‹ Le Mensonge et le CaractèreChapitre 69 sur 80 · FÉERIES · texte numérisé non relu

FÉERIES

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Q. 49, 20 Indifférence aux

honneurs: INC

(sont dépassés par les nEnA)

Q. 50, Désintéressé (en oppos.

avécr.cupide) 2 ea Q. 51, 29 Économe..........

Q. 52, 20 Laissant à chacun sa Monte. bin UN TE Q. 60, 19 Parfaitement na- Tube ete RE UE QF01,729: Rermés LL Q. 62, 10 Se comportant honorablement.. 44:03:22

Q. 63, 19 Complètement digne dé LOL SRE Rue Q. 64, 10 Parfaitement honoraDle. he ere ee

Q. 65, 1° Ferveur religieuse

Q::70, 19 Courageux;.......

Q. 72, 1° Parlant sur les Choses ess NS PRE

Q. 74, 19 Beaucoup lire... .….

30, Retenir avec précision et en ordre. ....2.,040

Q. 79, Jeux intellectuels...

Q. 84 10 Tenant à Pordre. et à de Propreté Las Unix

O5; 19 Ponctuekh eee

Q. se 20 Parle d’une manière objective..:...2,.4.4

Q:887 20 RE pen lente

Q. 89. Dos Patent ess int

30,1 sent. 26,5 54,4 sent. 54 66,5 pass. 63,3 62,9 sang. 60 78,6 pass. 76,4 45,6 ap. 53,2 72,7 pass. 81,4 sent. 73,D 85 pass. 73,4 90,9 pass. 91,8 sent. 87,6 23,2 pass. 34,8 55,1 sang. 52,6 67 pass. 50,8 sang. D0,5 D4 pass. 53,8 56 pass. 52,4 36 pass. 36,5 75,4 pass. 81,8 86,6 pass. 80,6 51,9 sang. 40 61,3 sent. 54,9 57,2 pass. 48,1

Quelques-uns de ces chiffres seraïent-ils discutables, leur masse homogène possède une force convaincante. Ces maxima

(et minima) se laissent répartir en trois groupes :

L’un se forme directement autour du respect de la loi. S'ils ne négligent pas les travaux imposés au profit de ceux qui ne le sont pas (question 4), s’ils ne diffèrent pas ce qu’ils ont à faire (question 5), s’ils sont persévérants, c’est-à-dire agissent suivant une même direction (question 6), s’ils ne se laissent pas

te

détourner de la poursuite de résultats lointains (question 25, 10), si leurs actes sont conformes à leurs paroles (question 26, 10), s'ils se comportent honorablement (question 62), s’ils sont honnêtes dans les affaires (question 64), c’est évidemment que les flegmatiques ne subordonnent pas l’application d’une loi admise par eux aux mouvements capricieux d’une émotivité mobile, mais font de l’obéissance à la loi même la raison de leur conduite.

Comment la détermination analytique de cette loi, à laquelle

les flegmatiques doivent subordonner leur action, ne serait-elle

pas l’objet de leur préoccupation ? Il en résulte que tout un groupe de dispositions les oriente vers la recherche de la connatssance objective. Ils sont calmes (question 1, 20), circonspects (question 7, 10), l’emportent nettement sur les passionnés par leur caractère froid et objectif (question 10, 20) ; leur nature favorise leur intelligence (question -27, 20), dont nous avons vu comment elle l'emporte sur celle des sanguins (cf. pp. 241-3). Ils sont les premiers dans le talent le plus abstrait, le talent mathématique (1) (question 33). Concis, allant à l'essentiel (question 37, 20), ils savent observer. Leur intérêt les détourne des personnes vers les choses (question 72, 10). Ils aiment lire (question 74, 10), ne participent qu’à des jeux intellectuels (question 79). Leur mémoire a les qualités de leur intelligence (question 74, 3°). En contre-partie, les autres intérêts sont chez eux subordonnés (question 44-46) (2).

