J'expliquerai plus loin cette phrase
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mes ne cherchaient pas en vous autre chose, et que la stérilité parlementaire elle-même ne produirait aucun effet, parce qu'on Tattribuerait à votre obstruction.
Je suis certain, par contre, que si nous faisions les morts, si nous nous effacions, nos adversaires se diviseront; leur impuissance ne rencontrera plus d'excuse, partant plus de complaisants; le pays se dégoûtera d'eux; et, par un mouvement de réaction naturelle, il se souviendra de nous; il nous reviendra d'autant plus, que nous ne l'aurons pas l rouble, et que nous aurons montré plus de dignité dans la défaite. C'est au moins la seule chance qui nous reste : avec l'attitude contraire, nous en arriverons de la défaite matérielle à la défaite morale, de l'écrasement à la déconsidération.
Cette manière de voir de ma part est-elle erronée? C'est possible; car je n'aspire pas à l'infaillibilité. Mais c'est une conviction profonde, bien puissante, et il serait dur, parce que je prends une attitude expectante, conforme avec l'idée que je me fais de la situation, que vous me considériez comme ayant renié une amitié qui m'est chère entre toutes.
Je sais bien que, comme tous les proscrits, vous êtes mal renseigné, et renseigné surtout par des hommes qui veulent continuer l'action.
Les personnes qui nous donnent raison, n'écrivent pas. L'abstention, l'expectative ne sont pas choses passionnantes qui mettent la plume à la main. Au contraire, les personnes passionnées et irréfléchies, qui ne veulent pas même consentir un armistice, écrivent tout de suite et crient volontiers à la trahison. Moi-même, dans le petit nombre de lettres que je reçois, je reçois par ce motif plus de critiques que d'éloges, mais cela ne m'étonne pas.
Les braves gens qui ont combattu, qui ont lutté, voudraient pouvoir continuer la lutte; c'est très légitime. Ne voyant que leurs comités, leurs quartiers, ils le croient possible; et leurs regrets ne s'élevant pas jusqu'aux généralisations de la politique et aux inte»
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rets généraux de la République et de la patrie *, ils s'indignent et écrivent des lettres enflammées.
Mais notre rôle, à nous, est de nous placer plus haut, de voir plus loin, et de nous laisser guider par des raisons politiques, au lieu de nous laisser entraîner par quelques exaltés *.
On nous a parlé des 140,000 voix qui vous restent, à supposer qu'elles n'aient pas déjà subi un déchet à cette heure.
Mais les conservateurs ont aussi 100,000 voix dans Paris. Où cela les conduit-il ?
Ah ! s'il s'agissait d'imiter le prince Victor, d'organiser de temps à autre un banquet, une cérémonie commémorative, et de pousser quelques hourras devant des œillets rouges, ce serait facile, et cela suffirait aux membres du Comité, auteur des lettres que vous recevez et que je reçois.
Mais ce n'est pas pour arriver à créer ce que j'appellerai volontiers « le victorisme boulangiste, » que j'ai lutté à vos côtés 3 ; et ce jeu puéril me fait horreur.
Or, à cette heure, vous ne pouvez songer à rien au • tre. Vos 140,000 voix sont inextensibles. Vous ne ramènerez pas de républicains, et vous ne reprendrez pas un de ces consei'vateurs que, peut-être, vous avez trop allègrement séparés de votre armée, alors que leur appoint était nécessaire *.
La politique préconisée par nous, en créant l'apaisement, peut permettre, à un'moment donne, de recruter des soldats dans les révisionnistes actuellement hostiles. Avec la continuation de la lutte, nous nous
1. C'est pour ces intérêts que M. Naquet s'alliait aux conservateurs.