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LES SÉPARATISTES

Les Coulisses du Boulangisme étaient rexécution de Yultimatum posé par M. Déroulède. Il s'agissait, en faisant une bonne affaire, de se débarrasser du général, de le faire « disparaître ». Cette publication donna lieu à un débordement d'égout, de torrents de calomnies, d'outrages, do caricatures insultantes, parfois obscènes, qui finit par écœurer le public; et, quand il fut passé, on s'aperçut que c'étaient ceux qui l'avaient provoqué qui s'y étaient noyés.

Quoique la certitude fût acquise que cette publication scandaleuse avait été entreprise avec la participation de M. Laguerre, celui-ci s'en défendit par des dénégations qui avaient le tort d'être variées, et contre lesquelles protestait la collaboration de Tauteur des Coulisses à son journal la Presse,

Celui-ci avait prétendu avoir agi pour défendre l'honneur des républicains du Comité, tels que les Naquet, les Laisant et autres, et M. Laguerre mis en demeure de s'expliquer sur ses rapports avec Tauteur des Coulisses par le président d'un comité, lui répon-

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dait par cette lettre qui contient un aveu implicite et un aveu formel :

CHAMBRE

DES DÉPUTÉS « Paris, le 3 septembre 1890.

)) Mon cher président,

» Vous savez très bien que j'ai désapprouvé la publication des Coulisses du Boulangisme, que je m'y suis opposé autant que j*ai pu. Vous savez le blâme sévère que je lui ai infligé avec tous mes amis à la suite dé la réunion du café Riche dont j'avais pris l'initiative.

» Mais, si j'ai énergiquement blâmé M. Mermeix^ si je le blâme encore, je n'ai pas cru, d'un autre côté, devoir me priver de sa collaboration au journal la Presse,

» M. Mermeix n'a, en effet, diffamé personne; il n'a abusé de la confiance de personne. Tout ce qu'il a écrit est vrai dans les grandes lignes. Tous ces faits^ que j'ai appris moi-môme depuis très peu de temps, lui ont été répétés par des royalistes pour qu'il les répétât.

» J'ai fait ce que je devais faire pour les motifs que je viens de vous exposer.

» Je tenais à vous donner cette explication, et je vous remercie de l'avoir provoquée.

» Croyez, mon cher président, à tous mes très dévoués sentiments.

» G. Laguerre. »

On n'est pas plus maladroit.

M. Laguerre, en d'autres circonstances, avait affirmé avoir ignoré les intentions de l'auteur des Coulisses, Puisqu'il affirme ici s'être opposé à la publica-

tion, c\est donc qu'il la connaissait. Pourquoi, et de quoi a-t-il pu blâmer M. Mermeix, s'il n'a diffamé personne ni abusé de la conQance de personne? Si ce qu'il a écrit est vrai, que désapprouve-t-il alors qu'il ne croit pas devoir se priver de sa collaboration pour cette raison ?

EnQn, il y a un aveu bon à retenir, c'est que les faits, vrais ou faux, ont été racontés par les royalistes pour qu'on les répétât. C'est donc eux que Ton voulait servir?

La justification est plus qu'étrange. On comprend qu'en défendant ses clients de cette façon, M. Laguerre les fasse condamner.

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