‹ Le Mensonge et le CaractèreChapitre 62 sur 80 · FES · texte numérisé non relu

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(1) Il n’y a aucune contradiction évidemment à faire de l’émotivité une condition favorable de la mendacité et à expliquer par sa réduction le mensonge utilitaire. D’abord une propriété peut avoir des effets opposés suivant la nature de celles auxquelles elle est associée ; ainsi la peur fait fuir et immobilise suivant les cas. En outre, il faut rappeler qu’un sanguin n’est pas absolument un non-émotif, mais seulement un moins-émotif. Enfin, la réduction de l’émotivité du nerveux au sanguin entraîne une réduction de la mendacité ; mais, comme elle en change le caractère, elle peut entraîner une augmentation d’une mendacité particulière. Supposons, pour fixer les idées, que dans les conditions où le nerveux ment 100 fois, 90 % de ses mensonges soient plutôt passionnels et 10 plutôt réfléchis. Où le nerveux mentira 100 fois, le sanguin, d’après le rapport de leurs véracités respectives, mentira 68 fois, mais qu’à l'inverse du nerveux, le sanguin mente 90 fois avec pleine conscience, tandis que le nerveux aura produit 10 mensonges réfléchis, le sanguin en aura produit 61. Il ment généralement beaucoup moins, mais on peut dire sa duplicité 6 fois plus grande. Sans doute la différence de duplicité entre les nerveux et les sanguins n’est pas si inégale que ces chiffres, choisis arbitrairement pour illustrer la remarque théorique, le donneraient à croire. L'intelligence (question 27, 20} est favorisée par l’activité et défavorisée par l’émotivité. Leur influence peut être appréciée au moyen des chifres relatifs à cette question,

convertir en ruse, et même en une ruse égoïste, qui est le machiavélisme.

En effet, la réduction de l’émotivité (si elle est toujours unie à la primarité), n’entraîne pas la suppression de tous les intérêts. Il se passe ici ce qui arrive quand une sécheresse abaisse le niveau d’un lac : les accidents du fond sont progressivement révélés. Avec l’abaissement de l’émotivité, la valeur de la puissance d’affirmation ou altruisme objectif diminue : à la place de l’altruisme, qui consiste pour une personne à élargir son action sur l’objet en prenant à charge un plus grand nombre de consciences, émerge un égoïsme, qui restreint la moindre puissance dont 1l dispose au bien de l’organisme du sujet et à ses conditions d'existence. Assurément, comme tout le monde, le passionné, si altruiste puisse-t-il être, doit prendre soin de son corps ; mais ce soin reste pour lui un moyen, car il a des ambitions plus amples. Du passionné au nerveux, l’altruisme affectif pourra persister, mais il lui manquera l’activité indispensable à la bonté ; du passionné au sanguin, l’amour d’autrui s’atténuera et, l’égoïsme s’installant en maître, ce soin de soi, qui était moyen pour le passionné, deviendra fin pour lui. L’émotivité conditionne toujours plus ou moins l’aptitude à la sympathie : avec son effacement, s’établira un égoïsme intelligent, conscient de ses moyens et de son but. Aussi, deux nombres dominent toute la psychologie du sanguin : le maximum d’esprit pratique (question

Le coefficient dont il faut multiplier l'intelligence d’un nEnAP pour obtenir celle d’un nEAP est de 1,76

nEnAS — nEAS — 1,47 ( moyenne:

EnAP 2 EAP — 166€ 1,57 EnAS — EAS — 1,40 et celle d’un EnAP ..... — nEnAP — 1,15.

EnAS ..... — nEnAS — 1,15 { moyenne:

BAPE — nEAP — 1,22 1,18 PAS. — nEAS — 1,20 :

Il est remarquable que les coefficients de chaque série ont des grandeurs voisines. En supposant que la duplicité, définie le rapport des mensonges à intention intellectuelle au total des mensonges, croisse parallèlement à l'intelligence, la duplicité du nerveux étant prise pour unité,

celle du colérique serait 1,66

celle du sanguin, 1,66 X 1,22 = 2.

On obtient le même résultat dans l’autre sens : La duplicité du nerveux étant encore prise pour unité,

celle de l’amorphe serait 1,15

celle du sanguin 1,15 X 1,76 = 2, Mais il va de soi que cette indication est très aléatoire.

29), à 81,1 ; le minimum (les inertes exceptés) de bonté (question 55) à 57,9.

