LES SANGUINS ET LA VÉRACITÉ
laquelle l'élan fourni par l’émotivité doit compter, et l’habileté intellectuelle, qui ne manie que des idées. Dans l’usageé du crayon ou de la plume, l’adresse intervient plus que la force. Les actifs primaires restent en tête, mais les colériques reculent derrière les sanguins :
Question 33, 49 dessin :
L'expression verbale du sens pratique est le talent oratoire. On peut en juger d’après la question 33, 20 talent oratoire et la question 39, talent d'improvisation en public :
Question 33, 20 Question 39
6 ” + « - Amorphes Apathigues Nerveux Sentimentaus Sanguins fegmatiques Coléniques Passionnés
La supériorité des sanguins est nette pour les deux propriétés ;
20 Passons maintenant aux propriétés qui nous paraissent indispensables au sens pratique. Considérons d’abord les conditions intellectuelles. Le sanguin, comme l’aptitude maximale au dessin l’annonçait (cf. p. 230), est bon observateur (question 40 : flegmatiques 66,1 ; sanguins 63,2 ; moyenne 52,2). Il est supérieur aux hommes de tous les autres caractères par la présence d'esprit, question 83, 2° : sanguins 65,3 (maximum), flegmatiques, 63,6, colériques 63,8 ; moyenne 48,7 ). L'impulsivité ne vient pas troubler sa pensée, car, quoique primaire, il se tient à la moyenne (question 7, 10: sanguins 43,2; moyenne 43,6);
il est même plus réfléchi que les secondaires-émotifs (question 7, 20 : sanguins 55, 8 ; passionnés 51,3 ; sentimentaux 39,8), et il échappe à l'esclavage envers les principes (question 7, 39: sanguins 3,2; moyenne 7,5), qui peut asservir les secondaires (Ms 12,2-Mc 7,5). Il est supérieur à tous les primaires par l'indépendance du jugement (question 31, 19 : sanguins 62,1 ; Mc 58,7-Me 49,35), et supérieur à tout le monde par la rapidité de conception (question 27, 10 : sanguins 63,2 ; colériques 59,9 ; Mc 52,4). Il est positif et objectif (question 37, 20 : 62,1), presque à l’égal des flegmatiques (67,7) et l'emporte avec lui sur tous les autres (Mc 49,3). Voilà un assez beau bilan intellectuel.
Pour être moins honorables, les conditions affectives ne sont pas moins favorables au sens pratique. Il est rare en effet que, par cette notion, on entende d’ordinaire la fidélité au devoir et les vertus généreuses. L’égoïsme organique et pécuniaire paraît bien inspirer la majorité des actes produits par les sanguins. D’abord, abstraction faite des caractères inertes (amorphes et apathiques), le sanguin est en tête pour l’égoïsme (question 55, 20: 24,2) dépassant même les EnA (M... 20,9). En effet, il dépasse les autres actifs et les sentimentaux par le goût des jouissances de la table (question 44, 19 : sanguins 48,4 ; moyenne des autres actifs 37,6 ; sentimentaux 41,6), Sa sexualité est forte parmi les actifs, supérieure à celle des colériques (question 46, 19 et 20), Bien moins vaniteux (question 48, 19: sanguins 22,1), que le colérique (34,2) et le nerveux (54), le sanguin est plus qu'eux et que tout le monde désireux d'argent (question 50, 19 : sanguins 25,3 ; colériques 22,2-M. 20,6) : il est caractéristique que le minimum de la cupidité revienne aux sentimentaux (15,9), dont la formule est complètement opposée à celle des sanguins.
La contre-partie de l’égoïsme estl’affaiblissement de la bonté :
Minimum pour la compassion (question 55, 40) (1).......... 57,9 Minimum (1) pour la tendresse éducative (question 53, 20)... 15,8 Faible (2) pour la bonté envers les inférieurs (question 54, 19). 73,7 Nettement maximum pour la dureté (question 54, 20)...... 16,8
Minimum (1) pour l’activité philanthropique (question 56, 10) 18,9
(1) A la seule exception des amorphes.
