Rêves
D'eau, d'inondation, Ped.,Sil., Merc.
De dangers, de mort, Crotal., Lach.
Gais, Ars., Phos., Puis.
Voluptueux (voyez Pollutions, 164).
18®. Les Crampes dans les membres seront traitées par des frictions d'alcool camphré, comme nous l'avons dit pour le choléra. On pourra employer aussi Cale. , Sulph., Lijc. ,I\ «f .".
190. Les Spasmes ou convulsions sont des mouveraenls violents des muscles sans participation de la volonté. Les spasmes Ioniques sont des spasmes permanents ; on appelle cloniques ceux qui sont alternatifs ; le tétanos est un spasme tonique; le tremblement est le premier degré des spasmes cloniques.
Pour les spasmes cloniques vous pourrez donner Cham., Elaps, Cale., Bell., Ferai.
Pour les autres, voyez : Hystérie [% fîS), Tétanos (S 193).
191. Chouée. — Elle consiste en mouvements continus et irréguliers qui déjouent en général les efforts de la volonté en transformant leurs résultats au grand déplaisir du malade. Crolal., iSux F., Lyc.^ C. Ind.
192. Catalepsie. — Affection intermittente, sans fièvre, caractérisée par la perte instantanée du sentiment et de l'entendement , par une roideur générale ou partielle du système musculaire, qui conserve les attitudes qu'on lui imprime, pendant toute la durée de l'attaque. Pendant cet état singulier tous les actes de la vie intérieure continuent à s'exercer.
Cette maladie est une de celles que la médecine vulgaire doit bien se garder d'aborder; ses saignées, ses purgatifs , tout son arsenal de moyens grossiers et barbares ne ferait qu'agraver l'état du patient sans abréger en rien la durée des crises. Le magnétisme, au contraire , les abrégera et les adoucira. Le sujet tombera facilement en somnambulisme s'il est magnétisé pendant ses crises par une personne de bonne volonté. Dans cet état , en promenant la main sur une boîte de médicaments homœopathiques, il indiquera lui-même les moyens convenables pour se guérir et les époques auxquelles il devra être magnétisé de nouveau.
Enfin, si les indications du somnambule ou l'action seule du magnétisme ne suffisent pas pour amener la guérison, vous pourrez recourir à Ferai., Elaps, Cham., Bell. Une dose au commencement de chaque accès et le jour suivant un globule de la 30<' dyoamination du même médicament qu'on ne répétera pas jusqu'à l'attaque suivante.
198. Tétanos. — Dans cette affection , les malades sont tantôt entièrement raides, sans mouvement possible des membres ou des muscles ; tantôt, et c'est le cas le plus fréquent , leurs membres sont tléchis en arrière , et quelquefois à ce point que la nuque va toucher les talons. Lorsque vous aurez à agir contre les symptômes du premier ordre, vous donnerez Crolal., Bell. , et Nal. M. dans ceux du second , vous aurez recours à Rhs. ou Bell. Lach. peut prévenir l'attaque lorsqu'on la voit s'approcher, et Nat. M. sera préféré lorsque la cause dépend d'une contrariété vive et persistante.
194. lù'iLKi'siE. — Affection nerveuse dans laquelle il y a mouvements convulsifs et abolition complète des fonctions d(!s sens et de l'entendement. Les accès sont précédés de malaise
et de vertiges , et les malades sentent d'un point du corps s'élever une espèce de vapeur froide, que l'on a nommé ylura epileptica et qui gagne rapidement le cerveau, dont les fonctions sont abolies instantanément. D'autres fois l'accès arrive sans prodrômes d'une manière foudroyante. Quand le patient est revenu à lui, il ne conserve aucun souvenir de ce qui s'est passé ; mais il ressent un malaise , une stupeur, un accablement universel.
Le magnétisme sera également d'un très-grand secours dans cette maladie et amènera de l'amélioration dans un grand nombre de cas et la guérison dans quelques-uns.
A son défaut on donnera Croto^., Arsen., C. Ind., Elaps, à très-hautes dynamisations so^s 50"^ ou loo'"^ dans l'intervalle des attaques.
Dans l'attaque même , on se contentera de magnétiser ou l'on donnera un peu d'eau dans laquelle on aura dissous un globule de Chamomille.
i DE QUELQUES CAS DE MORT APPARENTE.
