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ÉTUDE DES TONS VIOLETS
Dans les tons violets clairs, c’est tout différent, en devenant bleus, ils changeraient les valeurs et l'étude deviendrait horrible; aussi est-il préférable d'employer le bleu d'outremer qui est une couleur solide. On peut obtenir des violets relatifs avec le brun rouge et le bleu d'outremer mélangés de blanc, ou avec le vermillon
de Chine et le bleu d’outremer mélangés de blanc. Nous l'avons dit déjà, les
rouges quelconques, mêlés de bleu et de blanc, donnent des violets relatifs, mais
seuls les laques et les bleus donnent de beaux violets.
La laque de géranium est un des rouges les plus puissants que l'on puisse employer, elle donne des violets très riches et très variés, selon qu'onla mélange de bleu d’outremer et de blanc, ou de bleu de cobalt et de blanc, ou bien encore de bleu de Prusse et de blanc; malheureusement cette belle couleur n’est pas fixe et elle s'éteint peu à peu au contact de la lumière; on ne devra donc l’employer qu'avec une extrême réserve. Nous avons constaté cependant que la laque de géranium pouvait se conserver quelques années, quand elle était employée sans autre mélange que le blanc de zinc, à la condition de peindre en pâte; dans les glacis, elle disparaît rapidement. Des tons violets qui seraient peints très empâtés et composés de laque de géranium et de bleu d’outremer ou de cobalt se conserveraient un certain temps, mais, avec du bleu de Prusse, ils changeraient rapidement.
Il ne faut pas compter la terre de Sienne brülée comme un ton rouge, si rouge soit-elle. Cette couleur est, pour ainsi dire, une couleur intermédiaire entre les rouges et les jaunes auxquels elle se lie parfaitement, mais, avec un mélange de bleu quelconque, elle donne un ton vert, ce qui fait que l'on serait fort désappointé si, en la mêlant au bleu d’'outremer et au blanc, on avait le dessein d'obtenir un ton violet.
Pour copier la planche que nous présentons ici, il sera nécessaire de décalquer très exactement le dessin de l’ensemble et de le reporter sur une toile semblable, afin de conserver la fraîcheur du ton du fond.
Le ton gris du fond se trouvant tout fait par le fabricant, il n’y aura pas à s'en préoccuper autrement que pour le conserver intact, c'est ce qui rend le décalque indispensable ; autrement, si habile dessinateur qu’on soit, on se trouverait obligé à des tâtonnements, à des corrections de traits qui saliraient le ton de la toile d’une manière irrémédiable. Il va sans dire que l’on pourrait également se servir
d'une toile apprètée d’un tout autre ton et que l’on n'aurait qu'à Y appliquer le ton
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gris clair du fond, mais cela compliquerait beaucoup le travail et demanderait plus de temps. -
Dans la planche des tons violets, le ton jaune des ors qui en est le complémentaire par excellence, joue un rôle très important; sans eux, les colorations n'existeraient pour ainsi dire pas et l'harmonie serait imparfaite. Il faudra donc toujours penser aux tons complémentaires, lorsque l’on se disposera à grouper des objets pour les peindre, car c'est avec leur indispensable concours que l’on pourra obtenir un ensemble agréable qui fasse plaisir aux yeux, comme un accord juste caresse l'oreille.
Lorsque l'on aura tout préparé pour peindre, que le dessin sera décalqué sur toile et que la palette aura été chargée de couleurs fraiches, on s’assurera si le blanc est bien malléable. Le blanc de zinc est presque toujours très souple et ne demande d'autre soin qu’un peu de trituration à l’aide du couteau à palette, afin d'y réintégrer l'huile qui s’en échappe; le blanc d'argent, tout au contraire, est souvent trop ferme et il devient nécessaire de l'assouplir avec quelques gouttes d'huile de lin.
C’est par les fleurs qu’il faudra commencer à peindre en se servant des tons composés de 1 à 18. Ces tons, à eux seuls, doivent donner toutes les colorations désirables pour obtenir une bonne copie; cependant on pourra avoir recours aux couleurs mères pour ajouter quelques touches plus accentuées, si cela semble nécessaire, Nous ne craindrons pas de répéter encore une fois aux débutants, qu'il est nécessaire de commencer par appliquer les tons les plus foncés des objets que l’on veut peindre; quil faut ensuite placer les tons de demi-teinte et terminer par les tons les plus clairs, quel que soit l'objet que l’on ait à peindre; que ce soient des fleurs, des vases, etc., le procédé est toujours le même. Nous dirons encore que, pour obtenir un bon résultat, il est nécessaire de réserver les tons jaunes des pétales et de les peindre en terminant les fleurs : par ce procédé le ton s’obtiendra plus franchement et la forme sera meilleure.
Pour peindre le vase, il faudra au préalable faire un frottis général; les ombres seront placées avec le ton 19 et les parties claires s’obtiendront avec da bleu de cobalt pur, mis en glacis, afin de laisser jouer au travers le ton clair de la toile. On reviendra ensuite ajouter les autres tons qui sont, pour la partie claire, des tons violets rouges au bas du vase et des tons violets bleus mêlés de vert émeraude pour le haut. Les ornements dorés que l’on aura eu soin de réserver
se peindront en terminant le vase.
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