‹ Le mentor vertueux, moraliste et bienfaisantChapitre 36 sur 53 · LE JEUNE H0M:>1E CH.\RITABLE · texte numérisé non relu

LE JEUNE H0M:>1E CH.\RITABLE

UîT jeune homme de qualité, au retour de ses voyages, fut présenté à Paris dans une maison

MORALISTE FT BlKNIAlSAM'. 1 3<)

OÙ il trouva un biriUi établi: il ijjnorait ce que cotait que ce jeu; on le lui explique, et on lui fail entendre qu'en plaçant telle mise qu il voutîra dans un des milieux du tableau, les banquiers lui doivent, en cas de gain^ soixantequatre fois ce qu'il a risqué. H y place un louis, •et il y (jag^ne; il y remet la même somme une ti'oisième fois, et toujours il gagne son pleiw, en sorte qu'il relira cent quatre-vingt-douze louis, dont il perdit peu de chose le reste de la soirée. Le lendemain , il raconta son aventure au marquis de C... son père, qui lui demanda ce qu il allait faire de col argent. Mon père, répon* ditlejeuHe boiHme> cet argent m'est bien inutile; grâces à v os bontés, je ne manque de rienj mais dans la rigtteur affreuse de celle saison, combien n'y a-t-il pas de malheureux! Je vais envoyer la moitié de cette somme au curé de. ..> pour le soulagement de ses pauvres; et, si vous me le permettez, j'emploierai le reste à entretenir des feux dans voire cour et devant votre porte pour les indigents de notre voisinage. L'heureux père y consentit, en embrassant son fils, qui exécula jwncluellemeut ce vertueux projet, con> ^ à l'àgc de vingt ans, et dans une ville où le sentiment du malheur d'aulrui est si peu commun parmi les gens même les plus riclies.

[4.0 LE MENTOR VERTOEUX^

ANECDOTE SUR LES EFFETS DE l'ÉLOQUEKCE DE MASSILLON.

M^^ssiLLON dul moins à des syllog^Isnies, qu'à des mouvements, les proilijjes queranthjuilé doit envier à Tdoquence moderne. Lorsqu'il peint le petit nombre des élus , un frémissement ajjite ses nombreux audileiirs ; la crainte resserre leurs cœurs, décolore leurs vi^^^ages, défigure leurs Irails •, un saisibsemenl de frayeur s empare de trois mille bommes, qui se lèvent tous par un mouvement involontaire. Cetle anecilote a été transcrite dans presrjue tous les ouvra{jes qui tra'.tent de 1 éloquence; mais il est. un Irait qui ne fait pas moins d'honneur à Massdlon, et qui n'est pas assez connu.

Le fameux Roliin c:)nduit les pensionnaires du collègue de Beauvais àSt.-Len, où notre orati^ur devait preclier sur \i sainteté du cbrétien', ces enfan's en écoutant ce nouveau Cbrysostôme, les yeux taiilùl baissés, tantôt fixés sur le minisire de Ja divine paroles oubltent la légèreté qui semble excuser leur âge, parée quelle le caractérise; ils retournent à leur école dans un silence profond, qui étonneet inquiète, tousles passantr^rplusieure de ces élèves se eu adamaeat à des morlilications

MORALISTE KT BIENFAISANT. î^yl

dont cfn p:.t ol/ijë de miîi[jer la ligueur. Si Massillou n'eût parlé qu'à leur espit, aurait- il fait eelle impress on sur leur cœur? ( L'abbé La Serre. )

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