ACTE If. SCENE V. 4S
URBAIN
Tu le vois bien I... va-l'en... va-l'en,,.
URBAIN. THÉRÈSE
Dieu ! qui vois mon crime, Quel esl donc le crim» Rends-moi mon estime, Dont il est victime ?
Que ta voix ranime Que ma voix ranime
L'honneur en mon cœur I L'amour en son cœur !
D'effroi je succombe. D'effroi je succombe,
Que s'ouvre ma tombe, A genoux je tombe.
Que sur moi retombe Que sur moi retombe,
Ta juste fureur! Hélas! son malheur!
THÉRÈSE
Quel destin fatal et contraire Te force de briser mon cœur? ..
N'es-tu donc plus mon défenseur.
Mon ami, mon frère?...
URBAIN, poussant un cri.
Ton frère!...
Oui, tu l'as dit pour mon malheur, Ton frère!.,,
THÉRÈSE, e (frayée, 0 ciel !
URBAIN
Je suis Ion frère!.,.
THÉRÈSE pousse un cri d effroi.
Ah!
URBAIN
Dieu! qui vois mon crime, etc.
THÉRÈSE
Ah Idu même crime Coupable el victime.
Que !e ciel ranime L'honneur en mon cœur î Que s'ouvre ma tombe.
Tombant aux pieds d'Urbain.) A tes pieds je tombe Et mon cœur succombe De crainte et d'horreur!
8GEINE XI. i
LES PRÉGÉDENS , GEDÉON, entrant par le fond ; puxs ,
les Montagnards et leurs femmes sortant lentement \
de la porte à droite, \
URBAIN, remettant une lettre à Thérèse. '
Tiens, lis... lis... |
GÉDÉON, s' approchant de lui, \
Cet anneau brisé doit vous iustiuire j
Du motif qui vers vous m'attire ! \
THÉRÈSE, après avoir lu la lettre,
0 ciel!
URBAIN
Un autre, hélas! doit obtenir ta main.
(Lui montrant Gédéon.)
Il est envoyé par ta mère...
Ma sœur... il faut obéir.., et nous taire î
THÉRÈSE, avec résignation.
Dieu le veut... mon frère, il faut partir .' (Thérèse est à genoux devant Urbain qui étend sa main sur elle... tous se découvrent.)