STENDHAL
Plagiats incontestables et Jés- « Quelle que soit la destinée qui
honorants. « Pirate litté- «m'attend, je veux toujours raire », d’après les travaux de « pouvoir dire, comme le grand P. Hazard et Arbelet. « Corneille :
« Je ne dois qu’à moi seul toute « ma renommée. Ainsi, je ne veux «introduire aucune espèce de « copie dans mes premiers ou- « vrages ».
Journal inédit de Stendhal, cité par Arbelet.
Qui voudrait étudier minutieusement le mensonge par vanité, en trouverait des exemples chez Chateaubriand. Quand J. Lemaître l’appelle « l’écrivain le plus vaniteux de la littérature française, et probablement de toutes les littératures (2)», il exprime d’une manière amusante l’importance de la vanité dans l’œuvre et la vie de Chateaubriand. En veut-on un exemple ? Il suffira de lire ce passage du dernier livre des Mémoires d’outre-tombe : « Deux nouveaux empires, la Prusse et la Russie, m'ont à peine devancé d’un demi-siècle sur la terre ; la Corse est devenue française à l’instant où j'ai paru ; je suis arrivé au monde vingt jours après Bonaparte. Il m’amenait avec lui. » Comment s’étonner que ses jugements sur Napoléon varient suivant ses rapports avec lui! Mais qu’une si grande vanité blessée doive entraîner le dénigrement, c’est ce que vérifie mieux que tout autre exemple le passage de « Buona-
(1) Zd., p. 156. H. Delacroix, La psychologie de Stendhal, Paris, Alcan, 1918, marque combien il se tient près de Cabanis dans sa psychophysiologie (p.284-285).Que Stendhal soit un émotif primaire, c’est l’opinion de l’auteur quile montre « tout à la sensation présente » (p. 120) et cite ce texte de Stendhal même : «Jusqu’à vingt et un ans, que dis-je, souvent même encore, il faut que je me tienne à deux mains pour n'être pas tout à la sensation produite par les objets et pouvoir les juger raisonnablement avec mon expérience, » Sa vie amoureuse s’esi renouvelée par des passions violentes et changeantes. Mais il est probable qu’à cause de la rapidité de sa pénétration analytique, l'émotion devenait très vite pour lui un objet de réflexion. Nous avons essayé de le vérifier à partir de son style, dans un passage de la Charlreuse de Parme, où il peint une crise affective. (Cf. Annexe II.)
(2) J. Lemaître, Chateaubriand, Paris, Calmann-Lévy, 1912, p. 280.
parte et les Bourbons », où il ose écrire que Bonaparte «avaït fait rétrograder la guerre jusqu’à l’enfance de l’art ». Ce mot ne devait pas l'empêcher de reconnaître, dans les Mémoires d’outretombe, « les miracles de son intelligence militaire».
Les tendances vitales sont importantes chez les EnAP. Pour le désir des plaisirs de la table, ils arrivent en tête de liste (55,2 %), même avant les amorphes (54,1 % : la moyenne est de 45,1 %. L’altération de la vérité au service de la gourmandise devra être plus fréquente chez les enfants nerveux que chez les autres.
De même la sexualité déréglée, qui atteint 21,4 %, chez les amorphes, est encore chez eux de 16,1 %, tandis qu’elle ne dépasse pas 4,66 % en moyenne dans les autres catégories. Il faudra s'attendre à ce que les nerveux mentent à ceux qui voudraient les empêcher de satisfaire leurs besoins sexuels, que ce soient des individus de l’autre sexe en relations sexuelles avec eux, ou des personnes, auxquelles les conditions sociales accordent une autorité sur eux. Le mensonge sexuel devra être plus fréquent chez les nerveux que chez les nerveuses, parce que les besoins sexuels sont moins impérieux chez les femmes que chez les hommes, au sens statistique qui est le seul auquel cette proposition puisse être prise. Il n’est donc pas étonnant que le mensonge sexuel soit si fréquemment représenté et absous dans la littérature poétique ou romanesque, à laquelle les primaires sont le mieux disposés.
Le besoin de mouvement trouve une première satisfaction dans la démonstrativité (question 61), pour laquelle les nerveux arrivent au deuxième rang avec 56,9, bien avant le troisième qui appartient aux passionnés avec 47,9. Comme l’activité favorise la démonstrativité, c’est chez les colériques que nous devrons surtout trouver et étudier le mensonge d'exagération. Mais s’il atteint 43,2 % chez les EAP, il arrive déjà à 41, # % chez les nerveux.
Deux autres chiffres nous permettent de le préciser. Le premier concerne le mensonge par embellissement, dans lequel les nerveux l’emportent nettement : |
Amorphes Apathiques Nerveux Sentimentaux Sanguins Flegmatiques Colériques Passionnés
Le second, la disposition à complimenter : (Q. 82, 10).
641, 43 (Ra 13, | A EAP:
La comparaison des deux phénomènes, d’ailleurs parents, est intéressante; elle est facile par le moyen de ces deux lignes brisées :
2] Dsposé 3
complimentes
Mensonge par AT A 2
des Apothiques erreur Sertimenteur Senguins Flegmetiques Colériques Passionnés
Le parallélisme des deux courbes est satisfaisant : il ne comporte que deux exceptions, d’ailleurs légères, mais qu'il vaut la peine de considérer de plus près. La première est le rapport de 16,8 à 7,4 pour les sanguins. Le chiffre de 16,8 porte, comme on devait s’y attendre, les sanguins dans la région des autres primaires pour le mensonge par embellissement. Mais en revanche, le taux de 7,4 est plus bas qu’on ne s’y attendrait. La seconde exception est moins spéciale : les inactifs (sentimentaux à part) sont plus aptes à embellir qu’à complimenter.
Le premier fait est le moins facile à expliquer : il doit provenir de ce que l'intérêt des sanguins pour les personnes (question 72: 32,6; M. 36,4), est faible, voisin du désintérêt des flegmatiques (26,7). Quant au second, si les nerveux s’intéressent aux personnes (question 72, 20 : 47,1 %, c’est-à-dire de 129 % par rapport à la moyenne), ils s’intéressent encore beaucoup plus à eux-mêmes (question 72, 30 : 29,9, soit de 196 %, par rapport à la moyenne 15,2). Il y a dans le compliment sinon toujours assez d’altruisme, du moins une part d'activité, de sorte que l’aptitude à complimenter sera défavorisée par l’inactivité, comme la comparaison de l’affectation avec l’aptitude à complimenter nous a déjà permis de l’observer