MALADIE DES POMMES DE TERRE
Nous avons résumé , aussi complètement que noire cadre le comportait, les principales infirmités humaines et leurs remèdes appropriés ; de là nous avons passé à celles des animaux , ïidèles compagnons de l'homme , nourriciers de la famille, et souvent l'unique richesse du cultivateur.
Maintenant, là où tous nos devanciers se sont arrêtés , il nous reste une tâche à remplir. La vraie médecine doit, pour être complète, s'éteiidre aussi au règne végétal.
Malheureusement , gênés par l'espace , nous ne pouvons que signaler en passant ce vaste sujet , et appeler le zèle des observateurs pour le compléter et l'agrandir, afin que plus tard l'homœopathic végétale ne soit pas au-dessous des autres applications de l'art.
L'unique objet qui puisse fixer aujourd'hui notre attention est la maladie des pommes de terre , maladie que l'on se flatte en vain de voir disparaître et qui ne cédera qu'aux cITorls réunis de l'agriculteur et du savant.
La Pathogencsie brésilienne (page 219) contient un iniporlant travail sur ce sujet. On y verra que le moyen le plus sùr de préserver la pomme de terre est de lui inoculer un globule préparé avec des parties de la plante malade elle-
même. 11 suffit pour cela d'ouvrir, dans chaque fragment du • tubercule que l'on met eu terre, un trou avec une grosse aiguille ou une grosse épingle et d'y insinuer le globule indiqué, qui se dissoudra bientôt et répandra autour de lui son action préservatrice. Des essais faits en Lorraine et aux environs de Paris ont déjà parfaitement réussi. Les agriculteurs qui désireront les multiplier, pouiTont s'adresser à la pharmacie centrale honiœopathique, où , pour le prix d'un franc, on leur fera délivrer un flacon contenant 10,000 globules suffisant pour préserver une plantation considérable.
Le pralinage des semences selon la méthode B-kès , dont on a beaucoup vanté la propriété préservatrice , ne doit pas être mis de côté ; mais seulement il ne faut pas lui attribuer ylus de valeur qu'il n'en comporte. Ce procédé retardera peut-être de quelques années l'invasion de la maladie , en donnant plus de force à la végétation, mais il ne détruira pas le germe du mal , qui n'en renaîtra que plus violent et emportera tout l'espoir des récoltes de l'avenir, si on ne recourt dès aujourd'hui à l'emploi des moyens spécifiques. C'est ainsi qu'un excellent régime et une bonne alimentation étaient impuissants contre les progrès de la petite vérole, que la vaccine seule pouvait limiter à jamais , et faii'e disparaître en ratteiguant dans sa source.
L'homœopathie seule est donc appelée à conserver à l'Europe la pomme de terre, prédestinée à périr si on néglige les ressources de la science. Cependant les corps officiels s'endorment devant cet inunense danger, qui menace d'engloutir une partie des populations européennes privées de leur aliment. On a craint de blesser les amours-propres académiques en acceptant de la science nouvelle, le moyen de salut qu'elle offf aitdepuis deux ans, ouen demandant à un autre inventeur, M. Rey de Morande, le moyen qu'il offre depuis vingt ans de fialuraliser, en Europe, vingt plantes tropicales égales ou .supérieures en propriétés nutritives à la pomme de terre ellewème. Périssent cent millions d'hommes, pourvu que la routine des bureaux et l'orgueil des Académies triomphent I