CAUSES. EFFICIENTES
Nous avons vu le terrain sur lequel allait évoluer la maladie. Il nous reste à déterminer les causes qui vont produire les hémorragies. :
Tout d’abord la syphilis est-elle capable, à elle
seule, d'amener la production d’hémorragies intestinales chez le nouveau-né ? | É
Le fait est rare, mais possible cependant,ainsi que le relate l'observation suivanie :
OBSERVATION II (Résumée)
(Orlowski, thèse de Paris,1897.)
Femme T..., Il-pare, première grossesse normale.
Enfant mort dix-neuf jours après sa naissance, suite d'hématémèses.
Dernières règles du 4 au 7 mars 1895. Accouchement le 20 décembre à 10 h.30 après vingt-neuf heures de travail, Sommet en O.I.D.P. Fille pesant 3.005 grammes.
Le lendemaim à 9 heures du soir l'enfant rend du sang par la bouche. La température est de 37 degrés. Un peu après,
hémorragie anale assez considérable. L’hémorragie se con-
tinue malgré les bains et lavements froids et l'enfant meurt à 3 h. 45.
L'autopsie et lPexamen histologique font penser à la syphi-
lis. Les examens bactériologiques restent négatifs.
Pour notre compte personnel,nous sommes obligé de déclarer que, dans aucun des cas ohservés par nous, il ne nousest possible d'affirmer l'influence de la syphilis d’une façon décisive el isolée.
Dans un cas, pour un enfant de 2.550 grammes, le placenta pesait 7900 grammes. La mère avait présenté de l’hydramnios pendant sa grossesse. Ces symptômes font penser à la syphilis, mais ne permettent pas d'affirmer son influence,
Dans 2 autres cas la réaction de Wassermann a été faite par M. le D° Daunay, chef du laboratoire de la clinique Tarnier, qui a bien voulu avoir lobligeance de nous en communiquer les résultats.
Dans 1 cason a obtenu des réactions partielles positives pour la mère et pour l'enfant. Mais il est très difficile de les. interpréter, car le sérum de ia mère et celui de l’enfant ont une légère action sup le système hémolytique.
Dans le second cas la réaction est négative pour la mère. Les réactions partielles sont positives pour l'enfant, mais ilest impossible d’en tirer une conciusion, car lé témoin destiné à servir de contrôle à la réaction faisait défaut.
- Enfin, danstous les autres cas, il nous a été impos- sible de retrouver la syphilis tant du côté des mères
P. Vidal a
-que du côté des enfants. Ceux-ci étaient nés à terme,
ne présentaient aucune lésion apparente,soit cutanée
(pemphigus), soit viscérale (gros foie et grosse rate). Malgré cela nous n’en admettons pas moins, avec tous les autres auteurs, l'influence énorme de la syphilis dans la production des hémorragies, avec cetie restriction que cette maladie agirait plus sou-
vent comme cause préparante que comme cause
-efficiente. Telle n’est pas l'opinion de Ausses et Derodde, Gaston et Detot.Ces auteurs affirment nettement que la syphilis est capable à elle seule de produire des hémorragies chez le nouveau-né. À cela -on peut objecter que, d’après ce principe, tous les nouveau-nés syphilitiques devraient saigner. Or, il n’en est rien. Bien au contraire, car si le nombre des enfants syphilitiques est considérable, celui des enfants présentant du melaena est très peu élevé,
Il faut donc qu’à l'influence de la syphilis vienne
s'ajouter une autre action: c’est l'infection que jouera ce rôle.
Lequeux dans sa thèse rapporte bivsieuts cas où
des recherches bactériologiques démontrèrent, à
côté de la syphilis, la présence d'infections dues dans an cas au Colibacille, dans deux autres cas au strep-
tocoque, dans un dernier cas au pneumo- -bacille de
Friedlander,
. Ænfection isolée. — Sila syphilis est capable à “lle seule de produire le melaena, l’infection, de son -côté, n'a pas toujours besoin, pour agir, du secours «de ta spécificité. f
.. Voyons donc quels sont les microbes capables de déterminer des hémorragies chez les nouveau-nés. Après que Nocart et Leclainché eurent découvert en médecine vétérinaire les pasteurella, microbes spécifiques de la septicémie hémorragique des animaux,on s’attacha à rechercher les homologues de ces microbes chez l'homme. Klebs en 1874 et Eppinger en 1858 décrivirent un microbe qu'ils considérèrent comme spécifique et auquel ils donäèrent le nom de monas hemorragica. Gæriner décrivit à son tour . un microbe auquel il donna son nom et qu'il considérait, lui aussi, comme spécifique.
Mais dans des recherches ultérieures tous les
microbes furent retrouvés et aujourd’ hui la spécificité microbienne est tombée dans l'oubli. Mais néanmoins si tous les microbes ont été observés, certains cependant paraissent plus PRO à produire des hémorragies.
Au premier rang il faut placer le streptocoque. Orth le premier J’a retrouvé dans le sang des petits malades. À près lui Neumann, Delestre, Jeannin, Curton rapportent des observations de cas où ils l'ont retrouvé. Lequeux, dans sa thèse, rapporte 3 cas où le streptocoque seul était en cause et déclare que les infections sanguines des nouveau-nés sont primitivement streptococciques.
Mais le streptocoque n’est pas le seul microbe à
mettre en cause. Klebset Eppinger avaient décrit la monas hemorragica ; Gaertner avail attribué un rôle à son bacille. Neumann et Nicholson à leur tour