Leur domination sera d’autant plus forte que le sanguin sera plus primaire. On le vérifie aisément en comparant les valeurs de certaines propriétés en fonction du retentissement.

Sanguins Sanguins moins primaires très primaires Question 44. Jouissances de la table. .. 44,9 64,7 Non en ee 33,3 47,6 (1) Question 48. Vanité............ DT 49,2 35,3 Question 89. Impatience pendant le mal 20,5 35,3 (2)

Accentuons maintenant l'opposition et comparons les sanguins très primaires aux flegmatiques très secondaires.

Flegmatiques Sanguins ; très secondaires très primaires

Question 44. Jouissances de la table. .. 26,1 64,7 SALE AA TROP AU START AA DDR BAC 17,6 (1)

Question 48. :Vanité!i, 2,01 nn 10,1 35,3 Question 89. Impatience pendant le mal. A0ST 35,3 (2)

L'influence du retentissement se montre ici toute-puissante.

De ces résultats, il doit suivre que les intérêts les plus importants pour les sanguins ne seront, ni les intérêts directs où l’émotivité surtout cherche satisfaction, ni les intérêts lointains, que conditionne principalement la secondarité; mais, entre les uns et les autres, comme les sanguins sont entre les nerveux et les flegmatiques, les intérêts qu’on peut appeler prochains, comparables aux intérêts immédiats et directs par leur proximité, ayant, avec les intérêts lointains, le caractère commun de se porter vers des objets désirables comme moyens et non comme fins.

Encore, parmi ces objets, peut-on établir une hiérarchie de préférence dont le signe paraît dépendre du retentissement.

Les trois principaux'objets des intérêts prochains sont l’argent, le concept et la loi.

(1) G. Heymans et E. Wiersma. Beitr. z. sp. Psych., loc. cit., p. 59. (2) G. Heymans et E, Wiersma, tableau III, p. 58.

Pour l’argent, l’égoïsme exige, s’il est intelligent, et les faits statistiques vérifient, que le sanguin le recherche : en effet, c’est à lui que revient le maximum de la cupidité pécuniaire (question 50,19 : sanguins 25,3 (maximum) ; moyenne 20, 6). De cet argent, il est médiocrement économe (question 51, 20 : sanguins 31,6 ; moyenne 42,4) ; ce n’est pas qu’il soit dépensier (question 51, 40 : amorphes 24,5 ; sanguins 4,2 moyenne 9,1. Il en fait donc un bon usage comme sa circonspection l’exige ; mais eufin il en use. Ce qu’il doit donc chercher dans l’argent, c’est le moyen de satisfaire son égoïsme, puisque, les amorphes à part, la classe des sanguins compte le maximum de gens (question 56, 30 : 27,4; moyenne 17,7), qui ne prennent aucune part à l’activité philanthropique.

Pour le concept, il lui fait la place que son émotivité réduite permet. Il est intéressé par les idées nouvelles au maximum (question 21, 20 : sanguins 58,9 (maximum) ; moyenne 47,4, il ne s’asservit pas à une opinion fixée (question 21, 1°: sanguins 13,7 (minimum) ; moyenne 27,6). Il est encore en tête de tous les caractères pour la rapidité avec laquelle il comprend (question 27, 19 : sanguins 63,2 ; moyenne 52,4). Sa parole est précise et objective (question 37,20 : flegmatiques 67,7 (maximum) ; sanguins 62,1 ; moyenne 49,3).

Reste la loi. Il ne la viole pas (question 64, 30) ; il se tient dans ses limites (question 64, 29 honnête dans les limites de la lot : sanguins 12,6 ; moyenne 9,8) ; mais n’accorde pas à la loi morale tout le respect qu’il a pour la loi sociale, puisqu'il est moins honorable (question 64, 1° : sanguins 78,9 ; moyenne 77,3) et moins vérace (question 63, 1°) que tous les secondaires.