195. Enterrements précipités. Embaumements. Sépultures PUBLIQUES.
En commençant ce paragraphe, nous devons nous occuper d'abord des signes auxquels on reconnaît la mort. Cet ouvrage, que nous nous efforçons de remplir d'idées utiles, serait bien incomplet s'il ne comprenait les moyens de prévenir l'enterrement des personnes vivantes.
11 est certain que bien souvent des hommes ont été enterrés vivants. Il est même certain que de nos jours ce fait doit se reproduire encore, car les précautions nécessaires pour prévenir un si grand malheur ne sont pas toutes connues, et celles mêmes qui sont connues ne sont appliquées qu'à une faible partie de la population.
Dans l'état actuel de la science, les signes les plus positifs de la mort sont : 1° la cessation des battements du cœur, vérifiée par l'oreille appliquée sur la poitrine ; 2° le relâchement des sphincters (muscles constricteurs des ouvertures du corps); l'ouverture de l'anus, qui reste béante, ainsi que colle du vagin, chez la femme; les paupières se ferment à demi, les lèvres tombent et s'affaissent, enlin, la pupille, qui s'était rctrécie
jusqu'à deux millimèlrcs pendant l'agonie , se dilate tout à coup jusqu'à cinq ou six millimètres; 3° l'affaissement du globe de l'œil et la formation d'une toile glaireuse, qui voile la transparence de la cornée. Cette toile se fend en plusieurs morceaux si l'on y touche et disparaît par le plus léger frottement.
Quand tous ces signes co-existent , la mort peut dans les cas ordinaires être regardée comme certaine. On peut aussi considérer comme très-importants les signes suivants : perte de la transparence de la main, derrière laquelle on place une bougie dans un lieu bien sombre; face cadavéreuse, peau décolorée ; la peau brûlée ne forme pas de cloches ni d'auréole rouge autour delà brûlure, l'abaissement de la mâchoire inférieure, la flexion du pouce dans le creux de la main. Mais il faut avouer qu'aucun de ces signes n'a une valeur absolue et indépendante.
Il en est de même de la raideur cadavérique, qui commence quelquefois un quart d'heure après la mort, d'autres fois après un espace de plusieurs heures, et qui dure d'autant plus longtemps qu'elle a commencé plus tard.
Le seul signe évident et incontesté jusqu'à présent de la mort est la putréfaction du cadavre. Nous conseillons jusqu'à nouvel ordre de ne s'en rapporter qu'à lui.
La putréfaction commence par la peau du ventre. Une coloration d'un vert bleuâtre apparaît sur les cadavres qui ne sont pas dans une atmosphère glacée, et d'autant plus vite que l'air est plus chaud et plus humide.
Ce signe, nous le répétons, doit être jusqu'à nouvel ordre regardé comme le seul infaillible. M. Bouchut, auteur d'un beau travail sur les signes de la mort, prétend que la cessation totale des bruits du coeur rend inutile l'attente de la putréfaction effective. Nous ne sommes point de son avis. Nous pensons que ce signe précieux éloigne les chances d'une erreur fatale, mais non qu'il les détruise tout à fait.
Lepremier qui appliqua un miroir sur les lèvres d'un mourant, crut aussi avoir découvert un signe certain de la mort, et, en effet, il avait fait une observation relativement utile à sou époque. Cependant aujourd'hui il est reconnu que ce signe est sans aucune valeur.
Quand plus tard on appliqua la main sur la région du cœur pour savoir si ses battements avaient cessé, ou avait encore
fait faire un pas à celte question terrible , et cependant aujourd'hui on sait que le cœur bat encore pour l'oreille appliquée sur le thorax , quand la main ne sent plus du tout son impulsion. Un jour on reconnaîtra que dans des cas très-rares le sang peut encore circuler silencieusement dans nos -vaisseaux, sans que l'oreille la plus exercée en soit avertie.