{2} N'est supérieur qu'aux amorphes et aux nerveux.
LES SANGUINS ET LA VÉRACITÉ De
Il est intéressant de le comparer aux colériques dans les propriétés caractéristiques du retentissement ; pour la propriété 17 : vite consolé, qui est favorisée par l’égoïsme, le sanguin l'emporte nettement (77,9) sur le colérique (57,2); pour la propriété 18 : vite réconcilié, qui est favorisée par l’altruisme, c’est le colérique qui presque aussi nettement (71,6) reprend l’avantage sur le sanguin (57,9). Aussi n'est-il pas étonnant qu'il possède le plus critique (57,9 ; moyenne 46,1) de tous les caractères et soit le plus méfiant de tous les actifs (sanguins 26,3; Me 24,2; moyenne des autres actifs : 21,6).
Il en résulte son extrême faiblesse dans les sentiments sociaux : Il est inférieur (question 59 : 25,3) à tous les actifs (moyenne des autres actifs 34,8) et aux sentimentaux (31,9) par le patriotisme. Les proportions sont les mêmes (qu. 65) pour le sentiment religieux (sanguins 13,7; Me 16,6; sentimentaux 18,6; moyenne des autres actifs 25,7).
De ces chiffres, on passe continûment à l’honorabilité, puis à la véracité. L’honorabilité des sanguins est moyenne (question 64, 10 ; sanguins 78,9 ; Me 77,3) ; mais, parmi les actifs, colériques compris, leur honorabilité est de celles qui prennent garde aux limites imposées par la loi (question 64, 20 : sanguins 12,6 ; Ma 9,8; moyenne des autres actifs 6,6). Aussi, dans leurs rapports avec autrui, viennent-ils (question 62, 10 : sanguins 58,9) avec les amorphes (56,1) au niveau inférieur de ceux qui se comportent honorablement avec les autres hommes ; mais les premiers (question 62,20 : sanguins 27,4; amorphes 25,5; Me 20,1) parmi ceux qui se comportent diplomatiquement; et aussitôt après les nerveux (question 62, 30: nerveux 9,2; sanguins 6,3) parmi les intrigants.
De leur véracité, nous savons qu’elle est encore imférieure à la moyenne.
Faut-il penser que cet ensemble de qualités et de défauts constitue la vertu ? Si l’on ne tenait compte pour en juger que de leurs effets psychologiques, on devrait le croire ; car la fréquence des troubles mentaux qui est en moyenne (question 90) chez les émotifs de 25,65 %, tombe chez les sanguins au minimum de 4,2%. Ce ne sont pas des rêveurs que leur inactivité livre à leur émotivité, car ils partagent avec les amorphes,
le minimum pour le penchant à ruminer (qu. 75 : amorphes 10,2; sanguins 11,6 ; moyenne 16,2 ; nerveux 20,1).
$ IL. — La DuPLICITÉ
De ce portrait nous pouvons, en appliquant certaines des conséquences auxquelles nous a conduit l’examen général de la véracité, passer à l’examen de la mendacité des sanguins. Dès l’étude des nerveux, nous avons dû remarquer que le remplacement progressif de l'intention affective par l'intention intellectuelle devait résulter de l’aptitude essentielle de la conscience à utiliser comme moyen d’action ce qu’elle a d’abord concrètement découvert en elle-même. Cette conversion de la spontanéité en réflexion (sous cette réserve que la réflexion reste superficielle), est favorisée par l’extrème primarité, comme nous l’avons constaté à propos de l’art. Elle doit l’être aussi par la réduction de l’émotivité (1). Une émotivité trop violente éblouit, aveugle, entraîne : elle conditionnera le mensonge passionnel plutôt que le mensonge artificieux. De même que l’art s’infléchit vers la technique, à mesure que se fait le passage du nerveux au sanguin, le mensonge qui se propose de produire de l’effet doit se changer insensiblement dans le mensonge qui se propose de produire un effet. Le goût du merveilleux doit se