Par rapport à ces trois objets d'intérêts indirects, il est intéressant de comparer les sanguins et les flegmatiques. On peut dire :

49 Qu’à mesure que la primarité décroît, leur importance relative se renverse, et que le désir de l’argent rétrocède devant l'intérêt pour la pensée abstraite, et cet intérêt même devant le devoir de systématisation ou la moralité abstraite ;

20 Qu’en même temps, leur utilité comme moyens d'intérêts égoiïstes s’affaiblit pour faire du concept théorique, comme la loi générale de la science et de la métaphysique, pratique comme

238 LE MENSONGE DES NON-ÉMOTIFS PRIMAIRES F# la loi morale, l’objet direct, la fin d’une tendance maîtresse. La première thèse peut se vérifier à simple vue par la comparaison des droites suivantes :

Sanguins Flegmatiques 81,1 décroît

Question 29, esprit pratique moyenne 59,5

; 253 décroît Question 50, 10 cupidité moyenne 20,6 03 ù 426 Question 56, 2° générosité pécuniaire 316 moyenne316 CTOÏt 86.3 Question 26. concordance des pa- moyenne 57 croît roles et des actes 516 Question 7, 30 homme à principes moyenne 7,5 croît

La seconde par l’étude des nombres relatifs aux questions 27. Les sanguins sont supérieurs aux flegmatiques par la rapidité de compréhension : flegmatiques 49,7— sanguins 63,2. Mais leur pensée est plus superficielle que celle des flegmatiques :

Superficiels : sanguins 21,1 — flegmatiques 14,6. Avec ce couple de chiffres corrélatifs, s’accordent ceux qui se rapportent à l'intelligence en général.

Sanguins Sanguins Flegmatiques Flegmatiques très primaires moins primaires moins secondaires plus secondaires 35,3 44,9 67,8 74,4 (1) 2 TT

© net Moyenne des sanguins : 43,2 Moyenne des fleomatiques : 68,8 (2)

(1) H. et W. B. s. Ps. p. 58.

(2) et W.'B.\5 Ps p.112:

Pour cette propriété, la supériorité des flegmatiques est marquée. De ces deux groupes de nombres, il faut rapprocher ceux (1) qui expriment corrélativement le souci de l’avenir lointain et le désir de résultats immédiats : la différence entre les sanguins et les flegmatiques est encore aussi nette qu’on peut le désirer :

Sanguins Fleymatiques

Question 25. Avenir lointain...... 20,0 59,5 (maximum) Question 25. Résultats prochains.. 61,1 15,3 (minimum)

Pour les résultats prochains, les colériques mêmes n'’atteignent qu'à 52,1.

Nous pouvons maintenant comprendre comment la véracité va être affectée. Plus est forte la primarité dont la théorie a montré qu’elle est la condition maîtresse de tout cet ensemble de phénomènes, plus le sujet se propose de résultats immédiats. En se réduisant, l’émotivité laisse la prééminence aux tendances égoïstes (goût de jouissances, cupidité). Grâce à la netteté de l'intelligence qu’une forte émotivité ne vient plus troubler, il apparaît, dans certaines circonstances, que cet égoïsme ne peut se satisfaire que par un mensonge. Celui-ci se produit. Ce n’est pas la sympathie avec la victime du mensonge qui pourrait lempêcher ? Par la réduction de l’émotivité, l'aptitude à la sympathie est affaiblie et, avec elle, la bonté. Ce n’est pas le respect de la loi comme telle, il y faudrait une plus forte secondarité. Tout au plus, la menace d’une sanction pénale pourrait

{1} On peut souligner au passage l'opposition entre la rapidité de compréhension (unie à la superficialité) et l'intelligence : elle exprime la distinction entre l’intellectualité primaire et secondaire. Elle montre qu’à mesure que le caractère tend vers la primarité, la pensée est plus souple, mais aussi plus morcelée ; quand il s'oriente vers la secondarité, elle devient plus systématique, mais aussi plus profonde. De ces résultats, complétés par la double observation que l’émotivité défavorise et que l’activité, au contraire, favorise l’intelligence (au sens de la question 27, 20), il résulte que la profondeur intellectuelle doit (abstraction faite de la valeur propre de l’aptitude pure à l’analyse) atteindre à son maximum chez les flegmatiques. Ce résultat concorde avec ce que nous avons vu page 220, d’après la seule méthode biographique. Il va de soi, dans ces conclusions, que la statistique ne permet d'appréhender que le degré, suivant lequel le caractère favorise ou défavorise l'intelligence, la tendance analytique ayant chez chacun, à la considérer purement, une valeur propre qui est indépendante des autres données congénitales.

intervenir. Le menteur évitera les mensonges qui coûteraient beaucoup et rapporteraient peu, pour ceux qui rapporteront davantage en coûtant moins. Il se tiendra dans les limites de la loi.