Ces cas se présenteront après ces attaques inexplicables d'un mal mystérieux que l'on nomme catalepsie, et qui conduit souvent à ce que les anciens nommaient léthargie, maladie que nient les médecins modernes , mais que des témoignages multipliés et la nature de certaines maladies nerveuses empêchent de récuser. Dans cet état toutes les fonctions vitales semblent anéanties , (p.ioique les malades jouissent de l'intégrité de leur intelligence et entendent parfaitement tout ce que l'on dit autour d'eux. Sans remonter à des exemples anciens et que l'on pourrait récuser, nous citerons seulement cette jeune demoiselle viennoise dont parle Raciborsky, qui, après 36 heures, parvint à rompre le charme qui semblait l'enchaîner, et dit en riant à ceux qui allaient l'ensevelir : « Oh! non, je suis trop jeune pour mourir, » Nous sommes convaincus que dans ce cas et d'autres analogues, tout indice des battements du cœur devait avoir disparu. Quand on a vu comme nous la catalepsie et l'insensibilité produite à volonté par un acte magnétique sur toutes les parties du corps de certains malades, et une immobilité complète enchaîner celle que l'opérateur indiquait, nul doute que cette affection extraordinaire ne puisse s'étendre jusqu'au cœur et en paralyser tous les mouvements apparents, sans que cependant la vie cesse un instant de subsister, par une faculté exceptionnelle aussi prodigieuse que cette maladie elle-même qui déjoue toutes les hypothèses des savants.
M. Bouchut effleure en passant ce sujet périlleux , qui lui eût certainement aliéné les sympathies de l'Académie , qui n'aime pas mieux entendre parler de catalepsie que de magnétisme, et qui a été enchantée de couronner un ouvrage dans lequel la distinction entre la vie et la mort est réduite à des signes bien palpables et bien matériels. Quant à nous , nous restons dans le doute, et nous invitons nos lecteurs à y persévérer; car, ainsi que l'a dit le célèbre Louis, quand il n'y aurait qu'un seul cas d'enterrement prématuré en mille ans, celte pro-
habilité terrible devrait nous engager à prendre les précautions les plus minutieuses. Or, certainement ces cas-là ont été très-fréquents en France, et le sont encore malheureusement de nos jours. Il suffit pour cela de réfléchir : i" que la mort n'est constatée par des médecins qu'à Paris et dans les principales villes ; 2° que jusqu'à ce jour on n'a pas attaché à l'auscultation du cœur l'importance qu'elle mérite ; 3" que la douleur des familles constitue un obstacle à un examen sérieux de l'état du corps , que l'on se contente d'examiner superficiellement, de crainte de provoquer une explosion de larmes; 4"^ que l'habitude de constater des milliers de mortsbien réelles finit par agir sur le médecin et le distraire de l'idée d'une léthargie possible, ainsi qu'il arrive au teneur de livres le plus exercé et au caissier le plus vigilant, qui jamais au bout de l'année ne peuvent balancer exactement leurs écritures. Or, c'est une cruelle erreur que celle où la vie et le supplice d'un homme sont les unités qui doivent servir d'appoint.
Qu'importe après cela que M. Bouchut et messieurs les commissaires aient examiné l'agonie de quelques centaines de malades , et qu'ils aient immolé pour leurs expériences des hécatombes de lapins 1 Les lapins sont très-peu concluants dans l'affaire, et, quant aux malades, ce n'est rien qu'un cent ou un mille, pour chercher un fait aussi rare que celui que nous signalons. Les exceptions terribles qui peuvent se produire ordonnent de douter encore.
Quant à l'Académie, qui couronne des mémoires, elle devrait un peu songer à se justifier elle-même de cette profonde ignorance des matières physiologiques qui l'ont amenée à nier pendant 50 ans un fait évident aujourd'hui pour tout le monde, le magnétisme animal, et qui, de nos jours, l'a portée à condamner l'homœopathie sans l'entendre. Vraiment! nous ne savons comment des juges qui ont condamné Mesmer et méconnu Hahnemann peuvent trouver des gens qui veuillent de leurs récompenses et de leurs couronnes. Ceux qu'ils ont flétris sont si grands , qu'il faut une humilité profonde pour se ranger parmi ceux qu'ils prétendent honorer.
