peine.
L'homme, grand et mince, de constitution vigoureuse, de tournure distinguée, gentleman enfin dans toute sa personne, comme disent les Anglais, avait sous sa cape de touriste des cheveux grisonnants, coupés très courts.
De longs favoris presque blancs encadraient son visage sympathique aux \ traits réguliers. \
Sur son suit de drap quadrillé se croisaient deux courroies de cuir verni sou- \ tenant d'un côté une sacoche en chagrin noir, munie d'une serrure à secret, et ] de l'autre une énorme jumelle dans son écrin de maroquin fauve. >
La jeune femme, svelte et délicate, belle d'une beauté touchante, et plus gra- ^ cieuse encore que belle, s'enveloppait dans une ample pelisse garnie de pré- ? cieuses fourrures du Canada. >
Elle appuyait sur l'épaule de son compagnon sa tête nue, couronnée d'une \ admirable chevelure blonde en désordre.
La pâleur mate de ses joues était inquiétante. — Un large cercle de bistre estompait le contour de ses paupières et donnait une expression douloureuse à ses grands yeux d'un bleu profond où des flammes passagères luisaient pour s'éteindre aussitôt,
Toutes les minutes à peu près ses petites mains se mettaient à trembler, comme prises d'un frisson soudain.
Nous ne tarderons point à faire ample connaissance avec ces deux personnages qui doivent jouer un rôle important dans notre récit.
En ce moment, il nous suffira d'apprendre à nos lecteurs que le passeport du gentleman portait ce nom et ces indications : Maurice Delarivière, sujet français, banquier, résidant à New-York, voyageant avec sa femme.
Un eémissement faible s'échappa des lèvres de madame Delarivière, en même temps qu'un tressaillement nerveux secouait tout son corps.
Le banquier prit vivement les deux mains mignonnes de sa compagne et les pressa dans les siennes avec une tendresse infinie, en attachant un regard rempli d'angoisse sur la douce figure décolorée qui pesait si peu sur son épaule.
— Jeanne... chère Jeanne, tu souffres? — demanda-t-il.
— ÎNon, mon ami... non, je t'assure... — répondit la jeune femme d'une voix faible, mais singulièrement harmonieuse.
— Je voudrais te croire, mais c'est impossible... — Pourquoi es-tu si pâle ?
— Pourquoi tes mains sont-elles brûlantes? — Tu as la fièvre... je le sens bien...
— Un peu de fièvre, peut-être... oui... Mais il n'y a rien là qui te doive inquiéter... — Quelques heures de repos suffiront pour chasser ce léger malaise...
— Un baiser de notre fille et je redeviendrai forte et vaillante comme je le suis toujours... — Dans combien de temps verrons-nous Edmée?...
— Aujourd'hui même, car il est plus de minuit... Madame Delarivière s'était soulevée.
— Alors, aujourd'hui même je serai guérie... — dit-elle en souriant.
— Je l'espère et j'y compte.. . — reprit le banquier. — Je n'en ai pas moins été bien faible en cédant à tes désirs et je me reproche cette faiblesse.
— Je ne te comprends pas... — murmura la jeune femme.
— C'est pourtant très simple... — Il fallait te contraindre à prendre à Marseille deux jours de repos... — C'est vite passé, quarante-huit heures!... et tu ne souffrirais point et je n'aurais aucune inquiétude...
— De l'inquiétude pour un malaise passager, dont la fatigue est l'unique cause, c'est de la folie pure! — s'écria la jeune femme.
— Oui, c'est de la folie, grâce à Dieu! Mais que veux-tu? je t'aime tant! —
— Quand il s'agit de toi, quand la pensée me vient que tu pourrais courir un danger, mon esprit se trouble et je déraisonne...
— Eh bien ! rassure-toi vite, car en supposant que je sois malade, ce que j(> n'admets aucunement, — la guérison est proche, et voici que déjà je me sens mieux... — Le sommeil me gagne... je vais dormir...
