ACTE I, SCÈNE VI
N’ont jamais sur-le-champ mieux fourni leur cuisine; Vous allez au delà de leurs enchantemens :
Yous seriez un grand maître à faire des romans , Ayant si bien en main le festin et la guerre,
Vos gens en moins de rien courroient toute la terre, Et ce seroit pour vous des travaux fort légers Que d’y mêler partout la pompe et les dangers.
Ces hautes fictions vous sont bien naturelles.
DORANTE
J’aime à braver ainsi les conteurs de nouvelles ;
Et sitôt que j’en vois quelqu’un s’imaginer ^ ,
Que ce qu’il veut m’apprendre a de quoi m étonnei, Je le sers aussitôt d’un conte imaginaire .
Qui l’étonne lui-même, et le force à se taire.
Si tu pouvois savoir quel plaisir on a lors De leur faire rentrer leurs nouvelles au corps....
Je le juge assez grand; mais enfin ces pratiques Vous peuvent engager en de fâcheux intriques. dorante.
Nous nous en tirerons; mais tous ces vains discours M’empêchent de chercher l’objet de mes amours; Tâchons de le rejoindre, et sache qu’à me suivre Je t’apprendrai bientôt d’autres façons de vivre.