NOTIONS GÉNÉRALES SUR LANATOMIE
Pour prendre une idée sommaire de la machine humaine, observez d'abord un corps dans sa tt . lité. Que voyez-vous? Un tronc auquel sont attachés quatre membres et surmonté lui-même d'un corps ovoïde nommé la tète.
Si maintenant vous interrogez la profondeur des organes, vous y distinguez des corps durs et solides appelés os, et des parties molles et flexibles.
Ce sont les os qui constituent la charpente osseuse et la forme primordiale du corps. La principale pièce du système osseux est une colonne formée de vingt-quatre disques séparés par des cartilages et que l'on nomme la colonne vertébrale. Elle forme la partie postérieure du tronc et supporte la boîte osseuse de la tête que l'on nomme le crâne.
Les vingt-quatre disques de la colonne vertébrale appelés eux-mêmes vertèbres, sont distribues ainsi qu'il suit; sept
sont aflectés èi la partie qui unit le tronc à la tête et se nomment cervicales ; des dix-sept affectés au tronc, les douze du haut se nomment dorsales et les cinq inférieurs se nomment lombaires ; un os volumineux formé par la soudure de cinq vertèbres primitives continue en bas la colonne vertébrale et aboutit lui-même à un petit os formé de vertèbres rudimentaires nommé Coccyx. C'est cet os qui, sous forme d'appendice prolongé, forme la queue chez les animaux.
Le tronc lui-même est formé de deux parties bien distinctes. Celle du haut est enfermée dans une boîte osseuse nommée thorax, formée en arrière par douze vertèbres dorsales, sur les côtés par douze prolongements osseux nommés les côtes qui s'articulent sur chacune de ces vertèbres, et en avant, par un os en forme de plastron nommé le Sternum, auquel viennent s'unir par un cartilage les septcôtesdu haut. Trois, ont un cartilage qui vient s'unir à celui de la septième côte ; deux, en sont absolument privés, et, par ce fait même, se trouvant assujetties moins rigoureusement peuvent se prêter aux mouvements des organes contenus dans les cavités du tronc. Les sept côtes du haut se nomment côtes sternales ou vraies côtes et les cinq inférieures, asternales ou fausses côtes.
Toutes les côtes, plus ou moins obliques en bas et en avant, sont séparées les unes des autres par des espaces que l'on nomme intercostaux. A partir de celles du milieu, elles offrent, haut et bas, une longueur qui va toujours en diminuant, de sorte que la première et la dernière sont les plus courtes.
On les distingue les unes des autres, en comptant de haut en bas, par les noms numériques de leur situation. Ainsi la plus élevée est la première, celle qui la suit, la seconde,
Il en est de même des vertèbres, que l'on nomme par exemple F», 2°'% 3"<= vertèbre dorsale, 2"% s™» vertèbre lombaire, et ainsi de suite en commençant par la plus élevée de ce nom et en finissant à la dernière en bas.
Par exception la première vertèbre cervicale porte aussi le ïiom i'Allas, par comparaison avec ce demi-dieu, qui dans les croyances mylliologiqucs est censé porter le monde, et comme si le poids du cerveau humain, cet univers en petit, fût agrandi à riniaginalion par la sublimité du nom donné a sou point d'appui ; la 2'"« cervicale porte également le nom supplémentaire d'^Xis, parce qu'elle soutient l'axe ou le pivot nommé
apophyse odonloïde, sur letiuel se meut et tourne l'Atlas. Les autres vertèbres cervicales en descendant conservent leur nom numérique de 3"^ 4™% 5'"% 6""^ et y""".
Il sera bien de se familiariser avec ces idées en les vérifiant sur un squelette si on peut s'en procurer un, et en tous cas sur le corps vivant le nombre, la disposition, la forme, et les attaches des vertèbres et des côtes, de manière à pouvoir les nommer à la première inspection.
Pour en revenir à la cavité supérieure du tronc qu'on nomme la poitrine, nous ajouterons qu'elle est bornée, à sa partie inférieure, par une cloison charnue en parasol, dont la convexité est tournée en haut et que l'on nomme le diaphragme. Au-dessous de cette cloison commence la 2"^ cavité, que l'on nomme l'abdomen.
De la partie supérieure et de chaque côté du tronc se trouve l'épaule, par laquelle se rattachent au corps les deux membres dits supérieurs, ou plus exactement encore thoraciques.
A la partie inférieure se trouve l'épaule pelvienne, composée de la fesse, de la hanche par lequelle sont reliés au tronc les membres inférieurs, ou plutôt abdominaux.
Le thorax contient les poumons chargés d'aspirer l'air et de nous mettre en rapport avec la partie gazeuse de l'univers, et le cœur, organe central des mouvements du sang.
L'abdomen contient l'estomac et les intestins chargés de nous mettre spécialement en rapport avec les portions solides et liquides du monde extérieur, que nous introduisons au dedans de notre corps sous forme d'aliments et de boissons ; le foie, le pancréas et la rate même chargés d'élaborer des sucs qui aident à cette élaboration vitale ; les reins, chargés de la production de l'urine ; la vessie, qui tient ce liquide en réserve pendant quelque temps, communique avec les reins par les uretères.