En disant ce qui précède, madame Delarivière, après avoir affectueusement serré les mains qui s'unissaient aux siennes, appuj'a de nouveau sa tête sur l'épaule de son mari, et ferma les veux.
L'excessive fatigue de la jeune femme n'était que trop naturelle, et quelques lignes suffiront pour en expliquer les causes.
Maurice Delarivière, d'origine française et de famille parisienne, s'était fixé en Amérique dix-sept années auparavant, à la suite d'événements qui nous seront connus, et la maison de banque fondée par lui à New-York prospérait au delà de ses plus ambitieuses espérances,
M. Delarivière avait une fille de seize ans, née en Amérique, mais pour laquelle il voulait une éducation toute française. En conséquence, et quoiqu'il parût bien pénible à la jeune mère d'être séparée de son enfant, Edmée vivait depuis l'Age de sept ans dans un pensionnat très distingué des environs de Paris.
Hutons-nous d'ajouter que tous les deux ans M. et madame Delarivière venaient en France visiter leur fille.
Cette année-là, le banquier songeait sérieusement à liquider sa maison, à la céder à quelque riche capitaliste, et à se retirer des affaires pour jouir en paix de sa grande fortune.
En vue de la liquidation projetée, il profitait de son voyage pour régler luimême ses comptes avec diverses maisons de banque où ses intérêts se trouvaient engagés.
Débarqué à Portsmouth en arrivant de New- York, il se rendit à Londres et reçut de son correspondant deux millions en valeur sur Paris. — Un vapeur le conduisit à Lisbonne, de Lisbonne il toucha à Cadix, de Cadix à Gibraltar, de Gibraltar à Valence en Espagne, de Valence à Barcelone, et de Barcelone à Marseille.
Ce voyage était trop long et trop pénible pour une femme d'une nature frêle et nerveuse; aussi madame Delarivière était brisée, anéantie, à bout de forces, en arrivant à Marseille.
Le banquier lui proposa de faire dans cette ville une halte nécessaire à sa santé.
L'impérieux désir d'embrasser sa fille sans retard ne lui permit point d'accepier cette offre... — Elle voulut partir et partit; mais, aveuglée par la tendresse maternelle, la jeune femme présumait trop, sinon de son courage, du moins de sa vigueur.
L'excès de la fatigue avait amené la fièvre, et, à mesure que passaient les heures, cette fièvre devenait de plus en plus intense.
Entre Marseille et Lyon madame Delarivière, engourdie par la trépidation continue de l'express, subit une sorte de prostration que son mari prit pour du sommeil. , ,.
A Lyon, le train s'arrêtait pendant douze minutes.
Jeanne, que le brusque passage du mouvement à l'immobilité ranima, sortit pour un instant de sa fiévreuse somnolence et rouvrit les yeux.
Veux-(u prendre quelque chose au buffet? — lui demanda M. Delari-
VI ère.
— Merci, mon ami, — répondit-elle — je n'ai pas faim...
— » puis-je au moins te faire apporter un bouillon? — poursuivit Ir banquier.
Jeanne secoua la tète.
— Le bouillon des buffets ne m'inspire aucune confiance. — dit-elle avec un sourire vague.
— Il faut cependant te soutenir.
— Eh bien, donne-moi un peu de vin d'Espagne. — OJa me soutiendra jusqu'à Dijon, et j'essayerai de descendre au buffet.
— Te trouves-tu mieux?
— Oui, beaucoup mieux... — La mer m'avait brisée.., Il me semble que le chemin de fer me repose...
— Que Dieu en soit béni !
M. Delarivière avait ouvert une valise placée dans le filet du compartiment.
Il en tira une bouteille habillée de cuir fauve et coiffée d'un gobelet en argent ciselé, et il remplit ce gobelet de vin de Xérès dont chaque goutte, en tombant, scintillait comme de l'or liquide.
Jeanne savoura lentement ce breuvage généreux ; un nuage rose s'étendit aussitôt sur ses joues pâles.
