‹ Le Melaena Du Nouveau-NéChapitre 8 sur 25 · SOU · texte numérisé non relu

SOU

accusent le bacille pyocyanique, Monnier le coliba- cille, Perret le bacille d’Eberth, Rathery le pneumocoque, Schæffer le bacillus lactis aerogenes. Porak et Katz rapportent des cas d'hémorragies survenues dans des seplicémies diverses. Lequeux, dans ses

recherches bactériologiques, a souvent rencontré un

cocco-bacille présentant les plus grandes analogies

avec le pneumo bacille de Friedlander.

D'autre part le pneumo-bacilie et le bacillus lactis

aerogenes ont été identifiés par Grimbert et Legros,

Or,le bacillus lactis aerogenes est un hôte habituel de l'intestin du nouveau-né. On peut donc se demander si dans certaines conditions favorables à son développement ce bacille n’acquiert pas la virulence nécessaire pour produire l'infection généralisée et les

hémorragies consécutives à celle infection.

Allons plus loin encore. Le coeco-bacille rencontré

par Lequeux présente des caractères morpholo-

giques très semblables à ceux décrits par Nocard et Leclainché chez les pasteurclla. Ces micro-organismes, spécifiques chez les animaux, ne seraient-ils pas capables de produire des hémorragies chez le nouveau-né ? On pourrait être tenté de l’admettre. Mais nous devons avouer que ce n’est là qu’une hypothèse encore non vérifiée et au sujet de laquelle de sérieux doutes sont permis. Mais toutes les infections hémorragipares ne sont pas monomicrobiennes

et nombreux sont les cas où on a retrouvé plusieurs

microbes associés.

an 026) ie

C’est ainsi qu'Eleanor Kilham, en 1899, au cours de recherches bactériologiques, a trouvé :

Le streptocoque seul ;

Le streptocoque associé au pneumocoque ;

Le bacille pyocyanique seul;

Le bacille pyocyanique et le staphylocoque ;

Le bacillus lactis aerogenes à

Le pneumo-bacille de Friedlander;

Le bacille de Gaertner ;

Le bacille de Kolb.

Résumons à présent tout ce qui précède. L'infection est la cause qui détermine le plus souvent l’appariüon du melaena chez le nouveau-né. Mais les infections, chez ces êtres, sont soumises aux mêmes lois que chez les adultes. Leur étude comporte donc celle du terrain dont elles ont besoin pour se développer et celle du microbe.

Le terrain. — Il est préparé par toutes les causes

qui mettent l'enfant en ctat de moindre résistance.

Ainsi agissent une mauvaise hygiène, la misère physiologique, le fait d’être né avant terme.

Joignons à cela l'héritage des ascendants qui peuvent être atteints d’affections diverses ou lésés par des intoxications dont le résultat est la sclérose : c’est ainsi qu’agissent l'alcoolisme, le saturnisme, le mal de Bright, l’éclampsie et, se plaçant au premier rang bien avant toutes les autres actions, la syphilis.

L'infection. —- Le terrain élant ainsi préparé,

l'hémorragie a besoin, pour se produüire,d’un second facteur : il est réalisé par Pinfection.

Et de quelle nature est cette infection ?

Est-ce une septicémie ? Ce n’est pas nécessaire,car une infection légère peut suffire pour amener des hémorragies. - DRE

L'influence de l'infection étant établie,il nous reste

à déterminer maintenant d’où elle provient, à quel

moment elle frappe l'enfant et quelles voies elle. est obligée de suivre.

Origine de l'infection. — L'origine de l'infection n’est pas discutable.Elle ne peut être qu'hétérogène.

Voyons quelles sont les personhes susceptibles de transmettre à l’enfant les microbes nécessaires à la production des hémorragies. :

En première ligne se place la mère. L’infection peut avoir lieu in utero. C’est le cas des enfants nés de mères infectées avant l’accouchement.

Lequeux rapporte 2 cas où dés femmes atteintes de pyélonépbrite colibacillaire donnèrent naissance à des enfants qui présentèrent des hémorragies. G

Les enfants ne sont pas toujours infectés in utero. Ils peuvent l’être également post partam.

L’infection peut alors préexister à l’accouchement et ne produire de manifestations qu'après.

IL peut arriver aussi qu’elle ne préexiste pas à

l’accouchement.Dans ce cas elle se déclare très rapi-

dement après, chez la mère et chez l'enfant.

On a également signalé des cas où l'enfant avait

= dx Mlle Site née à. à: ds à 2 ns +

trouvé les microbes nécessaires à la production de l'infection au niveau du mamelon maternel.

L’infection n’est pas toujours d’origine maternelle. Elle peut être transmise à l’enfant par tous ceux qui l'approthent (médecin, sage-femme, infirmière) et qui peuvent, soit être infectés eux-mêmes, soit servir d'intermédiaires entre la personne infectée et l'entant. | | - Ce mode de contamination est très important à connaître car, dans une maternité,la même personne peut contaminer à son insu un grand nombre de nouveau-nés et amener ainsi la production d’épidémies qui, lorsqu'elles se manifestent par des hémorragies, prennent le nom d’épidémie hémorragique du nouveau-né.Doléris en a signalé une dans son service. Il s’en produisit également une, très aitténuée toute-. fois, à la maternité de Saint-Antoine vers la fin de

1904. : Portes d'entrée de l'infection. — Nous devons. maintenant nous demander quelles sont les parties de l'organisme primitivement atteintes par les germes morbides, autrement dit quelles sont les portes d’entrée de l'infection.

En premier lieu il faut placer l’ombilic. Il y a là, en effet, une plaie dont l'infection a tôt fait de prendre possession.

En second lieu vient le tube digestif. Il s’agit d'enfants mal nourris ou dont l’alimentation est mal conduite. Ceux-là aussi s’infectent très facilement.

— 98° — Enfin l'infection peut pénétrer dans l'organisme parla voie pulmonaire, où encore par toutes les

solutions de continuité des téguments. Ces deux derniers modes d’invasion sont les plus rares.

Voies suivies par les microbes. — Une fois dans l'organisme que deviennent les microbes?

Quelle que soit la voie qu’ils aient suivie pour pénétrer dans l'organisme de l'enfant, ils doivent passer par un premier relais qui est le foie.

En effet cet organe, chez le nouveau-né comme chez l'adulte, est une barrière interposée entre l'organisme et les infections venues du dehors.

Nous devons maintenant nous demander par où passent les microbes pour arriver à cet organe. Dans les infections ayant pour porte d'entrée le tube digestif, cest la circulation porte qui leur sert de véhicule. Lorsqu'ils ont pénétré par la cicatrice * ombilicale, ils suivent la veine ombilicale.

Maiheureusement, la fonction anlitoxique du foie est bien moins développée chez l'enfant que chez l'adulte. Elle l’est même tellement peu que l'enfant, dans les premiers jours de sa vie, réagit très mal contre les infections qui trouvent dès lors chez lui un terrain admirable pour se développer.

Nous venons de passer en revue les causes du melœna. Il nous faut voir maintenant comment l'infection agit pour produire les hémorragies, autrement dit quelles lésions elle détermine dans l’organisme.

NP

Page 1