Il faut qiiu la France soit bien oublieuse pour tolérer encore ces inslilulioiis funestes qui ont étouffé chez elle tant de pensées sublimes , et qui , après avoir fait rétrograder les sciences médicales, ont pu, par l'organe de l'Académie des
Sciences, chasser FuUon comme un intrigant, et assurer ainsi à nos dépens la grandeur actuelle de l'Angleterre et des États- Unis. Oui, à notre avis, quand on devrait passer sous silence cette longue chaîne d'iniquités qui constitue la vie des corps stipendiés par l'Etat, il devrait suffire de ces trois noms : Mesmer, Hahnemann et Fulton, pour entraîner l'Institut do France vers le même abîme où l'ombre irritée du maréchal Ney a précipité, après trente-trois ans, la chambre des pairs qui l'avait jugé. Les noms de ces trois grands hommes, de ces rédempteurs envoyés du ciel , seront-ils moins grands dans l'histoire que celui du maréchal de l'Empire? Nous ne le croyons pas, et cependant l'Institut distribue encore des médailles et des couronnes. Mais, patience, patience! la justice est éternelle comme Dieu, et infaillible comme lui.
Pour nous résumer sur la question des enterrements, voici, selon nous, les moyens de prévenir leurs dangers. D'abord, il faudrait que personne de nous ne pût être condamné à être enterré vivant sans avoir été soumis à deux degrés de juridiction. Les garanties que l'on accorde à tout accusé ne sont pas de trop, n'en déplaise à l'Académie, quand il s'agit d'encourir la plus effroyable des peines sans l'avoir en rien méritée. Il faudrait pour cela que le décès, après avoir été constaté provisoirement au domicile, le fût une seconde fois au cimetière par un comité spécial composé de trois membres qui y siégeraient en permanence.
Ce comité ne pourrait ordonner l'enterrement définitif qu'après l'apparition de la putréfaction. A cet effet des maisons mortuaires seraient établies dans chaque cimetière, et serviraient de séjour d'attente aux cadavres jusqu'à ce qu'ils donnassent des preuves évidentes de décomposition.
Enfin , cette preuve définitive obtenue , tous les corps seraient embaumés dans le double intérêt des familles et de la salubrité publique.
Nous prévoyons quelle tempête d'objections va soulever ce que nous venons d'écrire ; mais nous ne sommes pas accoutumés à nous laisser effrayer, et nous allons répondre aux plus massifs de ces projectiles que vont nous lancer les francsarciiers du corps académique.
D'abord les coutumes! Cela va sans dire, l'Académie doit défendre les vieux us, elle qui ne vit que des abus.
Première objeclioii tout à fait futile , petite fusillade sans conséquence, pour engager l'action. Nous n'y répondrons pas, car enfin nous écrivons pour des hommes du dix-neuvième siècle, ce serait leur faire injure que de discuter ce point devant eux.
La dépense , — deuxième objection — capitale pour l'Académie, qui veut que l'État économise, sans doute de peur que les fonds manquent pour les jetons de présence et les traitements. Là-dessus on dresse un budget fabuleux du prix que coûteraient cinquante mille maisons mortuaires sur la face de notre territoire. D'abord, quand le chiffre serait vrai, il faudrait en prendre son parti ; mais si l'on était d'accord sur le principe, avec un peu de temps et de bon vouloir, notre programme se réaliserait sans charge sensible pour les familles. D'abord, à Paris quatre édifices de plus dans ses quatre cimetières publics ne feraient qu'une dépense imperceptible dans l'océan du budget municipal. Dans les villes secondaires et dans les petites communes, rien ne serait si facile que d'utiliser quelque local déjà existant, contigu à l'église ou au presbytère dans chaque cimetière de campagne. Le gardien du cimetière serait chargé d'accourir au bruit d'une cloche dont le cordon serait passé au bras du mort présumé.
Le comité de révision pourrait être formé dans les moindres villages par le curé, le maire et le médecin ; les deux premiers pouvant se faire remplacer par un de leurs employés. Leur unique fonction serait de constater l'apparition de la putréfaction et d'autoriser l'embaumement. La constatation du décès à domicile n'est pas de toute nécessité confiée à un médecin. Elle consiste à déclarer que le cœur a cessé débattre. Or, avec la permission de l'Académie, ou sans elle, nous nous chargeons d'enseigner en quelques minutes à tout homme consciencieux à promener son oreille de la 3« à la 7« côte gauche, et à reconnaître si le bruit du cœur s'y Ml entendre. Une contre-vérification à droite pour les cas exceptionnels où le cœur serait placé de ce côté, et quelques instructions sur les autres signes de la mort, formeraient un ensemble scientifique suffisant pour la constatation des décès, que du reste la loi française ne confie pas aux médecins, mais a un officier de l'état civil.
