LE PLAN ADOPTÉ
Après une semaine passée dans cette île verdoyante et fleurie, dans cette famille hospitalière, amicale, Souriante et paisible, je revins à Paris, et dès mon arrivée, j'écrivis au général. La confirmation de ce qui a été dit plus haut sur le nouveau plan de conduite, est dans les lettres qui suivent.
Le 28 mai, le général écrit :
« A l'heure actuelle, je ne bouge pas. Soyez donc tranquille, et préparez-vous à commencer le bon combat pour lequel nous nous sommes entendus ».
Et un peu plus loin :
« J'attends impatiemment votre lettre annoncée, et j'ai hâte de lire le programme pratique dont vous me parlez. Car, bien que j'aie de la patience et que je sache parfaitement qu'il faut savoir attendre, je serai heureux de voir commencer ce que je considère comme le début de l'action qui nous fera réparer les fautes commises.
. » L'épreuve que je subis n'est pas au-dessus de mes forces. Je plains les lâcheurs plus pour eux que pour moi ; et je m'aperçois qu'après tout il y a bien
<;\', LE HÉHORIiVL DB SAINT-GRELADB
pnu de gens qui savent reléguer au dernier plan leurs miibitions ou inlérêLs pensonnels, pour ne poursuivre (]u(: la réalisation des idées qu'ils croient bonnes et jil^tes. »
IJiiQS une lettre du 2 juin, après avoir reçu le progiarame pratique dont il est parlé plus haut:
li Votre plan, je l'accepte totalement. II est bien ]c. même que celui résultant des conversations que lions avons eues ici. Ne craignez pas que la patience nir manque. Non, j'aurai le courage d'attendre aussi longtemps qu'il le faudra, afin de frapper un jour à coup sûr. »
IJans une autre lettre datée du 9 juin :
<( Je suis avec le plus grand intérêt la désorganisalinn de la concentration formée contrôle boulangisme. Mon avis est, du reste, entièrement conforme au vû- In.'. Il faudra absolument, au moment d'une action dikùsive, ma présence en France, mais dans des conililions tout autres que celles que je pourrais avoir aujourd'hui. C'est le temps, c'est la patience qui me 1l'.-3 donneront. »