(1) On connaît le cas Mentelli, que Ribot (Psychologie des Sentiments, Paris, Alcan, 1899, p. 374), a vulgarisé d’après Descuret, La Médecine des passions, pp. 721-723. C'était un Hongrois, vivant à Paris, qui, pendant toute une période de sa vie, ne sortait qu'une fois par semaine pour donner la leçon nécessaire à son entretien et acheter les

provisions de huit jours. Le reste du temps était consacré à l’étude et surtout aux

mathématiques. Il savait, dit-on, Virgile entier, avait des relations intellectuelles avec des membres de l’Institut, n’a rien publié. Il dépensait très peu et limita encore ses dépenses en renonçant au linge. Il était d'humeur très égale, Descuret le montre ménageant une punaise et apprivoisant des souris. Il aimaït les enfants. Il enseigna quelque temps, puis y renonça par amour de son indépendance ; mais il ne fuyait pas les entretiens intellectuels. Son principal défaut a été une malpropreté croissante.

(2) La méthode biographique confirme entièrement cette induction. Voici une liste de flegmatiques (cf. G. Heymans, Ueb. ein. ps. Korrel, loc. cit., p.317, n. 1) : J. Addison, von Baer, Buffon, Darwin, Franklin, Gauss, Gibbon, Hume, Kant, Locke, J. Mill, J.-S, Mill, Th. More, Owen. On peut ajouter Leibniz, Hamelin, Cavendish, le Hongrois Mentelli, signalé par Ribot d’après Descuret (cf. n. pr.), le cas L... de Descuret, La méd. des passions, pp. 741-744. La proportion des hommes de science, illustres ou non, est dans cette liste extrêmement grande,

Il doit en résulter que les flegmatiques adaptent exactement leur action aux conditions objectives qui leur sont imposées. Ni ils n’anticipent par l’impatience sur ce qui doit se produire (question 89, 30), ni ils ne manquent de répondre ponctuellement aux événements qui sollicitent leur action (question 85) ; et, comme il y a plus de chances que leur accord avec la nature soit obtenu si les événements et leurs actes sont engrenés dans unsystème d’habitudes, ils doivent s’identifier aux sentimentaux par le besoin d’une vie régulière (question 22, 20), mais sans doute est-il plus probable, à cause de la réduction de leur impulsivité (question 7), qu'aucun accident, ayant son principe dans leur émotivité, ne vient en troubler le cours.

Que le maximum de la véracité s’ajoute à ces caractères, au point qu’on pourrait en faire la tendance maîtresse des flegma- . tiques, cela résulte doublement de ce que toutes les tendances la favorisent, qu'aucune ne la contredit (1). Est-on décidé à se soumettre à la loi, on commencera par y soumettre sa parole. Le vrai est précisément ce qu'il est moralement légal de dire. Or, c’est cette légalité morale qui importe aux flegmatiques, puisqu’à l'inverse des sanguins à qui suffit souvent (question 64, 20) l'honnêteté dans les limites de la loi (c’est-à-dire de la loi écrite et sanctionnée), c’est l’honorabilité sans condition (question 64, 19), dont le maximum appartient aux flegmatiques. Peut-on craindre qu'ils ne soient véraces qu’en paroles ? Ils sont en tête, avec les passionnés, pour le naturel (question 60, 10); et, pour que leurs paroles ne soient pas en désaccord avec leurs actions, ils conforment leurs actions à leurs paroles (question 26, 19). Enfin l’expression de leur pensée pourrait-elle la trahir ? Ils parlent peu (question 35, 30), mais objectivement (ques-

tion 86, 20).

(1) Ici comme ailleurs, nous laissons hors de question la considération d’un coefficient individuel de véracité pure, indépendant des autres dispositions du caractère, pour faire sa part à ce qu'il doit y avoir d’atomisme relatif dans notre vie psychologique. Si la véracité n’avait qu’une unité de synthèse, ce coefficient prendrait la valeur uniforme de 1 ; mais s’il se trouve d’indiscutables flegmatiques, pour démentir les conclusions vérifiables sur tant d’autres, il sera possible de les faire rentrer dans l'extension de la loi, si du moins l’aberration n’est pas réductible autrement, en leur attribuant un coefficient très faible de véracité pure. Si, par exemple, pour un flegmatique par ailleurs moyen, ce coefficient est de 0,5, sa véracité tombe à 42,5. C’est en multipliant les corrections de ce genre que la physique serre de plus en plus le réel.

