‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 2 sur 139 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Je n'ai pas rintention d'écrire l'histoire du boulangisme, c'est-à-dire du* mouvement d'opinion qui a pris le nom du général Boulanger, et qui s'est déroulé au milieu d'aventures et d'intrigues si étranges, d'incidents si divers, bien faits pour dérouter l'imagination, et auxquels, sans doute, l'histoire ne pourra rien comprendre.

Pourtant il lui faudra bien parler de ce mouvement qui souleva le pays tout entier et qui pouvait être une révolution, —l'une des plus considérables, si d'autres hommes l'avaient dirigé. Il lui en faudra parler puisque les parlementaires y ont vu un tel péril qu'ils n'ont pas reculé devant une

VI PHÉFACE

proscription décrétée par le» Sénat transformé en

tribunal révolutionnaire et puisque quatre ans

après, lorsque le proscrit est depuis longtemps dans.

la tombe ifs en évoquent encore le souvenir avec

« effroi en disant qu'ils « ont senli le vent dé la

défaite. »

Il lui faudra parler de cet homme dont le nom pendant plusieurs années se.trouve presque chaque jour répété par la pressa, dont la destinée fut si extraordinaire, objet des ovations et des acclamations les plus enthousiastes et des invectives les plus outrageantes, préoccupant presque uniquement la France, même TEurope, pendant plus de deux ans et jouissant d'une popularité inouïe pour mourir dans une proscription* qui n'avait pas atteint les hommes du Seize-Mai, sans que son nom soit même inscrit sur sa tombe.

Mais ayant été l'ami, le confident de. cet homme, je croià bon d'expliquer cette énigme inexplicable, en racontant nos relations^ fixant mes souvenirs restés vivants, alors que j'ai encore dans la mémoire son image vivante, ses attitudes, ses paroles el jusqu'au son de sa voix.

J'apporte un témoignage véridiquë à l'histoire.

Page 1