Suffocation par manque d'air et strangulation
Pour les pendus, commencez par couper la corde, en ménageant la chute du corps de manière à prévenir les blessures ou les contusions. Gardez-vous d'attendre pour cela la venue d'un agent de l'autorité. C'est un sot préjugé, qui ne règne qu'en France, où la compression morale exercée par le gouvernement est tellement violente, que nous avons perdu l'usage de notre libre arbitre, même dans les choses les plus simples et les plus légitimes. Déshabillez en entier le patient ; couchez-le dans une position convenable, la tête un peu haute et le cou tout à fait libre et sans appui qui puisse le fléchir en avant ou en arrière; pratiquez pendant quelque temps de légères frictions avec de la flanelle chaude, donnez ensuite un lavement d'infusion d'une tête de pavot dans suffisante quantité d'eau, administrez tout à la fois et poussez avec lenteur; répétez-le tous les quarts d'heure, puis revenez aux frictions qui seront exercées sur les parties internes. Appliquez votre oreille de la troisième à la sixième côte, un peu à gauche, pour juger de l'état de la circulation ; écartez les paupières pour vous assurer, par la sensation subite du jour, du degré de dilatation des pupilles. Enveloppez les pieds avec des linges dans lesquels vous placerez bien chaud une tuile ou un fer : c'est ainsi que vous réchaufferez le corps.
Si, une ou deux heures après, il ne s'est pas opéré du changement, prenez une amande amère qui, après avoir été complètement écrasée, sera mise dans un verre d'eau avec laquelle
vous humecterez la bouche et le nez, en tâchant d'en faire i tomber quelques gouttes sur la langue; le reste sera donné en lavement. Si le lavement n'était pas gardé, administrez-en un second, mais avec une canule plus longue, et qu'on laissera en place quelque temps, ou bien encore on bouchera l'ouverture de l'anus avec le pouce. Vous pourriez aussi faire pratiquer, par une personne bien portante, des passes magnétiques, qui se feraient du sommet de la tête à l'extrémité des pieds. Ne vous arrêtez pas à l'opinion de ces gens qui regardent cette pratique comme ridicule ; leur science ne leur permet pas de comprendre la vie autrement qu'à un point de vue étroit et vulgaire ; hâtez-vous de les éloigner.
201. Des noyés, — Déshabillez-les de suite ; nettoyez-leur la bouche et la gorge, puis inclinez légèrement le corps et la tète, afin de faciliter l'écoulement de l'eau avalée ; couchez-les ensuite dans un lit chaud, enveloppés de couverturès chaudes, ou environnés de sable ou de cendres chaudes. En été exposez le noyé à l'action de la chaleur solaire, toujours enveloppé d'une couverture, la face exposée au soleil, et la tête légèrement couverte; donnez-lui ensuite un lavement, et commencez à faire des frictions avec de la flanelle chaude, vous continuerez pendant deux heures entières. Vous pouvez également essayer des passes magnéîiques. La saignée est une absurdité. Si les frictions ou les lavements ne produisent aucun effet, administrez quelques globules de Crotal. en lavement, et reprenez les frictions, que vous ferez durer longtemps. On a vu des personnes qui avait passé une demi-journée dans l'eau, et qui sont revenues à la vie par des soins prolongés.
202. Congélation. — Des personnes qu'on a trouvées gelées ont pu être rappelées à la vie, dit Héring, après plusieurs jours. Enlevez le corps avec la plus grande précaution, parce que la moindre compression pourrait déterminer la fracture de quelques membres. Exposez le sujet dans une chambre froide, inhabitée, ou dans une grange, pourvu qu'il n'y ait pas de courant d'air. N'oubliez pas dans ce cas que la chaleur, même modérée, est une cause de mort. Couvrez le corps de neige de quatre travers de doigt d'épaisseur, même le visage, en ne laissant que la bouche et les narines libres. Placez le gelé de manière à ce que l'eau qui se fondra puisse s'écouler promptenient, et renouvelez la neige là où elle
sera tbndiio. S'il n'y a pas de neige, mettez-le dans un bain refroidi avec la glace. Si la glace s'est prise au corps ou aux vêtements, il faut l'en détacher. C'est ainsi que vous réussirez à dégeler les corps ; vous aurez la conviction que vous y êtes parvenu lorsqu'ils deviendront mous et flexibles. Vous ôterez ensuite les habits, vous les couperez plutôt que de les enlever de force et de risquer de rompre quelque organe. Dès que les membres deviendront souples, vous ferez des frictions avec de la neige sur les parties ramollies, et vous continuerez jusqu'à ce qu'elles deviennent rouges ; après ces frictions, vous mettrez le malade sur un lit sec, et vous en ferez d'autres avec de la flanelle froide. Si après ce traitement vous n'apercevez aucun signe de vie, mettez quelques gouttes d'alcool camphi'c dans l'eau pour en faire un lavement : vous répéterez ce lavement tous les quarts d'heure. Si la vie se ranime sous l'empire des frictions ou du camphre, administrez alors des lavements tièdes de café noir, et dès que la déglutition s'est rétablie, donnez du café par petites cuillerées.
A mesure que les signes de la vie augmentent, éloignez les objets humides, et frottez le corps jusqu'à ce qu'il soit sec, mais jamais au point de produire de la chaleur. Il faut que le malade se réchauffe de lui-même dans le lit ; on ne l'entourera donc pas d'une chaleur artificielle, à l'exception toutefois dos petits enfants, que l'on mettra au^lit avec une personne saine. 11 survient souvent alors des douleurs très-violentes. Dans co cas, donnez Arsen. Si les douleurs sont lancinantes avec chaleur à la tète, administrez ^co?i. en dilution. Si le malade a envie de prendre du vin ou de l'eau-de-vie, il faut lui eu donner, mais tout au plus par gouttes et de temps à autre, tant que cette envie peut durer. Les personnes rappelées ainsi à la vie doivent pendant longtemps se méfier de la chaleur du poêle et du feu, parce qu'il peut en résulter des maladies dos os, qui ne se manifestent que l'été suivant.
203. Effets du tonnerue. — Les personnes qui ont reçu l'atteinte de la foudre seront placées, étendues à demi, en face du soleil s'il y en a en ce moment, dans un trou fait dans la terre fraîchement remuée; ils en serontenticrement couverts, sauf la tête. Aussitôt qu'ils remueront les yeux, ayez soin de garantir leur visage de l'action des rayons solaires; meltcz-ieur sur la langue quelques globules de Nux V. Si après
une demi-heure il n'y a pas signe de vie, répétez ce remède. Un quart d'heure après, vous frotterez la nuque avec une solution de Ntix V. ; après un autre quart d'heure, vous lui déblayerez le derrière du dos, et lui administrerez un lavement avec une nouvelle solution de dix à vingt globules de Nîix V. Vous aurez soin de boucher l'anus avec du coton, afin d'empêcher la sortie du lavement, et vous recouvrirez le malade de terre ; laissez-le dans cette position jusqu'à ce qu'il commence à respirer, après quoi vous lui dégagerez la poitrine, et vous le mettrez dans une chambre bien exposée à la lumière. Contre les soutfrances consécutives, donnez Nux F., Siilph. et