L ENFANT GATE
Une dame d'esprit avait xm ffls, el cçaignait si fon de le rendre malade en le contredisant, qu'il était devenu un petit tyran, et entrait en fureur à la moindre résistance qu'on osait foire à ses v(h lonlés les plus bizarres. Le mari de celte dame, ses parents, ses amis lui "représentaient qu'elle perdait ce lils chéri; tout était ànutiîe. Un jour qu'elle était dans sa chambre, elle entendit son fils ([ui pleurait dans labour; il s'égratignait le visage de rage, parce qu'un domestique lui refu-
MORALISTE ET BIENFAISANT. i35
'at\\\ une cliosc qu'il voulait. Vous êtes bien impertinent ^ dit-elle à ce valet, de ne pas donner à cet enfant ce qu'il vous demande, obéissez- lui tout àl'lieure. Par ma foi, madame, répondit le valet, il pourrait crier jusque demain, qu'il ne » auraitpas. A ces mots, la damO devient furieuse, et prête à tomber en convulsions; elle court et passant dans une salle où était son mari avec •quelques-uns desesamisj elle le prie de la suivre, et de mettre dehors l'impudent qui lui résiste. Le ïnariqui était aussi faible pour sa femme qu'elle i était pour son fils, la suit en levant les épaules, et la compagnie se met à la fenêtre pour voir de quoi il était question. Insolent, dit-il au valets comment avéz-vous la hardiesse de désobéir à ■madame, en refusant à l'enfant ce qu'il vous demande? — En vérité, monsieur, madame n'a qu'à le lui doiincr elle-nKnie. Il y a un quart 'd'heure qu'il a au la lune dans un seau d'eau, et il veut que je la lui donne. A ces paroles, la com- |)agnie et le mari ne purent retenir de {grands éclats de rire; la danve elle-nrême, malgré sa co- -lère,ne put s'empêcher de rire aussi, et fut si honteuse de cette scène qu'elle se corrigea et parvint à faire un aimable enfanl Je cet enfant maussadeet volontaire. Bien des mères auraiei^ besoin d'une pareille avmitape.
ï36 LE MENTOR VERTUEUX-,
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TRAIT QUI n'a pas BESOIN D ELOGES.
Une piuvre veuve de Poitiers a un fils que la misère destinait à être doniestitjue. Cet ciifaut profite d'uQ ëtabLssemeal où l'ou enseigne gratuitement la jeunesse dans un talent honnête et utile: s en émulation est récompensée par ses progrès-, il mérite d obtenir ensuite une jUace où il .peut vivre lionnêteracnt^ s'irl est sa^je, il a 1^ moyeu de devenir un citoyen recommandable; mai» pour se rendre à sa destination, pour y paraître et s'y maintenir convenablement, selon sa situation actuelle, il a besoin d'un vêtement, de linge et d'autres petits secours. Sa mère est hors d'état âe les lui fournir. L'n ancien domestique du voisinage, qui n'est ni le parent ni le parrain de «et enfant, mais qui connaîtla pauvreté et riiounêtelé de la mère, et l'émulatioa du jeune homme, instruit de l'embarras de l'un et de l'autre, qui pouvait faire manquer la bonne fortune du dernier, si personne ne l'aidait sur-le-champ, iporteà cette femme cinquante écus, et lui dit: Tenez, habillez votre filsj qu il parte, el recommandez-lui dêtre bon sujet: il me rendra cette somme, lorsqu'il pourra; et s'il ne le peut pas, jela lui donne, pourvu qu'il vous soulage dans voire vieillea^e.