‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 72 sur 139 · Il aurait fallu qu^ils ne fussent pas dégoûtés · texte numérisé non relu

Il aurait fallu qu^ils ne fussent pas dégoûtés

rés l'un contre l'autre par la peur et la haine de Boulanger se divisent et se déchirent *.

Vous voyez, mon général, tout le parti que l'on pourra tirer de cette situation qui, probablement, se produira dans quelques mois, si vous vous rendez à vous-même le service de désarmer.

Des amis imprudents vous donneront sans doute le conseil d'agir tout autrement. Ne les écoutez pas *, mon général. Ils gaspilleraient en vain les restes de votre popularité; ils vous perdraient à jamais, vous condamneraient au perpétuel exil 3, en consolidant vos adversaires, dont vous êtes présentement le seul lien et que notre opposition violente affermit au pouvoir.

Veuillez croire, mon général, à mon amitié qui, elle, ne désarmera jamais,

Mermeix.

Je ne sais pas si Judas a écrit, mais si les amateurs d'autographes ont pu trouver de ses lettres, elles doivent ressembler aux deux qu'on vient de lire.

Pour que le lecteur, qui n'est pas familiarisé avec tout ce qu'il y a de viles spéculations et de basses intrigues dans la politique^ comprenne le véritable sens de ces lettres et l'esprit qui les a dictées, il faut ajouter quelques courtes explications^ qui, d'ailleurs, résument cette triste histoire qui est une page de celle de notre pays.

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