CHAPITRE VIII
SYSTÈME NERVEUX
Nous comprendrons sous la rubrique de système nerveux, les symptômes de la tète et du cerveau, centre du réseau nerveux, le sommeil, qui est la cessation des rapports entre l'appareil sensitif et l'âme , les crampes , les spasmes , la dioréc ou danse de Saint-Guy, la catalepsie ; enfin nous einprunicrons au docteur lléring, de Philadelphie, un passage imporlanl de sa médecine domestique sur la mort apparente, contenant les
syncopes, la défaillance, l'asphyxie par le froid ou la slrangulalion, les gaz irrespirables , l'eau , le tétanos et l'cpilepsie. Tout en empruntant le cadre du célèbre homœopathiste, nous ne laisserons pas que d'y joindre nos travaux personnels et entre autres une notice sur les enterrements précipités.
Névralgie. — Pour la commodité du lecteur nous avons traité des diverses névralgies à chacun des organes spéciaux où elles se manifestent d'ordinaire. Voyez : Tic douloureux (§ 39), Sciatique ou Névralgie fémoro-poplitée (§ C'y), Odontalgie (§116), Gastralgie (§129), Céphalalgie (§182).
Les névralgies sont des douleurs extrêmement vives et lancinantes, suivant le trajet des nerfs, intermiUmtes et sans aucune espèce d'inflammation locale ni de lièvre.
Traitement. Les médicaments les plus utiles dans les névralgies en général, sont Crotal., Arsen., Elaps., Ferat., Hipp., Puis., Hyosc, Bell., Nux P'.
Nous répéterons , à propos des névralgies , ce que nous avons dit à plusieurs reprises en parlant de l'emploi de l'eau froide. C'est qu'il faut s'en servir avec discernement et précaution. Combien de milliers d'individus souffrent en ce moment d'horribles douleurs névralgiques pour avoir prodigué les ablutions froides sans savoir provoquer à leurs suites la chaleur et la sueur! Ceux-là doivent, pour plusieurs années, s'abstenir de l'emploi de l'eau froide. Quant à ceux qui ont seulement des dispositions aux névralgies, et qui veulent essayer de l'eau froide, nous leurs conseillerons de s'y préparer par des frictions d'un linge imbibé d'esprit-de-vin. Le froid vif, provoqué par ces frictions , fait place immédiatement à une cliaieur sèche et bientôt à la sueur , si on sait la provoquer par un bon exercice gymnastique. Après quelques semaines de cette pratique, l'emploi de l'eau froide sera beaucoup mieux supporté.
Est-il nécessaire de recommander les plus grandes précautions si l'on fait des frictions alcooliques auprès du feu ou à la lumière? Nous rappellerons donc qu'une étincelle suffit pour allumer l'esprit-de-vin et causer la plus effroyable catastrophe.
181. Apoplexie. — Elle débute par : chute sans connaissance, face injectée, respiration ronflante, et, après le retour
à la vie, somnolence, paralysie des membres, de la langue, avec balbutiement; d'autres fois l'attaque est précédée de violents maux de tête, ou la paralysie atteint tout à coup une moitié du corps.
Traitement. L'apoplexie est surtout provoquée par l'abus des saignées. Les personnes qui n'auront pas perdu de sang, et qui auront la précaution de prendre de temps en temps Acon.fBell. et Rhs., pour combattre une disposition aux congestions, n'en seront jamais atteintes. Quoi qu'il en soit, dans l'apoplexie avec perte de connaissance , on donnera d'abord Nux F., dissous dans l'eau , quelques gouttes sur la langue, de 10 enio minutes, ou bien Z^i/osc, Zac/^..,^Be^^. elC.Ind.
Pour la paralysie, on emploiera Bell., Rhs., Arn., Phos.
Si l'on arrive après que le malade a eu le malheur d'être saigné, on peut essayer P'erat., Elaps; mais alors le pronostic est très-grave, et les rechutes presque inévitables, tandis qu'après un traitement liomœopathique, elles sont presque impossibles.
Le vertige et la congestion sont des symptômes légers analogues à l'apoplexie ; on les traitera avec la même série de médicaments à la 30"= ou 50" dilution. Ce traitement sera en même temps un excellent préservatif contre les attaques subséquentes d'apoplexie.