‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 70 sur 139 · VARIATION SUR LE MÊME AIR · texte numérisé non relu

VARIATION SUR LE MÊME AIR

Maintenant à Vautre, qui traduit en l'abrégeaat la

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missive précédente, en y mettant moins de diplomatie, livrant ainsi les secrètes intentions des cinq ambassadeurs.

Après avoir lu ce qui va suivre, écrit le même jour, développant la môme idée dans le même ordre, il est visible qu'on s*est concerté, et M. Laguerre n* aimant pas écrire, employant presque toujours des secrétaires, c'est son collaborateur qui tient la plume, comn^e il Ta tenue pour les Coulisses :

Paris, le U mai 1890.

Mon général,

Je profite de roccasion qui m'est offerte par le départ de Gastelin pour vous écrire cette lettre, dansjaquelle je veux vous dire ce que je crois la vérité.

Après notre grand désastre, si nous voulions continuer l'agitation, il fallait qu'un nouvel élément de polémique nous fût offert.

Votre rentrée en France, le procès qui s'en serait suivi, votre emprisonnement, auraient été des bases d'opération admirables^ Vous auriez été victime, martyr ^l La légende aurait regagné tout ce que la calomnie 2 lui a fait perdre — et même plus.

Mais vous avez jugé inutile de vous livrer à vos ennemis.

Vos amis se sont donc trouvés réduits à leurs seules forces, c'est-à-dire, après une défaite comme celle que nous venions de subir, à rien.

C'est pourquoi ils ont dû se résigner au désarme- • ment.

On vous dira, mon général, que ce désarmement implique de notre part un a lâchage » de vous.

Il n'en est rien. En ce qui me concerne, je ne peux pas oublier que c^est vous quim'avez ouvert la vie politique^ et je

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