Le premier organe placé au-dessous du diaphragme est le foie qui tapisse presque toute sa cavité inférieure, beaucoup moins volumineux gauche qu';\ droite, où il déborde au-dessous des fausses côtes. Au-dessous du foie et en avant se trouve l'estomac. Plus à gauche se trouve la rate. La région droite où est logé le foie se nomme l'hypocondre droit, la région gauche où est
la rate se nomme l'iiypocondre gauche. Entre deux est la région de l'estomac ou épigastre. Ces trois régions occupent le tiers supérieur de l'aidomen. Le tiers moyen, qui se trouve au-dessous, porte les noms suivants : Région ombilicale au milieu et de chaque côté, le flanc droit et le flanc gauche audessous des liypocondres. Le tiers inférieur est également divisé en deux parties, l'hypoga^re au milieu au-dessous de l'ombilic, et les aines à droite et à gauche.
La plus grande partie de l'abdomen est occupée par le tube intestinal, qui commence à l'ouverture de l'estomac placée à droite, et nommée Pxjlore, et descend à la partie centrale en se roulai^ plusieurs fois sur lui-même. Il a, sous le nom de duodénum, de 15 à 17 centimètres de long; il prend ensuite le nom ûHntestin grêle et arrive en faisant des circonvolutions multipliées jusque dans l'hypogastre ; là, il se dirige dans l'aine droite, se renfle et prend le nom de cœcum^ intestin gros, court, globuleux, bosselé ; de là, il prend le nom àc colon ascendant, également bosselé, mais moins volumineux ; il remonte sous ce nom jusqu'à la rencontre du foie dans l'hypocondre droit, puis traverse l'épigastre pour se rendre au-dessous de la rate, sous le nom de colon transverse^ et descend dans le flanc droit en décrivant une double courbure que l'on appelle l'S du colon, et enfin, sous le nom de rectum, il descend au-devant du sacrum et vient aboutir à l'anus.
Les reins sont situés à la partie postérieure des flancs, de chaquecôtéde la colonne vertébrale. Ils communiquent, comme nous l'avons dit, à la vessie par les uretères, qui conduisent à ce réservoir le produit de leur sécrétion (g i49). La vessie est placée dans l'hypogastre à la partie antérieure du bas ventre et s'ouvre à sa partie inférieure dans le canal de l'urèthre par lequel s'écoule son contenu, quand le besoin s'en fait sentir.
Les organes de la génération étant contenus dans l'abdomen en partie pour le sexe masculin et en totalité pour le sexe féminin, il n'est point hors de propos de les considérer comme des annexes de l'abdomen et de nous en occuper ici.
PARTIES GÉNITALES DE l'hOMME.
Les organes génitaux de l'homme sont : Les testicules organes sécréteurs du liquide séminal ; \Q?,enveloppes qui ren-
ferment et protègent ces organes; les vésicules séminales réservoirs dans lesquels séjourne pendant un certain temps le liquide sécrété; et la verge, destinée à le porter dans les organes de la femme.
Les enveloppes des testicules se composent de cinq couches qui, examinées du dehors au dedans, sont: le scrotum, les dartos, la tunique érythroïde, la tunique fibreuse et la tunique vaginale-
Les testicules, au nombre de deux, ovoïdes, légèrement aplatis sur les côtés, sont situés sous la base de la verge. Ils se composent principalement d'une membrane fibreuse et d'une substance propre.
La membrane fibreuse est épaisse, dense, très-résistante, et partout appliquée contre la substance propre, à laquelle elle adhère.
La substance propre, molle, pulpeuse, d'un gris jaunâtre, résulte de l'assemblage d'une quantité immense de filaments diversement contournés, et d'une finesse égale à celle des cheveux ; on les nomme vaisseaux ou conduits séminifères. Ils forment, en se réunissant, un certain nombre de troncs qui s'unissent successivement les uns aux autres et forment ainsi un seul conduit très-long , qui , replié un grand nombre de fois sur lui-même, constitue une espèce de cordon placé sur le bord supérieur du testicule, et connu sous le nom à'épididyme. — L'épididyme se continue par son extrémité inférieure avec un conduit nommé déférent, conduit qui se porte en serpentant vers l'abdomen, et, après avoir décrit un arc autour de la partie latérale et inférieure de la vessie, se joint à l'extrémité antérieure de la vésicule séminale. C'est ce conduit qui fait parvenir goutte à goutte le sperme dans ce dernier organe.
Les vésicules séminales sont deux poches dans lesquelles séjourne un certain temps le sperme que versent dans leur intérieur lesconduits âéîércnls.Jllongccs, bosselées, elles sont situées au-dessous de la vessie. Elles donnent naissance à deux autres conduits nommés éjaculateurs, placés dans une espèce de glande qui a reçu le nom de prostate et qui vont s'ouvrir dans l'urèthre. — On trouve au-devant de la prostate deux petites glandes de ia même espèce, et dont les conduits s'ouvrent aussi dans ce dernier canal. On les nomme petites prostates ou glandes de Cotcpcr (§ 160).
La verge, allongée, cyUndrique, molle, pendante dans l'état ordinaire, dure, triangulaire^ relevée, etc. dans l'état d'érection, la verge est située au-devant et au bas de l'hypogastre. Elle se compose û'mie portion de peau, du corps caverneux, de Xurèthre et du gland.
Lupeau de la verge forme inférieurement la partie extérieure du prépuce, repli qui est formé en dedans d'une membrane muqueuse réfléchie de la face interne de la peau sur le gland, continue avec celle de l'urèthre, et repliée en bas et en arrière pour former ce que l'on nomme le frein ou le filet de la verge.
llurèthre est chez l'homme le plus long, le plus volumineux des conduits excréteurs, destiné à la fois à conduire au dehors le sperme et l'urine ; c'est un canal flexueux qui naît du col de la vessie, traverse la prostate, se place dans la gouttière du corps caverneux, et se termine au sommet du gland.