‹ Le médecin du peuple [electronic resource]Chapitre 17 sur 121 · PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE

Pour en revenir aux maladies, nous avons vu que les deux systèmes fondamentaux de l'organisme humain étaient le système nerveux et le système sanguin. De là deux grandes classes de maladies : maladies inflammatoires et maladies adynamiques. Les premières sont pour ainsi dire une simple exagération des actes de la vie, tandis que les autres en sont la diminution. Les unes se manifestent par la chaleur, les autres par le froid; les unes sont continues, les autres intermittentes; les unes sont aiguës et généralement ne se manifestent qu'une fois chez le même individu (rougeole, variole, fièvre typhoïde, scarlatine, etc. etc.) ; les autres sont presque toujours chroniques et tendent à se reproduire indéfiniment, même lorsque après un très-long intervalle on s'en croyait débarrassé pour toujours (épilepsie, fièvres intermittentes, névralgies, etc. etc.).

Nous n'insisterons pas davantage pour le moment sur ce sujet, qui sera développé prochainement dans un ouvrage plus étendu; mais nous avons dû l'indiquer, pour faire comprendre le nouvel ordre selon lequel sont classées les maladies dans ce petit manuel, où nous avons mis en tête les maladie.s inflammatoires et sanguines , et à la fin les maladies adynamiques et nerveuses, échelonnant entre ces deux extrêmes les aff"ections des autres appareils, de manière à coordonner pour la première fois les maladies dans un tout où chaque partie avait une place bien déterminée.

Nous réclamons l'indulgence des critiques pour ce premier essai, dans lequel nous avons considéré les organes, tantôt

iso'.éiiieiit, t;inlùt gi'oupés |x\i' systèmes anatonii(iiios, ou appareils oi'i^aniques. Puurvu que cliaque maladie lut. déciile d'une mauière claire et succincte, nous avons pensé avoir rem- I pli l'attente du lecteur.

Après la lecture de ce petit exposé d'anatomic élémentaire, M. Ferny reprit ainsi la suite de son entretien.

« Quand nous arriverons à chaque organe en particulier, nous en décrirons sommairement les maladies, et nous insisterons sur les diverses lésions qui peuvent les atteindre, en indiquant les moyens faciles de les reconnaître.

Parcourez avec soin la description de chaque maladie en particulier. Vous y trouverez peut-être des détails qui vous paraîtront minutieux et dont nos entretiens ne vous feront pas sentir toute l'importance ; mais il faut remarquer que ces détails inutiles en apparence et en raison des notions élémentaires de médecine que je vous donne en ce moment, ont une importance réelle pour le médecin, qui doit vous traiter dans les cas graves. Si par exemple vous avez à écrire à l'Institut central de Paris, qui, pour un prix minime, vous fournit des consultations et des médicaments, on ne se chargera de votre traitement que dans le cas où vous fournirez tous les f renseignements désirables pour éclairer les médecins avec ■ lesquels vous correspondrez.

De même que les médicaments que je dois vous faire connaître ne sont pas classés dans un ordre arbitraire, mais dans une série où l'on marche du plus au moins, ainsi les maladies seront classées, dans le tableau que je vais vous tracer, dans un ordre analogue, de manière que les premières seront celles qui se manifestent au début de la vie, en général avec des symptômes intlammaloires, des éruptions à la peau, des sensations vives et douloureuses, et que nous pas- I serons ensuite à des affections plus graves, jusqu'à arriver ;'i celles qui nous attendent dans la dernière période de la vie, et qui se manifestent parla faiblesse des fonctions, la prédoi minencedufroid,ladépressionde la vitalité, l'abattement moral • et l'anéantissement d'une mort imminente. En un mot, les 1 premières maladies ([ue nous allons énumércr seront ana- : logues aux effets primitifs d'/Vconit et de Pédiculus, et les dernières à celles d'Arsenicum, deCrolalus etd'l'.laps. Eiilin, comme les maladies ne sont pas de pures abslrariions.

mais des êtres I))en réels, elles occupent un espace déterminé et se manifestent do préférence dans tel ou tel point du corps. Si donc nous classons nos différents organes selon là disposition plus ou moins grande qu'ils ont à être le siège des maladies, nous pourrons décrire celles-ci dans leur ordre vraiment naturel en allant de la plus simple et de la plus légère aux plus graves et aux plus composées.

Nous aurons construit en réalité la science des maladies, que les savants ont baptisée du mot grec imthologie, science très-importante et que ni les anciens médecins ni les disciples de Hahnemann ne sont parvenus à constituer.

Je crois, mes amis, être sur la voie de cette grande découverte, et ce sera peut-être une singularité bien glorieuse pour nos modestes entretiens que nous possédions les premiers ici dans notre retraite champêtre cette vérité radieuse qui se dérobe aux efforts de tant de savants illustres.

Quoi qu'il en soit, voici l'ordre dans lequel je vais vous exposer les maladies. S'il remplit mon espoir, il constitue une découverte inappréciable ! s'il n'y répond pas, il vaut bien en tous cas l'ordre alphabétique ou tout autre choisi arbitrairement.

Nous diviserons l'étude des maladies, en dix chapitres, qui seront sous-divisés en 226 paragraphes.

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