A Paul Adam
n Mon cher Paul Adam, Ne recevant pas les Entretiens, je n'ai lu que très-tard ce que vous avez écrit de moi, et je vous offre, aussitôt que possible, une expression telle quelle de ma gratitude.
n II faut y croire, Paul Adam. Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni pamphlétaire, ni penseur, ni artiste, ni maître, ni écolier, ni même patriote, — comme vous le supposez sans profondeur, — ni quoi que ce soit, enfin, sinon le catholique Léon Bloy, dont la mémoire est fidèle.
» Vous n'aimez pas la guerre ! Vous n'aimez donc rien! C'est terrible, vous savez, de n'aimer rien. On est comme le Diable, et ce qu'on s'embête, alors, qui pourrait le dire?
« Il est aflaigeant et merveilleux qu'un esprit tel que le vôtre, un des rares qui soient vivants, renonce à TEblouissement, pour se mettre en condition chez un lieu commun déclamatoire.
» Mes phrases, mes chères et pauvres phrases dont vous parlez, ne sont qu*apjoa?'ence, comme la guerre elle-même, comme tout ce qu'il y a dans le crépuscule de la vie sensible, que vous prenez pour le grand jour,
y C'est ce qu'il y a derrière l'horizon qui est beau I » Votre ami Léon Bloy. »