Les ombaumemenls n'exigent pas davantage l'intervention des fils d'Esculape. Nous allons donner en deux mots le moyen d'y procéder, La tête étant redressée, la face en haut, tracez une ligne de la partie interne de la clavicule à l'apophyse mastoïde. La première se connaît à une pointe osseuse placée à côté de la fossette du cou, et la deuxième est une éminence osseuse trèssaillante placée derrière le lobule de l'oreille. En dedans de cette ligne, à 7 ou 8 centimètres de la clavicule chez l'homme, à 5 ou 6 chez la femme, faites une incision de 6 centimètres de long, vous diviserez la peau et une légère couche charnue que l'on nomme le muscle peaucier; un peu au-dessous vous trouverez en poussant du côté de la trachée-artère un muscle nommé sterno-mastoïdien, dirigé suivant la ligne que vous avez dû tracer à l'extérieur. Au-dessous vous trouverez une gaîne commune embrassant deux tubes vasculaires , dont le premier est la veine jugulaire et le deuxième est l'artère carotide. Pour vous aider dans cette recherche, vous pouvez chercher sur un homme vivant, d'une taille et d'un âge analogues à celui du décédé , le trajet de l'artère que vous reconnaîtrez à ses pulsations en promenant les doigts sur une ligne tracée comme nous l'avons dit de la partie interne de la clavicule à l'apophyse mastoïde. Enfin, si vous éprouvez malgré cela trop de difficulté, croisez votre première incision par une coupure de 3 à 4 centimètres de large , au fond de laquelle apparaîtront les ouvertures des deux vaisseaux divisés. Cela fait, introduisez la canule étroite d'une seringue dans le vaisseau le plus profond , que vous lierez autour d'elle avec un fil bien serré et noué solidement ; puis faites l'injection d'un liquide conservateur qui descendra vers le cœur, et de là se répandra dans toutes les parties du corps par le canal des ramifications artérielles.
Si votre première incision a été bien dirigée, ou si la deuxième a été faite assez habilement pour ne couper que la veine jugulaire sans entamer l'artère, vous ferez seulement dans celle-ci une incision en long assez prolongée pour permettre l'introduction de la canule. Toutes les fois que la jugulaire aura été divisée, il sera bien de lier son ouverture inférieure pour empêcher le reflux du liquide injecté.
Lopéraîion devra être tentée d'abord à gauche, et si elle
éclioiie de ce côté , on n'aura qu'à lier les deux ouvertures inférieures de la caroiide et de la jugulaire, après quoi on pourra recommencer à droite. Outre sa position, il est f;\cile de distinguer l'artère à son tissu jaune grisâtre, et beaucoup plus résistant que celui de la veine qui s'affaisse sur ellemême, tandis que la carotide reste béante.
Quant au liquide conservateur, le premier employé par les docteurs Tranchina et Mure, à Palerme, en 1836, fut l'acide arsénieux tenu en suspension dans de l'alcool avec une petite addition de cinabre. Cette méthode a jusqu'à présent parfaitement réussi.
C'est à elle que M. Gannal, qui l'a empruntée sans en nommer les auteurs , a dû ses plus beaux succès , car il paraît , d'après des rapports officiels, que le sulfate d'alumine, dont il avait si hautement proclamé la supériorité , est tout à fait inefficace.
Le docteur Suquet emploie une solution de chlorure de zinc, qui paraît ne le céder en rien au sublimé corrosif, et qui conserve mieux que lui la souplesse et la couleur des chairs.
Le sel d'Alembroth, qui est un sel double de deuto-chlorure de mercure et de chlorhydrate d'ammoniac, a non-seulement la propriété de conserver les corps , mais de les durcir avec le temps presque à l'égal de la pierre. On prépare le sel d'Alembroth en mêlant parties égales de deuto-chlorure de mercure et de chlorhydrate d'ammoniac dans de l'eau que l'on concentre jusqu'à ce qu'il s'y dépose des cristaux blancs, rhomboïdaux, prismatiques, transparents, devenant opaques par la chaleur, et que l'on redissout très-facilement dans l'eau chaude pour s'en servir.