— Ah! cela fait du bien... — murmura-t-elle. — C'est la vie!... je me sens renaître... Décidément nous avons eu raison de partir.
— Tu le voulais, — répliqua le banquier, — j'ai cédé comme toujours, mais combien il eût été plus sage d'agir ainsi que je le souhaitais et que je te suppliais de le faire... — Cn paquebot t'aurait conduite en quelques heures de Portsmouth au Havre ; les trains de marée font du Havre un faubourg de Paris, et depuis bien des jours, heureuse et sans fatigue, tu serais auprès de notre fille...
— Oui, c'est vrai, mon ami, mais...
— Mais quoi ?
— Pour cela, il eut lallu me séparer de toi... et je ne le voulais pas... et je faisais bien, puisque nous allons arriver au but... — Nous ne nous serons pas quittés d'une heure !... Qu'importe un peu de fatigue pour un tel résultat...
— Chère... chère femme!... — murmura M. Delarivière eu entourant Jeanne de ses bras, en la pressant contre sa poitrine, et en appuyant ses lèvres sur son front et sur ses cheveux.
L'express avait repris sa marche, et courait vei's Paris à une vitesse de soixante kilomètres à l'heure.
La jeune femme s'engourdissait de nouveau et paraissait dormir.
A Dijon, M. Delarivière la tira de son assoupissement
— Tu m'as promis de prendre un peu de nourriture ici, ma chérie, — lui dit-il. — Tiens ta promesse...
— Je le voudrais, — répondit-elle. — Mais je sens que cela me serait impossible... — Mon estomac refuserait d'accepter la moindre parcelle d'aliments... — D'ailleurs, je n'ai besoin de rien... que de sommeil...
Un redoublement de lièvre amenait à sa^ suite une somnolence de plus en plus lourde.
Le banquier ninsisla pas et suivit dun œil effrayé les phases du malaise grandissant.
Quoique plongée dans un engourdissement quasi-léthargique, la jeune femme souffrait beaucoup, il était impossible d'en douter.
De faibles gémisse. nents s'échappaient de ses lèvres entr'ouvertes. des gouttes de sueur collaient à son fi-ont les mèches éparses de ses cheveux. blonds, ses paupières abaissées tressaillaient comme les ailes d'un papillon qui va prendre son vol.
Une heure environ se passa ainsi, puis madame Delarivière essaya de se soulever, et l'une de ses mains s'agita, cherchant la portière du coupé.
Il était difficile de se méprendre à la signification de ce g^este. — Jeanne, oppressée, ne respirant plus, essayait machinalement d'ouvrir le carreau mobile.
Le banquier comprit le désir de sa femme et s'empressa de faire glisser la vitre dans sa rainure.
Une bouffée d'air vif et fi'oid entra dans le compartiment.
Madame Delarivière panit d'abord l'aspirer avec délices, puis elle devint mortellement pâle, elle porta ses deux mains à son front en laissant échapper une plainte sourde, et retomba en arrière sur la poitrine de son mari.
Elle avait perdu connaissance.
— Mon Dieu! — s'écria le banquier comme si quelqu'un avait pu l'entendre et lui venir en aide, — mon Dieu 1,.. elle est évanouie!! Que faire ?...
La situation devenait grave, en etïet.
M. Delarivière. en proie à un effarement facile à comprendre, perdait absolument la tête auprès de cette femme adorée qui lui semblait mourante... — Son mexpérience éta.it absolue ; -— il ne savait que tenter et quel parti prendre.
L'imminence possible du péril lui rendit cependant un peu de sang-froiJ... a tira de sa valise un flacon de cristal bouché à l'émeri et renfermant des sels
anglais d'une grande énergie, et il approcha ce flacon des narines de Jeanne.
L'effet produit fut presque immédiat.
Madame Delarivière fit un mouvement léger, respira fortement à deux ou trois reprises, rouvrit les yeux et revint à elle-même.