D'où pourraient provenir les accrocs subis par la véracité ? Nous l’avons vu, de l’excessive pression de l’actualité, de la puissance affective des passions. Contre la première, ils sont protégés par leur secondarité et ses effets. Circonspects (question 7, 20), s'appuyant sur le passé, par la persévérance (question 6, 20), sur l’avenir, par la pensée de résultats lointains à atteindre (question 25, 10), ils trouvent dans les principes (question 7, 3°) un facteur d’invariabilité. Aussi sont-ils, aussi peu que possible, variables d'humeur (question 11, 20), ou changeants dans leurs sympathies (question 19, 49). Contre les passions autres que celle de l’ordre, ils sont protégés à la fois par la réduction générale de leur émotivité (question 10, 20) et par l’atténuation de tous les intérêts auxquels d’autres caractères sacrifient trop souvent la véracité : accessibilité minimale à la peur (question 70, 20), vanité réduite autant que possible (question 48, 10), indifférence aux honneurs (question 49, 29), les moins cupides des hommes (question 50), sobres (question 44), les moins désireux de satisfactions sexuelles (question 46). Vivant pour l’objectivité abstraite, lui subordonnant tous les autres désirs, pourquoi mentiraïent-ils ?

$ IT. — Les « 5AQUEMARTS »

Pour achever de nous convaincre de la véracité des flegmatiques, cherchons comment ce caractère, qui paraît fait pour la vertu, en tant que celle-ci s’identifie avec le sens de l’ordre, peut dégénérer, en tant qu'il n’y a plus de moralité où il n’y a plus d’âme vivante. Nous verrons que la déformation même, par laquelle ce caractère paraît sortir de la normalité, loin d’affaiblir, ne peut que maintenir la véracité. En effet, ce n’est pas des troubles psychiques qui proviennent de l’émotivité, qu’ils peuvent redouter la menace. Ils en sont protégés à la fois par leur froideur et par leur activité. D’après la question 90 de l’enquête, la moyenne des troubles mentaux est :

Pour les émotiées ane men Pre 25,6.

Notamment pour les EnA........... 28,25 Pour les non-émotifs................ 9,0 Notamment pour les nEA........... 5,5

les sanguins occupent le minimum de 4,2 % et les flegmatiques viennent immédiatement après eux avec le taux très bas de 6,8 %. Quand donc ce caractère dégénère, ce ne peut être qu’à cause d’un envahissement progressif de la personnalité par le sens de l’ordre, qui en produit la sclérose et la mortification.

C’est la secondarité qui en ee la cause. Deux caractères en eftet, le sentimental et le flegmatique, qui coïncident en ce que le groupement EA, qui doit agir à l’encontre des habitudes comme un facteur de perturbation, est atténué chez le premier, par la diminution de l’activité, chez le second, par l’affaiblissement de l'émotivité, semblent avoir le privilège de fournir des individus, chez qui l’automatisme devient si précis et si solide que la vie paraît entièrement absorbée par le besoin d’en entretenir l’exercice. Or, que la secondarité favorise l’automatisation, c’est ce que nous avons dû déjà constater à plusieurs reprises et sous plusieurs aspects. Si, par l’appauvrissement psychologique qui doit résulter de la disparition ou de la réduction des autres intérêts, cet automatisme s’installe au cœur de la personnalité et la prend tout entière, le sens de l’ordre finit dans l'individu par y tarir la vie même. À priori, on peut penser que cette ossification se fera plus complètement, chez des flegmatiques que chez des sentimentaux, où l’émotivité doit pouvoir toujours intervenir pour provoquer des crises. C’est ce que les faits vérifient.