Le docteur Gorini a montré à l'Académie de médecine des préparations anatomiques presque entièrement transparentes; mais comme il faisait un secret de cette découverte, l'Académie, qui n'aime pas les inventions, l'a considéré comme un inventeur, et l'a évincé comme clic sait le faire pour les hommes de talent. Ainsi a été perdue comme tant d'autres cette admirable découverte.
On peut employer la préparation suivante
Chlorure de zinc, 200 grammes.
Salpêtre, 200 gr.
Sel de cuisine 2 kilos.
Dissous dans 6 lilres d'eau bouillante que l'on agitera au moment de s'en servir, pour qu'aucune partie du mélange ne vienne à se déposer.
L'injection doit être faite d'un seul coup , car la chaleur raccornit le tissu de l'artère, qui n'en admettrait pas une seconde. Ainsi il faut une seringue d'une grande capacité. A son défaut on adapte à la canule un tube de 2 ou 3 centimètres de diamètre, de 3 ou 4 mètres de haut, et l'on versf la mixture dans le haut avec un entonnoir.
Quand le corps est saturé de liquide, on voit celui-ci ressortn' par la bouche. A ce moment on doit s'arrêter.
On fera bien d'introduire également un litre d'esprit-de-vin dans l'estomac et deux litres par l'anus , que l'on bouchera avec un bouchon enduit de cire ramollie.
Le cadavre devra être, s'il se peut, tenu dans un local sèc el échauffé pendant quelques jours, et devra être enveloppé d'un linceul imbibé d'esprit-de-vin.
Si on est obligé de procéder de suite à l'inhumation , on déposera dans le cercueil quelques kilogrammes de sel déliquescent , tels que le chlorure de calcium , qui absorberont l'excédant d'humidité.
Outre les moyens ci-dessus, il est encore un sel , l'hypochlorite de chaux, facile à se procurer liquide et à bon marché, dont l'injection sera très-efficace pour embaumer les corps.
Si ces moyens étaient adoptés, alors on pourrait dire avec certitude que personne ne serait enterré vivant. Car si la vie peut subsister encore après la cessation des battements du cœur et la putréfaction déclarée, ce que nous ne croyons pas, il reste encore la chance de revenir à la vie sous le couteau de l'embaumeur, et la certitude de mourir instantanément par l'introduction du liquide conservateur.
Tout est aussi simple que facile. Une dernière halte dans une salle mortuaire avant l'inhumation, quelques kilogrammes de sel , trois litres d'esprit-de-vin , une opération praticable par tout le monde : tels sont les éléments de notre système. Ajoutez à cela que les embaumeurs demandent aujourd'hui 3 ou 4X)0 francs pour une opération qui doit en réalité en coûter moins de dix.
Nous croyons ce système trop bon pour penser qu'il serait approuvé par l'Académie, ou adopté par le gouvernement,
qui se guide sur sa lumière , pauvre cafaracté , conduit par un amaurotique. Mais nous invitons tous ceux qui tiennent à mourir à la surlace de la terre et non dans ses profondeurs, à s'unir pour rendre à jamais impossible le retour de pareils mallieurs.
C'est de Paris que pourrait partir le plus facilement cette impulsion philanthropique. Quelques milliers d'hommes, qui se grouperaient pour avoir une sépulture commune dans un village des environs de Paris, pourraient à peu de frais assurer la réalisation du projet que nous exposons, et forceraient par leur initiative le gouvernement à sortir de sa routine officielle.
