‹ Le médecin du peuple [electronic resource]Chapitre 8 sur 121 · DÉFENDUS · texte numérisé non relu

DÉFENDUS

Les aliments crus et échauffants, la viande de porc et des animaux trop jeunes; les moules, les poissons de mer à chair huileuse ou colorée; la graisse de porc, d'oie et de canard.

Les légumes qui ont un goût amer ou aromatique, comme le cresson, les asperges, la chicorée, le persil, le cerfeuil, les tomates , les câpres , les cornichons.

Les fruits acides ou astringents, la cerise courte-queue, les groseilles.

La salade, le vinaigre, le suc de limon, les épices, le poivre, la cannelle, la girolle.

Les pâtes safranées, le café, le thé, le chocolat à la cannelle, à la vanille, au lichen.

La bière et les vins falsifiés, les boissons fermentées de loute espèce, l'eau de Scitz, la flace, les sorbets, les limonades, etc.

Kniin, toutes les substances que chaque malade aura reconnues comme nuisibles à son tempérament particulier, quoique permises généralement.

On pourra prendre deux ou trois bains par mois pour entretenir la propreté du corps; et aussi souvent que l'on pourra pour animer les fonctions de la peau, quand on pourra se baigner l'été dans l'eau courante. Dans ce dernier cas on devra commencer par des bains de quelques minutes, après lesquels on se frictionnera avec un linge sec, on s'habillera Vivement et on fera un exercice suffisant pour amener la sueur à la peau.

Les malades ne prendront pas de bain sans permission du médecin.

Tous les cosmétiques, pommades, parfums, sont expressément interdits.

Les remèdes domestiques, tisanes, sirops, onguents, baumes, purgatifs, le sont à plus forte raison.

Tous les soins physiques que nous venons de passer en revue ne seraient rien, du reste, s'ils n'étaient aidés par un régime analogue pour l'esprit. Si l'on vous défend un peu de poivre dans les aliments , bien plus encore on vous défend un accès de colère; la jalousie n'agit pas moins violemment sur nous qu'un verre de liqueur, et les émotions du jeu ne sont pas moins nuisibles que l'action du thé et du café. Sachez donc dominer l'ennemi intérieur aussi bien qu'écarter les dangers extérieurs , de manière que le jeu de la vie puisse s'exercer librement pendant la santé et se reconstituer énergiquement dans la maladie. Voyez aux divers organes les prescriptions, et notamment chapitre VII, parties génitales de l'homme et'de lafemm^e: Age critique, § 166; Onanisme, % 163 ; JSyinphomanie, §174.

Ces prescriptions devront être religieusement observées dans les maladies chroniques. Quant aux maladies aiguës, on leur appliquera de ce régime ce qui pourra naturellement s'adapter à leur état. Si les malades ont de la lièvre, ils resteront au lit et s'abstiendront d'aliments solides. ]\Iais dès que la lièvre aura cédé à quelques doses d! Aconit ou d'un autre médicament mieux approprié, il faudra donner au malade quelques potages ou d'autres aliments légers s'il les désire, en se guidant sur ses indications, s'il est en âge d'apprécier la portée de ses demandes.

L'hygiène de l'homme bien portant devrait, comme nous l'avons dit, être conforme à celle du malade. Cependant quand il commettrait quelques infractions comme de prendre une

demi-tasse île café, un peu de salade, du thé ou une goutte de liqueur, cela n'aurait aucun inconvénient, à la condition que l'infraction ne soit pas habituelle et continue. La na=r ture nous a donné une grande variété de goût pour que nous entrassions en rapport avec tous les règnes de la création. C'est méconnaître cette grande loi, que de s'abrulir systématiquement par l'usage quotidien du café, du thé, du tabac, du porter ou du genièvre. Toutes ces influences hos-r tiles se neutraliseraient, si on les faisait succéder mutueller ment dans son régime, et même jusqu'au certain point elles prépareraient l'homme à lutter contre les influences épidémiques. D'un autre côté un régime trop excitant rendrait la force vitale tout à fait obtuse et incapable de sentir l'impression des médicaments. Ce serait donc une mauvaise disposition si la maladie nous surprenait dans cet état-là, et le plus sûr est de s'en tenir à peu près constamment au régime tracé ci-dessus, sans se priver cependant à de longs intervalles, des excitants, qui peuvent nous être offerts à doses modérées dans une réunion d'amis.

Il est maintenant quelques autres classes de stimulants, que l'homme ne doit pas éviter et auxquels il faut, au contraire, qu'il s'habitue. Notre organisme, avons-nous dit, doit être en rapport avec toutes les parties de l'univers. Il doit se familiariser avec toutes les luttes, sous peine de succomber, quand la nature lui envoie à l'improviste une maladie inattendue.

Or comment aurait-il pu résister à ces ennemis inconnus, que l'on nomme des maladies, lorsque leur essence était complètement inconnue, aussi bien que les remèdes propres à les combattre? Grâces au ciel celte lacune est aujourd'hui comblée, et par la découverte de nos doses infinitésimales employées c'i guérir, nous pouvons nous faire une idée complète des moyens que la nature emploie pour nous rendre malades. Les miasmes répandus dans l'air, qui nous apportent la souffrance, la maladie et la mort, et quelquefois dépeuplent toute une contrée, sont simplement des dilutions médicinales accidentellement préparées, que nous prenons Ji notre insu en aspirant l'air dans nos poumons, et si nous succombons si facilement sous leur perfide atteinte, c'est que, faute de bien connaître leur nature, nous n'avons pas su nous préparer à les vaincre.

