OBSERVATION
Lequeux. — Sur une cause exceptionnelle de melaena du . noupeau-nÉ (Bulletin de la Société d'Obstétrique de Paris,
janvier 1900.)
Chez une femme préséntant un hydramnios considérable et chez laquelle se produisit un début de travail, M. Bar fit pratiquer une ponction ovulaire par voie haute, dans l'espoir de voir rétrocéder le travail prématuré. Quand le irocart fut enfoncé de 2 centimètres on sentit une résistance et il ne s’écoula pas de liquide. Il fallut enfoncer l'instrument de 8 centimètres environ pour voir sortir parle canal du trocart le liquide amniotique teinté de rouge.
Trois jours plus tard reprise du travail. Perforation artificielle des membranes par le vagin. Ils’écoule un liquide noir mélangé de sang et de caillots organisés. La femme expulse un enfant vivant. Sur le placenta, près d'un gros vaisseau, on voit un orifice du calibre du trocart. La face utérine du placenta est en partie recouverte de caillots.
L'enfant expulse sitôt après sa naissance et pendant les quarante-huit heures suivantes, du méconium franchement melaenique disparaissant ensuite complètement.
Pour que le melaena se produise sitôt après la naissance, il faut admettre que le sang a été dégluti plusieurs heures auparavant, sans quoi il n'aurait pas eu le temps d'être digéré. Il est évident qu'ici la déglutition du liquide sanglant remontait à l'époque de la ponction, quarante-huit heures avant l'accouchement. |
C'est là l'unique observation de melaena produit
a 17 par la déglutition intra-ovalaire du sang que nous ayons trouvée. | Presque toujours la déglutition du sang, lorsqu'elle se produit, a lieu après la naissance.
Il semblerait fort plausible que, lorsqu'une femme a présenté des hémorragies conséculives à une insersion vicieuse du placenta, l'enfant put déglutir du sang au cours de la traversée utéro-vaginale. Or, il n’en est rien. La déglutition du sang par le fœtus ne se produit jamais dans ces conditions.
= Souvent la mère présente des crevasses du mamelon et c’est en télant que l'enfant absorbe, en même temps que le lait, du sang qu'il rejette ensuite soit sous forme de melaena, soit sous forme d’hématémèse, soit par ces deux modes combinés.
L’'hémorragie qui donne naissance au sang dégluti peut ne pas être maternelle. Elle peut se produire directement chez l’enfant. C'est ainsi qu’une épistaxis ou une ulcération buccale peuvent donner lieu à une déglulilion de sang et par suite à du melaena. Telles sont les causes du melaena spruria. Elles sont, on le voit, entièrement mécaniques. Le sang ne fait que traverser l’organisme,sans que la plupart du temps celui-ci soit lésé en quoi que ce soit. Melaena vera. — I n’er est plus de même si l’on considère les causes qui donnent naissance au melaena vera. Dans cé cas, l'enfant présente du melacna parce que son tube digeslif saigne et présente assez souvent des lésions, ainsi que les principaux organes.
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Voyons donc les causes qui peuvent être PRE tibles de provoquer le melaena vera.
On peut les diviser en deux catégories : la première ne fera que préparer le terrain sur lequel se produira l’hémorragie. Le second ordre de causes, agissant sur ce terrain, remplira le rôle de la goutte d’eau qui fait déborder le vase et amènera la tes duction des hémorragies intestinales.
Les causes de la première catégorie seront les causes dites préparantes. Celles de la seconde seront les causes dites efficientes.
CAUSES PRÉPARANTES *
En premier lieu se place l’hémophylie. Dès 1804 La Faurie,.de Montpellier, avait déjà invoqué son influence. Harris, Lœssen et Sahli ont étudié cette ‘maladie et le dernier de ces auteurs a fait remarquer qu’elle frappe les garçons et épargne les filles.
De plus, les femmes la transmettent à leurs descendants mâles, mais ne sont jamais elles-mêmes que les agents transmetteurs de cette maladie.
Dans les 11 cas que nous avons cités, nous est-il possible dé mettre cette affection en cause? Il ne nous le semble pas. Sur 11 enfants ayant présenté du melaena, il y avait 5 garçons et 6 filles. Sur ces 11 enfants, 4 ont suecombé, 2 garçons et » filles. Or, les filles ne sucéombent pas à l’hémophilie, Cette maladie, si elle peut être incriminée dans quelques cas, très rares d’ailleurs, ne saurail l'être dans tous.
— 19 — / Nous ne sommes pas le seul à ne pas retrouver
l'influence de l’hémophilie. Lequeux, dans sa thèse,
déclare ne pas l’avoir rencontrée une seule fois.
‘ I faut donc porter ailleurs nos recherches.
Syphilis. — A côté de l’hémophilie se place la syphilis dont le rôle est très important.
Pour Ribemont-Dessaignes et Lepage, le, melaena
est une manifestation spécifique. Telle est également l'opinion du professeur Bar.
Dans un article de la Presse médicale de 1904, le. D' Lop, de Marseille, déclare qu'il faut toujours rechercher la syphilis dans les cas de melaena et; allant plus foin encore, il ajoute que, si on ne la retrouve pas, il n’en faut pas moins instituer le trai- - tement “por, € car la syphilis méconnue est très fréquente. | se
Mais cette affection est souvent moules àaretrouver, car il peut arriver que la mère nie toute contamination, soit volontairement, soit par ignorance. D’autre part, il est le plus souvent impossible d'examiner le père. On en est donc réduit à chercher sur la mère les stigmates de la syphilis et si on la retrouve souvent, on ne peut souvent aussi que la soupçonner.