Si notre idée était acceptée, voici ce que nous proposerions pour la compléter : au lieu d'éparpiller sur un vaste terrain ces pauvres colifichets d'architecture que l'on nomme des monuments funèbres, nous voudrions voir une pensée unitaire rallier et éterniser ces témoignages de la mort. Nous voudrions qu'un monument cyclopéen dont le dessin général serait d'abord tracé par un architecte chargé de l'ensemble, fût dans ses détails exécuté par tous ceux qui voudraient faire de leurs tombes une pierre de ce temple de l'éternité. Ainsi nous éviterions à la fois l'éparpillement et la fragilité des lombes du Pêre-Lachaise, et la monotonie de nos édifices religieux. Quelques maigres et légers piliers de fonte supportant un toit en 1er, donneraient la carcasse linéaire du monument et indiqueraient ses contours; mais à partir de là, l'architecte unitaire se retirerait pour laisser la place à tous les caprices de l'imagination exallée par la poésie de la douleur. Les regrets et la vanité viendraient à l'envi enrichir cette curieuse basilique. Les riches achèteraient le droit de construire une colonne, un pilier, une voûte , une tribune. Bientôt la charpente de fente disparaîtrait sous l'amoncèlement du granit, du marbre et du porphyre. Les morts vulgaires, enfermés dans des cercueils de pierre construits ad hoc, formeraient les dalles du temple, s'entasseraient eu épaisses murailles, s'arc-bouteraicnt en lourds contreforts so grouperaient en énormes piliers. Des souterrains, dignes des puits de l'Inde, s'enrouleraient en descendant vers les entrailles de la terre, pendant que les tours s'élanceraient en sens inverse portant leurs morts vers le ciel. Tous les genres connus, tous les styles de l'i'lgypte, de la Grèce, de l'Etru-
rie, ou de Rome, Palmyre et Picslum, le Munster cl l'Alliambra, Ellora et Palenquc, seraient représentés dans ce cycle définitif de toutes les formes que la pensée de l'homme a improvisées sur la pierre. Ce temple serait la dernière expression et le résumé des générations passées ; il serait le cri suprême de ce siècle, synthétique et incrédule, railleur et enthousiaste, destructeur du passe et effrayé de cette destruction, dont il a la plus large part.
Les objections faites contre les enterrements dans les églises ne i)ortent pas sur notre projet. La science les prévient en rendant le corps de l'homme incorruptible.
Si, depuis trente ans, on eût agi dans le sens que nous indiquons, nous aurions à Paris un monument déjà aussi vaste que Saint-Pierre ou le dôme de Milan , et empreint dès le premier jour de ce prestige et de cette solennité que la Sainte- Chapelle ou la cathédrale de Cologne ont mis des siècles à mériter.
Et pour commencer cette œuvre babylonienne, que faut-il? Quelques hommes, convaincus de son utilité, unis dans la même pensée , qui , sur un fragment de terrain stérile ou délaissé, posent une première pierre, trop tôt suivie de milliers d'autres, et qui inaugurent une œuvre dans laquelle ils auront pour collaborateur l'infatigable agent qui décime les grandes cité^. Le temps et la mort, tels seront les vigilants contre-maîtres de notre nécropole, que le reste de l'Europe imiterait bientôt , si la première assise sortait de terre. Quant à nous, si nous tenons à l'inaugurer, c'est parce qu'elle éloignerait à jamais les dangers trop réels inhérents à la sépulture souterraine , et qu'elle compléterait un système complet et absolu de préservation contre les enterrements précipités.
Quant à la léthargie elle-même, elle consiste souvent dans une perte de connaissance, avec état soporeux et ronflement.
Un médecin ignoi'anl n'a rien de plus pressé dans ce cas-là ([ue de saigner; il peut bien par là dissiper le sommeil, mais il peut aussi éteindre la vie.
Guidez-vous d'après les causes, et principalement d'après les symptômes précurseurs. S'il y a eu nàusées ou envie de
vomir, ou que le vomissement ait tiré un moment le maiiide de son état de somnolence, donnez une cuillerée à café d'une solution très-étendue de tartre émétique , un grain dans un verre d'eau ; prescrivez ensuite un lavement s'il le faut. Quant aux remèdes principaux, choisissez Jcon., Ferai., Puis., Nux P., Ars.
196. Défaillance, Syncope, Evanouissement. — Cet état en général effraye beaucoup les personnes présentes, qui, dans leur préoccupation, emploient toutes sortes de remèdes dont le malade ne retire aucun soulagement : la première règle est donc de ne pas se hâter. Dégagez le malade de tous liens, des boutons qui le gênent ; mettez-le ensuite dans une position commode, écartez de lui tout ce qui, à la reprise de ses sens, pourrait lui être désagréable; aspergez-lui la face avec de l'eau froide ; appliquez-lui en outre des compresses froides et mouillées sur la nuque et au creux de l'estomac. Si tout cela ne produit aucun effet, et que le malade conserve son état de froideur, faites-lui sentir de la teinture alcoolique de camphre.
