‹ Le MenteurChapitre 59 sur 103 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

Je cachois mon retour et ma condition.

CLÀRICEj bas, à Lucrèce.

Vois que fourbe sur fourbe à nos yeux il entasse,

Et ne fait que jouer des tours de passe-passe.

DORANTE, à Lucrèce.

Vous seule êtes l’objet dont mon cœur est charmé. LUCRÈCE, à Dorante.

C’est ce que les effets m’ont fort mal confirmé.

DORANTE

Si mon père à présent porte parole au vôtre,

Après son témoignage, en voudrez-vous quelque autre? LUCRÈCE.

Après son témoignage il faudra consulter Si nous aurons encor quelque lieu d’en douter.

DORANTE, à Lucrèce.

Qu’à de telles clartés votre erreur se dissipe.

(A Clarice.)

Et vous, belle Clarice, aimez toujours Alcippe;

Sans l’hymen de Poitiers il ne tenoit plus rien;

Je ne lui ferai pas ce mauvais entretien; ^

Mais entre vous et moi vous savez le mystère.

Le voici qui s’avance, et j’aperçois mon père.

SCÈNE VII. — GÉRONTE, DORANTE, ALCIPPE, CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLE, SABINE, CLITON.

ALCIPPE, sortant de chez Clarice et parlant à elle.

Nos parens sont d’accord, et vous êtes à moi.

GÉRONTE, sortant de chez Lucrèce et parlant à elle.

Votre père à Dorante engage votre foi.

ALCIPPE, à Clarice.

Un mot de votre main, l’affaire est terminée.

GÉRONTE, à Lucrèce.

Un mot de votre bouche achève l’hyménée.

DORANTE, à Lucrèce.

Ne soyez pas rebelle à seconder mes vœux.

ALCIPPE

Ltes-vous aujourd’hui muettes toutes deux?

CLARICE

Mon père a sur mes vœux une entière puissance, LUCRÈCE.

Le devoir d’une fille est dans l'obéissance.

GÉRONTE, à Lucrèce.

Venez donc recevoir ce doux commandement.

ALCIPPE, à Clarice.

Venez donc ajouter ce doux consentement.

(Alcippe rentre cirez Clarice avec elle et Isabelle et le reste rentre chez Lucrèce.)

SABINE, à Dorante, comme il rentre.

Si vous vous mariez, il ne pleuvra plus guères.

DORANTE

Je changerai pour toi cette pluie en rivières.

SABINE

Nous n’aurez pas loisir seulement d’y penser.

Mon métier ne vaut rien quand on s’en peut passer. CLITON, seul.

Comme en sa propre fourbe un menteur s’embarrasse î Peu sauroient comme lui s’en tirer avec grâce.

Vous autres qui doutiez s’il en pourroit sortir,

Par un si rare exemple apprenez à mentir.

FIN DU MENTüUa*

NOTES

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