— Il m"a semblé que j'allais mourir... — balbutia-t-elle sans avoir conscience de ses parole:. ;
i; : — Jeanne, mon enfant chérie ! — murmuia le banquier en l'enveloppant de ses deux bras, — tu luttes en vain contre le mal et tes souffrances sont plus fortes que ton courage. ■
— C'est vrai... j'ai le front pris dans un cercle de fer... je brûle et je tremble à la fois... on dirait que l'air me manque tant ma poitrine est oppressée...
— Il est impossible de continuer ce déplorable voyage en de telles conditions... — fit vivement M. Delarivière.
— Que veux- tu dire ?
— Je veux dire qu'à la première halte de l'express nous quitterons le train...
— Quitter le train ! — s'écria la jeune femme en se ranimant tout à coup.
— Parles-tu sérieusement?
— Sans doute... — Nous ferons maintenant ce que nous aurions dû faire avant de partir de Marseille... — Ton malaise et ta faiblesse augmententi.. la nécessité du repos s'impose de façon impérieuse...
— Allons, tu n'y penses pas! — reprit avec vivacité madame Delarivière,
— je suis soutirante, c'est vrai, mais ma souffrance résulte de la fatigue et cette fatigue est inévitable... — Nous arrêter alors que quelques heures à peine nous séparent de Paris ! je n'y consentirai jamais ! — Tiens, me voilà plus forte.. . Me voilà presque remise... — La pensée que chaque minute me, rapproche de, notre fille est pour moi le plus souverain des remèdes... — Regarde-moi... Ai-je l'air d'une malade ?
Ella jeune femme, en parlant ainsi, tournait vers le banquier son doux, vi-. sage souriant, mais dont les efforts héroïques qu'elle faisait sur. elle-même ne pouvaient atténuer l'altération profonde.
— Tu cherches à me rassurer, chère Jeanne! — murmura M. Delarivière dont les larmes difficilement contenues obscurcissaient le reganV
— Non, je te jure que je me sens aussi bien que possible.. -
, La jeune femme ne mentait pas. — A la crise violente qu'elle venait de subir succédait un moment de calme relatif.
Elle reprit :
— Parlons d'Edmée... — Tes réflexions sont faites?... Ta détermination est irrévocable?... Nous retirons du pensionnat notre chère enfant?...
— Sans doute, puisque son éducation est terminée... — Et nous l'emmenons à New- York avec iious? .
— N'est-ce pas ton désir?
La voiture ne tarda poiut à s'arrêter devant l'iiotel du Grand-Cerf. (Page 13.)
— Mon désir ardent, tu le sais, est de me réunir à ma fille, mais tu sais aussi combien je souhaiterais ne plus quitter mon pays natal...
— Oui, je n'ignore pas que ton rêve est de te fixer en France et d'habiter Paris...
— Ou ses environs... — ïl y a des propriétés si jolies autour de la grande ville, et notre Edmée y deviendrait si vite tout à fait parisienne.
— Ce rêve se réalisera, je te le promets....
— Bientôt? — demanda joyeusement madame Delarivière.
LiV. 2 F. ROY, éditeur
— Avant un an...
— Un an ! comme c'est long !... — soupira la jeune femme.
— Sans doute, mais nous devons cette fois encore retourner à New-\ork. lu le comprends, pour y mener à bonne fin la liquidation de ma maison de banque, et surtout pour y accomplir le grand acte, l'acte sacré, qui grâce au ciel est maintenant possible, et qui sera la juste et trop tardive récompense de ta tendresse et de ton dévouement.
Jeanne baissa les yeux comme aurait pu le faire une jeune fille. — Un beau nuage pourpre chassa la pâleur de ses joues, mais elle ne répondit pas.
Quelques minutes de silence succédèrent aux dernières paroles que nous venons de reproduire.
Le banquier rompit ce silence.
— Tu seras heureuse alors, n'est-ce pas? — reprit-il.
