Admirable sottise de Zola, qui nous pré
pare un roman sur Lourdes et qu'interroge un imbécile du Journal:
« Si je voyais un miracle incontestable, cela me gênerait beaucoup. Je n'y croirais pas, cela créerait un duel entre mes sens et ma raison, je n aurais plus mon équilibre. Cela serait dangereux jpowr moi!!! »
47. — Au Président du Cercle artistique, littéraire et scientifique d'Anvers :
« Monsieur, Je vous écris en hâte, d'un café où je reçois votre lettre inopinément.
n Je consens à faire des conférences en Belgique et en Hollande. Je m'engage même à être sublime, c'està-dire à me manifester l'égal du premier venu. N'est pas le premier venu qui veut. C'est un don que Dieu ne prodigue pas.
M De si éblouissantes promesses valent quelque chose, n'est-11 pas vrai ? Eu conséquence, voici mes^ conditions :
w l^ Voyages payés en F* classe ;
n 2® 300 francs, au moins, par conférence, tous^ frais compris;
» 3° Six conférences, awmotW, assurées d'avance;
» 40 Une avance immédiate de 500 francs ;
» 5<> Enfin, l'assurance formelle que je ne serai,, dans aucun cas, forcé de serrer la main de M. Henry^ Carton de Wiart.
n Ces cinq articles consentis par vous, je suis. Monsieur, à votre entière disposition.
 Fami intime d'un de mes lâcheurs :
» Monsieur, j *ai eu Thonneur de vous rencontrer tout dernièrement. Vous m'avez donné votre main que je n'ambitionnais pas, je vous prie de le croire. Donc vous êtes un ami, n'est-ce pas ?
» Voulez-vous, alors, m'expliquer la lettre odieuse, venimeuse et absolument incompréhensible de M. Léon Beschamps, directeur de la Plume, à Laurent Tailhade? Dans cette lettre, M. Deschamps, votre ami et l'ami de Scholl, prétend repousser une demande de secours pécuniaire à accorder à Léon Bloy, — lequel Bloy ne demande rien, quoiqu'il ait été refait de huit cents francs.
» Je pense. Monsieur, qu'ayant reçu votre poignée de main amicale, j'ai le devoir de vous avertir du danger que court M. Léon Deschamps, ami de SchoU et serviteur empressé de tout le monde, excepté des fiers, en continuant cette plaisanterie de voyou. » Agréez, etc. Léon Bloy. »
19. — Déménagement. On se réinstalle à Paris. Antony n*a plus de mystère, après quatorze mois de séjour, et je quitte ce village de brigands, avec des rugissements de bonheur.
22. — A Henri Mazel, directeur de YErmitage : « Monsieur, je vous avoue que l'article de votre collaborateur Saint-Antoine, m'eût été des plus agréables et m'aurait paru plus littéraire, s'il avait traité de mon livre, au lieu de s'acharner exclusivement sur la dédicace.
» Il est vrai que votre collaborateur n'avait pas le devoir de m'étre agréable. Je suis trop indépendant moi-même pour contester aux autres les points de vue qui leur conviennent.
» Me permettrez-vous, cependant, do répondre par quelques lignes d'une modération surprenante ?
» 1® Saint-Antoine, qui veut bien m'oflftir des leçons de crânerie et d'histoire, aurait pu se dire que la coupure dont il me demande compte me fut peut-être imposée par mon éditeur. Il me serait facile de le prouver, en produisant une lettre de ce dernier. Il fallait passer par là ou renoncer à la publication de Sueur de sang.
» Pourquoi aurais-je sacrifié mon livre, puisque la rature exigée n'ôtait rien, en somme, à l'absolu de la dédicace? Le soupçon de manquer d'audace étonne profondément Marchenoir.
n 2° Saint-Antoine me pose dix-sept (\) questions, qu'il croit accablantes, sur Bazaine, dont la prétendue trahison est une légende opportuniste, orléaniste et mac-mahonienne, que les gens instruits ou seulement attentifs ont abandonnée, depuis longtemps, au populo.
*> Un seul mot me parait, ici, plus que suiBsant. Voici :
n A défaut même de toute autre preuve. Vinnocence de Bazaine serait démontrée, surabondamment, par V&pouvantàble canaillerie de ses accusateurs et de ses Juges.
» En vous priant, monsieur, de vouloir bien publier
cette lettre dans le prochain numéro de V Ermitage, Marchenoir vous offre de très-bon cœur, Texpression de ses sentiments confraternels.
» LÉON Bloy. « (1)
Grand'messe à Saint-Pierre de Montrouge, église dont l'architecture me remplit de pensées mérovingiennes. Fait mémorable, vraiment extraordinaire. A la fin de la messe. Te Deum solennel en rhonneur des Russes, je suppose, et, aussitôt après, chant non moins solennel du Libéra, pour le maréchal de Mac-1\Iahon qui vient de mourir.
De Groux me propose cette idée : la disparition de mon livre de l'étalage des libraires ne serait-elle pas une conséquence du délire franco-russe? On lit, en effet, dans la préface même, cette affirmation, jugée, sans doute, peu hospitalière :
« La France est tellement le premier des peuples que tous les autres, quels qu'ils soient, doivent s'estimer honorablement partagés, lorsqu'ils sont admis à manger le pain de ses chiens. »