L'Européen qui se croit si avancé de nos jours et dont la ci- ▼ilisation est si pompeuse extérieurement, se trouvait, il y a peu d'années, dans une aussi misérable condition que le Hottentot imbécile, qui s'endort sans savoir si un tigre ne s'élancera pas la nuit pour le saisir au milieu de ses compagnons et en faire sa proie. Aussi l'homme du 12°^" siècle, qui a supprimé les distances, attelé le feu, percé les montagnes, ouvert les routes du ciel, n'est pas sûr cependant que le choléra, la peste, le typhus, laphthisie, neviendrontpasle saisir au milieu de ses grandeurs et le coucher en quelques heures dans son tombeau. C'est un puissant correctif à l'orgueil de notre époque, c'est un terrible revers pour une si brillante médaille ; car en définitif en fait de médecine, nous n'étions pas plus avancés hier que les Grecs ne l'étaient cinq cents avant Jésus-Christ.

Eh bien ! grâce à l'inventeur du nouvel art, nous pouvons aujourd'hui défier ces monstres invisibles et cruels, ces messagers de mort, qui nous guettaient au milieu de nos projets et de nos fêtes, et qui nous emportaient, comme un vil troupeau, pauvres rois de la création, vainqueurs de la matière, esclaves de la maladie. Nous le pouvons ; mais il faut, surtout dans ces premiers moments, employer toute notre vigilance pour assurer notre triomphe. Il ne faut pas se contenter de guérir la maladie qui nous atteint, il faut aussi nous exercer à vaincre celles qui peuvent nous atteindre plus tard, et grandir notre force vitale par cette gymnastique nouvelle pratiquée dans le champ des infiniment petits.

Je vous ai dit que l'on pouvait se préserver de la variole, de la scarlatine, de la rougeole, du croup, de la coqueluche, enfin de toutes ces maladies qui, généralement, ne nous attaquent qu'une fois. C'est l'emploi de ces préservatifs qui constitue cette gymnastique vitale, destinée à nous donner cette vigueur capable de triompher du mal sous toutes ses formes; mais il ne faut pas se fortifier seulement contre trois ou quatre maladies bien déterminées, il faut généraliser cette pratique pour être prêt contre toutes les attaques ; il faut, par une répétition fréquente, se familiariser avec ces igents terribles qui seiont des instruments de mort, si, d'avance, nous n'avons su en faire des armes de salut.

Je vous conseille donc, mes amis, de prendre , de temps en temps, quelques globules médicamenteu.\ et d'en faire pren-

dre à vos enfants, pour les fortifier el les garantir des maladies naturelles.

L'ordre dans lequel vous procéderez n'est point indifférent. C'est en procédant par gradation que l'on se rend capable de l'action la plus énergique. Je vais donc classer pour votre usage les trente-deux médicaments de notre pharmacie, en empruntant aux travaux de l'école homéopathique, dont je fais partie, la méthode philosophique qu'elle a suivie dans la distribution de ces nouvelles richesses, recueillies sur un point encore inexploré de la nature. Les premiers médicaments sont ceux dont l'action est le plus innocente et le plus en harmonie avec les actes ordinaires de la vie ; les derniers sont ceux qui heurtent au contraire presque directement l'action vitale de nos organes et qui exigent le plus grand déploiement de forces pour être éliminés de notre corps quand nous les y avons admis. En marchant graduellement des uns aux autres, vous vous habituerez facilement à réagir contre eux, et bientôt une santé plus robuste vous fera agréablement apprécier le chemin que vous aurez parcouru .

Enfin, quand vous aurez achevé votre petit cercle de substances diverses, je vous proposerai de continuer l'œuvre entreprise dans votre intérêt, en y ajoutant pour stimulant l'appât d'une bonne action à faire. Au lieu de prendre dans un but purement personnel des médicaments déjà connus, je vous proposerai de prendre quelques nouveaux médicaments imparfaitement étudiés et de noter avec soin les effets qu'ils produiront sur vous, de manière que plus tard on puisse les consulter |iôiir les appliquer à la guérison des malades. De cette mal ii re, vous serez doublement utile à vous et aux autres, ! l'Institut de propagande de Paris, avec lequel je corresponds ' ! qui fait d'immenses efforts pour répandre le bienfait du iiiiiivel art, apprendra avec transport que dans ce coin de la 1 r;ince, il a trouvé de nouveaux et zélés collaborateurs.

Voici la liste des 32 médicaments à employer dans l'ordre le plus convenable, avec la durée de leur action pendant laquelle il faut observer avec soin le régime, et avant la lin de laquelle il ne faut pas prendre de nouveaux médicaments , à moins de circonstances spéciales que nous indiquerons i)ius tard. Nous y joignons aussi l'abréviation par laquelle ils seront Idésigriés dans le cours de cet ouvrage.

Abréviation!. Nom latin dos medicamcott. Diirde d'aclion.

Ped. Pediculus 20 jours.

AcoN. Aconitum napellus , . , 2

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