— Ah ! oui, bien heureuse ! — s'écria Jeanne, — trop heureuse 1... et je me demande comment j'aurai pu mériter un si grand bonheur...
— En étant la plus parfaite des femmes, la meilleure des mères. Madame Delarivière allait répondre, mais un tremblement convulsif arrêta
les mots sur ses lèvres et la secoua de la nuque aux talons. Elle ramena sur elle ses fourrures un instant écartées.
— J'ai froid! — balbuLia-t-elle d'une voix à peine distincte. — J'ai Lien froid!
— Yeux-tu que je lève cette glace?
— Oui, je t'en prie !...
M. Delarivière s'empressa d'obéir et poursuivit :
— Comment te trouves-tu maintenant?
— Je ne sais ce que j'éprouve... Ma tète est en feu... Mon corps est transi... Chaque secousse du chemin de fer retentit dans mon cerveau et l'ébranlé... Il me semble que mes tempes vont éclater...
— Appuie-toi sur moi, chère bien-aimée... je te réchaufferai dans mes bras... La jeune femme sb blottit comme un oiseau blessé contre la poitrine de son
mari qui sentit ses membres délicats grelotter et brûler à la fois.
La fièvre reprenait une intensité nouvelle et véritablement effrayante. — Une angoisse profonde s'emparait de l'esprit du banquier qu'assiégeaient les plus sombres pressentiments.
De minute en minute, de seconde en seconde, l'oppression de Jeanne redoublait, et sa respiration devenait sifflante et saccadée en même temps qu'une sueur froide mouillait ses tempes.
Le train filait avec une rapidité vertigineuse, ne s'arrêtant qu'aux grandes stations.
M. Delarivière avait entendu nommer successivenn'iit Les Laumes, Tonnerre, Laroche, Monlereau....
11 était trois heures du matin.
\ L'ne heure et demie encore, et l'express entrerait en gare de Paris.
;; Les premières lueurs du jour naissant traçaient une ligne pâle à l'horizon.
\ Déjà les collines, les arbres, les poteaux du télégraphe commençaient à se des-
\ siner sur le fond gris du ciel, et à peine entrevus disparaissaient sous les pa-
\ naches de fumée vomis par la machine.
{ Tout à coup Jeanne poussa un profond soupir, son corps s'agita comme
\ secoué par l'étincelle d'une pile électrique, puis, s'immobiiisant, se raidit...
\ M. Delarivière, effaré, regarda le visage de sa compagne, et ce fut à son
\ tour de frissonner.
\ Les yeux largement ouverts de la jeune femme étaient fixes et sans regard ;
\ aucun souffle ne semblait s'échapper de ses lèvres blanches. — Le banquier
\ posa sa main tremblante sur le côté gauche du corsage et ne sentit plus battre
; le cœur.
< Un évanouissement bien autrement effrayant que le premier venait d'anéan- \ tir madame Delarivière.
\ A cette minute précise le train, qui depuis un instant se ralentissait, s'ar-
\ rèta, et l'on entendit des voix monotones répéter :
< — Melun... Melun...
[ Le banquier, qui sentait sa raison s'égarer, ouvrit eu toute hâte la portière et
} cria de toutes ses forces à deux ou trois reprises : \ — A-u secours ! au secours !
î Les employés accoururent auprès du coupé d'où partaient ces cris,
\ — Que se passe-t-il, monsieur? — demanda le chef de train en escaladant
$ le marchepied.
\ — Ma femme se meurt... — répondit h,' banquier. — Prêtez-moi voire aide,
\ je vous en supplie, pour la porter dans une salle d'attente de la gare... —
\ Continuer le voyage en ce moment est impossible... je n'irai pas plus loin... } — A vos ordres, monsieur, \
\ Les gardes de nuit, le chef et le sous-chef de gare s'étaient énalcés vers le
\ coupé-lit, — Bon nombre de voyageurs, réveillés par cet incident dramatique,
I avaient quitté leurs compartiments et formaient un groupe curieux auprès de
s la portière ouverte.