Si la cause est connue, appliquez le remède approprié ; par exemple, si c'est la peur, C. Jnd. ou Acon.; si c'est une perte considérable de sang, ou la suite d'un affaiblissement quelconque, Ferai. Dans ce cas, un peu de vin est trèsefficace, mais à très-petites doses ; après une forte émotion d'esprit, Cham. Si l'évanouissement arrive par l'effet d'une impression douloureuse, donnez 5it^p/i,; d'une violente douleur, Acon. , quelquefois aussi C. Tnd. ou Cham. Si les douleurs qui précèdent l'évanouissement sont d'une violence à rendre fou, donnez P'eral. Si la défaillance revient le malin, Nux F., et particulièrement aux personnes qui ont excédé leurs forces par un travail intellectuel ou par abus de boissons spiritueuses. Crolal. aux personnes qui ont abusé de mercure; si elle arrive après dîner, Nux F. ou Acoii. Si la faiblesse est précédée de vertiges, Cham. ou Sulph. Si des vomissements ont lieu après la reprise des sens, ne les empêchez pas, et si le malade s'endort, laissez-le goûter en paix un sommeil réparateur.
197. Asphyxie. — Dans cette circonstance, on fait généralement la faute de précipiter sans réflexion les moyens'd'action, ou de ne rien faire du tout, dans la supposition que
tout moyen est inutile. 11 y a, dit Heiing , avec qui nous sommes heureux de nous rencontrer, il y a plusieurs maladies où la mort n'est certainement pas apparente; par contre, il y en a d'autres où la mort n'est qu'une suspension de la vie, particulièrement chez les femmes enceintes ou en couche. Il n'exfste d'autre signe certain de la mort que la décomposition du corps, qui, procédant de l'intérieur à l'extérieur, se manifeste aux yeux par des taches livides. Il y a des cas où il est au moins incertain que la vie soit suspendue ; cela se voit surtout si l'état de mort est surv,enu subitement , sans cause appréciable, et s'il n'existe pas encore un commencement de putréfaction. Abstenez-vous alors de tout acte qui pourrait occasionner une mort réelle. Suspendez donc tout préparatif d'ensevelissement jusqu'au troisième jour. Ce temps est ordinairement suffisant pour déterminer dans le corps des changements qui lèvent toute incertitude. S'il n'y a pas de signe de décomposition dès le troisième jour, attendez encore, même une semaine s'il le fallait. Dans le cas où l'activité vitale a été suspendue par une cause extérieure violente, le corps doit être traité avec le plus grand soin, touché avec prudence et douceur : en faisant ainsi, on parvient souvent à rappeler à la vie des malheureux trouvés dans cet état de mort apparente. Placez le sujet dans les conditions d'une douce chaleur; plus l'air est froid, moins on doit se hâter de le réchauffer : on ranimera graduellement la chaleur. Si la mort apparente a eu lieu par réfrigération, vous le réchaufferez avec beaucoup plus de ménagement; car, en général, il est nuisible de ramener trop promptement la chaleur dans les corps en apparence inanimés. Procédez par des frictions, placez le corps dans un lieu où l'air soit sain et pur, et loin du bruit. Il ne faut rien précipité' ; si la vie existe encore, elle ne s'éteindra pas si vite.
198. Mort apparente pau inanition. — Les individus qui, par suite de la privation complète de nourriture, tombent d'inanition et semblent être dans un état de mort, sont ranimés par de petits lavements de lait chaud, répétés souvent. Dès que la respiration commence à se faire sentir, donnez goutte par goutte du lait, plus tard quelques cuillerées à café, et graduellement davantage. Ce n'est que lorsqu'ils commencent à demander eux-mêmes, et qu'ils insistent, que vous
pouvez leur donner quelques cuillerées de bouillie au pain, et plus tard du bouillon, ensuite quelques- gouttes de vin. Avant de leur faire prendre un petit repas, il faut que le sommeil soit revenu et que le malade y ait déjà retrouvé quelques forces. Il continuera donc à ne faire que de petits repas, et ce n'est que progressivement qu'il pourra se permettre de rentrer dans ses habitudes alimentaires.
S'il mange trop vite et trop, il s'expose au danger de mourir.
t99. Chute dans un précipice. — Placez avec précaution le malade sur un lit, la tête haute, et dans un lieu tranquille ; puis, mettez-lui sur la langue quelques gouttes d'une solution 6'Jrn., en attendant l'arrivée du médecin, qui aura à examiner s'il n'y a pas quelque fracture ou s'il reste encore quelque signe de vie.