ORDRE VII. — ULCÉRATIONS
Les ulcérations appartiennent en général autant au système cellulaire qu'à la peau : nous en parlons néanmoins ici, à cause des nombreuses affinités qui unissent ces deux ordres de maladies entre elles.
33. SYniiLis. — La syphilis est une maladie assez difficile il guérir radicalement, si on l'a négligée aux premières époques de son apparition. Elle ne se transmet pas seulement par les organes de la génération, mais même par les autres parties qui sont revêtues d'une pellicule line, comme le mamelon ou les lèvres. Ainsi, un enfant peut prendre une maladie vénérienne en touchant h peine de ses lèvres le mamelon d'une nourrice. Un bain d'une personne infectée peut communiquer la maladie.
Les symptômes ne sont pas les mêmes lorsqu'ils annoncent l'invasion syphilitique, ou qu'ils font reconnaître un état constitutionnel. Les premiers, ceux qui doivent alarmer celui qui les découvre en soi, sont les suivants. Un écoulement se produit, par le canal de l'urèthre chez rhomnie, ou le canal vaginal chez la femme. II est vrai que celle-ci pourrait le prendre, jusqu'à un certain point, pour des flueurs blanches. Mais il excite un sentiment de douleur vive et pénétrante qui établit entièrement la différence. Des ulcères se creusent sur les parties génitales; des points blancs, c'est-à-dire pustuleux, se montrent çà et là; des engorgements glanduleux (bubons) se forment au pli de l'aine. Tous ces signes ne se montrent pas en même temps. 11 suffit d'un seul jiour caractériser la maladie, et déterminer immédiatement le malade à
se Iraiter. Le symptôme primitif et capilal est le cliancre, ulcère local bords iliirs, taillés à pics, à fonds lardacé, contracté générrdement par le coït avec une personne infectée. 11 dcbute par une tache rouge, ou inilammation prurigineuse, qui laisse bientôt échapper une sérosité roussàtre, se crijuse rapidement et tend à envahir les parties environnantes.
Tn.viTEMENT. — jMerc, une dose matin et soir pendant huit jours, et au besoin Jac. C. Lyc, et Tliu.
Dans la syphilis secondaire on emploiera utilement Crotal-, Lach., S IL
Les bubons de l'aine ou poulains céderont au même traitement.
Quant aux écoulements , nous en parlerons plus loin au §155, Maladies de Vurètkre.
3-1. Lupcs. — Dartre rongeante, débute par des tubercules livides, solitaires, indolents, suivis d'ulcères sanieux, rouges, etc., qui se recouvrent d'une croûte très-adhérente, ou une profonde altération de la peau; il semble attaquer de préférence le nez. les paupières et les lèvres.
Le traitement est le même que celui du chancre syphiliiique ; on pourra seulement ajouter yJrscn. si les ulcères laissent écouler une matière purulente très-fétide.
35. Anthrax. — Tumeur inflammatoire circonscrite, trèsdure, brûlante, très-large et saillante au-dessus de la peau, s'ouvrant par plusieurs ouvertures, qui représentent celles de plusieurs furoncles, dont la réunion forme l'anthrax, et se terminant par la chute d'un bourbillon, portion gangrenée du tissu cellulaire comprise dans le foyer du mal.
Le TiiAiTEMENT, qui est commun avec celui du furoncle, doit commencer par Aconit à doses répétées et puis SiL, J/yosc, Lach., Merc, Lyc. et enlin Crotal. ou Arsen., si l'aspect de l'anlin-ax devient livide et si l'odeur de la suppuration est cadavéreuse. Les mêmes médicaments seront employés à la 14<= et 20"= dynamisalion et à longs intervalles, chez les personnes sujettes à l'éruption périodique des furoncles.
36. Le CiiAiîiîON, autrefois nommé anthrax malin, est une tumeur dure, bi'ûlaule, d'un rouge livide, contraclée en louchant dos animaux qui en sont atteints. Llle se couvre de PlUyclènes, qui se convertissent en une croûte noire gangrenée.
Les symptômes généraux, l'aballement moral, le délire, l;i fiovrc, la somnolence, accompagnent le charbon et exigent un traitement énergique.
TiuiTEMENT. — Chauffer la plaie à distance avec un fer rouge, d'heure en heure, est un moyen qui dimiauei'a de beaucoup la violence des accidents, si on y recourt dès le principe. Arsen. à doses répétées de quatre en quatre heures, 5'' dilulion le premier jour, 7" le jour suivant et le troisième, si les dilutions précédentes ont amené de l'amélioration.
Sinon, on recourra à Crotal.^ Lach., SU. ou Merc.
Ulcères. — Les ulcères sont les plaies chroniques qui ne peuvent pas se cicatriser. Quand une plaie devient stationnaire et que ses bords ne se rapprochent pas pour se confondre l'un avec l'autre, et effacer par leur réunion la solution de continuité, on dit que la plaie est ulcéreuse. Les ulcères chroniques, soit aux jambes, soit à d'autres parties du corps, exigent le même traitement que le charbon, mais à des dynamisations plus élevées et à des intervalles plus éloignés.
ORDRE VIII. •— HÉMORRHAGIES.
37. PouRPUE. — Petites taches circonscrites dans lesquelles le sang paraît extra vasé.
Le médicament principal est Elaps, après lequel on pourra employer Dig., Bry., Crotal. et Rhs.
Nous engageons nos lecteurs à lire d'un seul coup tout ce chapitre : ils y sentiront ce que nous leur avons annoncé en présentant la série des médicamens ; c'est celte progression constante d'une série régulière, procédant d'^/coH. et Ped., pour finir à Crotal., Arsen. et Elaps; de sorte qu'il suffit pour ainsi dire de savoir dans quel ordre est placé une affection de la peau, pour savoir à peu près quels sont les médicaments qu'on doit lui opposer.
Celui qui saisira bien cette filiation en saura plus, sur le traitement des maladies, que bien des gens qui ont feuilleté sans fruit, pendant des années, les pages confuses de l aiicicnne matière médicale.
Il faut du reste, nous le répétons, étutlicr avec le iilus grand soin les maladies de la peau chez tous les malades, et s'informer de celles qu'ils peuvent avoir eues antérieurement, de sorte que lorsque lu forme présente de la maladie laissera quelque doute dans l'esprit sur le choix du médicament, on devra recourir sans hésiter à celui qui aurait convenu dans la maladie cutanée, disparue ou répercutée depuis plusieurs années.