Même conclusioa que M. Naquet. L'élève copie le maître
3. Cette phrase, dans ToriginaU est surajoutée. Sans doute sur le conseil de quelqu'un.
rapide et si grande popularité, un homme, je l'ai dit, ancien officier de cavalerie, enrichi dans les affaires ou prétendant l'être^ avait songé à faire de cette popularité l'objet d'une grosse spéculation^ rendue facile par la confiante amitié de Tancien camarade d'armes.
En môme temps, quelques autres politiciens aux ambitions diverses avaient vu dans ce général et sa popularité une force puissante, presque invincible, qui les pouvait porter au pouvoir, s'ils en pouvaient disposer, et s'ils la dirigeaient. La capter, l'accaparer, et s'en servir, avait été l'objet de tous leurs eflorts.
Ce qu'ils en firent, on le sait. Mais il se trouva que les partis réactionnaires eurent la même illusion et les mômes intentions. Pour disposer de cette force, il fallait l'acheter à ceux qui l'avaient accaparée. Elle le fut; om sait à quel prix.
Quand la popularité, l'argent et les suffrages eurent été gaspillés, les meneurs de l'intrigue se trouvèrent réduits « à leurs seules forces », — c'est-à-dire « à rien », comme le dit M. Mermeix. D restait 140,000 électeurs à Paris, demeurés fidèles au général, tandis que les orléanistes disposaient de 100,000 voix.
Si le général abdiquait, renonçait à toute revanche sur la destinée, les 140,000 électeurs passaient, on le supposait du moins, comme un héritage, à ses prétendus amis ou lieutenants, qui, en intriguant, flirtant près des républicains, auraient essayé d'en accroître le nombre, et, au moment opportun, auraient vendu de nouveau le concours du parti révisionniste h celui qui leur aurait assuré un appoint de suffrages, tout en payant leurs frais électoraux et en leur donnant quelque argent de poche.
Je n'examine pas si la combinaison était réalisable. Ce que je constate, c'est que, sans être exposée avec cette clarté et cette netteté, elle est écrite dans toutes ks lignes des deux lettres qui précèdent. Et avec
quelle impudence grotesquement suppliante et hypocrite, les intéressés disent au général : « Faites cela pour nous, et nous vous aimerons bien! »
On raconte que Harel, qui fut autrefois directeur du théâtre de la Porte-Saint-Martin, réduit aux expédients par ses prodigalités, exploitait la vanité d'amateurs dramatiques riches, leur imposant des conditions d'usurier juif pour mettre leurs œuvres à la scène.
Ce dépouillement d'un auteur qui avait vu des exigences nouvelles succéder à celles subies, venait de s'accomplir, quand Frederick Lemaître, qui y avait assisté silencieux, se leva et, montrant la victime au directeur, avec un geste d'une dramatique ironie, lui dit, comme Robert-Macaire aurait pu dire à Bertrand : u II a encore sa montre. »
Les amis, au nom desquels écrivaient MM. Naquet et Mermeix, n'avaient pas besoin qu'on le leur dise. Balzac, qui a tout imaginé, tout deviné, n'a pas imaginé ni deviné cela. Et si l'histoire abonde en in-, trigues et en trahisons, je ne crois pas qu'elle ait rien connu de semblable^ même dans l'aventure dont l'infortuné empereur Maximilien fut victime.