Reste l’activité. Mais d’abord son coefficient d’action pour la véracité est le plus faible des trois ; de plus, l’activité, prise à part, des sanguins n’est pas supérieure à celle des colériques. Les compare-t-on aux nerveux et aux amorphes, elle interviendra pour diminuer la fréquence des mensonges ; mais il ne me paraît pas certain qu’elle en atténue la gravité. Nous avons vu, en eflet, que l’inactivité favorise la dégradation des actes, c’est-à-dire non seulement leur réduction, mais leur transformation en actes intérieurs, imaginatifs, au moins en actes de pure expression. Les obstacles, qui arrêtent l’inactif, dévient ses actions en rêves. Au contraire, l’activité est, dans les limites convenables, la tendance à entreprendre une action, parce qu’elle est difficile : l’actif est stimulé, provoqué par les difficultés. Il doit donc arriver qu’une activité que l’émotivité ne vient pas dévier par la sympathie et que la secondarité ne vient pas inhiber, transforme la difficulté de dire la vérité, qui est une condition du mensonge, en une raison de ne pas la dire. C’est l'obstacle qui fait mentir le nerveux, quand la vérité est difficile à avouer ; le sanguin doit affronter l’obstacle et convertir le mensonge en un art. Mais cet art intéressé, utilitaire, se proposant un autre objet qu’une satisfaction directe et affective, n’est plus l’art, c’est une technique. À ce moment où 1l se fait procédé et calcul, où il anticipe sur les obstacles au lieu de subir seulement leur pression psychologique, le mensonge improvisé devient mensonge prémédité. Chez les secondaires, cette préméditation pourra s’expliquer par l’action d’une tendance permanente; elle ne sera sans doute, ni si exactement adaptée au présent, ni si clairement consciente de sa nature et de son but. Comme l’altération affective caractérise, avec des modalités différentes, les primaires les plus émotfs, la duplicité doit être le trait commun des primaires les moins émotifs.

Cette construction qui découle de tous les nombres de l’enquête statistique, se rapportant directement ou indirectement à la véracité, s'exprime particulièrement dans l’un d’eux.

D’après la question 62, 20, le sanguin l'emporte sur tous par son aptitude à se comporter diplomatiquement, puisqu'il atteint au taux maximum de 27,4 % ; tandis que les nerveux et même les colériques ne dépassent pas celui de 18 %. |

Parallèlement (question 62, 10), est-il (58,9) avec les amorphes (56,1) et bien au-dessous de la moyenne (66,9), le moins apte à se comporter honorablement à l'égard d'autrui. S'il voisine (question 64, 20 ; 12,6) avec les colériques (11,3) et les nerveux (13,8), parmi les gens qui ne sont honnêtes que dans les limites de la loi, il n’a pas l’excuse de l'entraînement affectif. .

Malgré cet accord, il me paraît convenable, d’après les données considérées plus haut et pour écarter toute application injuste et dangereuse, de souligner encore une fois l'importance de la primarité dans tous ces faits, et par conséquent de séparer assez nettement les sanguins les plus primaires des autres. Chez les premiers, l’égoïsme fait de l’argent et des idées les moyens de se satisfaire. À mesure que la secondarité croît, si l’égoïsme cherche encore dans la richesse et la pensée l’occasion de son exercice, Justice et savoir deviennent progressivement des fins par soi. En gros et plus simplement, deux tendances s’opposent chez le sanguin : le désir de l’argent et du succès pratique, celui de la pensée abstraite. Chez le plus primaire, la seconde sert la première ; avec la croissance de la secondarité, l'aptitude à la pensée abstraite se subordonne l’égoïsme. Sens pratique signifie sens et pratique : tantôt le sens sert la pratique, tantôt la pratique se propose d’accroître le sens.

Cette hypothèse est d’accord avec la théorie et avec la documentation statistique. Suivant la théorie calculons, au moyen de la formule V, à quel taux de retentissement un nerveux possède une véracité (ou une mendacité) équivalente à celle du sanguin pour lequel r — 5. Nous trouvons r’— 42,5, v'— 43,75. Donc, la mendacité (ou la véracité) d’un sanguin très primaire est égale à celle d’un EnA de retentissement à peu près moyen. Il s’agit dans cette équivalence d’une égalité, par conséquent d’une fréquence. D’après tout ce qui précède, le sanguin doit mettre dans ses mensonges beaucoup plus de clarté et d’égoïsme que

l’émotif-inactif moyen (1). En tout cas, avec cette véracité de 43,75, le sanguin très primaire est très loin du flegmatique de véracité 85 : il est plus menteur qu’un amorphe moyen.