On appelle « jaquemarts » ces personnages mécaniques qui, dans un assez grand nombre d’horloges publiques, avancent ou se meuvent pour venir frapper l’heure, de leur marteau sur une cloche. Le même nom peut être donné à des secondaires, dont la régularité est telle que leur vie a pris pour fin principale l'observation d’un minutieux emploi du temps qu’ils se sont fixé. Cette régularité est appelée quelquefois ponctualité.

LES ( JAQUEMARTIS } 301

Mais cette ponctualité codifiée se distingue par un trait essentiel de la ponctualité adaptative, qui permet à un homme d’arriver à la gare très peu avant le départ d’un train ou d’être exact à un rendez-vous. C’est que les occasions de cette ponctualité adaptative varient suivant des événements et des décisions, que lindividu ponctuel n’a pas faits, qui souvent même provoquent sa protestation. L’heure du départ d’un train n’est pas toujours la plus commode pour nous, l’ami, qui nous donne un rendezvous par lettre, ignore souvent de quelle ingéniosité nous devrons user pour le rencontrer quand et où il veut. Au contraire, la ponctualité codifiée du « jaquemart » règle à la fois 4 les conditions objectives de son activité et la succession de ses actes. Par une méthode qui, dans un monde si divers, ne peut être que la réduction des intérêts, il se fait une nature simplifiée, où rien ne vient objectivement troubler son activité mécanisée.

Comme échantillons de cette codification, nous considérerons deux cas, rapportés par un assez vieux livre, la Médecine des passions, de Descuret (1), mais qui a le mérite de fournir quelques psychographies précises. L’un est celui d’un nEAS, l'autre, celui d’un EnAS. Nous commencerons par le flegma-

tique, dont nous verrons qu’il l'emporte en pureté sur l’autre (2).

M. L..., d’une constitution biliosolymphatique, d’un caractère paisible, d’un esprit assez doué..., on l’avait justement surnommé homme à la minute. Pendant cinquante années de sa vie, hiver comme été, indisposé ou bien portant, M. L... se leva constamment à six heures, heure militaire ; à six heures et demie, il entrait dans son cabinet, y épilait soigneusement son visage pour se dispenser de se raser et se lavait ensuite à pleine eau. Cette eau lui servait d’abord au même usage pendant huit jours ; les huit jours suivants, elle était réservée pour ses mains ; en troisième lieu, elle servait à arroser les fleurs. F

Toute sa vie était également réglée. Il changeait de linge ou d’habits à dates fixes. La prière en commun avait toujours lieu à la même heure. Emploi du temps invariable, repas de

(1) J.-B. Descuret, La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religion, Paris, Béchet, 1841, (2) Descuret, op. cit., pp. 741-744,

composition uniforme. Îl faisait sa promenade, toujours au Luxembourg, et rentrait toujours par le même chemin. Coucher à neuf heures. On peut croire que cette minutie méticuleuse était favorisée par l’étroitesse du champ de conscience, car l’accomplissement de ses habitudes le rendait aveugle au reste :

Il était tellement convaincu qu’à pareille heure tout le monde devait être couché que plusieurs fois on dansa chez lui jusqu’à minuit sans qu’il conçût le moindre soupçon de cette infraction.

La réduction de son émotivité est établie par des faits du genre de ces deux-ci :

Il soigna avec ponctualité et insensibilité sa femme malade. Pendant la dernière nuit, il alla se coucher à neuf heures après avoir autorisé le domestique à l’appeler dès que l’agonie commencerait. Éveillé vers onze heures, il se leva, s’habilla, se peigna, s’approcha ensuite du lit de sa bonne amie, l’engagea à faire à Dieu le sacrifice de sa vie, puis lui récita à haute voix la prière des agonisants. La malade avait à peine rendu le dernier soupir, qu’il s’était remis dans son lit, toujours dans la même alcôve. Il ne tarda pas à s’y endormir et ronfla paisiblement jusqu’au lendemain matin, heure ordinaire. L’enterrement convenablement réglé par ses soins, M. L... reprit et continua pendant plusieurs années son uniforme et glaciale existence.

