Fête à l'Opéra ; cabotinage exceptionnel
(1) Publiée en novembre, avec cette addition : « Saint- Antoine se borne à faire remarquer, en réponse à la lettre ci-dessus, que la triste fin du général d'Andlau, à qui il est sans doute fait allusion, ne détruit nullement la condamnation, ratifiée par l'histoire, de Bazaine comme traître. »
Ratifiée par V histoire ! Quelle histoire ?
pour ramusement de la marine russe. Toujours les Russes! Depuis quelques jours, impossible de franchir le boulevard. Ivresse publique tant soit peu déshonorante. Je voudrais que, par le moyen de quelque très-puissante projection électrique, ces mots parussent dans le ciel noir :
La France n'a resoin de personne.
27. — Ma seconde, à un parfait drôle, pour faire suite à la négociation entamée, le 13 de ce mois :
« M. Maurice de Fleury peut prendre toutes les attitudes qu'il lui plaira. Ces postures ne changeront rien au fait bien connu de lui, et qu'aucune blague no peut abolir.
t> En novembre 89, M. Maurice de Fleury et sa femme cessèrent brusquement de voir Léon Bloy.Deux lettres de celui-ci, restèrent sans réponse. Léon Bloy comprit alors que toute démarche serait inutile, qu'on le lâchait simplement et ignoblement, parce qu'on avait le besoin de valeter ou de putasser au Figaro y et que son amitié devenait compromettante.
» M. Maurice de Fleury a dit à tout le monde que Léon Bloy avait été son parasite, parce que celui-ci, toujours obsédé d'invitations ridicules, venait, ime fois par semaine, le lundi, manger quelques restes du dimanche, à Tasile de Sainte-Périne. M°»« de Fleury a raconté, depuis, à diverses personnes, qu'on choisissait, tout exprès pour Bloy, les pires morceaux, et qu'on lui faisait boire de Teau rougie, pendant qu'elle buvait
elle-même, avec son mari, du vrai vin prétendu pharmaceutique. Naturellement, elle s'est fait honneur de cette vilenie comme d'un trait spirituel et d'une action méritoire. Inutile d'sgouter qu'on ne dit pas un mot des dîners ou ribotes authentiques payés par Léon Bloy, avec son propre argent.
» Léon Bloy, accoutumé pourtant à subir toutes les trahisons et crapuleries,a trouvé cela d'autant plus fort que Maurice do Fleury avait paru se livrer à lui, sans réserve, comme un ami véritable. Le pamphlétaire tient de lui les informations les plus curieuses sur les Daudet, sur Mendès, Hervieux, Bonnetain, de Goncourt, etc., enfin sur lui-même. On ne fait de telles confidences qu'à un homme qu'on aime de tout son cœur, et cet homme, si parfaitement lâché et calomnié, aussitôt après, déclare ne pas comprendre.
f> Léon Bloy qui ne pourrait avoir que des gifles à offrir à M. de Fleury, n'ira pas chez lui. Il s'y refuse avec énergie, en s'étonnant que le manuscrit n'ait pas été remis à son messager. Il ne veut pas voir un personnage qui n'est, à ses yeux, qu'un sot littéraire et un domestique malpropre. Mais il faut le manuscrit, absolument.
» Léon Bloy prend cette occasion de renouveler à M. de Fleury l'assurance de son dégoût, en lui rappelant que Marchenoir a la claque facile, la dent longue et la patience infiniment courte.
" LÉON Bloy. »
30. — Vu le catalogue de la librairie Sagot, où figurent, en nombre considérable, des livres ayant
appartenu à Tailhade et qu*il a vendus. Les miens sont presque tous mentionnés et cotés d'autant plus honorablement que le vendeur a laissé toutes les dédicaces. Il est, peut-être, un peu mufle, l'auteur du Pays du Mufle,
31. — Reconquis enfin le manuscrit du PaL Le « parfait drôle » ne s'exécutant pas, j'ai dû me résigner, pour en finir, à prendre moi-même l'objet chez lui, malgré mon excessive répugnance, — décidé à m'en emparer de façon violente, s'il l'avait fallu. En prévision d'un scandale, j'étais accompagné de trois témoins, parmi lesquels Marius Tournadre !...
Gentillesse irréprochable de mon ex-Amphitryon. Par manière de récompense, je lui ai promis une raclée abondante pour le premier jour où je le rencontrerai hors de chez lui.
Mot de Tournadre en descendant l'escalier :
— Encore un que je ne pourrai pas taper!
NOVEMBRE
i. — Bavardé, ce soir, plusieurs heures, avec des mimes et des fantoches, dans un café du boulevard...
Me pardonnerez-vous, mon Dieu, ce gaspillage des heures précieuses de la Nuit des Morts?