Partons maintenant de la documentation statistique : déterminons la variation du sens pratique et des modalités de l'intelligence suivant la secondarité, et marquons sur le tableau la place de la moyenne générale des nEA :

Flepmatiques Sanguins primaires Mes plus secondaires Question 29. :

Sens pratique...., 81,1 70 Mce=59,5 59 Question 27.

Conception rapide.. 64,7 56,45, Me—52,4 47,9 Entelligent.......:"3533%Mce—= 42256 71,4 Superficie........ "35,3 Mce—=26,8 17,85 Le

Sur ce tableau, la moyenne générale dessine une ligne de démarcation très nette. Le sens pratique des nEA est, chez presque tous, supérieur à la moyenne ; mais parmi eux deux groupes s’indiquent. Les sanguins les plus primaires, qui ont le plus de sens pratique, ont aussi la conception la plus rapide,

(1) Dans le tableau IIT (Beitr. z. sp. Psych., loc. cit., p. 58), où les auteurs classent les nEA en quatre colonnes en allant des sanguins très primaires aux sanguins peu primaires et des flegmatiques moins secondaires aux flegmatiques plus secondaires, donnons pour les valeurs de r correspondant à ces quatre sous-types, respectivement 5, 40, 60, 80 et calculons les valeurs correspondantes de V ; enfin, rapprochons-les des valeurs données par le même tableau pour le calme {q. 1. ruhig). Nous obtenons les chiffres suivants :

Calme Véracité calculée Véracité calculée

Sanguins très primaires r=5....... 47 48,75 (20) Nerveux 21.25 Sanguins moins primaires r—40.... 68 64,75 (57,5) Nerveux 42,25 Flegmatiques moins secondaires, r — 60. 79 76,75 (84)

Flegmatiques très secondaires, r — 80. 86 88,75 (91,2)

Les chiffres entre parenthèses sont les chiffres fournis par un tableau que M. Heymans a bien voulu me communiquer. Mais il faut avertir qu’étant obtenus par un classement autre que celui du tableau III auquel manquent les réponses à la question 63, les chifires se rapportent à d’autres valeurs de r ; en outre, que les fiches fournies par le mode de classement sont peu nombreuses pour les flegmatiques et les sanguins extrêmes. Néanmoins, l’ordre des chiffres est sans accident.

De la comparaison entre les deux colonnes ressort le parallélisme entre le calme et la véracité. Plus un nEA est calme, ou moins il est mobile, plus il est vérace. La remarque

est pratiquement intéressante, puisque le calme est un caractère plus apparent que la véracité:

une intelligence inférieure à la moyenne générale et sont plus superficiels que l’homme moyen. Les nEA plus secondaires qu'eux doivent tirer le sens pratique vers la pensée ou l’action lointaine, car si leur rapidité de conception oscille autour de la moyenne, leur intelligence et leur profondeur lui sont supérieures.

On voit donc assez nettement s’indiquer, parmi les sanguins, le groupe des plus primaires d’entre eux, chez qui la plus grande mendacité s'associe à la rapidité, mais surtout à la superficialité de la réflexion, comme l’hypothèse le faisait prévoir.

Ce groupe de sanguins peut être délimité. Sachant que la véracité moyenne est égale à 59,5 (1), nous pouvons calculer le taux de primarité pour lequel la véracité d’un sanguin est moyenne, à l’aide de l'équation :

d’où l’on tire le taux de primarité ou le retentissement r — 31,25. En rapprochant ce résultat des précédents et en les complétant de la même manière, nous obtenons le tableau suivant :

Sanguins mobiles, de retentissement r < 5: véracité inférieure à 43,75.

Sanguins pour lesquels 5 <r < 31,25 : véracité supérieure à 43,75, mais inférieure à la moyenne générale 59,5.

Sanguins pour lesquels 31,25 < r < 50 : véracité située entre la moyenne générale et la moyenne nEA = 70,75.

On voit que l’aire des sanguins dangereux, en qualifiant ainsi ceux dont la véracité est inférieure à 43,75, car s'ils sont’en quantité moins menteurs que la moyenne des nerveux, leur mendacité est beaucoup mieux ajustée à leurs fins, est assez étroite,

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