Il mourut aussi placidement :

Tombé malade à son tour, il vit avec calme la mort arriver, demanda et reçut les sacrements les premiers jours de sa maladie, fit ensuite toutes les dispositions nécessaires pour ses funérailles et finit aussi méthodiquement qu’il avait vécu, à neuf heures précises du soir : c’était encore dans l’ordre.

Que ce non-émotif soit un flegmatique, on ne peut en douter. Son extrême régularité exclut la primarité. Ce ne pourrait donc être, si cette hypothèse est fausse, qu’un apathique ; mais ni ce soin de sa toilette, ni cette méthode, ni ce ritualisme religieux, ni ce souci de dignité sociale ne sont d’un apathique. Sa mort fait penser jusque dans le détail à la mort de

Cavendish (1).

(1) Kant était un « jaquemart ». Cf. l’édition Picavet de Za Critique de la Raison praiique (Paris, Alcan, 3° éd., 1906), note pp. 312-313,

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L'autre cas, M.…, contrôleur de bijoux à la Monnaie (1), « de constitution, écrit Descuret, biliosonerveuse », coïncide avec le premier par la passion de l’ordre et de la propreté. Même exactitude mathématique dans les actions : emploi du temps strict, contrôlé avec une montre Bréguet. Il devait rentrer chez lui à 4 h. 30 minutes :

On l’a vu, par de fortes pluies ou par un froid excessif, attendre à sa porte cochère que la demie fût sonnée, avant de vouloir rentrer chez lui.

De même, il se précipitait au lit au premier coup de dix heures, après avoir attendu en chemise, même le feu éteint et gelant. Il n’était pas avare : son bûcher, sa bibliothèque étaient garnis et rangés. Lui aussi changeait de linge à date fixe. Il craignait que l’aménagement des chaises fût déplacé :

Mais d’abord, il ne supportait pas sans impatience les accrocs faits à la règle :

Un livre, une chaise, une plume, dérangés de leur place ou placés de travers, suflisaient pour produire chez lui un violent emportement ou pour le jeter dans une sombre tristesse, voisine du désespoir.

En outre, son humeur était inégale :

__ Ilétait «morose, irascible, fantasque ». Son émotivité qui,sans doute, le protégeait contre l’avarice (2), le rendait inquiet. Îl était toujours inquiet de l’avenir, quoique sa position fût des plus aisées.. Peureux, il se barricadait chez lui. Dès 1828, la crainte d’une révolution l'amène à se jeter dans la Seine. Il est sauvé. Peu de temps après, il se tua d’un coup de revolver, assis sur une chaise de paille, probablement, pensèrent les témoins, pour ménager sa bergère en empêchant qu’elle ne fût tachée de sang.

Ce dernier trait, souligné par Descuret, qui a connu personnellement de ce suicide, montre la force des tendances objectives, indépendamment de toute considération d’intérêt personnel

pour celui chez qui elles se développent. Il illustre l'originalité

(1) Descuret, op. cit., pp. 744-750.

(2) Le cas est à rapprocher de la « pseudo-avare » de Rogues de Fursac. C£. p. 283.

de ces « automates », chez qui le besoin de l’ordre finit par se satisfaire d’une manière complètement désintéressée, sans qu’ils s'interrogent jamais pour savoir si cet ordre, qu’ils imposent à leurs actions les plus insignifiantes, ne finit pas par mortifier la vie en ce qu’elle a de créateur et de généreux (1). En présence de cette indifférence et de ses effets, nous devons constater qu’en face des passions issues de l’émotivité, à leur place, la secondarité aussi peut devenir passionnelle, et par suite, nous demander si toutes les vertus formelles, le respect de la loi, la fidélité au passé, le sens de l’ordre, enfin la véracité même, ne doivent pas être, sinon tempérées, du moins dominées par la volonté et construites par elle dans une moralité qui les dépasse.

) (1) Fiessinger, op. cit., va jusqu’à écrire : « L’impartialité absolue est fonction d’une infériorité de nature » (p. 93)..Il revendique les droits de l'émotivité.

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